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Français – Festival de musique de Menton 2019

D & e 1949, l’artiste hongrois Andr & eacute; B & ouml; r & ouml; cz a jeté les bases de ce qui allait devenir un festival de musique à Menton. Ensuite, il a montré une ambition simple & nbsp;: & & agrave; entendre la musique la plus émouvante dans le cadre unique de la ville de Menton & ndash; et en particulier la chapelle de la basilique Saint-Michel-Archange située entre le ciel et la soixante-dix-huitième édition du festival se déroule du 25 juillet au 13 août 2019 et, s'il n'est pas possible de se concentrer traditionnellement sur des concerts instrumentaux, la programmation du Le réalisateur Paul-Emanuel Thomas propose également plusieurs dîners d'opéra.

La soixante-dix-huitième édition du festival de Menton est l’occasion de présenter Jordi Saval et son concert des nations (25 juillet), avant de continuer avec une série de concerts live. trois & nbsp; fils rouges & nbsp; & raquo; différents & nbsp;: articular & eacute; autour du piano de & nbsp; & nbsp; & nbsp; (réunissant les instrumentistes Yuya Wang, Beatrice Rana et Lisa de la Sal), une autre apo-out; dans le violon de Bach & nbsp; & rabs; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; (fait confiance à Renaud Capu & ccedil, l'un des habitués du festival) et finalement à une fillette de trois ans. à & laquo; arbre & nbsp; & raquo; port & eacute; du flûtiste Emanuel Pahud et du clarinettiste Andreas Ottensamer.

Mais nous pouvons garder ici, en particulier, les deux grandes soirées d’opéra du festival. Mercredi 31 juillet, devant la basilique Saint-archange Michel, Patricia Pettibone, accompagné de Dimitri Naiomil, fossé de piano et Fiona Monbat de violon-jazz, présentera le programme Alchimie& nbsp; cela va au-delà des genres et des styles entre jazz et musique classique, imaginary & eacute; de feu Didier Lockwood (L'éventail du chanteur a disparu en février 2018).
Puis, le 10 août, le tout Il Pomo d'Orojouer des instruments de time & place & eacute; sous la direction de Maxim Emelianicoffrira un programme baroque de Vivaldi et Handel et sera porté. des votes des trois contre-mentors Carlo Vistoli, Kangmin Justin Kim et Jake Arditi,

L & rsquo; Int & eacute; gralit & eacute; de la programmation du festival de Menton 2019 est disponible sur le site Web de l'événement & ndash; o & ugrave; est également situé vente de billets (pas encore ouvert au moment où ces lignes sont écrites).

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Jeu., 25 juil. 2019 00:00:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/events/festival-de-musique-de-menton-2019
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Français – Célébration de la Pentecôte 2019 à Salzbourg

Depuis 1973 & agrave; L'initiative de week-end de Herbert von Karayan a été l'occasion d'entendre le concert de l'orchestre philharmonique de Berlin. Salzbourg. En 1998, l'événement continue de se dérouler Festival Pentec à Salzbourg ce que nous savons aujourd'hui (laissant plus de place à l'art lyrique, parallèlement au grand festival) rsquo; & eacute; t & eacute; Salzbourg) et à partir de 2012, Cecilia Bartoli fournit la direction artistique & ndash; Chaque année, la chanteuse italienne articule le programme du festival autour d'un théâtre puissant, dont le regard est une sortie d'opéra, qu'elle interprète et reproduit dans son travail. festival de t & eacute; de Salzbourg.

L’édition 2019 du Pentec & Octe Festival, du 7 au 10 juin, est marquée des mots & nbsp;Hautes voix& Nbsp; & RAQUO; Kastrati & ndash; un sujet théâtral qui est actuellement à jour selon Cecilia Bartoli, & agrave; l'heure du mot -di #metoo et o & # 39; & LAQUO; l & rsquo; Int & eacute; gravier et eacute; Les artistes physiques et sexuels sont à la base des professions & nbsp; & raquo; Il explique & nbsp;: & laquo; & nbsp;Au nom de l'art, des milliers de jeunes garçons et filles se sont réunis à nouveau. mutilations & ndash; une terrible tradition qui a continué & eacute; pendant les moments clés et est rarement interrogé. Compte tenu de ce contexte, je me demandais si la beauté & eacute; cette période a dû être marquée par la programmation de ces œuvres musicales. & Agrave; À mon avis, la réponse est évidemment "oui". Cependant, leur art doit être mis en perspective et le contexte difficile qui entoure les Kastrati est discuté et masqué;& Nbsp; & RAQUO.

C'est la direction de Festival de Salzbourg Pentec Salzbourg 2019Cecilia Bartoli présentera deux œuvres qui privilégieront les contre-théâtres: Alcina, d'abord de Georg Friedrich Handel (le compositeur a été récompensé en 2012 par le chanteur avec Julio Cesare dans Egitto), dans un nouvelle production Confirmé; le réalisateur italien enthousiaste Damyano MicheletoLa propagation de la voix est & gt; l & rsquo; & Nbsp;: coureur Cecilia Bartoli interpréter le titre de c? o? de? Philip Jaroski dans Ruggiero, le puzzle composé à l’origine & eacute; pour le castor Giovanni Carestini en 1735, mais aussi & nbsp; Sandrine Piau (Morgana) Christina Hammarst & Umhl; (Bradamant) Christoph Streh (Oronte) et Miles Alastair (Melisso) Et dans la fosse, le patron Gianluca Capuano dirige des musiciens princes & ndash; Monaco, cet ensemble joue les âges, et Cecilia Bartoli est une marraine.

Le festival est aussi l'occasion de découvrir Polifemo, une oeuvre rare inspirée du mythe de Polyphyses (le crime de bronze d'Ulises) et signée du compositeur Nicholas Porpora, dont l'histoire rappelle également qu'elle a été utilisée & & & & & & & & & & & & & & & & & & & & Avec & et – & '&' & '&' & '&' & '&' & ' & & & & & & & & & & & & & & & & & & & & & & & & & & & & & & & & Le Professeur de Castrato Farinelli. En 2019, cette dramma per musica est donné & eacute; dans une version semi-numérique, dans le script géré par Max Emanuel Cencic& nbsp; qui est également l’objet principal d’Ulysse, notamment dans les domaines Yuri Minenko qui chante le rôle de Achie (créé par Farinelli en 1735) Pavel Kudinov (dans le titre), Julia Lezhneva interpréter Galatée ou Dilara Idrisova à Nereea. La direction musicale est également confidentielle; George Petru, utilisé & eacute; & Agrave; travailler avec Max Emmanuel Cencic et ici & agrave; la tête de l & r;Harmonie Athénée et Choeur de Bach de Salzbourg,
S & rsquo; ajoute un concert de gala Farinell & amp; Les amis, est présent et eacute par Rolando Villaz & Oacute; et collection Cecilia Bartoli mais aussi Julie Fuchs, Patricia Pettibone, Sandrine Piau, Nuria Rial, la mezzo-soprano Lea Desandre, Vivika Genau, Anne Hallenberg et la salle de contrôle Marie-Nicole Lemoy loin des théâtres de comptoir Christophe Dumaguete et Philip Jaroski,

Parallèlement aux productions lyriques, afin de mettre en perspective l’histoire des Kastrati, le festival est aussi une occasion de coopérer. projection du film Farinelli (1994) de Georges Corbieau, illustrant la vie du casting Carlo Broschi, ainsi qu'une conférence sur le Kastrati sous ses angles historique, médical et vocal. & Nbsp;

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Vendredi, 07 juin 2019 00:00:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/events/festival-de-pentec%C4%B4te-de-salzbourg-2019
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The French – l'opéra Saint Etienne fait revivre Cendrillon de Nicholas Isauar

Après avoir convaincu la résurrection brillante de. t Dante Benjamin Godard en mars dernier, l & rsquo;Opération St Etienne – & agrave; nouveau en coproduction avec Fondation Bru Zane – Centre de musique romance française – Suggère la recréation de la & nbsp complète;Cendrillon de Nikola Isauar, créé le travail & eacute; & Agrave; The Opera-Comic en 1810, mais la photo de Rosina sera tournée dans la capitale française douze ans plus tard. L'œuvre, cependant, sera répétée en 1845 avec la réorchestration d'Adolph Adam, et c'est la version qui lui est donnée. Saint-Étienne, malgré ses racines et ses mélodies, a laissé le spectacle (le destin du public "familial") ininterrompu.

La production est également si originale qu’elle a séduit, du moins en ce qui concerne la fosse. un Académie pour orchestre de CRR de Saint-Etienne et CRD Puy en Velayun total de vingt-trois jeunes instrumentistes, entourés de dix-neuf solistes de la maison des Phalanges, l'rsquo;Orchestre Symphonique Saint-Etienne, Pré-publié par Eric Varionc'est ça Julien Chauvin qui dirige cette formation ici, avec le talent pour lequel il est connu. Le résultat obtenu est plus que décent: tendre la main; pour obtenir le charme de cette musique simple et énergique qui montre – de la part de l'auteur – un rare talent pour la mélodie.

Quelle joie de trouver les talentueux Ana & lt; / RTI & gt; dans le titre (après son tour Marie de La fille du régiment l'année dernière & Agrave; Montpellier), pour une incarnation très sensible et sans le chagrin de son personnage. Elle colore aussi intelligemment sa voix par l'état de l'art et par la maîtrise des mystères émotionnels. Ses deux soeurs poussins – les sopranos Jeanne Crousaud (Clorinda) et Mercedes Arcuri (Tisb & eacute;) – pas de perceuses pyrotechniques vocales (leurs pièces sont appelées) ne laissez pas tomber et ne livrent pas. de manière convaincante. Les deux comédiens sont impossibles Jean-Paul Muelle (Baron de Montefiascone) Christoph Vandevelde (Dandini), mais les chansons sont heureusement rares. Jérôme Boutillier une seule bouchée d’Alidor, à qui il donne sa voix autoritaire pleine de bronze, mais capable de nuances et d’intonations subtiles. Enfin, satisfait tout sur le prince Ramiro sur le jeune été allemand (d'origine italienne) Ricardo Romeo, style impeccable et timbre plein de charme.

En ce qui concerne la proposition scientifique du. t Mark Packen, un homme né du thé, est simple et ocult; rempli et rempli de poétique. Ses nombreuses scènes sont truffées de moments magiques et touchants, tels que ces fauteuils en citrouille qui sont les héros principaux dans les airs ou ce balai animé. Sa propre vie, à l'image de la baguette magique d'Alidor, qui apparaît ou disparaît par magie. Scénario efficace deEmanuel Clos – rotation sur laquelle une tour est affichée, qui apparaît; Tournez le Château Baron, le Palais Princier ou Cendrillon! est idéalement deuxième dans les costumes excentriques et colorés de Claire Risterochi, tels que Dominique Brugui & egrave Installez avec beaucoup d'efficacité, et surtout d'oignonisme, les différentes atmosphères visibles depuis la barrière.

Le succès est au rendez-vous et la société de masse (et même toutes les générations) applaudit; tout cassé au moment de saluer.


Emanuel Andrew

Cendrillon par Nicolas Isouard & agrave; l & rsquo;Opération St Etienne (Mai 2019)

Crédit photographique et copie; Cyrille Cauvet
& Nbsp;

S_cendrillon
Vendredi 10 mai 2019 08:22:47 +0000 https://www.opera-online.com/fr/columns/manu34000/lopera-de-saint-etienne-ressuscite-la-cendrillon-de-nicolas-isouard
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Français – Manon retourne à l'Opéra Comique

Nous avons attendu ce retour à la fille prodigue dans la maison qu'elle a vu naître! Olivier Mantey, qui a réussi à retrouver son éclat en plusieurs saisons; ce petit somnolent Op-Comic-comic, retourne cette Manon& Nbsp;dans les vêtements modernes avant tout; la vision contemplative qu'elle offre Olivier Rou, Il se souvient vraiment que le roman original Abb & eacute; La traduction a été publiée au 18ème siècle et est déjà en cours. ressentir le choc que Sade va provoquer en mettant le sexe au cœur de son travail. Car si Masening et ses libretes étaient lugubres et occultes; la vision sacrée de cette jeune fille de seize ans que nous voulons fermer dans le monastère, tout ce que nous avons à faire est de revenir; la source de retour cette "histoire de Manon Lesco" & raquo; & nbsp; tout son eacute. activité et


Manon (c) Comic Opix / Stefan Brion


Manon (c) Comic Opix / Stefan Brion

C'est ce qui est compris Olivier Rou qui, mettant Manon dans l’univers de l’emblème, a délibérément orienté son regard vers son sexe, foyer public, offrant une unité & eacute; dans le royaume, sans lui permettre de se frayer un chemin à la croisée des chemins: pour lui, Manon n’est pas un vicieux opportuniste, une femme dont la vie doit être programmée, une femme que sa famille veut enfermer dans un monastère. (peut-être parce qu’elle sentait qu’il y avait «du temps pour le tempérament»), une femme que son amant voulait enfermer dans une cage d’illusion comme ces annonceurs qui le vendent? (la pièce "& nbsp;" dans & nbsp; & nbsp;) nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; elle peut lui apporter une grande femme qu'une belle vieille et si belle veut acheter pour enfermer son dangereux désir; tandis que, elle, Mann veut être une femme libre, libre de se gouverner, libre de son corps, de ses gestes, de ses pensées et de son désir. Olivier Ru n'oublie pas cela Manon& Nbsp;un & eacute; créé dans la même bande dessinée neuf ans plus tard Carmen… & nbsp;Ainsi, en tapant son héroïne dans cette cour de couleurs brutes, il a peint la figure humaine et la cruauté. social, qui filigrane sa condition. Et en arrière-plan, cela montre que derrière le tourbillon de cette liberté. Félicitant, Manon a une conscience constante de la mort et de ses masques (y compris celui qu’il utilise pour distinguer la lecture de la lettre de son amant à son père) & nbsp; , lumières et diamants, un tourbillon de plaisir et de jeux & ndash; parce que nous savons que la corruption est terminée; l & rsquo; & oelig; out. C & rsquo; est-ce que m egrave; Nera & LAQUO; & Nbsp; sur tous les chemins et Nbsp; & RAQUO; comme R & eacute; volta é social e, fun anarchiste et LAQUO; & Nbsp; cro & eacute; PERSONNAGE & Nbsp; & RAQUO; qui ne peut que contredire et contredire; l & rsquo; Rouge. Olivier Pupp dessine fort ce parcours, avec des images fortes, des moments & agrave; l & rsquo; intensité et eacute; pur ("au revoir" à la "petite table", l'oeuvre scientifique en feu de Saint-Sulpice, la fin en guise d'achèvement), avec le temps et l'agrave; d’autres, comme toujours à la maison, une surcharge de tendance, jusqu’à & nbsp; trop & nbsp; & raquo; (comme ce ballet d'ombre chinois qui pollue le monologue de De Grieu ou une telle dissimulation insignifiante des deux héroïnes dans le quatrième acte qui rappelle le 18ème siècle, mais nous fait oublier le terrible autodestruction anecdotique de Desperado). Mais la précision de la gestion de l'acteur, le véritable succès de l'union dramatique d'une œuvre, sont souvent hétérogènes, modernistes et obtus; une vision qui ne contredit jamais le texte, l’intelligence cinématique de certaines scènes (dont la dernière, dégoûtante, comme un gros plan qui ferme Manon) nous en donne beaucoup; cela montre une consistance cruelle, mais de la cruauté; qui dit la vérité et eacute et chair.


Manon (c) Comic Opix / Stefan Brion

Il faut dire qu'Olivier Ru a un traducteur exceptionnel Patricia Pettibone : Investir jusqu'au nerf, jusqu'à la soprano, montre un engagement total du corps et de la voix avec un naturel tout à fait normal. On peut lui reprocher les sons graves, les attaques de phrases pas toujours simples, la respiration parfois inopportune, cela évite que les scories soient emportées par la force ardente de son personnage qu'elle vit qu'elle incarne et qu'elle transforme. La conférence "Au revoir" "la petite table", la bourgeoisie de Kur-la-Rhin, la disparition écrasante de la mort, dit le grand chanteur et la grande actrice. Le public est fasciné & eacute; et vous le rencontrez avec des ovations – & quot; m & eacute; RIT & eacute; e) Visage & agrave; elle, Des Grieux Souvent Antoun sûrement beaucoup de chants, le timbre est chaud, les phrases sont toujours bien conduites, le support est irrécupérable, la projection est maîtrisée – " pourtant il n'a pas vraiment convaincu, restant toujours comme s'il était un peu en retrait du héros. Il comprend ce personnage mais n'y habite pas. Tout est beau, mais rien ne brûle. Lesco Jean-Sébastien Bo est également un très bon camp & eacute; musicalement, mais sans le cynisme de son personnage, reflétant aussi fort que l'on peut s'y attendre, comme si sa voix avait perdu une partie de son obscurité habituelle. Un bel écheveau des trois polices, Putt, Jawot et Rosetta, joué par trois excellents chanteurs de la nouvelle génération, Olivia Dory, Ade Charvet et Marion Leb & egrave;les deuxièmes étapes sont bien caractérisées Philippe Est & egrave; ou encore Damien BigurdanGuillaume, inquiet, jingle (de l'Opéra de Bordeaux, co-producteur du spectacle) rapprochement impeccable, tout est idéalement actif et trouve sa place dans ce spectacle. Même si le moteur musical est particulièrement actif, l'orchestre du Louvre est constamment tenu, revitalisé, incité. de Mark Minkovskibien sûr, lyrique, mais brosse et agrave; grandes lignes colorées contrastées qui forment une fresque dramatique sans sirop, enregistrant la même luminosité dans la musique d'Olivier Ru au-dessus de la scène.

Belle réussite musicale et musicale, public heureux, retour à la réalité. sa mesure pour cela Manon& Nbsp;un fornicateur qui disperse & agrave; de nouveau ses frissons et son agrave sensuels et douloureux; l & rsquo; Op é RA-Comic. Nous voulons plus & nbsp;

Alain Duaut

S_manon Opera Comic-2019-Dr Stephen-Brion
Lun., 09 mai 2019 13:33:24 +0000 https://www.opera-online.com/fr/columns/alainduault/manon-est-de-retour-a-lopera-comique
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French – Stormwind Outz à l'Opéra National de Lorraine: bonheur ultime et beauté de la douleur

Parfois, nous voulons être agrave; tout prix pour induire le spectacle en erreur avec certaines erreurs. Sachez ce qui ne va pas et souvenez-vous des belles choses. Mais quand nous réalisons que nous aurons peu à faire avec lui; répéter d'une soirée presque parfaite, mettre son cynisme au placard et tout oublier. Les vagues de tempêtepar Bernard Hermann dans les cérémonies de création; L'Opéra National de Lorraine est de ce type. & Agrave; voir & gt; J'entends cette production d ';Orfa Ferlan est un battement de coeur servi par la direction musicale ultra-incarnée, la distribution exemplaire et l’enregistrement qui sonne comme un spectacle.


Les vagues de l'orage; & copier; C2form pour l'opération nationale Lorraine

Si le compositeur mondial est connu dans le monde entier pour ses bandes sonores, loin de Hollywood, il développera son seul opéra. & Agrave; la simple citation du titre du roman d’Emily Bronte & euml: nous plions sous la violence des dachaçés. Mais l'écriture littéraire décrit la faune dans les saisons, ce qui déterminera la mélodie psychologique des héros, et à laquelle Heathcliff deviendra la représentation humaine la plus extrême du monde. Je méprise ma vengeance. Un corps adapté porté par Bernard Hermann reste le prologue et la première partie du livre de son épouse, Lucille Fletcher. Le tissu du mal est placé perfidement sous humiliation, hypocrisie et silence. Оркестърът играе ролята на кинематографична, ковашка гледна точка. благодаря ви, вътрешно или екстрадиологично, за предаването на всезнанието към индивида. Акордите следват последователността на сезоните и времевите скокове на ритуала. Резултатът представлява интерес за наследството на симфоничния поет, поради неговите косвени възприятия, и има инерция за курс на махьоне в пределите на Антон Брукнер. , Leitmotive също си спомня, че Бернар Херман остава закотвен. в романтични традиции, поне във форма.

В текстурите на звуците, импресионизмът и дуелът за борба с експресионизма, докато все още триумфира в средновековния хоризонт, в камерната музика на солистите (всички отлични, с изключение на цигулката на суперсолиста, твърде много хрускам) & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; в плътен оркестър подкрепя този лидер Жак Лакомб мания със смелост. Тъй като вятърът угасва, трябва да се опитате да живеете. Ямата оставя шумовите частици в суспензия под посоката на Quest, която ги проектира в светлина и драскотини, в слънца и в декларации за любов. В един жест той ден и нощ замахва, за да донесе сладостта на зората.


Вълните на бурята; & copy; C2образ за Националната операция Lorraine

Вълните на бурята; & copy; C2образ за Националната операция Lorraine

Настройката на scà © e d? R?Орфа Фелан е просто фантастично, защото улавя същността на текста, кинематографския ъгъл, предлаган от тази музика на свободата & oacute; климат, който понякога плюе в лицето, автентичността & oacute; от чая и визуалното великолепие. Впечатляващият луд паркет, следвайки планински терен, а понякога дори и остър в прогресивния напредък, е идеалната илюстрация на тези хълмове. унищожението е част от ландшафта. Също така поетично, това четене възхвалява вътрешното богатство на неговите герои, като го свързва със света. светлините на красотата и естественото; & Agrave; спираща дъха, върху която стои по-малко черната перспектива на утрешния ден.

Ярката дистрибуция продължава огъня на изкушението. Лейла Клер пътува с най-малките изречения на необикновената си Кати, която комбинира екстраверсията и гордостта като жертва на собствената си човешка природа. Безкрайните регистри и обновяването на атаките според музиката са на срещата на тази доставка. Разстройващ Хийтклиф, Джон Сандък управление и привилегии; проекцията: нейната форте запазени от съдържанието им, а не от тяхната сила на звука. Той почита гнева на героя като джентълмен или отхвърлен човек, и се занимава с интензивна драма в песенните линии с безмилостен и благоговейно обръщение към най-дълбоките си мисли. Сопранът и баритонът също доставят трагично, измъчващо любовно дуо. краят на четвъртия акт, в привързаността на съмнението и щастието. Спокойният подход на Хитклиф и умереният темперамент на Кати великолепно свидетелстват за несъзнателен обмен на личности, всеки от тях изразява стремежите на другия. Хиндли на Томас Леман е огромен валяк с горчивина, фин пласт, който е заглушител; щастие & oacute; с умно насилие в безкрайно точна просодия. Рози Олдридж (Нели) е лицето на абсолютното и универсално добро, и особено на подхранван глас и нежен тон. Любовното отчаяние на Изабела (Кити Веели), принуден да моли Хийтклиф да толерира страстта си, изкривени завладяващи мелодии & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; & nbsp; интерлайн, както в дневник & agrave; отворено сърце, поръсете & oacute; от прашец и човешки бриз.

Гневът, увенчан с меланхолията на Йосиф (Андрю Мактаггарти пейзажната песен на ЕдгарАлександър Спраг) да зарадва зрителите, да осъзнаят, че ще присъстват и ще се забавляват; готвач и орегон; най-красивия възможен начин.

Thibault Vicq

(Нанси, 5 май, 2019 г.)

Вълните на бурятаот Bernard Herrmann, до 12 май 2019 г. & gt; Националната операция на Лорейн

Кредити за снимки: & nbsp; & nd; C2изображения за Националната опера на Лорейн

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Ср, 08 Май 2019 17:02:12 +0000 https://www.opera-online.com/fr/columns/thibaultv/les-hauts-de-hurlevent-a-lopera-national-de-lorraine-bonheur-et-beaute-ultimes-dans-la-douleur
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Немски – съвременна и хладна травиата в Болоня

Виолета Валери Берейбът e Schickes Auktionshaus в Париж. Stylisch die Einrichtung, елегантен das Personal, jung und reich die Kunden. Violetta führt mit strenger Hand. Langsam erwacht das Interesse Алфредо, gleich ein large Picture von der angebeteten Violetta ersteigert. Ebenso kühl wirkt das Landhaus. Ще бъдете уверени в това, което ви е нужно, за да видите всички лични данни и лични данни. Die unusgepackten Umzugskisten zeugen vom kürzlichen Einzug. Бъдещи бразилия Ledersofa ist bereits a seinem Platz и das ersteigerte Photo hängt. Замърсяваме се да разберем каква е символичната визия на Алфредо, като по този начин направихме по-нататъшното си издание и гимназията на Champagner. Auch so können Liebesdienste bezahlt werden. Im letzten Akt ist Violetta в das leere Landhaus zurückgekehrt и muss einmal mehr am Boden liegend den Tod erwarten. Можете да използвате вградената система за управление на Андреа Бернар, за да се възползвате от възможностите си. Айн безусстерен Selbstmord um das Leid abzukürzen. Die Handlung fliesst sehr gelungen. In der Personenregie wird nicht übertrieben und sehr naturlichen Gesten agiert. Отидете в Regieeinfelle reichern die Bilder an. Violetta verweigert sich den aufdringlichen Bestechungsversuchen на Джорджо Жермонт, Клейн Алфредо комун в Erinnerung des Vaters auf die Bühne и spielt mit Puppen, die zuvor der erwachsene Alfredo aus den Umzugskisten ausgepackt hat. Ein Faustkampf bildet die Ballettszene im dritten Акт, в geschickt Alfredo integriert ist.

