Un mois après le renversement de Bashir Soudan loin du régime civil

Posté le
11.05.2019 à 11h50
de
AFP

Un mois après le renversement du président soudanais Omar al-Bashir, les chefs de l'armée n'ont pas voulu céder le pouvoir à une administration civile et les pourparlers avec les représentants des manifestations populaires ont été interrompus.

Malgré des températures supérieures à 40 degrés et le début de la jeunesse du Ramadan, des milliers de manifestants continuent de camper devant le quartier général de l'armée à Khartoum, déterminés à obtenir un régime civil.

Ils veulent forcer les généraux du Conseil militaire de transition à se retirer, comme l’avait fait le président précédent il ya à peine un mois, après presque 30 ans de pouvoir.

"Ou nous aurons le pouvoir civil que nous voulons, ou nous resterons ici pour toujours", explique Imman Hussein, qui s'est présenté devant le quartier général de l'armée le 6 avril.

Après près de quatre mois de manifestations dans le pays provoquées par la hausse des prix du pain en période de crise économique et de pénurie, les manifestants s'étaient rassemblés pour la première fois dans ce complexe afin de demander l'aide des généraux pour mettre fin au régime d'Omar el-Bashir.

Le 11 avril, l'armée a contraint l'ancien chef d'État à se rendre au pouvoir.

Mais depuis lors, les chefs militaires qui ont pris les rênes du pays ne sont pas disposés à les transférer au pouvoir civil, tout en veillant à ce qu'ils n'utilisent pas la force pour disperser les occupants.

Les concessions faites aux manifestants n'affectent pas la détermination de ces derniers.

Omar al-Bashir a été arrêté et placé en détention à la prison de Kober, au même titre que les autres responsables de son régime. La justice a également promis de persécuter les responsables de la mort de personnes lors de manifestations qui ont débuté le 19 décembre.

– Arme –

Pendant ce temps, les discussions des manifestants sur un transfert de pouvoir de quatre ans aux civils se poursuivent.

Les deux côtés ne s'entendent pas sur la composition de l'organe qui remplacera le conseil militaire composé de dix membres. Devrait-il être dominé par les militaires, comme le veulent les généraux ou les civils, comme le demandent les manifestants?

"Au fil du temps, ils ont fait pression sur nous, mais nous avons fait pression sur eux, préservant ainsi notre présence ici", a déclaré Imman Hussein.

"L'un de nous doit gagner et, finalement, nous le serons", ajoute-t-il avec assurance.

Le mois dernier, l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), qui dirige le mouvement de protestation, a remis aux généraux leurs propositions concernant le pouvoir civil dont elle a besoin.

Les généraux ont réagi en exprimant "beaucoup de réserves" en reprochant à la SLA de ne pas avoir mentionné que la charia (loi islamique) devrait rester une source de législation.

La SLA s'y est opposée, accusant l'armée de "vouloir prendre l'otage de la révolution".

Khaled Omar Youssef, l'un des dirigeants des manifestants, a exaspéré mercredi la menace de désobéissance civile face à ce qu'il considère comme un retard pour les généraux.

Les États-Unis et l’Union africaine exercent également des pressions sur ces derniers pour faciliter le transfert des pouvoirs.

– pression américaine –

Mercredi, John Sullivan, deuxième département du Département d'Etat américain, s'est entretenu par téléphone avec le général Abdel Fatah al-Burhanne, président du Conseil militaire de transition.

Il l'a exhorté à "passer rapidement à un gouvernement civil dirigé par des civils" et à parvenir à un accord avec les dirigeants de l'opposition réunis au sein de l'Alk.

Face à cette pression, les généraux peuvent compter sur le soutien de forces régionales arabes telles que l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Égypte.

Riyad et Abu Dhabi ont annoncé une aide de 3 milliards de dollars (2,7 milliards de dollars) au Soudan, où la crise économique a déclenché le tsunami qui a frappé Bashir.

Certains restent cependant optimistes.

L'armée transférera le pouvoir si les dirigeants de la manifestation leur présentent une "forme de gouvernement civil fiable et viable" à long terme, a déclaré Sadek al-Mahdi, chef du principal parti d'opposition.

"Parce qu'ils savent que s'ils sont satisfaits d'une dictature militaire, ils se retrouveront dans la même situation que Bashir", a-t-il ajouté dans un entretien avec l'AFP début mai.

Le gouvernement choisi par M. Mahdi est que l'ancien président a rejeté un coup d'Etat soutenu par les islamistes en 1989.

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