Ван Chuanyue konzentriert sich als Алфредо мех auf seif Aussprache и Интонация и wirkt holprig und wenig verliebt. Вместо това, той можеше да се сблъска и да се превърне в легенда, но не можеше да се разбере кой е корейският нощ. Луиза Тамбаро е възложила на "Акт" и "Виолета ноч" по-интензивно да въплъти и да привлече вниманието на лейтенанта. Ihr Sopran е еластич, gleitet leicht in die Hohen, и sie kann immer noch nachlegen, dramatisch oder lyrisch. Кланглич wirkt ihre Stimme reif и geht eine dunkle warme Färbung. Sportlich von sich überzeugt wirkt Angelo Veccia als Vater Жермонт, авторското право. Уверете се, че гърдите на Баритон са по-силни, а Шмелц, който е в състояние да се справи с тях, ще ви изненада.

Ренато Палумбо ръководи и ръководи Оркестъра и джора на театъра. Er geht klare Wege и arbeitet wenig Подробности heraus. Така че, може да се каже, че е голям оркестър. Das Publikum zeigt sich kritisch und er muss als einziger ein paar Buhs einstecken.

Д-р Хелмут Пич

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Сря, 08 Май 2019 08:41:14 +0000 https://www.opera-online.com/de/columns/helmutpitsch/modern-und-cool-diese-traviata-in-bologna
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German – Reimanns Lear eröffnet eindringlich den Maggio Musicale Florenz
Florenz und die Toskana stehen im Mai ganz im Zeichen des glanzvollen Festival Maggio Musicale. Zum 82. Mal findet es mit vielen internationalen Stars statt. Neben Opern und Konzerten werden Konferenzen und Vorträge an verschiedenen Orten zumeist kunsthistorische oder architektonische Juwele angeboten. Zentrum ist das neu errichtete Opernhaus nunmehr Teatro del Maggio benannt. Ein Dallapiccola Zyklus gehört dieses Jahr dazu, um den in Florenz verstorbenen bedeutenden Komponisten zu ehren, sowie seine florentinischen zeitgenössischen Komponistenkollegen.

Zur Eröffnung wurde eine der erfolgreichsten modernen Opern ausgewählt, die 1978 in München uraufgeführte Oper Lear von Aribert Reimann. Die Tragödie um den englischen König, der sein Reich altersmüde an seine drei Töchter verteilen will und so auch deren Liebe zu erkaufen bzw zu erkunden fasst der Deutsche in ein packendes berührendes Gefühlsepos. Er instrumentalisiert gekonnt die Klangfarben der Instrumente zu Stimmungs – und Gefühlsträgern. Schauspielhaft wirkt das Libretto von Claus Henneberg nach der Vorlage von William Shakespeare.

Trüb und deprimierend ist die Stimmung in England. Vor einem Holzverschlag sammelt sich die königliche Familie. König Lear mit seinen drei Töchtern und deren Ehemännern. Dahinter marschieren schemenhaft Menschen wie im Gefängnis auf und ab. Noch herrscht gleissendes Licht. Die Personen sind in aktuell moderner Kleidung mit einprägsamen Farben gekleidet- Kostüme Ingo Krügler. Calixto Bieito hat diese Inszenierung für die Opera national de Paris gestaltet, welche dort in 2016 Premiere hatte. Er lässt die Protagonisten unentwegt auf der Bühne herumschleichen. Viele Gesten haben symbolische Aussagekraft. Kent sammelt ständig wie ein Sandler alles in Plastisäcken auf und verwischt jegliche Spuren. Cordelia nimmt den siechen Vater wie eine Pieta in die Arme und umgekehrt der Vater seine tote Tochter. Rebecca Ringst schafft eine klare Sprache in der Bühnengestaltung. Die einzelnen Bretter des Holzzaunes sind beweglich und werden zum undurchdringlichen Wald oder zur Küstenklippe. Rauchschwaden vernebeln das Bild und versprühen Tristesse. Franck Evan und Sarah Derendinger untermalen mit Ihrer Luchtregie und Videos die trüben Aussichten für die königliche Familie.

Jetzt hat der Maggio Musicale diese Inszenierung mit einer erstklassigen Besetzung übernommen. Allen voran Bo Skovhus in der Titelrolle, der das Leid und den Wahnsinn personifiziert und verinnerlicht. Über drei Stunden hält er das Publikum in Atem. Selbstlos geistert er über die Bühne und erträgt die Entwürdigung durch seine beiden falschen Töchter. Bis auf die Unterhose verliert er alles. Am Ende auch seine drei Töchter, die sich selbst richten. Geistig umnachtet beerdigt er seine geliebte Cordelia, das einzige wahre liebende Kind. Agneta Eichenholz zeigt als diese Zurückhaltung und Bescheidenheit als verstoßene Tochter, im Gesang verbleibt sie ebenso ruhig und jugendlich. Dramatik, Kaltschnäuzigkeit und hysterische Wut versteht
Angeles Blancas Gulin in ihre Darstellung von Goneril zu legen. Im giftgrünen Outfit und der trockenen scharfen Stimme wird das wirkungsvoll unterstützt. Erika Sunnegardh gibt Ihrer Zeichnung der Rolle der Regan wenig Aussagekraft. Ihre Stimme zeigt geringe Klangfarbe und Kraft. Michael Colvin ist ein edler zu ruhiger Herzog von Cornwall. Umso betörender der Counter von Andrew Watts als sein Sohn Edgar, der vom Lord zum verkleideten Irren in Unterhose und -hemd mutiert. Seine schrägen Töne würzen diese Verwandlung.

Den richtigen Ton und die Klangfarbe findet Fabio Luisi am Pult. Das Orchester des Maggio Musicale hat die anspruchsvolle Partitur bestens einstudiert und spielt nuancenreich und exakt zusammen. Bewusste Grenzregionen der Instrumente kommen schön zu Geltung. Wohldosiert und ausgeglichen ist die Lautstärke. Viel Applaus im gut besuchten Haus.

Dr. Helmut Pitsch

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Wed, 08 May 2019 07:41:17 +0000 https://www.opera-online.com/de/columns/helmutpitsch/reimanns-lear-eroffnet-eindringlich-den-maggio-musicale-florenz
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German – Cherubinis: "Médée" am Linzer Landestheater: Die Kindsmörderin in New York

&bdquo;An den Ufern des Styx wird dich mein Schatten erwarten&ldquo;: Es sind die letzten Worte von Medea. Sie steht im oberen Stockwerk des schicken B&uuml;ros mit einem vor Blut triefenden Messer, mit dem sie soeben ihre Kinder get&ouml;tet hat. Gleich danach entfacht sie ein riesiges Feuer, aus dem es kein Entkommen gibt und in dem alle umkommen. Nur Jason bleibt allein vor dem Tr&uuml;mmerhaufen zur&uuml;ck: Es ist ein spektakul&auml;rer Schluss, der Guy Montavon bei &bdquo;M&eacute;d&eacute;e&ldquo; von Luigi Cherubini, (UA 1797), ein antiker Stoff der von etlichen Komponisten vertont wurde, am Linzer Landestheater da eingefallen ist.

Ins Heute hat er das Seelendrama nach Euripides – eine Koproduktion mit der Op&eacute;ra de Nice und dem Theater in Erfurt- nach New York verlegt, in die obersten Etagen eines Hochhauses, eine Art Trump-Tower, wo seinerzeit Jason und Medea ein multinationales Finanzunternehmen gegr&uuml;ndet haben. Eine nicht unbedingt neue aber vertretbare Konzeption. Man sieht ein mit Laptops ausgestattetes Gro&szlig;raumb&uuml;ro und hinter den Glasfronten weitere Wolkenkratzer (Ausstattung: Annemarie Woods). Der exzellent singende Chor des Hauses fungiert als uniformierte B&uuml;roangestellte. Der Regisseur will die Zeitlosigkeit des Themas zeigen und die psychische Verfassung der Protagonisten offenlegen, die eindrucksvoll sp&uuml;rbar wird und er hat viele Ideen. So erh&auml;lt Dirc&eacute;, die erste Frau Jasons von diesem einen goldenen Widderkopf, symbolhaft f&uuml;r das goldenen Vlies. Und sie wird anders als in der Vorlage durch ein fatales Hochzeitsgeschenk von Medea, dem symboltr&auml;chtigen, roten Schal dem seinerzeitigen Zeichen ihrer Liebe zu Jason und einer Pistole in den Selbstmord gedr&auml;ngt.

Untrennbar ist diese Rolle mit Maria Callas verbunden: Und mit welcher Intensit&auml;t die &bdquo;Primadonna assoluta&ldquo; die &bdquo;Medea&ldquo; in der italienischen Fassung der 1797 uraufgef&uuml;hrten Oper von Luigi Cherubini interpretierte, bleibt unvergesslich und m&ouml;glicherweise singul&auml;r.

In Linz spielt man die franz&ouml;sische Version, in einer kritischen, gek&uuml;rzten Ausgabe aus 2008 mit stark gek&uuml;rzten, deutschen Dialogen und auch musikalischen Strichen: Brigitte Geller ist als sehr pr&auml;sente und intensive Titelheldin mit allen diffizilen T&ouml;nen zu erleben, denen es jedoch manchmal etwas an Durchschlagskraft fehlt! &nbsp;Darstellerisch durchlebt sie den Wandel von der bedingungslos liebenden &uuml;ber die seelisch total zerrissenen Frau bis hin zur wahnsinnigen, hasserf&uuml;llten Meg&auml;re, die in blinder Wut ihre eigenen Kinder t&ouml;tet, nur um ihrem ehemaligen Geliebten Jason immense Schmerzen zu bereiten. &nbsp;

Den Jason, hier als schwacher Charakter gezeichnet, gibt Matjaž Stopin&scaron;ekh&ouml;hensicher mit sch&ouml;nem Tenor. &nbsp;Martin Achrainer singt Cr&eacute;on, seinen Vater und K&ouml;nig von Korinth kraftvoll und mit gro&szlig;er B&uuml;hnenpr&auml;senz. &nbsp;Die helle, koloraturensichere, saubere Sopranstimme der mit Jason verkuppelten Dirc&eacute; ist bei Therese Grabner ein gelungener, ausdrucksstarker Gegenpart zu M&eacute;d&eacute;e. Auch M&eacute;d&eacute;es Begleiterin N&eacute;ris, gesungen von Jessica Ecclestone, f&uuml;gt sich wohltuend in das ausgezeichnete Ensemble ein.&nbsp; Dass die Oper so selten aufgef&uuml;hrt wird, liegt wohl daran, dass den Darstellern nicht nur stimmlich, sondern auch darstellerisch Enormes abverlangt wird.

Bruno Weil, erster Gastdirigent des Bruckner Orchester Linz dirigiert dieses sehr routiniert und sicher. Dramatisch, energiegeladen und immer leidenschaftlich spielt das Orchester auf, allerdings h&auml;tte man sich fallweise noch packendere Akzente gew&uuml;nscht.

Viel Applaus!

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Dr. Helmut Christian Mayer

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Tue, 07 May 2019 08:50:42 +0000 https://www.opera-online.com/de/columns/hmayer/cherubinis-medee-am-linzer-landestheater-die-kindsmorderin-in-new-york
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French – 5 questions à Mathias Vidal

Le haute-contre fran&ccedil;ais Mathias Vidal a le vent en poupe et re&ccedil;oit d&rsquo;unanimes &eacute;loges &agrave; chacune de ses apparitions sur sc&egrave;ne ou en concert. On l&rsquo;a entendu r&eacute;cemment &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra de Dijon dans Les Bor&eacute;ades de Rameau (r&ocirc;le d&rsquo;Abaris), et chante actuellement le r&ocirc;le de Monostatos dans La Fl&ucirc;te enchant&eacute;e&nbsp;de Mozart &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra Bastille (nous y avons assist&eacute;). C&rsquo;&eacute;tait pour nous l&rsquo;occasion de rencontrer ce chanteur aussi talentueux qu&rsquo;&eacute;clectique dans ses choix artistiques, qui n&rsquo;incluent pas seulement la musique baroque, mais aussi l&rsquo;op&eacute;rette ou encore le grand r&eacute;pertoire de la seconde moiti&eacute; du XIXe.

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Opera-Online : Entre les Bor&eacute;ades en mars &agrave; Dijon, La Fl&ucirc;te enchant&eacute;e en ce moment m&ecirc;me &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra Bastille et dans L&rsquo;Orfeo de Monteverdi ce m&ecirc;me mois au TCE, vous semblez avoir un agenda bien rempli ?

Mathias Vidal : Mon agenda est heureusement bien rempli et c&rsquo;est toujours une grande chance pour les artistes lyriques que de pouvoir enchainer les projets&hellip; Nous ne sommes pas &agrave; l&rsquo;abri non plus des p&eacute;riodes creuses. Pour ma part, ma famille me saute alors dessus avec enthousiasme. Dans ces moments, je suis exclusivement aupr&egrave;s des miens. Et je profite de la tribune que vous m&rsquo;offrez pour encourager le public &agrave; d&eacute;couvrir le nouvel ensemble d&rsquo;Emiliano Gonzalez-Toro au TCE &agrave; l&rsquo;occasion de L&rsquo;Orfeo qu&rsquo;il va y diriger. Il est par ailleurs extraordinaire dans ce r&ocirc;le (NDLR : il assure en m&ecirc;me temps le r&ocirc;le-titre et la direction d&rsquo;orchestre). Je suis tr&egrave;s fier de pouvoir &ecirc;tre pr&eacute;sent &agrave; ses c&ocirc;t&eacute;s (NDLR : dans le r&ocirc;le du Pastore), et je lui souhaite le meilleur pour la suite, ainsi que longue vie &agrave; son ensemble.

Ces grands r&ocirc;les qui arrivent enfin marquent-ils un tournant dans votre carri&egrave;re ? Etes-vous plus sollicit&eacute; sur les sc&egrave;nes internationales ?

Je me suis surpris l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re &agrave; d&eacute;couvrir en d&eacute;but de saison que je chanterai six r&ocirc;les-titres sur sept productions d&rsquo;op&eacute;ra. Mais pour tout vous dire, je ne compte pas ni ne fais de statistiques. Je suis l&rsquo;&eacute;volution de ma voix avant toute chose. Mon entourage professionnel, et en premi&egrave;re ligne mes agents Olivier Beau et Herv&eacute; Le Guillou me poussent vers le haut, ainsi que les directeurs qui me suivent de longue date, et les nouveaux qui me font confiance. J&rsquo;esp&egrave;re ne pas les d&eacute;cevoir et continuer gr&acirc;ce &agrave; eux &agrave; chanter de beaux r&ocirc;les, qu&rsquo;ils soient petits ou grands. Et je veux encore et encore remercier mon professeur de chant de toujours, depuis vingt ans maintenant, Christiane Patard, qui supporte tous les r&eacute;pertoires que je lui am&egrave;ne depuis toutes ces ann&eacute;es. L&rsquo;international a toujours &eacute;t&eacute; pr&eacute;sent depuis mes d&eacute;buts. Ce n&rsquo;est pas un but ou une finalit&eacute; en soi. Je trouve toujours le m&ecirc;me plaisir &agrave; d&eacute;couvrir de nouveaux lieux o&ugrave; les passionn&eacute;s donnent tout pour leur art.

Quels autres r&eacute;pertoires que ceux que l&rsquo;on vous confie habituellement aimeriez-vous explorer, et quels r&ocirc;les r&ecirc;vez-vous d&rsquo;incarner sur sc&egrave;ne &agrave; l&rsquo;avenir ?

A cette question, je vous mentirais si je ne vous disais pas que je souhaiterais chanter plus lourd, plus gros, plus loin, plus grand&hellip; bref les ouvrages au-dessus de mes capacit&eacute;s vocales. Mais c&rsquo;est humain apr&egrave;s tout ? Dans une moindre mesure, je pense que je pourrai un jour aborder des r&ocirc;les repr&eacute;sentatifs du grand r&eacute;pertoire comme Hoffmann, Mime, Loge, Nemorino, Rom&eacute;o, Faust, Werther et tellement d&rsquo;autres encore… Mais si on me disait que je devrais chanter exclusivement mes anciens r&ocirc;les comme Abaris, Cinq-Mars, Der Zwerg, Orlando et les autres, alors je signerais tout de suite ! D&rsquo;ailleurs, pour quelques-uns, ce sera le cas, mais je ne peux pas vous annoncer les saisons &agrave; venir avant les th&eacute;&acirc;tres eux-m&ecirc;mes&hellip;

La dimension th&eacute;&acirc;trale &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra vous pla&icirc;t-elle et que pensez-vous des lectures dites &laquo; modernes &raquo; ?

Oui l&rsquo;op&eacute;ra est le lieu o&ugrave; un maximum de corps de m&eacute;tier se rencontrent et l&rsquo;objet qui en r&eacute;sulte est le fruit de beaucoup de comp&eacute;tences, tout service confondu. Quand la magie op&egrave;re, on flotte tous sur un petit nuage. Les lectures modernes me plaisent de plus en plus car, si c&rsquo;est ce dont vous parlez, un plateau &laquo; d&eacute;pouill&eacute; &raquo; laisse place aux corps des interpr&egrave;tes se mouvant dans l&rsquo;espace sc&eacute;nique et met au centre la dramaturgie. Elle rassasie &eacute;galement les puristes habitu&eacute;s &agrave; &eacute;couter les m&ecirc;mes &oelig;uvres depuis des ann&eacute;es comme les d&eacute;go&ucirc;ter pour d&rsquo;autres raisons. Ces lectures interrogent, choquent, provoquent mais aussi peuvent revenir &agrave; l&rsquo;essentiel. Dans tous les cas, c&rsquo;est une exp&eacute;rience pour un interpr&egrave;te que de saisir l&rsquo;univers d&rsquo;un metteur en sc&egrave;ne et puis c&rsquo;est son boulot ! Mais une bonne mise en sc&egrave;ne traditionnelle, bien faite, c&rsquo;est comme rentrer &agrave; la maison apr&egrave;s une longue absence.

Quels sont vos projets les plus attendus pour la prochaine saison ?

Tous mes projets sont attendus, voyons ! (rires) Et je ferais un affront aux th&eacute;&acirc;tres que de privil&eacute;gier certains projets plus que d&rsquo;autres. C&rsquo;est &agrave; chaque fois une aventure, &eacute;tonnante parfois. Mais voil&agrave;, je vais tout de m&ecirc;me donner un peu &agrave; manger &agrave; votre lectorat : nous allons f&ecirc;ter les 350 ans de l&rsquo;Op&eacute;ra de Paris avec Les Indes Galantes de Rameau, puis je vais aller faire un petit tour au TCE avec Les Noces de Figaro, chanter le r&ocirc;le de Tamino &agrave; Avignon et Versailles, Les Bor&eacute;ades en concert, Plat&eacute;e &agrave; Toulouse, Le Couronnement de Popp&eacute;e au TCE dans un nouveau r&ocirc;le pour moi : apr&egrave;s Arnalta et Lucain, ce sera l&rsquo;autre nourrice que j&rsquo;endosserai cette fois ! Il ne me manquera plus que N&eacute;ron&hellip; un jour peut-&ecirc;tre&hellip; Et puis je retournerai &agrave; Munich pour Orlando Paladino de Josef Haydn. Voil&agrave;, plein de beaux r&ocirc;les en perspective, et il me languit de vivre toutes ces nouvelles aventures !

Propos recueillis par Emmanuel Andrieu

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Tue, 07 May 2019 00:00:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/5-questions-a-mathias-vidal
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French – Anna Caterina Antonacci, mémorable Médée au Grand-Théâtre de Genève

Avant toute chose, ce qui subjugue dans cette M&eacute;d&eacute;e de Marc-Antoine Charpentier, op&eacute;ra-phare du baroque fran&ccedil;ais du XVII&egrave;me si&egrave;cle, c&rsquo;est la force dramatique d&rsquo;une &oelig;uvre o&ugrave; les splendeurs de l&rsquo;&eacute;criture musicale se combinent avec une &eacute;vidence totale au texte r&eacute;ellement exceptionnel de Thomas Corneille (fr&egrave;re cadet de Pierre). Certes, librettiste et musicien ne montrent pas dans M&eacute;d&eacute;e la m&ecirc;me parfaite ma&icirc;trise des ficelles du genre que le tandem Quinault-Lully, mais c&rsquo;est au b&eacute;n&eacute;fice d&rsquo;une conception th&eacute;&acirc;trale beaucoup plus brutale, approfondie, et pour tout dire plus proche de nous. Sans pour autant renier l&rsquo;esth&eacute;tique de la trag&eacute;die lyrique, les deux hommes ont &eacute;labor&eacute; une version du mythe qui nous parvient, au-del&agrave; du temps, avec une puissance et une violence intactes. M&eacute;d&eacute;e, bouleversante dans sa double dimension humaine et surnaturelle, br&ucirc;le litt&eacute;ralement la sc&egrave;ne, contient de plus en plus difficilement les puissances occultes qu&rsquo;elle d&eacute;tient, se trouvant comme pouss&eacute;e &agrave; la vengeance par une n&eacute;cessit&eacute; absolue lorsque la trahison de Jason se fait &eacute;vidente et sans retour. Il ne lui reste plus qu&rsquo;&agrave; an&eacute;antir ceux qui ont cru pouvoir se moquer d&rsquo;elle, jusqu&rsquo;&agrave; sacrifier les enfants que le h&eacute;ros &eacute;tait indigne de lui donner. Charpentier a mis en musique pas &agrave; pas cette progression infernale, de la douleur de la femme trahie jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;explosion simultan&eacute;e de sa col&egrave;re et de son pouvoir enfin reconquis.

Etrenn&eacute;e &agrave; l&rsquo;English National Opera en 2013 (donc en langue anglaise et sur instruments modernes&hellip;), cette production r&eacute;gl&eacute;e par le prolifique homme de th&eacute;&acirc;tre &eacute;cossais David McVicar retrouve fort heureusement la langue originale du livret &agrave; Gen&egrave;ve. Il transpose l&rsquo;intrigue en Angleterre pendant la Seconde guerre mondiale, dans une magnifique Mansion, r&eacute;quisitionn&eacute;e pour servir de QG &agrave; l&rsquo;arm&eacute;e britannique. La rivalit&eacute; entre Jason et Oronte est respect&eacute;e, les deux hommes appartenant &agrave; deux forces arm&eacute;es oppos&eacute;es, la Marine pour l&rsquo;un et la Royal Air Force&nbsp;pour l&rsquo;autre, Cr&eacute;on &eacute;tant bien &eacute;videmment le g&eacute;n&eacute;ral en chef dont les deux rivaux cherchent la faveur. McVicar pars&egrave;me les cinq actes de trouvailles, telle, au II, l&rsquo;arriv&eacute;e sur sc&egrave;ne de Cupidon aux commandes d&rsquo;un avion, tandis qu&rsquo;en contrebas s&rsquo;ex&eacute;cute un incroyable num&eacute;ro de Music-Hall (chor&eacute;graphies de Lynne Page) offert par des performers endiabl&eacute;s. Changement radical de ton au III, o&ugrave; les choses se corsent, avec la fureur de M&eacute;d&eacute;e qui invoque alors les puissances infernales : elles se mettent &agrave; sortir du sous-sol, zombies de toutes sortes, aussi effrayants les uns que les autres. Nous ne manquerons pas de saluer &eacute;galement les somptueux &eacute;clairages, tout de po&eacute;sie, de Paule Constable, qu&rsquo;accompagnent les costumes pleins de cr&eacute;ativit&eacute; de Bunny Christie, le tout ciment&eacute; par une direction d&rsquo;acteurs au cordeau comme nous y a habitu&eacute;s McVicar&hellip;

C&rsquo;est peu dire que sur le plateau du Grand-Th&eacute;&acirc;tre de Gen&egrave;ve, l&rsquo;interpr&eacute;tation musicale se montre largement &agrave; la hauteur, la M&eacute;d&eacute;e de la cantatrice italienne Anna Caterina Antonacci &eacute;pousant chaque contour psychologique du personnage avec un investissement vocal et sc&eacute;nique qui lui a valu une incroyable ovation au moment des saluts. Beaut&eacute; d&rsquo;une voix mordor&eacute;e et sombre &agrave; la fois, assurance de la technique, perfection de la diction, musicalit&eacute;, assorties d&rsquo;un naturel confondant, sa M&eacute;d&eacute;e devient un monstre bouleversant, qui nous touche en plein c&oelig;ur par la logique et la v&eacute;rit&eacute; implacables qu&rsquo;il exprime : elle restera &agrave; jamais une m&eacute;morable M&eacute;d&eacute;e. Si son chant manque parfois de virilit&eacute;, Cyril Auvity n&rsquo;en campe pas moins un Jason convaincant, pourvu d&rsquo;un timbre dont la s&eacute;duction passe au service du mensonge et de la veulerie. La Cr&eacute;use de la soprano anglaise Keri Fuge est tout autant &agrave; sa place, avec une voix bien projet&eacute;e, pleine de charme et de fra&icirc;cheur, et un jeu sc&eacute;nique tout de gr&acirc;ce et de juv&eacute;nilit&eacute;. Le Cr&eacute;on de Sir Willard White s&rsquo;av&egrave;re lui aussi remarquable, roi immoral et magouilleur auquel la basse britannico-jama&iuml;caine pr&ecirc;te l&rsquo;autorit&eacute; et la profondeur de sa voix, ainsi que son sens du th&eacute;&acirc;tre, mais la diction de notre idiome s&rsquo;av&egrave;re en revanche perfectible. Le baryton franco-britannique Charles Rice rend justice &agrave; Oronte, avec son magnifique timbre viril, par ailleurs seul personnage (hormis M&eacute;d&eacute;e) de quelque r&eacute;elle noblesse dans cette affaire. Les seconds r&ocirc;les sont excellemment tenus, avec une mention particuli&egrave;re pour la N&eacute;rine d&rsquo;Alexandra Dobos-Rodriguez, la Jalouise de J&eacute;r&eacute;mie Sch&uuml;tz ou encore la Cl&eacute;one de Magali L&eacute;ger,

Saluons enfin la magnifique direction musicale du chef argentin Leonardo Garcia Alarcon, r&eacute;guli&egrave;rement invit&eacute; sur la sc&egrave;ne du Grand-Th&eacute;&acirc;tre avec son ensemble franco-suisse la Capella Mediterranea, Sans aucune baisse d&rsquo;intensit&eacute; au cours des trois heures de musique, il tire de sa formidable phalange des couleurs et des impulsions redonnant &agrave; la partition de Charpentier une dynamique litt&eacute;ralement inou&iuml;e.

Emmanuel Andrieu

M&eacute;d&eacute;e&nbsp;de Marc-Antoine Charpentier au Grand-Th&eacute;&acirc;tre de Gen&egrave;ve, jusqu&rsquo;au 11 mai 2019

Cr&eacute;dit photographique &copy; Magali Dougados

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Mon, 06 May 2019 10:05:50 +0000 https://www.opera-online.com/fr/columns/manu34000/anna-caterina-antonacci-memorable-medee-au-grand-theatre-de-geneve
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French – Documentaire : Ron Howard rend hommage à Pavarotti: Genius Is Forever

En plus d&rsquo;un demi-si&egrave;cle de carri&egrave;re, Ron Howard affiche une filmographie de plusieurs dizaines de titres que ce soit comme acteurs ou r&eacute;alisateur &ndash; parmi lesquels Cocoon, Apollo 13, Un homme d&#39;exception&nbsp;(qui lui vaudra un Oscar) ou l&rsquo;adaptation du Da Vinci Code, entre autres. Mais Ron Howard r&eacute;alise aussi des documentaires musicaux : on lui doit Made in America sur les activit&eacute;s du rappeur Jay-Z, puis The Beatles: Eight Days a Week sur les d&eacute;buts du groupe britannique et le 7 juin prochain, Pavarotti: Genius Is Forever sortira dans les salles am&eacute;ricaines, portant cette fois &agrave; l&rsquo;&eacute;cran la vie du &laquo; t&eacute;norissimo &raquo; Luciano Pavarotti,

Au d&eacute;but des ann&eacute;es 1980, Ron Howard (alors principalement acteur et connu pour son r&ocirc;le de Richie Cunningham dans la s&eacute;rie Happy Days) avait eu l&rsquo;occasion de croiser bri&egrave;vement Luciano Pavarotti &agrave; l&rsquo;occasion d&rsquo;un &eacute;v&eacute;nement m&eacute;diatique et d&eacute;j&agrave; &agrave; l&rsquo;&eacute;poque &laquo;&nbsp;le charisme tellement &eacute;vident &raquo; du t&eacute;nor l&#39;avait marqu&eacute;, au point d&#39;en faire &laquo; naturellement la star de la soir&eacute;e&nbsp;&raquo;. Et pr&egrave;s de 40 ans plus tard, le r&eacute;alisateur lui consacre un documentaire : selon Ron Howard, &laquo;&nbsp;il &eacute;tait tellement charismatique et il y avait tant d&rsquo;inspiration en lui, qu&#39;il semble que &ccedil;a ait touch&eacute; le public. Le premier objectif du documentaire &eacute;tait de raconter son histoire de sorte qu&rsquo;elle prenne la forme d&rsquo;un op&eacute;ra sur Pavarotti lui-m&ecirc;me, en s&rsquo;appuyant sur les arias qu&rsquo;il interpr&eacute;tait si brillamment&nbsp;&raquo;.

Sign&eacute; par la m&ecirc;me &eacute;quipe que celle d&eacute;j&agrave; &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre pour The Beatles: Eight Days a Week en 2016 (Nigel Sinclair, Brian Grazer et Michael Rosenberg aux c&ocirc;t&eacute;s de Ron Howard), le documentaire explore la vie de Luciano Pavarotti, depuis les jeunes ann&eacute;es du t&eacute;nor et jusqu&rsquo;&agrave; sa mort d&rsquo;un cancer du pancr&eacute;as, en passant par ses plus grand succ&egrave;s et ses activit&eacute;s caritatives. Mais au-del&agrave; de la figure publique qui reste dans les m&eacute;moire, le principal attrait du film repose peut-&ecirc;tre davantage sur les documents in&eacute;dits r&eacute;unis par Ron Howard, qui a pu s&rsquo;appuyer sur les archives personnelles de la famille Pavarotti, des s&eacute;quences originales ou des images d&rsquo;archives, des extraits de coulisses ou encore des interviews et t&eacute;moignages des proches du chanteurs &ndash;&nbsp;notamment Pl&aacute;cido Domingo et Jos&eacute; Carreras, ou Angela Gheorghiu et Bono, le chanteur de U2, avec qui il avait particip&eacute; &agrave; plusieurs op&eacute;rations caritatives. Ron Howard entend donc composer un portrait &agrave; la fois musical et intimiste du t&eacute;nor de Mod&egrave;ne, &agrave; la sc&egrave;ne comme en coulisses avec ses contradictions, ses doutes et ses fragilit&eacute;s.
On sera sans doute curieux de (re)d&eacute;couvrir Luciano Pavarotti sous un nouveau jour, quelque douze ans apr&egrave;s sa disparition.

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Sun, 05 May 2019 17:35:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/documentaire-ron-howard-rend-hommage-a-pavarotti-genius-is-forever
https://www.opera-online.com/fr/articles/documentaire-ron-howard-rend-hommage-a-pavarotti-genius-is-forever


German – Montecatini Opera Festival Alter Glanz nah am Kitsch
Auf halber Strecke von Florenz nach Pisa liegt verträumt in der lieblichen Landschaft der Toskana der traditionsbehaftete Kurort Montecatini. Große Kurhotels, breite Alleen und Kurparks erinnern an alten Glanz. Über Generationen kehrte die europäische Noblesse und Aristrokratie hier ein, um das Klima, die Natur und die Heilkraft des Wassers zu genießen. Prächtige Bauten für die Thermen vermitteln heute noch den eleganten Flair von damals. Heute hat sich der Kurort zu einem beliebten preisgünstigen Standort für Gruppenreisen entwickelt, um die umliegenden Schönheiten bequem zu erkunden.

Kulturell weist der Kurort eine vielschichtige Tradition und einen engen Bezug zu mehreren Künstlern insbesondere zu den Komponisten Leoncavallo und Puccini auf. So ist es nicht verwunderlich, dass sich der Ort und eine private Initiative für ein Opernfestival stark gemacht haben. Die architektonischen Juwele der Termalbauten aus dem Ende des 19 Jahrhunderts bilden auch die passenden Rahmen. Die Excelsior Terme im Liberty Stil, ein quadratischer Bau verspielt und intim, sowie die Tettuccio Terme als Open Air Arena für bis zu 800 Gästen.

Seit 15 Jahren findet das Festival mit Einzelvorstellungen über sieben Monate verteilt statt. Die Intendantin Maria Giulia Grazzini erklärt, dass die Festivalleitung und die Kommune seit 2007 verstärkt auf einen Bezug zu Russland setzt, um den Tourismus und den kulturellen Austausch zu fördern. So auch in der Namensgebung umgesetzt. Das Montecatini Russia Opera Festival präsentiert musikalische Köstlichkeiten aus italienischen und russischen Opern, präsentiert von Künstlern aus beiden Ländern. So auch am besuchten Konzertabend in der Excelsior Terme mit drei Gesangssolisten, begleitet von der Pianistin Chiara Mariani, die mächtig in die Tasten und Pedale tritt, um Spannung und Klangvolumen zu erzeugen, welche die Akustik des Raumes nicht wirklich erfüllen. Die Sopranistin Marina Nachkebiya ist stimmlich noch nicht in den hochromantischen Opern von Puccini und Tschaikowsky angekommen. Mehr Potenzial zeigte sie in der Zugabe als Marcelina aus Mozarts Don Giovanni. Dagegen trumphte der Tenor Marco Mustaro als Rudolfo ( La Boheme) oder Herzog von Mantua (Rigoletto) mit italienischen Timbre, Kraft und Wärme. Ab und an bricht die Stimme in der Mittellage bei zu gewagtem Forte und trübt sich im Ausdruck ein. Verwandlungsfähig zeigt sich der Bariton Paolo Ruggiero. Ob als Figaro aus Rossinis Babier von Sevilla, Escamillo aus Bizets Carmen. Scarpia aus Puccinis Tosca oder als Aleko aus Rachmaninovs gleichlautender Oper, er trifft die Stimmung, die Eigenschaft der Rolle und der Handlung. Eher tief angesetzt ist seine Stimme, mit Schmelz unterlegt berührt, kämpft oder schmettert er frisch und gefühlsbetont. Rasch reihen sich die Hits der Opernwelt aneinander und das Publikum kommt in Fahrt und unterstützt die Solisten mit kräftigen Applaus. Eine angenehme wohlige Stimmung durchsetzt den Raum, intimer Kurkonzert- bis hin zum Saloncharakter überkommt den Zuhörer, so nah an den Künstlern.

Die Veranstalter wollen breite Schichten und besonders auch Jugend mit ihren Veranstaltungen erreichen. Dies ist sicherlich an diesem Abend gelungen.

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Sun, 05 May 2019 11:08:08 +0000 https://www.opera-online.com/de/columns/helmutpitsch/montecatini-opera-festival-alter-glanz-nah-am-kitsch
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German – Teatro Real Madrid zeigt Altbekanntes und Unbekanntes in der kommenden Saison
Das Teatro Real in Madrid hat nun auch seine Projekte und Ideen für die Saison 2019/20 preisgegeben. Die neue Spielzeit vereint Altbewährtes wie Don Carlo, L’elisir d’amore, Zauberflöte, La traviata und Walküre (welche die Tetralogie des Ring des Nibelung fortsetzt), mit zeitgenössischen und in Vergessenheit geratenen Werken. Fünf neue Produktionen zeigen bisher am Teatro Real Unaufgeführtes. Il pirata, von Bellini; Lear, von Reimann; Iris, von Mascagni, konzertant mit Ermonela Jaho. Ausserordentlich sind auch die Aufführungen von Achille in Sciro, von Corselli und Die Passagierin, von Weinberg.

Grosse Stimmen, national und international sind eingeladen wie Plácido Domingo, Anna Netrebko, Joyce DiDonato, Philippe Jaroussky oder Javier Camarena, neben vielen anderen. Und drei Ballettkompagnien: English National Ballet, Ballet Nacional De España, Nederlands Dans Theater, werden auf der Bühne des Teatro Real in der kommenden Spielzeit auftreten.

Dr. Helmut Pitsch

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Sun, 05 May 2019 11:08:00 +0000 https://www.opera-online.com/de/articles/teatro-real-madrid-zeigt-altbekanntes-und-unbekanntes-in-der-kommenden-saison
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German – Mailänder Scala Ariadne auf Naxos – Der Hausherr spielt auf

Das ist nicht allt&auml;glich. Ein echter Opernhaus Intendant stehlt selbst auf die B&uuml;hne und spielt mit. Und das gar nicht schlecht. Der geb&uuml;rtige Wiener Alexander Pereira ist seit 1. September 2014 Intendant und k&uuml;nstlerischer Direktor der Mail&auml;nder Scala und nach anf&auml;nglichen Unstimmigkeiten &uuml;ber seinen Einkauf von Produktionen aus Salzburg mittlerweile vom Publikum und vermutlich auch von der Politik gesch&auml;tzter Leiter des weltber&uuml;hmten Opernhauses. Nunmehr &uuml;berrascht er sein Publikum und schl&uuml;pft in die Rolle des resoluten Haushofmeisters, der den engagierten Musikern die W&uuml;nsche des kaprizi&ouml;sen Hausherrn zu &uuml;bermitteln hat. Eine Rolle, die ihm sichtlich Spass macht und auch zu seiner aktuellen beruflichen Aufgabe passt. In barocker roter Lakaienuniform erscheint er in der Inszenierung des jungen Briten Frederic Wake Walker, der sich mit einer klaren Linie seiner Interpretation dieser Oper in der Oper schwer tut.

Jamie Vartan gestaltet f&uuml;r das Vorspiel den Nachbau eines pr&auml;chtigen barocken Stiegenhauses und postiert unpassend Wohnw&auml;gen mitten ins Foyer. In diesen nehmen die eingeladenen rivalisierenden K&uuml;nstlergruppen Platz, die die folgende Oper f&uuml;r den Hausherrn auff&uuml;hren sollen. F&uuml;r die Oper selbst gestaltet der B&uuml;hnenbildner im Anschluss einen modernen weiss ausgekleideten Raum, ein rundes weisses Podest f&uuml;r die trauernde Ariadne in der B&uuml;hnenmitte, welches wie eine Muschel verschlossen wird. Davor wachsen dicht aneinandergereiht blaue Kegel aus dem Boden, das Meer symbolisierend. Eine breite Treppe kommt mit dem rettenden Bacchus von hinten und im nunmehr dunklen B&uuml;hnenraum steigen Ariadne und Bacchus vereint die Treppe unter Sternenhimmel und grossem bunten Videofeuerwerk empor. Dazwischen f&uuml;hrt Frederic Wake Walker die zahlreichen Protagonisten unbestimmt auf der B&uuml;hne herum.

So bleibt Zeit sich auf die Musik zu konzentrieren, welche unter der F&uuml;hrung von Franz Welser M&ouml;st herrlich aufgetischt wird. Konsequent zieht er den kammermusikalischen Charakter der Musik durch. Er l&auml;sst die Instrumentensoli markant erklingen und f&uuml;hrt die Stimmen transparent zusammen. Weich und erf&uuml;llend ber&uuml;hrt der volle Orchesterklang. Geschickt und verspielt pointiert er die verschiedenen t&auml;nzerischen und folkloristischen Elemente. Krassimira Stoyanova als Ariadne ist der Star des Abends und ihre Arie gestaltet sie intelligent und gef&uuml;hlvoll. Wohlverst&auml;ndlich in der Diktion nutzt sie ihre Stimme f&uuml;r einen liedhaften unpr&auml;tenti&ouml;sen Gesang. Intim auch die Gestik. Sabine Devieilhe bleibt eine farblose Zerbinetta. Ihre Koloraturen bleiben unspektakul&auml;r und auch nicht immer sicher intoniert. Im Spiel wirkt die zarte Franz&ouml;sin unbeholfen. Daniela Sindram versteht es den Komponisten im Vorspiel viel Aufmerksamkeit zu erwecken. Mit kr&auml;ftiger fester Stimme baut sie nuancenreich ihre Emotionen ein. Michael K&ouml;nig wirkt mit Statur und Stimme als lebensfroher Bacchus. Markus Werba liefert sich als Musiklehrer mit dem Haushofmeister ein z&uuml;ndendes Zwiegespr&auml;ch.

Das italienische Publikum zeigt Zur&uuml;ckhaltung gegen&uuml;ber diesem sperrigen Opus von Richard Strauss. Manche suchen bereits in der Pause das Weite. Am Ende ist es aber erf&uuml;llt von dem Zauber der Harmonien und Melodien, welche Richard Strauss immer wieder zusammenf&uuml;hrt und spendet begeistert Beifall.

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Fri, 03 May 2019 11:58:52 +0000 https://www.opera-online.com/de/columns/helmutpitsch/mailander-scala-ariadne-auf-naxos-der-hausherr-spielt-auf
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French – Beau succès pour Turandot à l&#39;Opéra de Marseille

C&rsquo;est un beau succ&egrave;s public que vient couronner, au rideau final, cette production de Turandot de Giacomo Puccini, coproduite avec les Chor&eacute;gies d&rsquo;Orange, o&ugrave; le spectacle avait &eacute;t&eacute; pr&eacute;sent&eacute; durant l&rsquo;&eacute;t&eacute; 2012 (avec Roberto Alagna en Calaf). Le metteur en sc&egrave;ne marseillais Charles Roubaud et son d&eacute;corateur Dominique Lebourges ont bien s&ucirc;r revu leur travail pour l&rsquo;adapter aux dimensions de la sc&egrave;ne phoc&eacute;enne. La sc&eacute;nographie conserve, dans ce cadre resserr&eacute;, toute sa splendeur : une coursive traverse l&rsquo;espace sc&eacute;nique &agrave; mi-hauteur, lieu de vie des dignitaires, tandis que le peuple se masse en contrebas, brutalis&eacute; de mani&egrave;re permanente par les sbires aux ordres de la princesse de glace. Turandot apparait dans une magnifique sph&egrave;re de m&eacute;tal ouvrag&eacute;e et protectrice, dont elle finira par sortir, pour passer du rang de princesse inaccessible &agrave; celui de femme amoureuse. Les &eacute;clairages (sign&eacute;s par Marc Delam&eacute;zi&egrave;re) contribuent &agrave; la beaut&eacute; visuelle du spectacle, marqu&eacute;e &eacute;galement par la sobri&eacute;t&eacute; des costumes (con&ccedil;us par Katia Duflot) qui sugg&egrave;rent efficacement, sans chercher &agrave; la reconstituer, une Chine ancestrale.

Grande habitu&eacute;e de la sc&egrave;ne phoc&eacute;enne, la soprano autrichienne Ricarda Merbeth se confirme comme l&rsquo;une des meilleures Turandot du moment, imp&eacute;rieuse, imp&eacute;tueuse mais &eacute;galement ensorcelante, projetant des aigus arrogants comme autant de lames effil&eacute;es et tranchantes. Autre habitu&eacute;e des lieux, Ludivine Gombert n&rsquo;enthousiasme pas moins dans le r&ocirc;le de Liu : sa voix bien timbr&eacute;e remplit la salle, &eacute;th&eacute;r&eacute;e sur la fin de &laquo; Signore, ascolta &raquo;, d&eacute;licate et &eacute;mouvante dans &laquo; Tu, che di gel sei cinta &raquo;. En excellente forme, le t&eacute;nor italien Antonello Palombi chante Calaf (en remplacement de Rudy Park, initialement annonc&eacute;) avec une assurance parfaite et une projection glorieuse, sans pour autant n&eacute;gliger les demi-teintes dans le fameux &laquo; Nessun dorma &raquo;. Jean Teitgen est un Timur sobre, Rodolphe Briand un Altoum plein de sant&eacute;, tandis que le trio de Ministres (Marc Larcher, Armando Noguera et Lo&iuml;c F&eacute;lix) frappe par la coh&eacute;sion de trois timbres magnifiques. Quant au ch&oelig;ur maison, il se hisse sans peine au r&ocirc;le de protagoniste par la finesse de ses intonations et sa ferveur vocale.

En fosse, le chef italien Roberto Rizzi Brignoli dirige un Orchestre phiharmonique de Marseille qu&rsquo;il ma&icirc;trise bien et qu&rsquo;il fait sonner superbement, dans un ouvrage qu&rsquo;il conna&icirc;t visiblement sur le bout des doigts. Il peut ainsi partir &agrave; la recherche d&rsquo;alliages de timbres rares, notamment dans un d&eacute;but de troisi&egrave;me acte de toute beaut&eacute;.

Signalons, en guise de conclusion, que Maurice Xiberras vient tout juste d&#39;annoncer une &eacute;clectique (et all&eacute;chante) saison 19/20 !

Emmanuel Andrieu

Turandot de Giacomo Puccini &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra de Marseille, jusqu&rsquo;au 5 mai 2019

Cr&eacute;dit photographique &copy; Christian Dresse

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Fri, 03 May 2019 08:53:34 +0000 https://www.opera-online.com/fr/columns/manu34000/beau-succes-pour-turandot-a-lopera-de-marseille
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German – Turandot in München ein Spektakel mit viel chinesischen Kolorit
Seit der Premiere besitzt diese aktionsreiche Inszenierung des catalanischen Regieteams Fura dels Baus Kultstatus und auch diese Wiederaufnahme war schnell ausverkauft. Es wird auch einiges geboten. Eisläufer spielen vor dem Kaiserhof Eishockey mit den Köpfen der unglückseligen Prinzen, die die Rätsel der magischen Prinzessin nicht zu lösen vermögen. Immer wieder wirbeln Akrobaten auf Trapezen durch die Luft. Breakdancer führen coole Schrittkombinationen vor. Mit 3D Brillen können die Zuseher auch noch weitere optische Effekte erleben. Franc Aleu sorgt für stimulierende Videos und Urs Schönebaum für die richtige Ausleuchtung der Bühne, die stimmungsvoll gelingt. Bunt und edel sind die Kostüme, Masken und Frisuren von Chu Uroz. Sicher ein Spektakel das sich mit jeder Open air Aufführung messen kann. Aber nicht nur passen die Bilder und Szenen zum Libretto, es bleibt auch nicht überfüttert, sodass die musikalische Gestaltung im Mittelpunkt bleibt.

Dafür sorgt insbesondere Pinchas Steinberg mit seinem zackigen lautstarken Dirigat. Die Forte laufen Gefahr zu übersteuern, romantische Klangwelt und Lyrik unterdrückt er und treibt den Rhythmus der Partitur zu wuchtigen Fermate mit Unregelmäßigkeiten in den Einsätzen. Dieser Puccini kommt nicht ins Schwingen sondern treibt, drückt und überschüttet im Hörerlebnis. Massenveranstaltungen und politische Machtdemonstration können so nachempfunden werden. Die im Keim wachsende Liebe zwischen Calaf und Turandot sowie die liebevolle Treue bis in den Lius finden nicht ihren Platz. Das liegt auch an der Ausdruckskraft der Sänger. Yonghoon Lee hat eine grosse Naturstimme die beeindruckt aber Nuancen und Emotionen vermissen lässt. Seine grosse Arie "Nessun dorma" wird zum Wertstreit mit dem Orchester und zur Kraftdemonstration an der Rampe. Dies hat man hier im Hause schon anders gehört. Mehr Farben zeichnet Anna Pirozzi als elegante und keineswegs monströse Turandot. Klar und sicher bleibt sie in den Höhen, vermeidet Schärfe und setzt weniger Dramatik ein. Viel Aufmerksamkeit erziel Golda Schultz als liebende treu Sklavin, die am Ende vom schnell wachsenden Bambus aufgespiesst in die Höhe gehoben wird. Sie passt gut in die Rolle des mädchenhaften Opfers. Lyrisch ist ihr Sopran ausgestaltet dazu hat sie einen weichen Klang in allen Lagen. Das Ensemblemitglied der Staatsoper Stuttgart Goran Juric ist ein solider Timur. Mattia Olivieri, Kevin Conners und Galeano Salas ergänzen sich gut als die drei rührigen Minister Ping, Pang und Pong. Elegant in unifarbenen chinesischen Kleidern dürfen sie zu ihren Träumen auch effektvoll schweben.

Ein erlebnisreicher spannender unterhaltsamer Abend der musikalisch untermauert wird. Das Publikum bleibt vom Werk und dessen Inszenierung gefangen und spendet lang anhaltenden Beifall.

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Thu, 02 May 2019 07:57:15 +0000 https://www.opera-online.com/de/columns/helmutpitsch/turandot-in-munchen-ein-spektakel-mit-viel-chinesischen-kolorit
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German – Magisch und betörend ist die Wiederaufnahme von "Der fliegende Holländer" in München

Es stürmt und die Gischt ist nahezu fühlbar. Im Orchestergraben malt Asher Fisch romantische reale Bilder mit dem bayerischen Staatsorchester und lässt das Orchester vollmundig, frisch und in der Lautstärke sehr ausbalanciert spielen. Er gestaltet die märchenhafte Geschichte prosareich als Liebestragödie der beiden Kontrahenten Erik und Holländer und zeichnet Senta als in ihrer Welt verhaftete Tochter aus gutem Haus.

Unverändert überzeugend und mit seinen Einfällen erfrischend ist diese aus 2006 stammende Inszenierung von Peter Konwitschny. Noch sehr traditionell im Theaterstil nahezu barock der erste Akt. Eine Felslandschaft wird von den Seiten auf die Bühne geschoben, im Hintergrund zeigt eine Videoinstallation das tosende Meer in der besagten Bucht welches sich langsam beruhigt. Von den Seiten kommen zwei Landungsbrücken, eine mit Spinnweben überzogen. Der Holländer tritt entsprechend in barockem Kostüm mit Umhang und Hut mit Feder auf. Im zweiten Akt befinden wir uns in einer Spinning Klasse, in der die jungen Dorfbewohnerinnen sportlich ambitioniert am Rad trainieren. Erik gesellt sich im Bademantel und Adiletten dazu. Im letzten Akt wird eine Lagerhalle am Hafen für ein Fest umgewandelt. Tische und Bänke, eine grosse Theke sind aufgestellt. Ein paar Fässer stehen herum, die sich am Ende als Sprengstoff entpuppen, welche von Senta in ihrer Verzweiflung entzündet werden. Fern aus der Retorte wird die Schlussmusik vom Band abgespielt.

Bryn Terfel hat wiederum die Titelpartie übernommen und überrascht in dieser Wiederaufnahme mit einer neuartigen sängerischen Gestaltung. Förmlich im breit angelegten Sprechgesang agiert er im ersten Akt. Erst im Gespräch mit Hans Peter König als Daland wird es romantisch lyrisch und melodienreich. Beide zeigen ihre kräftigen und mit Volumen unterlegten Stimmen. Derweilen schüchtert Anja Kampe ihre Freundinnen mit einer kraftvollen und ebenso gefühlvoll erzählten Ballade vom fliegenden Holländer ein, mit dem sie sich kurz darauf in einem anmutigen Duett, die gegenseitige Liebe beschwörend vereinen soll. Wookyung Kim versucht Senta noch stimmlich formvollendet emotional aufgewirbelt vergeblich zu erreichen. Sicher und lyrisch mit Schmelz besticht der Koreaner auch mit guter Verständlichkeit und sauberer Betonung und Lautmalerei. Bestens von Sören Eckhoff vorbereitet und im Spiel gestenreich ist der Chor, der im dritten Akt dominant das Geschehen vorantreibt. Viel Applaus

Dr. Helmut Pitsch

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Thu, 02 May 2019 07:56:23 +0000 https://www.opera-online.com/de/columns/helmutpitsch/magisch-und-betorend-ist-die-wiederaufnahme-von-der-fliegende-hollander-in-munchen
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French – La Flûte enchantée à l’Opéra Bastille : la flamme et l’étendue énigmatique

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La Fl&ucirc;te enchant&eacute;e &copy; Svetlana Loboff – Op&eacute;ra national de Paris

Deuxi&egrave;me reprise d&rsquo;une production de Robert Carsen &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra national de Paris cette saison (apr&egrave;s Rusalka, en f&eacute;vrier), cette Fl&ucirc;te enchant&eacute;e est devenue un classique depuis sa cr&eacute;ation en 2013.

La for&ecirc;t &eacute;voque la rencontre et le lien, les passages souterrains et les grottes obscures. La lumi&egrave;re d&rsquo;entre les arbres et au sommet de longues &eacute;chelles para&icirc;t inatteignable. La Mort est un petit poucet qui a sem&eacute; ses cailloux tout au long du chemin. Le parcours initiatique de Tamino, Pamina et Papageno suit son cours, au milieu des tombeaux et de la terre battue, croisant les silhouettes de veuves voil&eacute;es et d&rsquo;ouvriers de noircis par le travail. Dans cet univers suffocant, o&ugrave; peu de personnages montrent leur (vrai) visage, rien ne peut annoncer le triomphe final de la sagesse, repr&eacute;sent&eacute; par une &laquo;&nbsp;soir&eacute;e blanche&nbsp;&raquo;. Robert Carsen &eacute;vite la caricature de l&rsquo;opposition Sarastro / Reine de la nuit pour plut&ocirc;t cr&eacute;er une mythologie partag&eacute;e du destin, cherchant &agrave; embrasser l&rsquo;&oelig;uvre davantage dans sa globalit&eacute; que dans son avanc&eacute;e lin&eacute;aire. Point d&rsquo;exc&egrave;s de mysticisme, de symboles ou de revendications sous sa lecture, &eacute;l&eacute;gamment relev&eacute;e de trouvailles visuelles inspirantes qui ne donnent cependant pas une lisibilit&eacute; compl&egrave;te aux incoh&eacute;rences du livret.


La Fl&ucirc;te enchant&eacute;e&copy; Svetlana Loboff – Op&eacute;ra national de Paris

La Fl&ucirc;te enchant&eacute;e&copy; Svetlana Loboff – Op&eacute;ra national de Paris

En 2019, la distribution suit les traces victorieuses du casting fran&ccedil;ais gourmet qui &eacute;tait propos&eacute; au public de la Bastille en 2017&nbsp;dans cette mise en sc&egrave;ne, Florian Sempey incarne une nouvelle fois son Papageno randonneur avec une joie intacte et un phras&eacute; &agrave; la folie, en plus de se hisser &agrave; une prestation sc&eacute;nique de feu. Il accorde &agrave; l&rsquo;oiseleur les &eacute;pith&egrave;tes les plus emballantes dans une jolie compl&eacute;mentarit&eacute; entre chant et th&eacute;&acirc;tre. Julien Behr offre &agrave; Tamino une prosodie m&ucirc;rement r&eacute;fl&eacute;chie, napp&eacute;e d&rsquo;aigus exquis au sein d&rsquo;un timbre noble qui s&rsquo;aide du c&oelig;ur du son pour bourgeonner en magnifiques p&eacute;tales. Sa d&eacute;termination passe par un arsenal de nuances qui vivent l&rsquo;instant pr&eacute;sent avec aisance. Encore un succ&egrave;s, donc, apr&egrave;s son Rake&rsquo;s Progress ni&ccedil;ois au mois de mars&nbsp;! Le Sarastro de Nicolas Test&eacute; pulv&eacute;rise les compteurs en servant formidablement la musique de Mozart&nbsp;: la nettet&eacute; est de mise, le relief se dessine en couleurs pures se ramifiant &agrave; l&rsquo;envi en une palette d&rsquo;intentions hautement coh&eacute;rentes. Il passe outre l&rsquo;apparente simplicit&eacute; de la ligne m&eacute;lodique pour composer une restitution &eacute;clair&eacute;e. Pamina peut compter sur l&rsquo;habilet&eacute; de Vannina Santoni&nbsp;: la soprane corse fait se fondre les notes dans une savoureuse atmosph&egrave;re feutr&eacute;e, le medium charnu s&rsquo;&eacute;panouit de lyrisme, les appuis rebondissent, la projection ne souffre aucun impair. Il ne manque plus qu&rsquo;une justesse rigoureuse et une diction intelligible pour procurer enti&egrave;re satisfaction. Mathias Vidal campe un Monostatos terrifiant. Intense et d&eacute;testable, poignant et obsessionnel, le num&eacute;ro d&rsquo;acteur et de soliste vocal est une franche r&eacute;ussite.

si Jodie Devos conna&icirc;t bien la partition de la Reine de la nuit, pour l&rsquo;avoir notamment chant&eacute;e &agrave; la Monnaie&nbsp;et &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra de Limoges, ce n&rsquo;est pas l&rsquo;impression qui se d&eacute;gage apr&egrave;s l&rsquo;avoir entendue ce soir. Vibrato de rouille, raideur d&rsquo;ex&eacute;cution et impr&eacute;cisions ne font pas justice &agrave; cette artiste pourtant attachante. Les Trois Femmes de Chiara Skerath, Julie Robard-Gendre et &Eacute;lodie M&eacute;chain plaisent sans compter et les Trois Gar&ccedil;ons se r&eacute;v&egrave;lent d&rsquo;une belle unit&eacute;. La Papagena f&eacute;line de Chlo&eacute; Briot vient se rallier &agrave; la qualit&eacute; du casting, tout comme les habiles Ch&oelig;urs de l&rsquo;Op&eacute;ra national de Paris, Henrik N&aacute;n&aacute;si dirige l&rsquo;Orchestre de la maison dans l&rsquo;apparat mesur&eacute;. L&rsquo;ouverture d&eacute;nu&eacute;e de rythme laisse ensuite place &agrave; de superbes &eacute;quilibres baignant le r&eacute;cit de profondeur m&eacute;taphysique. La discr&eacute;tion couronne justement cette interpr&eacute;tation, sans pour autant annihiler son propos. Les incertitudes du livret planent ainsi &agrave; travers la musique instrumentale. Le myst&egrave;re du Singspiel de Mozart a de beaux jours devant lui.

Thibault Vicq

(Paris, le 30 avril 2019)

Jusqu&rsquo;au 15 juin 2019 &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra national de Paris Bastille

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Wed, 01 May 2019 20:30:47 +0000 https://www.opera-online.com/fr/columns/thibaultv/la-flute-enchantee-a-lopera-bastille-la-flamme-et-letendue-enigmatique
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German – Oceane Uraufführung Deutsche Oper Berlin Die ewige Melusine

Deutsche Oper Berlin

Detlev Glanert

Oceane

Urauff&uuml;hrung am&nbsp;&nbsp;28. April 2019

Seit Jahrhunderten besch&auml;ftigt sich Literatur, Musik und auch das Ballett mit dem Melusine-Thema in immer wieder neuen Bearbeitungen. Brauchen wir also heute &ndash; im Jahr 2019 – noch eine weitere Oper zum Sirenen-Thema?&nbsp;

Der deutsche Komponist Detlev Glanert (*1960) und sein Librettist Hans-Ulrich Treichel (*1952)&nbsp;&nbsp;bejahen diese Frage. Sie basieren ihre Umsetzung auf ein Textfragment von Theodor Fontane aus der Zeit nach 1880&nbsp;&nbsp;Oceane von Parceval.&nbsp;&nbsp;F&uuml;r Glanert ist es neben einem breitgef&auml;cherten und vielseitigen Oeuvre bereits die elfte Oper, die er komponiert hat. Viele sind an bedeutenden deutschen Opernh&auml;usern zur Auff&uuml;hrung gekommen. Treichel ist ebenfalls in einer Vielfalt von literarischen Genres erfahren, wozu auch Libretti f&uuml;r Opern geh&ouml;ren, u a&nbsp;Venus und Adonis&nbsp;f&uuml;r Hans Werner Henze 1997 und – bereits f&uuml;r Detlev Glanert -&nbsp;Caligulanach Camus, uraufgef&uuml;hrt 2006 an der Oper Frankfurt. Die Deutsche Oper Berlin konnte nunmehr ihr Auftragswerk&nbsp;Oceane&nbsp;im 200. Geburtsjahr Fontanes aus der Taufe heben.

Die Handlung spielt an der mecklenburgischen Ostseek&uuml;ste in einem Urlaubshotel, das schon bessere Zeiten erlebt hat. Das Personal des St&uuml;cks besteht aus der Hotelbesitzerin Madame Luise, ihrem Hausdiener George, dem Pastor Baltzer sowie dem &sbquo;einfachen&lsquo; Paar Kristina und Albert sowie dem potentiellen &sbquo;hohen Paar&lsquo; Oceane und Martin. Die Interessen und Konstellationen sind schnell durchschaubar. Madame Luise tr&auml;umt von ihrer wunderbaren Zeit, die sie in Paris durchlebt hat und die es so gar nicht gegeben, wie sich sp&auml;ter herausstellt. Im &uuml;brigen ist sie mit steigender Verzweiflung bem&uuml;ht, das Hotel durch einen neuen Kredit in seiner zuk&uuml;nftigen Existenz zu sichern. Der Pastor vertritt pastos und hohl, wenngleich nicht ohne Wirkung auf seine Zuh&ouml;rer, den vorherrschenden amtskirchlich-gesellschaftlichen Komplex mit jedweder Abwehr des Fremden und Unbekannten. Kristina und Albert sind das etwas unbedarfte, verliebte und gleich nach beschlossener Verlobung bereits streitende &sbquo;einfache&lsquo; Paar. Der Unternehmer Martin von Dircksen und Oceane w&auml;ren das &sbquo;hohe Paar&lsquo; der Oper, jedoch kommen sie nicht zusammen.&nbsp;Oceane, deren Herkunft nicht bekannt ist und &uuml;ber deren Reichtum spekuliert wird, kann keine menschlichen Gef&uuml;hle empfinden, sie scheint aus einer anderen Welt zu stammen. Martin sp&uuml;rt die Gefahr, in der er sich in der Begegnung mit&nbsp;Oceane&nbsp;begibt. Nach ihrer elementaren Erscheinung inmitten der Urlaubsgesellschaft, dem Schock, den sie auf ihre Umwelt aus&uuml;bt, verl&auml;sst&nbsp;Oceane&nbsp;alsbald die Welt wieder, die keinen Platz f&uuml;r sie hat. &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;

Hans-Ulrich Treichel gelingt es, in zwei Akten mit sechs Szenen eine konzentrierte und pr&auml;gnante B&uuml;hnenfassung des Fontane-Fragments zu kreieren. Das rund 95-min&uuml;tige Werk besticht auf der Basis klar umrissener Charaktere und eines skizzenhaften Handlungsverlaufs. Die Partitur von Detlev Glanert beinhaltet eine Vielzahl von Stilelementen bedeutender Komponisten des 19. und 20. Jahrhunderts. Wir erkennen Richard Strauss, Claude Debussy, Benjamin Britten, und viele andere mehr. Die Musik entwickelt um&nbsp;Oceane&nbsp;einen soghaften, gewisserma&szlig;en unkontrollierbaren Charakter. Bezeichnend dabei ist, dass weder der Auftritt ihres nixenhaften Wesens noch die musikalisch-atmosph&auml;rische Umsetzung in eine romantisch-&auml;therische Verkl&auml;rung m&uuml;nden.&nbsp;Oceane&nbsp;ertrinkt und versinkt nicht, sie bleibt w&auml;hrend ihrer Pr&auml;senz wie eine Frau aus Fleisch und Blut, vielleicht ein Mensch? Auf jeden Fall eine r&auml;tselhafte Erscheinung. Alle anderen Charaktere umkreisen sie, teils befremdet, teils fasziniert, oder in Gegnerschaft. Ihre dem menschlichen Gef&uuml;hl verschlossene, naturhafte Erscheinung wird soghafter Mittelpunkt der kleinen, zunehmend nichtig erscheinenden menschlichen Gesellschaft.&nbsp;

Glanerts Klangwelten finden einpr&auml;gsame Chiffren f&uuml;r die Charakterisierung der Personen und die Handlung: T&auml;nze wie Polka und Galopp, pastorale Ansprachen, &uuml;berdreht-soubrettenhafter Gesang, etc. In&nbsp;Oceanes&nbsp;Solopartien sowie im Duett mit Albert erreicht sie den komplex-verinnerlichten H&ouml;hepunkt. Je entfernter und unber&uuml;hrter die Personen von&nbsp;Oceane&nbsp;sind, desto spielerischer und verspielter ist im Einzelfall die musikalische Form, auch die Verwendung von musikalischen Zitaten. &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;

Die Erscheinung&nbsp;Oceanes&nbsp;und ihre Wirkmacht wird zum Prisma f&uuml;r vielf&auml;ltige Thematiken, die man in unserer Gesellschaft f&uuml;r relevant halten kann: das Thema der unbedachten Naturausbeutung in der Person des erfolgreichen Forstunternehmers Albert, die Angst vor weiblicher Sexualit&auml;t, populistische Hetze angesichts fremder oder andersartiger gesellschaftlicher Str&ouml;mungen und vieles andere mehr. Weder Text noch Musik werden jedoch im Sinne der skizzierten Thematiken plakativ konkret. Es bleibt dem Zuschauer &uuml;berlassen, die Relevanz f&uuml;r sich zu definieren und zu empfinden.&nbsp;Oceane&nbsp;wird f&uuml;r Menschen ein fortw&auml;hrendes Geheimnis bleiben. Der Einzelne bleibt aufgerufen, sich ihr zu stellen.&nbsp;

Die Handlung wird vom Regisseur Robert Carsen behutsam einige wenige Jahre nach vorne verlegt, in den D&auml;mmerschein des wilhelminischen Zeitalters. Damit wird die gesellschaftlich und politische aufgeladene Atmosph&auml;re kurz vor dem ersten Weltkrieg evoziert. Zusammen mit Luis F. Carvalho f&uuml;r die B&uuml;hne, Peter van Praet f&uuml;r die Lichtregie, Robert Pflanz f&uuml;r die Videokreationen und Dorothea Katzer f&uuml;r die Kost&uuml;me entsteht ein schwarz-grauer Kosmos vor einem Wolkenspiel der ewig-unendlichen baltischen See. Die Szene scheint immer in der Gefahr, sich in der Weite von Meer und Himmel zu verlieren. &nbsp; &nbsp;

Gl&auml;nzend Maria Bengtsson als&nbsp;Oceane, Sie wandelt in Erscheinung, darstellerischem Ausdruck und stimmlicher Charakterisierung der Partie genau auf dem Grat zwischen dem Erscheinungsbild einer reizvollen, k&uuml;hlen und sch&ouml;nen Frau sowie der gef&uuml;hlsm&auml;&szlig;igen Entr&uuml;cktheit ihres Seelenlebens. In darstellerischer und stimmlicher Geste ist die Pr&auml;senz immer zur&uuml;ckhaltend angelegt, fern ab jeder Exaltiertheit oder romantisch-verkl&auml;rter Entr&uuml;cktheit. Nikolai Schukoff gibt mit &uuml;berzeugend gef&uuml;hrter Tenorstimme einen zun&auml;chst eroberungswilligen, sp&auml;ter zunehmend verhaltenen Martin. Kontrastierend Christoph Pohl als Albert mit seiner alsbald verlobten, soubrettenseligen und trillernden Kristina von Nicole Haslett. Ebenso &uuml;berzeugend agiert Albert Pesendorfer als&nbsp;Oceanes&nbsp;Gegenspieler Pastor Baltzer. Doris Soffel als Madame Luise und Stephen Bronk als ihr Hausdiener Georg runden das Ensemble mehr als zufriedenstellend ab.

Der Chor der Deutschen Oper Berlin unter der bew&auml;hrten Leitung von Jeremy Bines vermag die darstellerischen und gesanglichen Herausforderungen der gar nicht geringen Aufgaben exzellent zu erf&uuml;llen.

Das Orchester der Deutschen Oper Berlin unter seinem Chefdirigenten Donald Runnicles hat sich die Klangsprache von Glanert mit Bravour erarbeitet und tr&auml;gt ganz wesentlich den gelungenen Spannungsbogen des gesamten Abends.

Von den drei bedeutenden deutschsprachigen Auftragswerken an Berliner Opernh&auml;usern in dieser Spielzeit erhielt&nbsp;Oceane&nbsp;den begeistertsten und nachhaltigsten Applaus des Premierenpublikums. Die Taufe einer neuen Melusinen-Oper wurde dringend begr&uuml;&szlig;t und begeistert bejubelt. Das gesamte Ensemble, allen voran Maria Bengtsson als Oceane sowie Komponist und Librettist wurden mit vielen&nbsp;bravi&nbsp;lange gefeiert.

Achim Dombrowski

Copyright Fotos: Bernd Uhlig

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Tue, 30 Apr 2019 17:29:04 +0000 https://www.opera-online.com/de/columns/dombrowski/oceane-urauffuhrung-deutsche-oper-berlin-die-ewige-melusine
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French – Inaltérable Gregory Kunde dans Otello à l&#39;Opéra de Monte-Carlo

Douze ans apr&egrave;s sa derni&egrave;re pr&eacute;sentation &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra de Monte-Carlo, Otello de Giuseppe Verdi est de retour &agrave; l&rsquo;affiche comme ultime titre de la saison mon&eacute;gasque, alors que la nouvelle vient tout juste d&rsquo;&ecirc;tre annonc&eacute;e de Jean-Louis Grinda, Confi&eacute; au metteur en sc&egrave;ne espagnol Allex Aguilera (qui avait d&eacute;j&agrave; r&eacute;gl&eacute; in loco il y a quatre ans le coupl&eacute; Une Trag&eacute;die florentine / I Pagliacci), le spectacle est agr&eacute;able &agrave; voir, et surtout adapt&eacute; aux dimensions r&eacute;duites du plateau de la Salle Garnier, Le d&eacute;cor unique (sign&eacute; Bertrand de Laven&egrave;re) pr&eacute;sente les arches d&rsquo;un palais de la Renaissance comme on peut en trouver sur l&rsquo;&icirc;le de Chypre, dont la cour est surplomb&eacute;e par une passerelle o&ugrave; officie principalement le noir Iago. L&rsquo;espace vital est &eacute;largi au moyen de quelques projections vid&eacute;o (con&ccedil;ues par Etienne Guiol et Arnaud Pottier), notamment pour la sc&egrave;ne d&rsquo;ouverture avec sa mer d&eacute;cha&icirc;n&eacute;e et son ciel stri&eacute; d&rsquo;&eacute;clairs, symbole de la trag&eacute;die &agrave; venir. Pour le reste, Aguilera ne cherche pas &agrave; multiplier les subtilit&eacute;s dans la direction d&rsquo;acteurs, mais rend le drame lisible pour les regards les moins initi&eacute;s.

A 65 ans, le t&eacute;nor am&eacute;ricain Gregory Kunde ne cesse de nous surprendre et de nous &eacute;blouir, dans un r&ocirc;le qu&rsquo;il a abord&eacute; il y a sept ans maintenant, et qui, comme chacun sait, s&rsquo;av&egrave;re l&#39;un des plus &eacute;prouvants du r&eacute;pertoire de t&eacute;nor. Gr&acirc;ce &agrave; sa claironnante et percutante, doubl&eacute;e d&#39;un m&eacute;tal somptueux, il passe l&#39;orchestre avec une arrogance inou&iuml;e, comme dans l&#39;&laquo; Esultate&nbsp;! &raquo; initial. Mais Gregory Kunde poss&egrave;de aussi, dans le bas m&eacute;dium, la vigueur et les sonorit&eacute;s sombres sans lesquelles le fameux air &laquo; Dio ! Mi potevi scagliar &raquo; ne produit pas tous ses effets, tandis que les couleurs solaires du duo d&rsquo;amour sont tout aussi pr&eacute;sentes gr&acirc;ce &agrave; son pass&eacute; de chanteur belcantiste. Vivement de le retrouver dans le tr&egrave;s attendu Don Carlos (en VF) de Verdi &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra Royal de Wallonie la saison prochaine !

D&eacute;j&agrave; Desd&eacute;mone &agrave; de Royal Opera House il y a deux saisons (aux c&ocirc;t&eacute;s de Jonas Kaufmann), la soprano italienne Maria Agresta sonne aujourd&rsquo;hui encore plus radieuse dans le timbre et plus opulente dans l&rsquo;&eacute;mission ; elle a &eacute;galement am&eacute;lior&eacute; son jeu, pour insuffler une vuln&eacute;rabilit&eacute; qui rend le crime d&rsquo;Otello encore plus insoutenable. Magnifique baryton verdien (notre pr&eacute;f&eacute;r&eacute; aux c&ocirc;t&eacute;s de Ludovic T&eacute;zier et de Tassis Cristoyannis), George Petean est un Iago de poids, &agrave; la voix puissante mais &eacute;galement capable de nuances, dans le r&eacute;cit du r&ecirc;ve de Cassio notamment, o&ugrave; sa ma&icirc;trise du mot fait merveille. Ce dernier personnage est chant&eacute; par le jeune t&eacute;nor roumain Ioan Hotea (qui nous avait plut&ocirc;t charm&eacute; dans le Barbier de S&eacute;ville &agrave; Страсбург en d&eacute;but de saison), auquel il pr&ecirc;te son chant clair et styl&eacute;, tandis que les seconds plans n&rsquo;appellent aucun reproche, avec une mention pour l&rsquo;Emilia maternelle de Cristina Damian et l&rsquo;imposant Ludovico de la basse cor&eacute;enne In-Sung Sim,

Dernier ma&icirc;tre d&rsquo;&oelig;uvre du succ&egrave;s de la soir&eacute;e, le chef italien Daniele Callegari qui dirige un excellent Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, avec un model&eacute; exemplaire des passages les plus complexes de la partition de Verdi. La diff&eacute;rentiation des motifs instrumentaux pendant la temp&ecirc;te, les &eacute;changes entre les vents pendant le &laquo; Fuoco di gioia &raquo;, le rythme faussement burlesque du Brindisi ressortent de mani&egrave;re saisissante. On gardera &eacute;galement en m&eacute;moire l&rsquo;accompagnement envo&ucirc;tant de l&rsquo;air du Saule, pour une lecture parmi les plus achev&eacute;es de l&rsquo;ouvrage que nous ayons entendue.

Emmanuel Andrieu

Otello de Giuseppe Verdi &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra de Monte-Carlo, jusqu&rsquo;au 30 avril 2019

Cr&eacute;dit photographique &copy; Alain Hanel

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Tue, 30 Apr 2019 14:50:28 +0000 https://www.opera-online.com/fr/columns/manu34000/inalterable-gregory-kunde-dans-otello-a-lopera-de-monte-carlo
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German – Das ewige Mysterium der Jeanne d&#39;Arc in Köln

Oper der Stadt K&ouml;ln

Walter Braunfels

Jeanne d&rsquo;Arc &ndash; Szenen aus dem Leben der heiligen Johanna

Premiere am&nbsp;&nbsp;14. Februar 2016

besuchte Auff&uuml;hrung am 24. April 2019

Der deutsche Komponist Walter Braunfels war in den 20er und 30er Jahren des vorigen Jahrhunderts ein in Deutschland bereits in relativ jungen Jahren vielbeachteter und von gro&szlig;en Dirigenten (dazu geh&ouml;rten unter anderem Bruno Walter, Hans Knappertsbusch und Hermann Abendroth) gef&ouml;rderter Komponist. Bereits 1933 wurde Braunfels jedoch als Halbjude aus allen &Auml;mtern entlassen, 1938 erfolgte das Verbot jeder musikalischer Bet&auml;tigung durch die Reichmusikkammer. Der K&uuml;nstler ging nicht wie viele andere ins Ausland, sondern arbeitete in innerer Emigration in &Uuml;berlingen am Bodensee weiter. In den Jahren 1938 bis 1943 entstand dort auch seine Oper&nbsp;Jeanne d&rsquo;Arc, &nbsp; &nbsp;&nbsp;

Unmittelbar nach dem Zweiten Weltkrieg spielte Braunfels dann eine wichtige Rolle im Musikleben der Stadt K&ouml;ln: schon 1945 wurde ihm von Konrad Adenauer der Wiederaufbau der Musikhochschule der Stadt anvertraut, 1948 wird er deren Pr&auml;sident.

An die Erfolge als Komponist konnte Braunfels trotz des Einsatzes namhafter Dirigenten wie G&uuml;nther Wand nach 1945 nicht mehr anschlie&szlig;en. Seine Oper&nbsp;Jeanne d&rsquo;Arcerlebte erst 2008 an der Deutschen Oper Berlin ihre szenische Urauff&uuml;hrung in der Regie von Christoph Schlingensief. Grund genug also das Werk in K&ouml;ln szenisch neu zu hinterfragen.&nbsp;

Literarisch erarbeitet Braunfels eine Szenenfolge zum Leben der Johanna. Die Dichtung stammt vom Komponisten selbst, der allerdings nicht auf den Prozessakten aufbaute – wie er angibt – sondern seine literarische Konzeption weitgehend auf George Bernard Shaws&nbsp;Saint Joan&nbsp;aus dem Jahr 1923&nbsp;st&uuml;tzt, allerdings jede bei Shaw &uuml;bliche Ironie vermissen l&auml;sst. Vielmehr changiert das Libretto in einem Spannungsverh&auml;ltnis zwischen Mystik und Sozialdrama. In sieben Bildern entwickelt sich die Geschichte Johannas, die die Stimmen der Heiligen h&ouml;rt, Anf&uuml;hrerin des Heeres gegen die Engl&auml;nder wird, die Stimmen nicht mehr wahrnimmt, unter die R&auml;der von Machtintrigen korrupter Politiker und Kirchenf&uuml;hrern ger&auml;t, ihre Sendung widerruft, verbrannt wird und schlie&szlig;lich in Folge ihres Wirkens bis heute eine Projektionsfigur f&uuml;r alle m&ouml;glichen (politischen) Interessen wird. &nbsp;

Die musikalische Struktur der Oper und ihre Wirkung ist bescheiden. W&auml;hrend eine Reihe von Zeitgenossen Braunfels&lsquo; – wie zum Beispiel Zemlinsky oder Korngold – heute durch ihre Klangmagie &ndash; auch wenn sie sich g&auml;nzlich anders als die Zw&ouml;lftonmusik oder etwa die Str&ouml;mungen der Darmst&auml;dter Schule entwickelt haben &ndash; neu bestechen, erscheint Braunfels&lsquo; musikalischer Kosmos heute nur wenig spannungsreich. Die Musik stellt sich nicht zum Text&nbsp;&nbsp;oder zur Handlung, sie verzichtet auf jede psychologische Kommentierung oder anderweitige Logik und Entwicklung. Sie will allein die metaphysische Dimension der Handlung begleiten, wohl im Vertrauen darauf, dass diese Metaphysik vom H&ouml;rer empfunden oder m&ouml;glicherweise selbst imaginiert werden kann. Das f&uuml;hrt dazu, dass Inszenierung, Chor und die Gesangssolisten Ausdruck und Spannung der Auff&uuml;hrung alleine bewirken m&uuml;ssen.

Allen Mitwirkenden gelingt dies jedoch sehr erfolgreich. Die Handlung spielt auf einer szenischen Installation von Stefan Heyne, welche die gesamte Spielfl&auml;che des Staatenhauses bis weit in die Sitzreihen des Publikums hinein beansprucht. Der Raum ist &uuml;ber alle Ma&szlig;en mit Wohlstandsm&uuml;ll wie nach einem Wirbelsturm gepflastert. Es ist das Bild eines Lebensraums ohne Ordnung und Halt. Ein gesellschaftliches Endzeitbild, das keine Zukunft und Zuversicht ausstrahlt. Diese Plattform ist Grundlage und Gegenbild zu Johannas Botschaften.&nbsp;

Die Regisseurin Tatjana G&uuml;rbaca verteilt die parabelhaften Handlungselemente auf die gesamte Spielfl&auml;che und bezieht den Zuschauerraum bei Auftritten von Chor und Solisten mit ein. Zusammen mit der Kost&uuml;mbildnerin Silke Willrett wird ein &auml;u&szlig;erlich naiv-gl&auml;ubiger Bild- und Personenkosmos entworfen, der in seiner Schlichtheit und Beeinflussbarkeit unberechenbar und gef&auml;hrlich wetterwendisch erscheint. Der Abend h&auml;lt auf dieser Basis unausgesetzt ein hohes Spannungsniveau. &nbsp; &nbsp;

Juliane Banse als Johanna ist in spielerischer Hingabe und gesanglicher Ausdrucksst&auml;rke der Dreh- und Angelpunkt der Auff&uuml;hrung. Ihre expressive Ausstrahlung macht sie zum Fixstern der Handlung, um den alle weiteren Protagonisten kreisen. Aber auch die weiteren Ensemblemitglieder werden auf exemplarische Weise den Anspr&uuml;chen des Werkes gerecht. Beispielhaft seien hier genannt Oliver Zwarg als Gilles de Rais, Bjarni Thor Kristinsson als Herzog de la Tremouille, Matthias Hoffmann als Erzbischof von Reims sowie Christian Miedl als Ritter Baudricourt und Judith Thielsen als seine Frau Lison. &nbsp;&nbsp;

Stefan Soltesz leitet das G&uuml;rzenich-Orchester mit bew&auml;hrt-erfahrener Umsicht. Es ist immer wieder erstaunlich wie die schwierigen Umst&auml;nde der Orchesterpositionierung links und rechts der Spielfl&auml;che in der Ausweichspielst&auml;tte der K&ouml;lner Oper gemeistert werden. Sehr &uuml;berzeugend auch der Chor und Extrachor der Oper K&ouml;ln unter der Leitung von Benjamin Huth zusammen mit den M&auml;dchen und Knaben des K&ouml;lner Domchores unter Oliver Sperling und Eberhard Metternich. &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;

Mithin also eine in szenischer und musikalischer Umsetzung gelungene Realisierung des Werkes. Das Publikum folgt der Auff&uuml;hrung mit Spannung und feiert Protagonisten, Chor und Orchester sowie insbesondere Juliane Banse mit nachhaltigem Applaus. Hinsichtlich der musikalischen Qualit&auml;ten der Partitur (auch im Vergleich zu anderen Opern der 20er und 30er Jahre) muss sich jeder Zuschauer sein eigenes Urteil entwickeln. &nbsp; &nbsp; &nbsp;

Achim Dombrowski

Copyright Fotos: Paul Leclaire; &nbsp;

paul@leclairefoto.de

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Sun, 28 Apr 2019 14:57:24 +0000 https://www.opera-online.com/de/columns/dombrowski/das-ewige-mysterium-der-jeanne-darc-in-koln
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French – Les Bienveillantes de Parra à Anvers : opéra monstrueux

Cr&eacute;&eacute;es &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra d&rsquo;Anvers, Les Bienveillantes sont un op&eacute;ra monstrueux. Adapt&eacute; du c&eacute;l&egrave;bre roman de Jonathan Littell, l&rsquo;ouvrage d&rsquo;H&egrave;ctor Parra t&eacute;moigne d&rsquo;une ambition rarissime &agrave; notre &eacute;poque&nbsp;: rendre compte des horreurs du si&egrave;cle dernier, en les inscrivant dans un cadre mythologique universel. Le r&eacute;sultat est probl&eacute;matique, borderline, fascinant.

Premi&egrave;re bonne surprise du spectacle&nbsp;: l&rsquo;adaptation litt&eacute;raire. Comment traduire un roman de 1000 pages o&ugrave; abondent sc&egrave;nes de massacres, tortures et bains de sang&nbsp;? Le livret de H&auml;ndl Klaus ne fait pas l&rsquo;impasse sur ces sc&egrave;nes traumatiques (nous y reviendrons) mais axe davantage l&rsquo;action sur les rapports incestueux Maximilian Aue/Una, &agrave; la mani&egrave;re d&rsquo;une trag&eacute;die antique. L&rsquo;&oelig;uvre, d&rsquo;une dur&eacute;e de 3h30 avec entracte, se construit comme une suite baroque (Toccata, Allemande, Courante, Sarabande, Menuet, Air, Gigue) et d&eacute;ploie des sc&egrave;nes en allemand et en fran&ccedil;ais. Contrairement &agrave; ce qu&rsquo;on l&rsquo;aurait pens&eacute;, Les Bienveillantes appelaient la musique&nbsp;: le personnage principal, Maximilian Aue, est un passionn&eacute; &eacute;perdu du r&eacute;pertoire, et la partie orchestrale fait entendre de nombreux &eacute;chos de Bach, Berg, Zimmermann ou Bruckner. Il y a quelque chose de l&rsquo;ambition du Doktor Faustus de Thomas Mann dans cette partition souvent apocalyptique, o&ugrave; la sensualit&eacute; orchestrale se m&ecirc;le &agrave; l&rsquo;horreur la plus absolue.


Les Bienveillantes

Il ne nous appartient pas de juger si l&rsquo;on peut porter l&rsquo;Holocauste et les massacres collectifs sur une sc&egrave;ne. La musique de Parra se tient sur la corde raide&nbsp;: elle trouve la bonne distance quand il s&rsquo;agit de faire parler les bourreaux (le langage volontiers anxiog&egrave;ne du contemporain se pr&ecirc;te &agrave; ce basculement dans la folie meurtri&egrave;re) mais &eacute;choue, parfois de fa&ccedil;on g&ecirc;nante, &agrave; t&eacute;moigner des souffrances des victimes. Cette dialectique, propice &agrave; l&rsquo;op&eacute;ra, est en revanche magnifiquement r&eacute;ussie dans la mise en sc&egrave;ne de Calixto Bieito, le grand triomphateur de la soir&eacute;e. L&rsquo;homme de th&eacute;&acirc;tre espagnol trouve toujours le bon &eacute;quilibre&nbsp;: ainsi une sc&egrave;ne d&rsquo;amour incestueuse est contrebalanc&eacute;e en arri&egrave;re-plan par de terribles images de cannibalisme, ou Auschwitz est repr&eacute;sent&eacute; comme un int&eacute;rieur domestique envahi de fum&eacute;e, dans lequel des enfants dessinent sur des murs ensanglant&eacute;s. Certaines sc&egrave;nes nous valent des images inoubliables, tel ce piano qui s&rsquo;envole au son d&rsquo;une sarabande devenue mena&ccedil;ante.

Plus prosa&iuml;quement, le spectacle se tient. Un bon tiers de la salle a d&eacute;sert&eacute; son si&egrave;ge apr&egrave;s l&rsquo;entracte, et pourtant H&egrave;ctor Parra fait preuve, &agrave; d&eacute;faut d&rsquo;originalit&eacute; stylistique, d&rsquo;une redoutable efficacit&eacute; dramatique. Il y a du Luciano Berio chez le compositeur franco-catalan, qui op&egrave;re une synth&egrave;se des grands courants de la musique europ&eacute;enne, en lui insufflant puissance et ampleur structurelle. L&rsquo;hallucinante avant-derni&egrave;re sc&egrave;ne orgiaque pr&eacute;sente les qualit&eacute;s et les d&eacute;fauts du cr&eacute;ateur barcelonais. On retiendra, parmi les points forts, d&rsquo;une part une accumulation de forces qui d&eacute;bouche sur une incroyable hybridation informatique d&rsquo;une extraordinaire intensit&eacute;, et de l&rsquo;autre, une prolixit&eacute; qui confine &agrave; l&rsquo;automatisme, confirm&eacute; par de nombreuses sc&egrave;nes &eacute;puisantes.

Pour qui veut vivre une soir&eacute;e importante, il faut aller voir Les Bienveillantes, Les interpr&egrave;tes y jouent, avec la conviction d&rsquo;appartenir &agrave; une cr&eacute;ation marquante. Magnifiques ch&oelig;urs et orchestre de l&rsquo;Op&eacute;ra des Flandres, dirig&eacute;s par Peter Rundel, &eacute;mouvante Rachel Harnisch en Una, terrassante Natascha Petrinsky en m&egrave;re d&rsquo;Aue, et surtout saluons la prestation exceptionnelle de Peter Tantsits dans le r&ocirc;le principal. Ce que fait le t&eacute;nor am&eacute;ricain, notamment dans la Gigue finale &agrave; la mani&egrave;re d&rsquo;un meneur de cabaret, est d&rsquo;un engagement et d&rsquo;une inspiration, comme on en voit tr&egrave;s peu dans sa vie de spectateur.

Laurent Vilarem

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Sat, 27 Apr 2019 15:59:11 +0000 https://www.opera-online.com/fr/columns/lvilarem/les-bienveillantes-de-parra-a-anvers-opera-monstrueux
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French – Der Freischütz saboté à l&#39;Opéra national du Rhin

Der Freisch&uuml;tz de Carl Maria von Weber (cr&eacute;&eacute; &agrave; Berlin en 1821) est, de notori&eacute;t&eacute; publique, l&rsquo;exaltant monument fondateur de l&rsquo;op&eacute;ra romantique allemand, dans le droit fil de Die Zauberfl&ouml;te et Fidelio, Il n&rsquo;en est pas moins pour tout r&eacute;alisateur une v&eacute;ritable pierre d&rsquo;achoppement avec son m&eacute;lange de quotidien et de fantastique, de fleur bleue et de mysticisme, autant d&rsquo;ingr&eacute;dients purement et simplement balay&eacute;s ici par le duo Jossi Wieler et Sergio Morabito, les directeurs de la Staatsoper de Stuttgart (o&ugrave; Eva Kleinitz officiait avant de prendre les r&ecirc;nes de l&rsquo;Op&eacute;ra national du Rhin), dont nous avions d&eacute;test&eacute; le travail sur Ariodante (&agrave; Stuttgart) и Norma (&agrave; Palerme). Pour figurer Samiel, l&rsquo;ange noir qui manipule les protagonistes, les deux hommes ont pens&eacute; &agrave; un drone, qui appara&icirc;t dans les moments cl&eacute;s de l&rsquo;action en ombre chinoise, projet&eacute;e sur des d&eacute;cors (sign&eacute;s Nina von Mechow) &eacute;voquant l&rsquo;univers de la BD et des mangas, avec grand renfort de couleurs criardes. La fameuse sc&egrave;ne de la Gorge-aux-loups regorge d&rsquo;images vid&eacute;os de frappes a&eacute;riennes et autres destructions massives. Les nombreux dialogues parl&eacute;s sont d&eacute;bit&eacute;s recto tono, ce qui devient vite lassant et m&ecirc;me insupportable, les deux trublions n&rsquo;ayant de cesse de se moquer – voire de saboter – un ouvrage qu&rsquo;on aurait pr&eacute;f&eacute;r&eacute; qu&rsquo;ils cherchent &agrave; d&eacute;fendre&hellip;

Le plateau vocal offre un tout autre bonheur, m&ecirc;me si Lenneke Ruiten, qui chante le r&ocirc;le d&rsquo;Agathe, doit laisser la place (en derni&egrave;re minute) &agrave; sa coll&egrave;gue Katja B&ouml;rdner, arriv&eacute;e seulement une heure avant la repr&eacute;sentation ! Dans ces conditions, Lenneke Ruiten a d&ucirc; mimer le r&ocirc;le pendant que sa consoeur chantait sa partie devant un pupitre sur le c&ocirc;t&eacute; droit de la sc&egrave;ne. Impossible de dire du mal de quelqu&rsquo;un qui sauve une soir&eacute;e, mais disons que nous pensons avoir perdu au change, et les deux sublimes airs du personnage&nbsp; &laquo; Tr&uuml;ben Augen &raquo; et &laquo; Und ob die Wolke &raquo; ne nous ont pas apport&eacute; le frisson escompt&eacute;. C&rsquo;est autrement convaincant que se montre le t&eacute;nor finnois Jussi Myllys, dont le timbre solide, color&eacute; et brillant, ainsi que la vaillance, t&eacute;moignent bien de la filiation de Max &agrave; Tannh&auml;user. C&rsquo;est le cas aussi de la d&eacute;licieuse Josefin Feiler, dont le soprano fruit&eacute; et pr&eacute;cis apporte toute la fra&icirc;cheur r&ecirc;v&eacute;e au personnage d&rsquo;&Auml;nnchen. La basse bavaroise David Steffens habite le r&ocirc;le de Kaspar &agrave; la perfection : la voix est mordante, saine dans l&rsquo;aigu, large mais toujours projet&eacute;e avec un maximum de nettet&eacute; dans le grave. Ashley David Prewett campe un Ottokar plein de morgue, Jean-Christophe Fillol un Kilian &agrave; la saine autorit&eacute;, Frank van Hove un Kuno inhabituellement noir et mena&ccedil;ant, et Roman Polisadov un Ermite qui sait chanter sans emphase. Enfin le Ch&oelig;ur de l&rsquo;Op&eacute;ra national du Rhin est &agrave; la f&ecirc;te dans ce r&eacute;pertoire, et s&rsquo;acquitte de sa t&acirc;che avec un enthousiasme r&eacute;jouissant.

Mais le &laquo; clou &raquo; de la soir&eacute;e reste cependant la battue du chef allemand Patrick Lange &agrave; la t&ecirc;te d&rsquo;un Orchestre Symphonique de Mulhouse m&eacute;tamorphos&eacute;. D&egrave;s les premi&egrave;res mesures de l&rsquo;ouverture, la s&eacute;cheresse r&acirc;peuse des cordes, les appels sourds des cors, et la violence coupante des bois composent une mosa&iuml;que sonore font leur petit effet. Et pendant toute la repr&eacute;sentation, la phalange alsacienne ronfle, rugit, s&rsquo;emporte avec une d&eacute;mesure inou&iuml;e parce que le chef ose la laideur lorsque l&rsquo;expression l&rsquo;exige. En excellent chef de th&eacute;&acirc;tre, il noue spontan&eacute;ment le dialogue entre les voix et r&eacute;serve aux passages symphoniques un traitement &agrave; la fois majestueux et flamboyant. Bravo &agrave; lui !

Emmanuel Andrieu

Der Freisch&uuml;tz de Carl Maria von Weber &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra national du Rhin, jusqu&rsquo;au 19 mai 2019

Cr&eacute;dit photographique &copy; Klara Beck
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Sat, 27 Apr 2019 14:36:39 +0000 https://www.opera-online.com/fr/columns/manu34000/der-freischutz-sabote-a-lopera-national-du-rhin
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English – Inspired Staging Complements Poignant Opera in Billy Budd at the Royal Opera House, Covent Garden

Benjamin Britten&rsquo;s Billy Budd, which premiered at the Royal Opera House in 1951 before undergoing revisions in 1960, is based on the eponymous novella by Herman Melville, and has a libretto by E. M. Forster and Eric Crozier. With the main action set aboard the HMS Indomitable in 1797 during the French Revolutionary Wars, the story centres on Billy Budd who at the start is pressed into serving in the Royal Navy from a merchant ship. He has a lot of positive attributes including loyalty and enthusiasm, and leaves a strong impression on Captain Vere and the crew at large. However, the Master-at-Arms John Claggart hears him sing the &lsquo;Rights of Man&rsquo; and gets it into his head that Billy is a trouble maker. At the time the Royal Navy was reeling from two major mutinies and was threatened by the Revolutionary French Republic&rsquo;s military ambitions, but in Billy&rsquo;s case he was simply saying goodbye to his old ship that bore that name.


Christopher Gillett as Red Whiskers, Jacques Imbrailo as Billy Budd
(C) ROH 2019 / Catherine Ashmore


Toby Spence as Captain Vere, Thomas Oliemans as Mr Redburn
(C) ROH 2019 / Catherine Ashmore

Claggart becomes obsessed with trying to expose Billy and persuades other crew members to provoke or frame him. Billy, unwittingly since he has no idea Claggart is determined to corner him, dodges all of their attempts, but he has one flaw, which is a stammer that kicks in when he is put under pressure. At such moments he finds himself unable to express himself and is consequently inclined to lash out physically. Things come to a head when Claggart tells his suspicions about Billy to Captain Vere, who in fact assumes that Billy is innocent and that Claggart is the evil one. When, however, Vere invites Claggart to recite his charges to Billy&rsquo;s face, with the idea that he can respond to them and prove his innocence, Billy&rsquo;s stammer sets in and in frustration he strikes, and inadvertently kills, Claggart. The ship&rsquo;s officers, though acknowledging the circumstances and hardly feeling good about it, rule that the Articles of War are absolute, and that anyone who even strikes a superior must hang.&nbsp;&nbsp;

Following Billy&rsquo;s death there is a &lsquo;silent mutiny&rsquo; by the other crew members, which is suppressed but does reveal the impression that he left on everyone. In this way, the opera ends with Captain Vere looking back on the events of 1797 in his old age. He feels remorse that he did not do more to save Billy when he was the only one to witness Claggart&rsquo;s death, but also believes that Billy has blessed him and shown him a guiding moral light.&nbsp;&nbsp;

Deborah Warner&rsquo;s new production for the Royal Opera, where the piece has not been seen for nearly two decades, represents a co-production with Teatro Real, Madrid and Rome Opera, where it has already appeared. It is deeply atmospheric as much attention has been paid to creating a sense of the communal experience involved in working a ship. Michael Levine&rsquo;s set consists of a series of vertical, horizontal and diagonal cables and ropes that create both a physical and metaphorical framework for the drama. Within this, the sailors (who number many as the Royal Opera Chorus are complemented by extra chorus and further actors) scrub decks and hoist sails. With them often moving in mass formations under Jean Kalman&rsquo;s eerie lighting, one gains a keen sense of their hardship and claustrophobic way of life.

Towards the start, in fact, things are pushed a little too far as the emphasis on the group does not help us to see individual personalities arise out of it. For example, the impact of the Prologue is marred by having Captain Vere sing it while appearing lost amidst all of the cables. This is as opposed to him delivering it from the front of the stage, and the sense of the chosen approach only really hits us after we have witnessed the Epilogue over three hours later.

This difficulty is soon overcome, however, and Captain Vere&rsquo;s cabin, which even contains a bath, is cleverly represented by having a rectangle of light shine on the stage to denote its parameters. Here, we see a lot of telling human detail so that when Vere pours wine for the officers Mr Flint (David Soar) and Mr Redburn (Thomas Oliemans), he rushes to fill Flint&rsquo;s glass again after a toast to the King sees the Sailing Master down the lot!


Jacques Imbrailo as Billy Budd (C) ROH 2019 / Catherine Ashmore

The berth-deck is also cleverly presented by having the boards of the main stage rise to reveal it, while people climbing ladders that rise through these emphasise the descent from above to below deck. The set-up also enables Claggart to sing his monologue concerning how he will destroy Billy on an entirely different level while still standing directly above his planned victim. When Billy is condemned and sent to the ship&rsquo;s prison he descends on a small platform blessing Captain Vere as he does so. There is also a little humour as Claggart sings &lsquo;Handsomely done&rsquo; while the sailors clamber far from gracefully into their hammocks.&nbsp;

Ivor Bolton conducts superbly, while the strong, and primarily British, cast includes several notable performances. Toby Spence is a highly sensitive Captain Vere who when he virtually laughs at the idea that Billy is anything other than high-spirited reveals the real tragedy of the opera. The British are fighting the French and yet, through Claggart, manage to create a new enemy who does not exist, and the pursuit of whom can only undermine their mission and themselves. Brindley Sherratt with his rich and deep bass is a brilliantly malevolent Claggart, while South African baritone Jacques Imbrailo gives a perfectly judged performance in the title role. His beautiful voice and persona really come to the fore in his dignified lament in the ship&rsquo;s jail as his body is illuminated against the surrounding darkness. From among the remainder of the large cast, Duncan Rock&rsquo;s Donald and Clive Bayley&rsquo;s Dansker also stand out in particular.&nbsp; &nbsp;

By Sam Smith

Billy Budd | 23 April &ndash; 10 May 2019 | Royal Opera House, Covent Garden

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Fri, 26 Apr 2019 20:15:00 +0000 https://www.opera-online.com/en/columns/samsmith/inspired-staging-complements-poignant-opera-in-billy-budd-at-the-royal-opera-house-covent-garden
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French – L&#39;Opéra de Marseille dévoile une saison 2019-2020 éclectique

L&#39;Op&eacute;ra de Marseille vient d&#39;annoncer sa saison 2019-2020 qui r&eacute;unira non seulement de grands classiques, mais aussi des oeuvres moins connues, voire tr&egrave;s rares, entre versions de concert et mises en sc&egrave;ne qui permettront d&#39;entendre de tr&egrave;s belles voix, dont certains interpr&egrave;tes habitu&eacute;s du lieu, et d&#39;autres moins. Une belle mani&egrave;re de perp&eacute;tuer un certain r&eacute;pertoire, tout en renouvelant la programmation.

La Fl&ucirc;te Enchant&eacute;e devrait ouvrir la saison dans une mise en sc&egrave;ne de Numa Sadoul o&ugrave; Serenad Burcu Uyar tiendra le r&ocirc;le toujours tr&egrave;s attendu de la Reine de la Nuit face &agrave; la Pamina d&#39;Anne-Catherine Gillet et au Tamino de Cyrille Dubois, Une oeuvre tr&egrave;s populaire qui laissera la place en octobre pour une version concertante d&#39;une partition bien plus rare : La Reine de Saba de Gounod, Il s&#39;agit l&agrave; d&#39;un op&eacute;ra en quatre actes cr&eacute;&eacute; 28 f&eacute;vrier 1862 &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra de Paris sur un livret de&nbsp;Jules Barbier et Michel Carr&eacute;. Le livret raconte les affres amoureuses de la Reine de Saba, fianc&eacute;e &agrave;&nbsp;Salomon (appel&eacute; Soliman dans l&rsquo;op&eacute;ra), mais qui tombe amoureuse de l&#39;architecte Adoniram. Le couple tente de s&#39;enfuir, mais l&#39;histoire finit tragiquement avec le meurtre de l&#39;architecte. Bien qu&#39;il ne s&#39;agisse que d&#39;une version de concert, l&#39;&eacute;v&eacute;nement est donc notable, d&#39;autant plus que Karine Deshayes incarnera&nbsp;Balkis (le r&ocirc;le-titre) face au Soliman de Nicolas Courjal et &agrave; l&#39;Adoniram de Jean-Pierre Furlan,

Le mois suivant sera un peu plus classique avec Les Puritains, toujours en version de concert, r&eacute;unissant Jessica Pratt en Elvira, Julie Pasturaud en Henriette, ou encore Jean-Fran&ccedil;ois Lapointe et, une nouvelle fois, Nicolas Courjal, Le m&ecirc;me mois (en novembre) sera &eacute;galement donn&eacute;e Le Ch&acirc;teau de Barbe-Bleue dans une mise en espace sign&eacute;e Michel Pastore, avec Chrystelle di Marco et Nicolas Cavallier, Une belle mani&egrave;re d&#39;introduire la production de fin d&#39;ann&eacute;e que sera Barbe-Bleue d&#39;Offenbach et qui reprendra par ailleurs la mise en sc&egrave;ne de Laurent Pelly qui sera donn&eacute;e en juin prochain &agrave; l&#39;Op&eacute;ra de Lyon, Florian Laconi tiendra ici le r&ocirc;le-titre, H&eacute;lo&iuml;se Mas (actuellement candidate au concours Operalia) celui de Boulotte, Jennifer Courcier sera la princesse Hermia et Guillaume Andrieux, Popolani.

En f&eacute;vrier, la maison marseillaise reprendra la production d&#39;Eug&egrave;ne Onegine de l&#39;Op&eacute;ra national de Lorraine sign&eacute;e par Alain Garichot en 1997, d&eacute;j&agrave; récupération &agrave; Nice ou encore &agrave; St-Etienne, R&eacute;gis Mengus tiendra le r&ocirc;le-titre face &agrave; la Olga d&#39;Emanuela Pascu, En mars, ce sera au tour d&#39;Adriana Lecouvreur d&#39;occuper la sc&egrave;ne sous la direction de Paolo Arrivabeni, en coproduction avec Monte-Carlo et Saint-Etienne. La production devrait &ecirc;tre particuli&egrave;rement attendue puisque, outre la mise en sc&egrave;ne de Davide Livermore, elle permettra d&#39;entendre Ermonela Jaho dans le r&ocirc;le-titre, tandis que S&eacute;bastien Gu&egrave;ze interpr&egrave;tera Maurice et Sonia Ganassi la Princesse de Bouillon. La pr&eacute;sence de Valentine Lemercier en&nbsp;Mademoiselle Dangeville ne devrait pas non plus d&eacute;plaire…

Enfin, deux oeuvres bien connues du r&eacute;pertoire cl&ocirc;tureront la saison. Tout d&#39;abord, Carmen, dans la mise en sc&egrave;ne de Jean-Louis Grinda en coproduction avec l&#39;Op&eacute;ra de Monte-Carlo et le Th&eacute;&acirc;tre du Capitole de Toulouse. L&agrave; aussi, nous retrouverons&nbsp; Valentine Lemercier, mais en Merc&eacute;d&egrave;s, Jean-Fran&ccedil;ois Lapointe en Escamillo et Jean-Fran&ccedil;ois Borras en Don Jos&eacute;, r&ocirc;le qu&#39;il interpr&egrave;te justement en ce moment &agrave; Paris, La c&eacute;l&egrave;bre h&eacute;ro&iuml;ne sera pour sa part interpr&eacute;t&eacute;e par Ketevan Kemoklidze, Nabucco viendra ensuite, reprenant la production de Saint-Etienne sign&eacute;e Jean-Christophe Mast, d&eacute;j&agrave; &eacute;trenn&eacute;e &agrave; Toulon et &agrave; Nice, Juan Jesus Rodriguez, que nous avions particuli&egrave;rement admir&eacute; en Macbeth ici-m&ecirc;me, pourrait agr&eacute;ablement surprendre en Nabucco face &agrave; son ancienne Lady Macbeth, Csilla Boross qu&#39;il retrouvera ici en&nbsp;Abigaille, r&ocirc;le qu&#39;elle avait parfaitement tenu &agrave; Gen&egrave;ve en 2014,

L&rsquo;Op&eacute;ra de Marseille annonce donc une saison 2019-2020 &eacute;clectique, porteuse de quelques d&eacute;couvertes, et qui se veut toujours ouverte au plus grand nombre &ndash; l&rsquo;&eacute;tablissement marseillais continue de proposer des conf&eacute;rences p&eacute;dagogiques en liminaire des &oelig;uvres programm&eacute;es tout au long de la saison pour mieux en appr&eacute;cier la port&eacute;e historique ou musicale, mais aussi une politique tarifaire attractive aupr&egrave;s des jeunes publics ou des &eacute;tudiants (qui pourront par exemple assister gratuitement &agrave; certaines r&eacute;p&eacute;titions g&eacute;n&eacute;rales).&nbsp;

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Fri, 26 Apr 2019 13:16:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/lopera-de-marseille-devoile-une-saison-2019-2020-eclectique
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French – La fin d’Orfeo 55

Hier, en fin de matin&eacute;e, l&rsquo;ensemble Orfeo 55 cr&eacute;&eacute; en 2009 et dirig&eacute; de Nathalie Stutzmann annon&ccedil;ait officiellement sur son site ainsi que sur son compte Facebook&nbsp;: &laquo;&nbsp;C&rsquo;est avec beaucoup de regrets que la direction administrative de l&rsquo;orchestre Orfeo 55, ainsi que sa fondatrice et directrice artistique, Nathalie Stutzmann, annoncent la fin des activit&eacute;s de l&rsquo;orchestre. &raquo;

Ainsi, apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; la premi&egrave;re femme &agrave; diriger et &agrave; chanter simultan&eacute;ment, Nathalie Stutzmann &laquo;&nbsp;est profond&eacute;ment attrist&eacute;e par cette situation mais confirme que devant l&rsquo;ampleur du d&eacute;veloppement de sa carri&egrave;re de chef d&rsquo;orchestre symphonique et lyrique, il lui est d&eacute;sormais impossible de consacrer le temps n&eacute;cessaire au redressement de l&rsquo;&eacute;quilibre financier qui permettrait d&rsquo;assurer la p&eacute;rennit&eacute; de l&rsquo;ensemble&nbsp;&raquo;. En effet, l&rsquo;orchestre explique que sa situation financi&egrave;re &eacute;tait d&eacute;j&agrave; pr&eacute;caire avant de se d&eacute;grader &laquo;&nbsp;au fil des derniers mois&nbsp;&raquo;, et cela &laquo;&nbsp;malgr&eacute; le soutien du Minist&egrave;re de la Culture&nbsp;&raquo;.

On d&eacute;plore de voir ce tr&egrave;s bel orchestre dispara&icirc;tre alors que public et critiques avaient toujours plaisir &agrave; l&rsquo;entendre, tant en concert (comme c&rsquo;&eacute;tait d&rsquo;ailleurs notre cas en juin&nbsp;ou en d&eacute;cembre 2018) que sur disque, que cela soit chez DGG avec les albums Prima Donna&nbsp;(Vivaldi) ou Une Cantate Imaginaire&nbsp;(Bach), ou bien chez Warner/Erato avec les albums H&auml;ndel Heroes from the Shadows ou encore les arie antiche Quella Fiamma (que nous avions d&rsquo;ailleurs entendu lors d&rsquo;un concert).

Toutefois, si l&rsquo;orchestre annonce sa fin, certains projets d&eacute;j&agrave; en cours semblent ne pas &ecirc;tre annul&eacute;s. C&rsquo;est du moins le cas du disque Contraltos annonc&eacute; pour l&rsquo;automne 2020 chez Warner/Erato. Quant au concert &laquo;&nbsp;Stabat Mater remix&nbsp;&raquo; pr&eacute;vu &agrave; Montpellier le 14 mai, la maison montpellieraine a fait savoir via les r&eacute;seaux sociaux qu&rsquo;il &eacute;tait maintenu et que la distribution restait inchang&eacute;e. Pour sa part, Nathalie Stutzmann &laquo;&nbsp;continuera &agrave; se produire r&eacute;guli&egrave;rement en tant que contralto&nbsp;&raquo; d&rsquo;apr&egrave;s les mots du communiqu&eacute;.

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Thu, 25 Apr 2019 13:23:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/la-fin-dorfeo-55
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French – L&#39;Opéra de Lyon vous convie à sa grande vente de costumes

Ainsi que nous le rappelions dans notre annonce de l&rsquo;&eacute;dition 2019 de &laquo;&nbsp;Tous &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra&nbsp;!&nbsp;&raquo;, l&rsquo;Op&eacute;ra de Lyon est une nouvelle fois absent de la liste des participants. Toutefois, la maison lyonnaise ne ferme pas pour autant ses portes comme le montrent &laquo;&nbsp;Happy Manif&nbsp;&raquo; (une &laquo;&nbsp;d&eacute;ambulation joyeuse &agrave; la d&eacute;couverte des moindres recoins de l&#39;Op&eacute;ra de Lyon&nbsp;&raquo; les 15 et 18 mai) ou encore la grande vente de costumes qui aura lieu samedi de 10h &agrave; 18h &agrave; Corbas, rappelant la vente qui avait d&eacute;j&agrave; eu lieu il y a deux ans.

En effet, l&rsquo;Op&eacute;ra doit d&eacute;m&eacute;nager ses stocks pour des entrep&ocirc;ts plus petits et propose donc une nouvelle fois de vendre plusieurs de ses costumes et accessoires. Le but n&rsquo;&eacute;tant pas ici la rentabilit&eacute;, les prix d&eacute;fieront toute concurrence&nbsp;: entre 20 centimes et 100 euros pour les quelques 3000 costumes mis en vente, sans oublier les tr&egrave;s nombreux accessoires&nbsp;! Le succ&egrave;s ayant &eacute;t&eacute; surprenant la premi&egrave;re fois, l&rsquo;organisation s&rsquo;est donc adapt&eacute;e en pr&eacute;vision du nombre important de curieux attendus. Pour des questions de s&eacute;curit&eacute;, les entr&eacute;es seront r&eacute;gul&eacute;es afin de respecter un certains nombres de visiteurs dans l&rsquo;entrep&ocirc;t. Un foodtruck est &eacute;galement pr&eacute;vu afin que les visiteurs patientant &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur puissent se restaurer (petit-d&eacute;jeuner le matin, repas rapide le midi) et se r&eacute;chauffer &agrave; l&rsquo;aide de boissons chaudes.

Rendez-vous donc ce samedi &agrave; Corbas, au 15 avenue du 24 ao&ucirc;t 1944 pour d&eacute;couvrir ces costumes et accessoires, tant d&rsquo;op&eacute;ra que de danse, et repartir avec un petit bout des productions pass&eacute;es&hellip; Ne pas oublier toutefois de pr&eacute;voir un sac pour repartir avec ses achats car aucun ne sera fourni sur place.

Plus d&rsquo;informations sur le site officiel de l&rsquo;Op&eacute;ra de Lyon,

S_lyon
Thu, 25 Apr 2019 13:03:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/lopera-de-lyon-vous-convie-a-sa-grande-vente-de-costumes
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German – "Salome" an der Wiener Staatsoper: Packende Emotionen

Michael Boder&nbsp;z&auml;hlt derzeit sicher zu den begehrtesten Dirigenten f&uuml;r das zeitgen&ouml;ssische Musiktheater: Nach seinem erfolgreichen Dirigat bei Manfred Trojahns &bdquo;Orest&ldquo; gab er nun sein Hausdeb&uuml;t mit Richard Strauss &bdquo;Salome&ldquo; am Pult des Orchesters der Wiener Staatsoper, Dabei vermochte der deutsche Dirigent mit pr&auml;ziser Schlagtechnik die farbenreichen Fassetten und starken Emotionen der &uuml;berw&auml;ltigenden Partitur voll auszukosten. Er lie&szlig; die gewaltigen, spannungsgeladenen Steigerungen, die immer wieder wild ausfahrenden Momente und die schneidende Kl&auml;nge aus dem Graben effektvoll erklingen, ohne dabei zu sehr auf das Forte-Pedal zu steigen.

Das Ensemble wussten ihm, sein s&auml;ngerfreundliches Dirigat mit &uuml;berwiegend faszinierenden T&ouml;nen zu danken: Gun-Brit Barkmin, mittlerweile als Salome weltweit unterwegs, punktete zwar mit fein nuancierten, einschmeichelnden T&ouml;nen, jedoch klangen manche ihrer dramatischen Spitzent&ouml;ne nicht ganz m&uuml;helos und nicht immer ganz intonationsrein. Sie konnte sich bei ihrem Schlussgesang jedoch grandios steigern. Auch darstellerisch faszinierte sie weniger mit Erotik, sehr zur&uuml;ckhaltend war der Schleiertanz, als mit feiner Psychologie. Markus Marquart hat allerdings f&uuml;r den Johanaan nicht das notwendige Format. Denn er war f&uuml;r den fundamentalistischen Prediger viel zu wenig durchschlagskr&auml;ftig. Vor allem von seinem Verlie&szlig; aus war er kaum h&ouml;rbar zu vernehmen.

&bdquo;Sie ist ein Ungeheuer, deine Tochter. Ich sage dir, sie ist ein Ungeheuer&ldquo;: Wortdeutlichst und messerscharf mit seinem klaren, hellen Tenor l&auml;sst uns jedes Wort erschauern! Herwig Pecoraro, eine langj&auml;hrige St&uuml;tze des Hauses, wei&szlig; dem Herodes, gro&szlig;es Profil zu geben! Auch das Hin- und Hergerissensein zwischen Geilheit, Eidestreue und Ekel setzt er gestalterisch effektvoll um. Exzessiv und extrem b&ouml;se wirkte Jane Henschel&nbsp;als Herodias. J&ouml;rg Schneider sang einen sch&ouml;n timbrierten, Narraboth. Von den kleineren Partien beindruckte Ulrike Helzel als Page. Die vielen kleineren Rollen wiesen keine Schwachstellen auf.

Uralt und nur noch rudiment&auml;r vorhanden aber immer noch sehr praktikabel ist die Inszenierung von Boleslaw Barlog aus dem Jahr 1972, die zwar von ziemlicher Statik gepr&auml;gt ist, in der sich aber jeder Protagonist nach seinen F&auml;higkeiten selbst einbringen kann. Immer noch ungemein &auml;sthetisch ist die vom Jugendstil und von der Ornamentik eines Gustav Klimt inspirierten Kost&uuml;me und das gr&uuml;n-blau-goldene B&uuml;hnenbild von J&uuml;rgen Rose, das auf die Entstehungszeit der in Dresden 1905 uraufgef&uuml;hrten Oper hinweist.

Kurzer heftiger Beifall!

Dr. Helmut Christian Mayer

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Tue, 23 Apr 2019 21:51:51 +0000 https://www.opera-online.com/de/columns/hmayer/salome-an-der-wiener-staatsoper-packende-emotionen
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German – Zart und intim amüsieren die munteren Meistersinger in Salzburg

Der Regisseur Jens-Daniel Herzog, passenderweise Intendant des N&uuml;rnberger Staatstheaters, schafft ein St&uuml;ck intimen Voyeurismus mit einem bissig kom&ouml;diantischen Blick hinter die B&uuml;hne eines Opernhauses. Die Architektur der Semperoper in Dresden als eine der Ko produzentinnen neben dem New Theatre Tokyo ist erkennbar.

Dort treibt es das m&auml;nnliche S&auml;ngerensemble, die vermeintlichen "Meistersinger", Backstage richtig bunt. Der Chor schl&uuml;pft in die Arbeitskleidung der B&uuml;hnenarbeiter – Kost&uuml;me von Sibylle G&auml;deke und beobachtet sowie kommentiert was da so passiert, bestens einstudiert der S&auml;chsische Staatsopernchor, verst&auml;rkt durch den Bachchor Salzburg. Es gelingt nicht ganz ohne logische Br&uuml;che die Geschichte in diesen Rollen vor dem B&uuml;hnenbild von Mathis Neidhardt zu erz&auml;hlen. Es ist ideenreich, erfrischend hell und mit der Drehb&uuml;hne auch flexibel ohne grosse Umbaumassnahmen z&uuml;gig und abwechslungsreich bebildert. So sieht man die Garderoben der S&auml;nger, die R&auml;ume der Maskenbildner, eine Schusterwerkstatt unter der Requisitenkammer und die leere B&uuml;hne, die zur Gasse in der N&uuml;rnberger Altstadt entfremdet wird. Die Personenregie ist sehr am Text orientiert, gestenreich &uuml;berzeugend und erfrischend unterhaltsam ohne zu &uuml;bertreiben.

Hausherr Christian Thielemann zaubert im Graben mit seiner Staatskapelle eine im Vergleich zu fr&uuml;heren Interpretationen &uuml;berraschend reduzierte transparente an reinste Kammermusik erinnernde Interpretation. Ungeahnte zarte, in jeder Instrumentenstimme ausgefeilte transparente Kl&auml;nge str&ouml;men leicht und hell im untersten Phonbereich. Nur selten kommt das Orchester auf wuchtige volle Touren. Vielleicht zu selten, wenn auf der Festwiese der Chor mit dem Orchester fl&uuml;stert. Aber es dient den S&auml;ngern, die allesamt so bestens performen und der Zuh&ouml;rer entdeckt viele Details neu. Wann hat man das Quintett am Ende des ersten Bildes im dritten Akt so pr&auml;zise und hervorgehoben geh&ouml;rt. Wortverst&auml;ndlich wird sch&ouml;n ausgesungen, bewusst Pausen als Spannungsmomente eingebaut und ausgekostet.

Georg Zeppenfeld dominiert den Abend als Hans Sachs im Liedgesang. Lyrisch n&auml;hert er sich so der Interpretation von Klaus Florian Vogt, der als Walther von Stolzing gewohnt glockenhell brilliert, aber auch seine Zornausbr&uuml;che dramatisch zu f&auml;rben versucht. Adrian Er&ouml;d ist ein spielsicher origineller Beckmesser. Jacquelyn Wagner ist eine selbstbewusste Eva, die am Ende symbolisch die alten Traditionen um die Meisterw&uuml;rde bricht. Sehr zur Unterhaltung von Hans Sachs, der den neuen Wegen der Jugend die Wege &ouml;ffnet. Das Ensemble und Christian Thielemann werden herzlich verabschiedet. Die Osterfestspiele Salzburg schliessen mit einer Auslastung &uuml;ber 90% wieder als gro&szlig;er Erfolg. Neben den Meistersingern musizierte die S&auml;chsische Staatskapelle in einem Chorkonzert mit Christoph Eschenbach, im Konzert f&uuml;r Salzburg mit Frank Peter Zimmermann sowie mit Mariss Jansons in einer nahezu schwebenden fragil in den Instrumenten gef&uuml;hrten pr&auml;zis gespielten vierten Symphonie von Gustav Mahler.

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Tue, 23 Apr 2019 08:38:09 +0000 https://www.opera-online.com/de/columns/helmutpitsch/zart-und-intim-amusieren-die-munteren-meistersinger-in-salzburg
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German – Trojahns "Orest" an der Wiener Staatsoper: Beklemmende, antike Mythologie

&bdquo;War nicht Hoffnung einst in dieser Welt? Hoffnung auf das Ende allen Mordens&hellip;auf das Ende aller Schuld&ldquo;, fragt Orest seine Schwester Elektra, worauf diese antwortet: &bdquo;Von welcher Schuld sprichst du, Bruder? Der auf der Seite des Rechtes steht, kann kein Schuldiger sein!&ldquo;:&nbsp; Das sind die Schl&uuml;sselworte aus der Oper Orest von Manfred Trojahn, der nicht die Musik komponiert, sondern auch das Libretto verfasst hat. Denn es geht in diesem Musikdrama um Schuld und S&uuml;hne, um Tat und Rache. Es behandelt ein Jahrtausend altes, d&uuml;steres Kapitel der griechischen Mythologie: Der von Schuld des Muttermordes an Klyt&auml;mnestra getriebene Orest ist ein schwacher Charakter. Er h&ouml;rt halbwahnsinnig Stimmen und wird von seiner dominanten Schwester Elektra zu einem weiteren Mord an Helena angestiftet. Seine Wandlung erfolgt erst, als Hermione, die er auch auf Gehei&szlig; seiner Schwester umbringen sollte, die Zauberworte spricht: &bdquo;Orest, sieh mich an&ldquo;. Und er stellt sich seiner Schuld.

2011 in Amsterdam uraufgef&uuml;hrt und kurz darauf als &bdquo;Urauff&uuml;hrung des Jahres&ldquo; ausgezeichnet, erlebt das 80-min&uuml;tige Werk nach seiner &ouml;sterreichischen Erstauff&uuml;hrung im Museumsquartier bei der Neuen Oper Wien 2014 nun seine erste Auff&uuml;hrung an der Wiener Staatsoper und insgesamt als f&uuml;nfte neue Produktion dieses Werks.

In seinem typischen grau-blauen Look und gepr&auml;gt von Minimalismus erz&auml;hlt Marco Arturo Marelli, der wie immer auch f&uuml;r die B&uuml;hne verantwortlich zeichnet, diese d&uuml;stere Geschichte ohne Verdrehung sehr naturalistisch und durchaus auch packend in einem Einheitsbild. Es ist eine Art verschlungener Bunker mit T&uuml;ren, die sich immer wieder &ouml;ffnen und schlie&szlig;en und wo der Muttergeist hereinschwebt, wohl eine Metapher auf eine verwahrloste Zwischenwelt der Hoffnungslosigkeit, sehr naturalistisch. Der Gott schwebt in einer Schaukel von oben herab. Diese beschert Helena sp&auml;ter ihre Himmelfahrt.

Dem Ensemble selbst wird darstellerisch und stimmlich bis in h&ouml;chste H&ouml;hen und zu extremen Intervallen gefordert. Es wird ihm alles abverlangt: Thomas Johannes Mayer ist ein intensiver Orest, ein von Schuldgef&uuml;hlen, Zw&auml;ngen und &Auml;ngsten drangsalierter Mensch, der aber im Laufe des Abends etwas von seiner Anfangsintensit&auml;t einb&uuml;&szlig;t. Evelyn Herlitzius ist eine ausdruckstarke, rasende Elektra mit enormer vokaler Pr&auml;senz. Laura Aikin wirkt optisch wie eine Karikatur von Marylin Monroe, singt aber eine sehr feine Helena und gibt der Rolle Tiefe. Audrey Luna singt ihre Tochter, die Hermione in einer Art Horrorfilmversion und trifft selbst die h&ouml;chsten, von ihr abverlangten T&ouml;ne. Daniel Johansson ist ein idealer Apollon/Dionysos wie auch Thomas Ebenstein als Menelaos. Der Wiener Staatsopernchor singt tadellos und nuancenreich.

Trojahns Musik, komponiert f&uuml;r ein reichhaltiges Orchester etwa mit dreifach besetztem Holz, zwei Harfen, ist nicht illustrativ gef&uuml;hrt, sondern als genialer Subtext, der die Emotionen und die S&auml;nger verst&auml;rkt. Sie ist sehr expressiv, knapp und verdichtet, sehr emotional, jede Figur genau charakterisierend, etwa eruptiv bei Elektra, fallweise beinahe leitmotivisch, grollend aber durchaus auch mit Kantilenen und Melismen ausgestattet. Insgesamt ist sie an Richards Strauss &bdquo;Elektra&ldquo; und &bdquo;Salome&ldquo; angelehnt, fein aufgef&auml;chert und wird vom exzellenten Orchester der Wiener Staatsoper unter Michael Boder sehr reich differenziert und spannend musiziert.

Viel Beifall!

Dr. Helmut Christian Mayer

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Tue, 23 Apr 2019 07:56:13 +0000 https://www.opera-online.com/de/columns/hmayer/trojahns-orest-an-der-wiener-staatsoper-beklemmende-antike-mythologie
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French – L&#39;édition 2019 d&#39;Operalia sélectionne ses 40 participants

Ainsi que nous l&#39;&eacute;voquions en novembre derneir, le concours d&#39;Operalia se tiendra cette ann&eacute;e &agrave; Prague&nbsp;du dimanche 21 au vendredi 26 juillet 2019. Le concours, de renomm&eacute; international, ne cesse depuis sa cr&eacute;ation en 1993 de promouvoir les jeunes talents et de distinguer les grandes voix de demain, rep&eacute;rant ainsi certains de ceux qui sont aujourd&#39;hui les grands noms de la sc&egrave;ne lyrique internationale,&nbsp;depuis Inva Mula ou Nina Stemme en 1993, Joyce DiDonato ou Ludovic Tezier en 1998, St&eacute;phane Degout en 2002, Lisette Oropesa en 2007, Sonya Yoncheva en 2010 et Pretty Yende l&rsquo;ann&eacute;e suivante, Aida Garifullina en 2013 puis Rachel Willis-S&oslash;rensen, ou encore Elsa Dreisig en 2016. L&#39;an pass&eacute;, c&#39;&eacute;tait Pavel Petrov ainsi que&nbsp;la mezzo-soprano canadienne Emily D&#39;Angelo qui remportaient les premiers prix,

Ce concours, v&eacute;ritable tremplin pour les jeunes artistes (ainsi que nous le rappelait Rihab Chaieb qui avait remport&eacute; le troisi&egrave;me prix de la comp&eacute;tition&nbsp;lorsque nous l&#39;avons rencontr&eacute;e), est suivi chaque ann&eacute;e et demeure une formidable exp&eacute;rience, permettant aux jeunes voix d&eacute;j&agrave; talentueuses de se faire connaitre et d&eacute;couvrir du public, mais aussi et surtout par leurs pairs.

Cette ann&eacute;e ne devrait pas faire exception et, une nouvelle fois, l&#39;&eacute;v&eacute;nement r&eacute;unit quarante jeunes talents issus des quatre coins du globe, qui se sont qualifi&eacute;s pour concourir en juillet prochain au National Theater&nbsp;de Prague. Parmi eux, notons la pr&eacute;sence de la jeune mezzo-soprano fran&ccedil;aise&nbsp;H&eacute;lo&iuml;se Mas, d&eacute;j&agrave; pr&eacute;sente en quarts de finale en 2015,

Liste des 40 participants au concours Operalia de 2019

  • Angelina Akhmedova, soprano, Uzbekistan

  • Germ&aacute;n Alc&aacute;ntara, bariton, Argentine
  • Xabier Anduaga, t&eacute;nor, Espagne
  • Mario Bahg, t&eacute;nor, Cor&eacute;e du Sud

  • Dominic Barberi, basse, Royaumes-Unis
  • Claire Barnett-Jones, mezzo-soprano, Royaumes-Unis

  • Guadalupe Barrientos, mezzo-soprano, Argentine

  • Lada Bočkov&aacute;, soprano, R&eacute;pubmique Tch&egrave;que

  • Amanda Lynn Bottoms, mezzo-soprano, USA

  • Piotr Buszewski, t&eacute;nor, Pologne

  • Neven Crnić, bariton, Bosnie-Herz&eacute;govine
  • Lauren Decker, contralto, USA

  • Otgonbat Erdene, bariton, Mongolie

  • Adriana Gonzalez, soprano, Guatemala
  • Alyona Guz, soprano, Ukraine

  • Samuel Hasselhorn, bariton, Allemagne

  • Maria Kataeva, mezzo-soprano, Russie
  • Gihoon Kim, bariton, Cor&eacute;e du Sud

  • Sungho Kim, t&eacute;nor, Cor&eacute;e du Sud

  • Bongani Justice Kubheka, bariton, Afrique du Sud

  • Mykhailo Malafii, t&eacute;nor, Ukraine

  • H&eacute;lo&iuml;se Mas, mezzo-soprano, France
  • Luvuyo Mbundu, bariton, Afrique du Sud

  • Felicia Moore, soprano, USA

  • Julia Muzychenko, soprano, Russie

  • Maria Nazarova, soprano, Russie
  • Christina Nilsson, soprano, Suisse

  • Daniel Noyola, basse, Mexique

  • Aryeh Nussbaum Cohen, contre-t&eacute;nor, USA/Allemagne

  • Igor Onishchenko, bariton, Ukraine

  • Christian Pursell, bariton-basse, USA

  • Damir Rakhmonov, t&eacute;nor, Uzbekistan

  • Liv Redpath, soprano, USA

  • Gabriella Reyes, soprano, USA/Nicaragua

  • Mario Rojas, t&eacute;nor, Mexique/Espagne

  • Carlos Enrique Santelli, t&eacute;nor, USA

  • Anna Shapovalova, soprano, Russie

  • Grigory Shkarupa, basse, Russie
  • Carolyn Sproule, mezzo-soprano, Canada
  • Robert Watson, t&eacute;nor, USA

  • Matthew White, t&eacute;nor, USA

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Mon, 22 Apr 2019 09:37:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/ledition-2019-doperalia-selectionne-ses-40-participants
https://www.opera-online.com/fr/articles/ledition-2019-doperalia-selectionne-ses-40-participants


German – Zärtlich unverkrampftes Puppenspiel als Barockoper in Versailles

Ehrf&uuml;rchtig n&auml;hert sich der Zuschauer durch einen langen Gang begleitet von den Blicken der aufgereihten franz&ouml;sischen K&ouml;nige in der Ahnengalerie bevor er durch ein bescheidenes Stiegenhaus in den Zuschauerraum gelangt. Prunkvoll in Gold und k&ouml;niglichem Hellblau ist der Innenraum der Opera Royale des majest&auml;tischen Schlosses Versailles gestaltet. Kristallluster h&auml;ngen &uuml;ppig von der Decke. Mit blauen Samt sind die Sitzb&auml;nke und Sessel &uuml;berzogen. K&ouml;nigliche Pracht und h&ouml;fisches Ambiente atmet noch heute in diesen W&auml;nden. Hier k&ouml;nnte jeden Augenblick der Hofstaat Platz nehmen und der K&ouml;nig sich am&uuml;sieren. Dies ist aber jetzt gl&uuml;cklicherweise auch f&uuml;r den Otto Normalverbraucher m&ouml;glich, soweit es ihm gelingt eine der begehrten Karten f&uuml;r die &bdquo;Versailles Spectacles&ldquo; zu ergattern. Ausnehmend schlicht mutet hierzu der B&uuml;hnenaufbau bzw das B&uuml;hnenbild, welches der gefeierte s&uuml;dafrikanische Konzeptk&uuml;nstler William Kentridge f&uuml;r seine Regie der fr&uuml;hen Barockoper Il ritorno d&#39;Ulysse von Claudio Monteverdi gew&auml;hlt hat. Den ersten anatomischen Theatern der fr&uuml;hen barocken Universit&auml;ten nachempfunden, sehen wir einen halbrunden dreistufigen B&uuml;hnenaufbau mit feiner Br&uuml;stung. Auf der ersten Stufe haben die Musiker des Ricercar Consort Platz genommen, die auf Originalinstrumenten die musikalische Gestaltung dieses lange vergessenen Werkes von Claudio Monteverdi unter der F&uuml;hrung von Philippe Pierlot feinf&uuml;hlig &uuml;bernehmen. In Wien wurden nur Fragmente und das Libretto zu Beginn des 20. Jahrhunderts gefunden. So besteht viel gestalterischer Spielraum aber auch Anspruch an die musikalische Gestaltung die der Consort mit wenigen ausgew&auml;hlten Barockinstrumenten klang- und formsch&ouml;n umsetzt. &Uuml;ber dem Aufbau und in ihm mit einem Holzrahmen integriert thront eine Videowand auf der die typischen schwarz weissen Zeichnungen Kentridge&#39;s in einer Videosequenz gepaart mit Landschaftsaufnahmen als malerischer Hintergrund der Erz&auml;hlung fungieren. Der Entstehungszeit angelehnt setzt er in der Gestaltung des Abends Puppen f&uuml;r die Darstellung der Protagonisten ein. Diese wurden von ihm entworfen und von der s&uuml;dafrikanischen "Marionettistes Handspring Puppet Company" liebevoll geschnitzt und bespielt. Nach einer kurzen Gew&ouml;hnungsphase an das rege Treiben von Puppe, Puppenspieler und S&auml;nger konzentriert sich das Auge leicht auf den Habitus der Puppen im Zusammenspiel mit der Videoleinwand und die Handlung gewinnt an Spannung und Intimit&auml;t. Auch die philosophischen Gedanken im Prolog erhalten ihre Echographie in bewegten Zeichnungen des menschlichen K&ouml;rpers, der in Schichten zerlegt und wieder zusammengesetzt wird. Eine anschauliche unaufdringliche Erz&auml;hlweise f&uuml;r jedes Alter geeignet ohne Anspruch auf Gesellschaftskritik oder Provokation. Ganz dem barocken Stil des Gesanges mit weltlichen Verzierungen und verschn&ouml;rkelten L&auml;ufen und Trillern sind die Gesangspartien ausgestaltet, die ausnahmslos von ausgewiesenen Barockspezialisten die &uuml;bernommen wurden. Jeffrey Thompson singt in verschiedenen Facetten mit klarer Intonation in anspruchsvollen Koloraturen den Ulysse, Romina Basso ist eine gel&auml;uterte elegante Penelope, die standhaft k&ouml;niglich ihrem Schicksal gegen&uuml;bersteht. Victor Sordo hat einen frischen Tenor, den er im Hirten Ecumee alterlos und entschieden besonnen wirken l&auml;sst. Jean Francois Novelli, Antonio Abate und Anna Zander runden das Ensemble ab und zeigen in mehreren Rollen ihre s&auml;ngerischen Qualit&auml;ten. Besonders &uuml;berzeugt die farbliche und gestalterische wohl ausbalancierte Abstimmung in der Auswahl und im Zusammenspiel der Stimmen. Barocke Originalit&auml;t und wissenschaftliche Kenntnis dominieren und sichern den Erfolg dieser Wiederaufnahme der Produktion, die bereits 1998 erstmals erfolgreich in Bruxelles aufgef&uuml;hrt wurde.

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Sat, 20 Apr 2019 17:43:59 +0000 https://www.opera-online.com/de/columns/helmutpitsch/zartlich-unverkrampftes-puppenspiel-als-barockoper-in-versailles
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German – Dosierte Wucht in Lady Macbeth von Mzensk in Paris

Die ersten T&ouml;ne elektrisieren. Im verdunkelten Raum der Opera Bastille ist die B&uuml;hne mit einem grauen Vorhang verdeckt und eine Videoprojektion von zwei im Wasser treibenden Frauenk&ouml;rpern begleitet die musikalische Einleitung. Musik und Bild zeichnen markig die Dramatik und die finale Trag&ouml;die des Werkes voraus. Ingo Metzmacher am Pult des Orchesters der Op&eacute;ra national de Paris gilt als Spezialist f&uuml;r expressive zeitgen&ouml;ssische Moderne und beweist auch hier wiederum seine Klasse. Dmitri Schostakowitsch Werk zeigt sich beeinflusst von verschiedenen Stilentwicklungen am Ende der Romantik. Mit seinen ausgereizten Harmonien, seiner schwer lastenden orchestralen Instrumentierung, wie ein Beil fallende Fermate bilden expressionistische Stilmotive, daneben bringen leichte schwebende Stimmungsbilder die Einfl&uuml;sse des franz&ouml;sischen Impressionismus und folkloristische t&auml;nzerische Elemente bilden sp&auml;tromantische nationalistische Anbindungen. Ingo Metzmacher arbeitet an jeder Note, jedem Instrumenteneinsatz, &uuml;berl&auml;sst nichts dem Spiel, achtet auf die Dosierungen der Lautst&auml;rke und variiert bis ins letzte Detail. Das gross besetzte Blech wird dazu noch erg&auml;nzt auf den seitlichen Logen postiert und so bringt er erst recht den riesigen Raum der Opera Bastille zum schwingen. Dem musiktheatralischen &Uuml;berguss kann sich dann keiner mehr entziehen.

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Die Spannung und Aufdringlichkeit von Musik und Geschichte war sicherlich auch die Absicht des Komponisten, der sich zeitlebens sehr schwer mit seinem eigenen Anspruch an seine Aufgabe tat. Mit seiner Darstellung des Klassenkampfes setzt er gesellschaftspolitische Aussagen, in der Darstellung des inneren Seelenlebens seiner Charaktere zeichnet er psychologische Diagramme und K&auml;mpfe bis zum Zerreissen. Beides sind unersch&ouml;pfliche Quellen f&uuml;r eine realit&auml;tsbezogene und emotional aufgeheizte musikalische Aufarbeitung. Die Oper Lady Macbeth traf den Nerv der Zeit und war deshalb auch bei seiner Urauff&uuml;hrung und danach sehr erfolgreich bis der Diktator Stalin sich das Werk h&ouml;chst pers&ouml;nlich anh&ouml;rte und schaute. Der Rest ist bekannt. Das Werk wurde von den politischen Stellen verurteilt und verp&ouml;nt, der Komponist zog sich schwer getroffen und verunsichert in die innere Isolation zur&uuml;ck. Auch der Regisseur Krzysztof Warlikowski tr&auml;gt den Ruf eines Spezialisten f&uuml;r die Darstellung expressiver Frauenrollen und gesellschaftskritischen Werken. Insbesondere aber auch als Erneuerer des Theater in Sinne Shakespeares. Eine kr&auml;ftige Bildsprache und ausgefeilte Personenf&uuml;hrung geht mit diesem Ruf einher. Die B&uuml;hnen- und Kost&uuml;mbildnerin Malgozata Szczesniak arbeitet und unterst&uuml;tzt ihn mit ihren subtilen kreativen Sch&ouml;pfungen, die vordergr&uuml;ndig &auml;sthetisch schwer lastende Anklagen verpacken. So lassen die Beiden die Handlung in einem Schlachthof spielen. Hell ausgeleuchtet, steril weiss gefliesst sind die B&uuml;hnenw&auml;nde, ein beweglicher transparenter Container in der Mitte zeigt die pers&ouml;nlichen R&auml;ume von Katerina Ismailova in vollkommen ungesch&uuml;tzter Privatsph&auml;re. Ein Abbild der gesellschaftlichen Rolle der Frau, dem Willen und der Begierden des Mannes schutzlos ausgeliefert. Zu Beginn werden ein paar frisch geschlachtete Schweinh&auml;lften aufgeh&auml;ngt zur weiteren Verarbeitung hereingefahren. Der Chor in weissen M&auml;nteln und Haube macht sich adrett an die Arbeit. Alles wirkt sauber und wohlgeordnet aber der Zerfall f&auml;ngt leise an zu br&ouml;keln und das Chaos entwickelt sich unaufhaltsam ebenso wohlgeordnet. Dabei spielen die Lichtregie von Felice Ross wir auch die Videos von Debis Gu&eacute;gin eine wichtige Rolle. Im blutroten Kleid und Anzug wird geheiratet, die Bluttat bleibt aufdringlich pr&auml;sent, auch wenn noch ausschweifend gefeiert wird lastet sie &uuml;ber Serguei und Katerina. Weniger &uuml;berzeugend wirkt die Umsetzung im letzten Bild. Statisch aufgereiht dunkel eingeh&uuml;llt die Athmosph&auml;re des Zuges der Str&auml;flinge. Die Sinnhaftigkeit des omnipr&auml;senten Containers in der Bildmitte hierbei nicht klar erkennbar. Die finale Verzweiflungstat entzieht sich dem Betrachter, erst die Wiederholung der einleitenden Videos und die aufl&ouml;sende Musik f&uuml;hren zur Handlung zur&uuml;ck und ber&uuml;hren.

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Diese kr&auml;ftige Bild- und Musiksprache wird greif- und sichtbar lebendig durch das unglaublich intensive und hemmungslose Spiel der S&auml;nger. Wiederum ein starkes Zeugnis, welche Anforderungen die heutigen K&uuml;nstler an ihre Rollendarstellung erf&uuml;llen m&uuml;ssen. Neben dem perfekten Gesang werden schauspielerische Gewandheit und gestische Ausdruckskraft gefordert in allm&ouml;glichen Stellungen. Ausrin&eacute; Stundyte l&auml;sst sich uneingeschr&auml;nkt auf des vom Regisseur gew&uuml;nschte Bild der Katerina Ismailova ein und schl&uuml;pft in das selbstgew&auml;hlte Schicksal hinein. Die Verzweiflung, das Aufbegehren, die Entt&auml;uschung, die Hoffnung und die Liebe, alles spielt sich in den drei Stunden ab und alles bekommt die feine pers&ouml;nliche Nuance von ihr. &Uuml;ber allem steht ihr kr&auml;ftiger Sopran, eine satte F&auml;rbung unterstreicht die dramatische W&uuml;rze und scharfe Expressivit&auml;t ohne Bruch in den Registern. Serguei bleibt vom Regisseur mit Cowboyhut und Stiefeln als einfacher Charakter gezeichnet und im Bild des benutzten Weiberhelden mit viel Hose runter und rauf mit wenig Selbstreflektion verhaftet. Pavel Cernoch gelingt es trotzdem besonders durch seine stimmliche Pr&auml;senz Sympathien zu erobern. Dmitry Ulyanov punktet als l&uuml;sterner Schwiegervater und gewalt&auml;tiger Patriarch mit seiner m&auml;chtigen Basstimme, die auch lyrisch fein geschliffene Melodien singen kann. John Daszak kann spielerisch in der Rolle des hilflosen verklemmten Sohnes nur wenig Akzente setzen. Die zahlreichen Nebenrollen sind allesamt ausgezeichnet besetzt und &uuml;berzeugen in ihrer darstellerischen Arbeit. So wird der Abend zu einem wahrlich unter die Haut gehenden Familiendrama und seelischen Leidenskrimi. In der unpers&ouml;nlichen &Auml;stethik wird die Tristesse gelungen pointiert gezeichnet. Das Publikum zeigt sich begeistert und beeindruckt.

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Sat, 20 Apr 2019 13:26:29 +0000 https://www.opera-online.com/de/columns/helmutpitsch/dosierte-wucht-in-lady-macbeth-von-mzensk-in-paris
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French – Lady Macbeth, madone des abattoirs à l&#39;Opéra de Paris

Il n&rsquo;y a gu&egrave;re d&rsquo;op&eacute;ras du XX&egrave;me si&egrave;cle qui aient trouv&eacute; leur public, Wozzeck et Lulu de Berg bien s&ucirc;r ou, dans un style diff&eacute;rent, les Dialogues des Carm&eacute;lites de Poulenc, Lear de Reimann, quelques autres sans doute &ndash; mais aucun qui aie donn&eacute; lieu &agrave; trois productions depuis l&rsquo;ouverture de l&rsquo;Op&eacute;ra Bastille&nbsp;! C&rsquo;est le cas de la Lady Macbeth de Mzensk, Il faut reconnaitre que la puissance expressive de la musique de Chostakovitch autant que le formidable livret d&rsquo;Alexandre Preis et Chostakovitch lui-m&ecirc;me concourent naturellement &agrave; l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t renouvel&eacute; pour cet op&eacute;ra depuis sa cr&eacute;ation &agrave; Leningrad en 1934. Mais on sait que, apr&egrave;s le triomphe public de l&rsquo;ouvrage dans le public sovi&eacute;tique, le puritanisme et l&rsquo;inculture de Staline devaient pourtant faire que ce chef-d&rsquo;&oelig;uvre soit interdit en URSS&nbsp;! Aujourd&rsquo;hui, bien s&ucirc;r, le temps a pass&eacute; mais la force corrosive de l&rsquo;&oelig;uvre demeure. Et le public en est toujours secou&eacute;. Surtout quand cette Lady est pr&eacute;sent&eacute;e, ainsi qu&rsquo;elle l&rsquo;est cette fois &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra Bastille, comme un geyser de violence, comme un volcan actif, comme un orage sonore et th&eacute;&acirc;tral.


Lady Macbeth de Mzensk (c) Bernd Uhlig

La r&eacute;ussite de cette nouvelle production est totale, exalt&eacute;e d&rsquo;abord par la direction ardente de l&rsquo;excellent chef allemand Ingo Metzmacher, sans aucune des redondances qui parfois encombrent cette musique faite d&rsquo;&eacute;clats et d&rsquo;ombres. Il sait en permanence donner ses couleurs &agrave; la musique de Chostakovitch dont il d&eacute;ploie les flots mais aussi les phras&eacute;s plus secrets, de ce murmure de clarinette initial jusqu&rsquo;au d&eacute;litement final du ch&oelig;ur des bagnards qui s&rsquo;&eacute;loignent, baign&eacute;s dans un tissu harmonique d&rsquo;une rare finesse, tout en poussant les feux des sc&egrave;nes de violence ou de celles, parodiques, du mariage de Katerina et Sergue&iuml; devenu un spectacle de music-hall. P&eacute;trissant des deux mains (sans baguette) le magnifique Orchestre de l&rsquo;Op&eacute;ra de Paris, devenu comme mall&eacute;able sous les doigts de ce sculpteur de sonorit&eacute;s, Ingo Metzmacher donne son souffle &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre. Il faut ajouter que le Ch&oelig;ur de l&rsquo;Op&eacute;ra de Paris, constamment engag&eacute;, riche de couleurs, massif par moments, subtil &agrave; d&rsquo;autres, est un protagoniste essentiel de cette formidable descente aux enfers.

mais Lady Macbeth de Mzensk est un op&eacute;ra qui exige un &eacute;ventail de voix aguerries &agrave; l&rsquo;&eacute;criture de Chostakovitch, &agrave; ses harmonies parfois complexes, sachant se cogner aux effets de contrastes inscrits dans des phras&eacute;s tour &agrave; tour heurt&eacute;s ou sensuels&nbsp;: toute la distribution r&eacute;unie &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra Bastille est superlative. Plusieurs personnalit&eacute;s s&rsquo;en d&eacute;tachent particuli&egrave;rement, le Sergue&iuml; de Pavel Cernoch, pleutre en fait manipul&eacute; par les femmes dont il se repait sans y croire, le Boris Timofeevitch de Dmitry Ulyanov, beau-p&egrave;re discr&egrave;tement libidineux mais &agrave; la voix tonnante, le mari, Zinovy, un peu encombr&eacute; dans un costume assez rat&eacute; mais dont la perte est inscrite jusque dans le souffle que John Daszak sait effiler. Et encore la voix pulpeuse de Sofija Petrovic en Aksinia ou celle de Marianne Croux en bagnarde &eacute;mouvante&nbsp;: tous sont au plus haut niveau.


Lady Macbeth de Mzensk (c) Bernd Uhlig

Mais celle qui emporte tout comme une tornade, c&rsquo;est cette jeune soprano lituanienne au regard laser, Ausrin&eacute; Stundyt&eacute;, la Lady Macbeth de cet op&eacute;ra infernal, proprement hallucinante autant vocalement que sc&eacute;niquement. On a rarement vu et entendu cela sur la sc&egrave;ne de l&rsquo;Op&eacute;ra Bastille, une intensit&eacute;, une v&eacute;rit&eacute;, une cruaut&eacute;, une folie sexuelle aspir&eacute;e par la mort&nbsp;: la voix br&ucirc;le, d&eacute;chire, hante, passant de la raucit&eacute; au feulement avec quelque chose de fascinant. C&rsquo;est une braise de d&eacute;sir, une Bovary amph&eacute;tamin&eacute;e, un &eacute;tendard de la passion &ndash; et c&rsquo;est aussi une femme malheureuse, frustr&eacute;e, bris&eacute;e. Magnifique.

Il faut dire que Krzysztof Warlikowski r&eacute;alise l&agrave; la plus aboutie des mises en sc&egrave;ne qu&rsquo;il a donn&eacute;es &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra de Paris&nbsp;: la logique mortif&egrave;re y est inscrite d&rsquo;embl&eacute;e, en m&ecirc;me temps que les obsessions de cette madone des abattoirs qu&rsquo;est Katerina, cette Lady sans Macbeth, dont le chemin de croix est un chemin de mort. Car cette pr&eacute;sence de la mort, dont le signe consiste en ces carcasses de porcs pendues &agrave; des crocs avant d&rsquo;&ecirc;tre d&eacute;bit&eacute;es par les ouvriers et ouvri&egrave;res de l&rsquo;usine, fait &eacute;cho &agrave; la musique qui, jusque dans ses convulsions, jusque dans ses suspens lyriques, est une musique fun&egrave;bre. Warlikowski sait en d&eacute;ployer des images superbement &eacute;clair&eacute;es, dont la logique implacable fonctionne comme une machine infernale. Le seul moment qui s&rsquo;en d&eacute;tache est ce mariage de music-hall men&eacute; par un Monsieur Loyal qui semble un recruteur des Enfers. On soulignera aussi la po&eacute;sie des images vid&eacute;o des deux femmes, Katerina et Aksinia, transfigur&eacute;es en femmes-algues et nageant en une sorte d&rsquo;apesanteur dans quelque bassin qui pr&eacute;figure le lac sib&eacute;rien o&ugrave; Katerina pr&eacute;cipitera sa rivale Sonietka avant de s&rsquo;y noyer elle-m&ecirc;me. Mise en sc&egrave;ne tr&egrave;s visuelle mais qui, avec une sorte de classicisme narratif, donne au r&eacute;cit quelque chose de musical (par sa mani&egrave;re de fondre les s&eacute;quences) autant que de th&eacute;&acirc;tral (par une direction d&rsquo;acteurs comme toujours particuli&egrave;rement fouill&eacute;).

Les derni&egrave;res minutes sont d&rsquo;une sombre po&eacute;sie qui emporte tout vers un univers sans nom, un n&eacute;ant qui est celui dans lequel baignent toutes ces &acirc;mes errantes dont m&ecirc;me l&rsquo;accomplissement du d&eacute;sir le plus ardent n&rsquo;a pu les sauver.

Alain Duault

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Thu, 18 Apr 2019 20:09:57 +0000 https://www.opera-online.com/fr/columns/alainduault/lady-macbeth-madone-des-abattoirs-a-lopera-de-paris
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French – Iréne Theorin, flamboyante Gioconda au Gran Teatre del Liceu de Barcelone

La Gioconda de&nbsp;Amilcare Ponchielli ne fait plus la fortune des th&eacute;&acirc;tres lyriques comme jadis, et il devient difficile de le voir &agrave; la sc&egrave;ne, m&ecirc;me si Marseille (en 2014) ou Bruxelles (en d&eacute;but d&rsquo;ann&eacute;e) l&rsquo;ont mis &agrave; leur affiche ces derniers temps. Raison de plus pour courir au Gran Teatre del Liceu de Barcelone pour assister &agrave; la reprise de la production que Pier Luigi Pizzi avait sign&eacute;e pour l&rsquo;institution catalane en 2005. Le livret de La Gioconda (sign&eacute; pourtant par le c&eacute;l&egrave;bre Arrigo Boito, d&rsquo;apr&egrave;s la pi&egrave;ce de Victor Hugo, Angelo, tyran de Padoue), on le sait, ne s&rsquo;embarrasse gu&egrave;re de subtilit&eacute;s, mais l&rsquo;&oelig;uvre s&rsquo;impose cependant comme un des chefs d&rsquo;&oelig;uvre absolus du romantisme italien. La partition annonce le v&eacute;risme par certains aspects mineurs, mais permet d&rsquo;abord de voir &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre un compositeur qui avoue une passion immod&eacute;r&eacute;e pour la musique de Giuseppe Verdi et qui parvient, sans plagiat, &agrave; se forger un style propre, o&ugrave; il fait la part belle &agrave; une &eacute;criture orchestrale d&rsquo;une originalit&eacute; surprenante.

Star lyrique adul&eacute;e par le public du Gran Teatre del Liceu (elle fait la couverture du programme de la saison 19/20 annonc&eacute;e il y a peu…), o&ugrave; nous avions pu l&rsquo;applaudir (entre autres spectacles) dans le r&ocirc;le-titre de La Walkyrie en 2014, la soprano su&eacute;doise Ir&eacute;ne Theorin n&rsquo;&eacute;prouve aucune peine (&agrave; un aigu pr&egrave;s&hellip;) &agrave; ma&icirc;triser de bout en bout l&rsquo;&eacute;crasante tessiture du r&ocirc;le-titre, proposant une incarnation d&rsquo;une irr&eacute;sistible intensit&eacute; qui culmine dans un &laquo; Suicidio ! &raquo; imp&eacute;rieusement phras&eacute;. L&rsquo;actrice, en plus, se montre particuli&egrave;rement convaincante, ses dialogues avec la Cieca atteignant des sommets d&rsquo;&eacute;motion. Cette derni&egrave;re est incarn&eacute;e au pied lev&eacute; par la mezzo italienne Agostina Smimmero (en remplacement de Maria Jos&eacute; Montiel, annonc&eacute;e souffrante), qui nous avait profond&eacute;ment impressionn&eacute;s il y a moins d&rsquo;un mois dans le r&ocirc;le d&rsquo;Ulrica &agrave; Nantes, et qui nous gratifie &agrave; nouveau de sa voix ample, profonde, et &eacute;mouvante &agrave; la fois.

Pour ses d&eacute;buts au Liceu (et dans le r&ocirc;le d&#39;Enzo), le t&eacute;nor am&eacute;ricain Brian Jagde (que nous avions d&eacute;couvert &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra de Limoges dans celui de Don Jos&eacute;) confirme qu&rsquo;il poss&egrave;de l&rsquo;un des registres aigus les plus percutants et faciles que l&rsquo;on puisse entendre sur une sc&egrave;ne aujourd&rsquo;hui. L&rsquo;h&eacute;ro&iuml;sme du personnage est ainsi au rendez-vous, sans pour autant que cela soit au d&eacute;triment du versant po&eacute;tique de son personnage : il d&eacute;livre de fait un &laquo; Cielo e mare &raquo; non exempt de sensibilit&eacute; (ni de nuances pianos). Sa jeunesse cr&eacute;e un contraste saisissant avec la Laura de&nbsp;Dolora Zajick&nbsp;(qui est de trente ans son a&icirc;n&eacute;e…), mais la mezzo am&eacute;ricaine a conserv&eacute; cependant toute l&rsquo;autorit&eacute; d&rsquo;une voix tranchante et exceptionnellement puissante. Son organe ne trahit jamais la moindre faiblesse, et r&eacute;ussit m&ecirc;me &agrave; &eacute;mouvoir dans le trio du dernier acte. De son c&ocirc;t&eacute;, la basse italienne Ildebrando D&rsquo;Arcangelo pr&ecirc;te son superbe registre grave &agrave; Alvise, et plus encore sa pr&eacute;sence id&eacute;alement noire et mena&ccedil;ante. Last but not least, le baryton italien Gabriele Viviani (applaudi in loco c Poliuto de Donizetti l&#39;an pass&eacute;) apporte &agrave; Barnaba une &eacute;l&eacute;gance vocale inhabituelle, sans pour autant oublier de conf&eacute;rer &agrave; sa partie toute la dimension mal&eacute;fique n&eacute;cessaire ici, Barnaba &eacute;tant une sorte de Iago avant la lettre…

A la t&ecirc;te d&rsquo;un Orchestre et d&rsquo;un Ch&oelig;ur du Gran Teatre del Liceu dans une forme olympique, le chef espagnol Guillermo Garcia Calvo est l&rsquo;homme de la situation, en inscrivant l&rsquo;ouvrage dans une filiation stylistique bienvenue (plus verdienne que v&eacute;riste). Son sens du drame, de la respiration et du lyrisme emporte l&rsquo;adh&eacute;sion, confirmant la qualit&eacute; et la puissance de cette magnifique partition. Quant &agrave; la production de Pizzi, elle suscite moins d&rsquo;enthousiasme que le plateau vocal et la direction musicale. Arrachant l&rsquo;intrigue &agrave; la Venise du XVIIe si&egrave;cle, le metteur en sc&egrave;ne-sc&eacute;nographe-costumier italien transpose l&rsquo;intrigue dans les ultimes ann&eacute;es de la S&eacute;r&eacute;nissime R&eacute;publique, plus pr&eacute;cis&eacute;ment sous le r&egrave;gne de son dernier Doge, Ludovico Manin, contraint &agrave; l&rsquo;abdication par Bonaparte en 1797. Voyant dans cette p&eacute;riode la fin d&rsquo;une &egrave;re, et plus largement d&rsquo;un mode de vie, il nous montre une Venise grise et lugubre o&ugrave; r&ocirc;de l&rsquo;ombre de la mort, avec quelques tache blanches et rouges ici ou l&agrave;. L&rsquo;id&eacute;e en vaut une autre, mais la production laisse un go&ucirc;t d&rsquo;inachev&eacute;, aussi bien dans les d&eacute;cors (des ponts sur lesquels les choristes marchent en faisant beaucoup de bruit) que la mise en sc&egrave;ne (r&eacute;duite &agrave; une simple illustration). Un mot, cela pos&eacute;, pour le fameux ballet de La danse des Heures, chor&eacute;graphi&eacute; certes de mani&egrave;re assez classique et formelle par Gheorghe Iancu, mais qui ne manque pour autant pas de vari&eacute;t&eacute;… surtout qu&rsquo;il est proprement magnifi&eacute; par les deux danseurs solistes, Alessandro Riga et Letitzia Giuliani, qui r&eacute;coltent un triomphe personnel (largement m&eacute;rit&eacute;) au moment des saluts.

Malgr&eacute; le manque d&rsquo;inspiration th&eacute;&acirc;trale, ni nous-m&ecirc;mes ni le public catalan n&rsquo;avons boud&eacute; notre plaisir, et c&rsquo;est d&rsquo;une seule voix que nous avons acclam&eacute; les principaux artisans de la r&eacute;ussite de cette soir&eacute;e&hellip; &agrave; commencer par la flamboyante Ir&eacute;ne Theorin !

Emmanuel Andrieu

La Gioconda de Amilcare Ponchielli au Liceu de Barcelone (avril 2019)

Cr&eacute;dit photographique &copy; Antoni Bofill

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Thu, 18 Apr 2019 10:16:23 +0000 https://www.opera-online.com/fr/columns/manu34000/irene-theorin-flamboyante-gioconda-au-gran-teatre-del-liceu-de-barcelone
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French – Une Somnanbule soporifique au Teatro Regio de Turin

Absente &agrave; l&rsquo;affiche du Teatro Regio de Turin depuis vingt ann&eacute;es, La Somnambule de Vincenzo Bellini rec&egrave;le, par-del&agrave; son intrigue toute simple, des pages d&rsquo;un impact m&eacute;lodique extraordinaire, qui mettent le plus souvent &agrave; rude &eacute;preuve la technique et la sensibilit&eacute; d&rsquo;un chef d&rsquo;orchestre. Dans la cit&eacute; pi&eacute;montaise, Renato Balsadonna se montre d&rsquo;une trop grande platitude dans l&rsquo;expression, dirige sans la moindre &eacute;tincelle de dynamisme, et se contente de suivre les solistes&hellip; emp&ecirc;chant compl&egrave;tement le public de s&rsquo;impliquer dans l&rsquo;action. Las, la reprise du spectacle de Mauro Avogadro (le m&ecirc;me qu&rsquo;il y a vingt ans&hellip;) n&rsquo;arrange pas les choses : en voulant &eacute;viter le pi&egrave;ge de l&rsquo;image d&rsquo;Epinal, l&rsquo;homme de th&eacute;&acirc;tre italien bascule dans celui de la froideur et de l&rsquo;abstraction, en totale contradiction avec la musique du Cygne de Catane, qui plus est avec une direction d&rsquo;acteurs proche du n&eacute;ant.

Las encore, la distribution ne se montre gu&egrave;re &agrave; la hauteur des enjeux belliniens. On oublie trop souvent que la partie d&rsquo;Amina a &eacute;t&eacute; con&ccedil;ue pour une v&eacute;ritable coloratura d&rsquo;agilita e di forza de l&rsquo;envergure de Giuditta Pasta (qui cr&eacute;a le r&ocirc;le&hellip; ainsi que celui de Norma !), avant que le personnage ne perde son identit&eacute; &agrave; la fin du XIXe si&egrave;cle et se voit confi&eacute; &agrave; des sopranos coloratures l&eacute;g&egrave;res, &agrave; la virtuosit&eacute; &eacute;poustouflante. La toute jeune soprano russe Ekaterina Sadovnikova appartient &agrave; cette seconde cat&eacute;gorie : elle apporte &agrave; l&rsquo;h&eacute;ro&iuml;ne une belle transparence du timbre et un legato pur, mais l&rsquo;expressivit&eacute; demeure souvent limit&eacute;e et les vocalises manquent cruellement d&rsquo;abattage, comme le d&eacute;montre le rondo final. Nous n&rsquo;avions pas aim&eacute; l&rsquo;Elvino du t&eacute;nor italien Antonino Siragusa la saison derni&egrave;re &agrave; Lausanne, v&eacute;ritable &laquo; chien dans un jeu de quilles &raquo;, comme nous l&rsquo;&eacute;crivions alors – &agrave; l&rsquo;instar de son coll&egrave;gue Celso Albelo quelques jours plus t&ocirc;t c Anna Bolena &agrave; Li&egrave;ge. Son &eacute;mission continue de souffrir d&rsquo;un exc&egrave;s d&rsquo;agressivit&eacute;, avec des aigus non seulement &eacute;mis syst&eacute;matiquement en force mais en plus d&eacute;sagr&eacute;ablement nasals, la ligne de chant ne conservant rien d&rsquo;&eacute;l&eacute;giaque ni d&rsquo;&eacute;mouvant, conditions pourtant sine qua non pour rendre justice au r&ocirc;le d&rsquo;Elvino. Heureusement, les comprimari sauvent le spectacle du naufrage et tirent les spectateurs de l&rsquo;ennui, gr&acirc;ce au Comte Rodolfo de Nicola Ulivieri, basse &agrave; la fois robuste et &eacute;l&eacute;gante, face &agrave; une Lisa surprenante qui poss&egrave;de, elle, l&rsquo;&eacute;toffe d&rsquo;Amina, la jeune soprano italienne Daniela Cappiello, На последно място, Nicole Brandolino (Teresa) et Gabriele Ribis (Alessio) n&rsquo;appellent aucun reproche, tandis que le Ch&oelig;ur du Teatro Regio ne donne pas le meilleur de lui-m&ecirc;me, lui aussi plomb&eacute; par la direction mollassonne de Balsadonna.

Une soir&eacute;e qui, avec ses deux entractes (pour une partition qui dure deux heures&hellip;), nous a paru bien longue&hellip;

Emmanuel Andrieu

La Sonnambula de Vincenzo Bellini au Teatro Regio de Turin, jusqu&rsquo;au 20 avril 2019

Cr&eacute;dit photographique &copy; Edoardo Piva
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Wed, 17 Apr 2019 09:54:04 +0000 https://www.opera-online.com/fr/columns/manu34000/une-somnanbule-soporifique-au-teatro-regio-de-turin
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French – Le monde de la musique réagit lui aussi à l’incendie de Notre-Dame

Lundi, la France a &eacute;t&eacute; touch&eacute;e par l&#39;incendie qui a ravag&eacute; Notre-Dame de Paris. Face &agrave; cette impensable destruction, de nombreux dons ont d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; promis par certaines grandes familles. Le Figaro annonce que &laquo;&nbsp;les familles Pinault, Arnault et Bettencourt ont d&eacute;bloqu&eacute; &agrave; elles seules un demi-milliard d&rsquo;euros&nbsp;&raquo; (voir source), mais aussi de nombreuses personnes ont d&eacute;j&agrave; annonc&eacute; des dons, &agrave; la hauteur de leurs moyens, via des cagnottes qui se sont multipli&eacute;es. Face &agrave; cet &eacute;lan de g&eacute;n&eacute;rosit&eacute;, l&rsquo;Etat &agrave; mis en place&nbsp;une plateforme d&eacute;di&eacute;e&nbsp;afin de r&eacute;unir ces dons et d&rsquo;&eacute;viter un trop grand &eacute;parpillement. Quant au groupe Groupama, troisi&egrave;me propri&eacute;taire priv&eacute; de for&ecirc;t en France, il se joint au syndicat fili&egrave;re bois (SFB) et offre 1300 ch&ecirc;nes pour la reconstruction de la charpente (voir source).&nbsp;

Le monde de la musique a lui aussi r&eacute;agi et de nombreuses personnalit&eacute;s, y compris du monde lyrique ou classique, se sont jointes &agrave; la tristesse commune d&eacute;passant les fronti&egrave;res, comme Anna Netrebko sur Facebook, ou&nbsp;Sonya Yoncheva qui partage sur twitter et Facebook&nbsp;: &laquo;&nbsp;Huit si&egrave;cles d&rsquo;histoire sous les flammes impitoyables de notre temps inhumain… mon c&oelig;ur pleure &raquo;. Les artistes fran&ccedil;ais sont bien entendu touch&eacute;s eux aussi, comme le violoniste Renaud Capu&ccedil;on qui annonce via Facebook &laquo;&nbsp;une s&eacute;rie de concerts dans des Cath&eacute;drales Fran&ccedil;aise au profit de #NotreDame dans les semaines &agrave; venir&nbsp;&raquo;, ou encore son fr&egrave;re violoncelliste, Gautier Capu&ccedil;on, qui s&rsquo;est rendu devant la cath&eacute;drale pour lui rendre hommage (une performance film&eacute;e et partag&eacute;e sur les r&eacute;seaux sociaux). Lucile Richardot, dont l&rsquo;histoire est particuli&egrave;rement li&eacute;e &agrave; ce lieu &ndash; puisque, comme elle le rappelait lors de notre rencontre, elle a fait partie de la Ma&icirc;trise de Notre-Dame &ndash; partage &eacute;galement sa tristesse&nbsp;:

&laquo;&nbsp;Impressionnante vue du dedans, notre cath&eacute;drale coinc&eacute;e entre l&#39;eau et le feu, entre l&#39;inondation et l&#39;incendie… La question de l&#39;orgue, notamment de ch&oelig;ur, des stalles o&ugrave; j&#39;ai pos&eacute; mon aube pendant trois ans et plus, reste enti&egrave;re. Je pense &agrave; la magnifique cl&eacute; de vo&ucirc;te bleu Notre-Dame, figurant la Vierge, qui a disparu dans l&#39;effondrement de la vo&ucirc;te du transept sous le poids de la fl&egrave;che…
Pens&eacute;es vers tous les amis et coll&egrave;gues "Schtroumpfs", en cette impensable soir&eacute;e qui a balay&eacute; 8 si&egrave;cles de r&eacute;sistance aux outrages du temps et aux tourments de l&#39;Histoire.&nbsp;&raquo;
(voir sur Facebook)

Cette Ma&icirc;trise de Notre-Dame, dirig&eacute;e par Henri Chalet, qui se retrouve par ailleurs priv&eacute;e de sa &laquo; maison &raquo;, &laquo; un lieu de travail autant que de vie, charg&eacute; de 850 ans d&#39;histoire et de musique &raquo; aussi bien rappelle France Info, Malgr&eacute; la tristesse et la douleur de cette perte qui les prive de leur lieu de concert et des quelques mille offices annuels durant lesquels une personne au moins de la ma&icirc;trise vient animer le chant (sans parler des week-ends), la Ma&icirc;trise a annonc&eacute; qu&#39;elle allait poursuivre son activit&eacute; dans d&#39;autres &eacute;glises. &laquo; Nous devons continuer de faire exister la Ma&icirc;trise en dehors de la Cath&eacute;drale &raquo; selon les termes d&rsquo;un communiqu&eacute; transmis &agrave; l&rsquo;AFP, et les ch&oelig;urs ont d&eacute;j&agrave; annonc&eacute; qu&rsquo;ils feront le maximum afin &laquo; d&rsquo;animer les offices de la Semaine Sainte dans des paroisses telles que Saint-Sulpice ou Saint-Eustache &raquo;.&nbsp;Henri Chalet se veut donc optimiste malgr&eacute; la trag&eacute;die : &laquo; Notre-Dame a surv&eacute;cu &agrave; la R&eacute;volution, aux guerres, il y a eu beaucoup de douleur. Mais il y a eu des moments de f&ecirc;te : le sacre de Napol&eacute;on, la Lib&eacute;ration de Paris&hellip; Et encore plus d&#39;histoires musicales : Notre-Dame a connu la naissance de la polyphonie, le d&eacute;but de l&#39;&eacute;criture rythmique&hellip; Ce n&#39;est pas possible que la musique s&#39;arr&ecirc;te ! &raquo;&nbsp;

Et en effet, la musique ne s&#39;arr&ecirc;te pas puisque hier, c&rsquo;&eacute;tait au tour d&rsquo;Universal Music France et de son label Decca Records d&rsquo;annoncer leur association avec la Fondation du Patrimoine autour d&#39;un projet : &laquo;&nbsp;un album dont tous les b&eacute;n&eacute;fices seront revers&eacute;s &agrave; la reconstruction de Notre-Dame de Paris&nbsp;(&hellip;) pour &oelig;uvrer &agrave; la reconstruction de cet &eacute;difice, v&eacute;ritable symbole culturel, historique et religieux du patrimoine mondial&nbsp;&raquo;. L&rsquo;album, dont la sortie est pr&eacute;vue pour le 26 avril (et en pr&eacute;commande d&egrave;s le 19 avril), r&eacute;unira &laquo;&nbsp;les plus beaux airs de la musique sacr&eacute;e enregistr&eacute;s au sein et en l&rsquo;honneur de Notre-Dame de Paris par les plus grands artistes&nbsp;&raquo;, comme Cecilia Bartoli, (par exemple dans Beata&nbsp;viscera)&nbsp;Jessye Norman (dans l&#39;Ave Maria de Gounod qui ouvrira probablement le disque), Roberto Alagna, ou encore les organistes Olivier Latry et Pierre Cochereau, Nous devrions donc entendre &eacute;galement, entre autre, la fameuse&nbsp;Fugue de Bach parmi d&#39;autres oeuvres &agrave; l&#39;orgue, ou bien les Stabat Mater de Pergol&egrave;se et Vivaldi (du moins des extraits). Un disque qui (pour avoir eu la chance d&#39;acc&eacute;der d&eacute;j&agrave; &agrave; certains extraits), devrait selon nous &ecirc;tre un tr&egrave;s bel enregistrement, joignant l&#39;utile (avec la r&eacute;colte de dons pour le reconstruction) &agrave; l&#39;agr&eacute;able, voire au tr&egrave;s agr&eacute;able. Selon les mots d&rsquo;Olivier Nusse, Pr&eacute;sident du directoire d&rsquo;Universal Music France&nbsp;:

&laquo;&nbsp;Cette trag&eacute;die nous laisse sans voix. Tout comme des g&eacute;n&eacute;rations d&rsquo;artistes, nous avons tous une histoire avec ce tr&eacute;sor de notre patrimoine qui a largement contribu&eacute; au rayonnement de la musique sacr&eacute;e.
Nous nous devions d&rsquo;apporter notre contribution pour que cet &eacute;difice puisse de nouveau incarner la culture Fran&ccedil;aise dans le monde.&nbsp;&raquo;

Un projet &eacute;galement salu&eacute; de St&eacute;phane Bern&nbsp;:

&laquo;&nbsp;Symbole de notre Histoire et tr&eacute;sor de l&rsquo;humanit&eacute;, la Cath&eacute;drale Notre-Dame de Paris est intimement li&eacute;e &agrave; la musique sacr&eacute;e: les plus grands organistes, les plus belles voix et les plus grands compositeurs ont eu de pr&egrave;s ou de loin un lien avec ce joyau de notre patrimoine.
Tous ensemble nous devons nous mobiliser pour la reb&acirc;tir et tout effort de contribution &agrave; la reconstruction est le bienvenu ; ce projet est une pierre &agrave; l&rsquo;&eacute;difice.&nbsp;&raquo;

Le journaliste pr&eacute;sentera d&rsquo;ailleurs samedi soir sur France 2 et TV5 Monde &laquo; Notre-Dame de Paris, le grand concert &raquo;, aux c&ocirc;t&eacute;s de nombreux artistes qui se mobiliseront pour un grand concert de solidarit&eacute; m&ecirc;lant vari&eacute;t&eacute;s et musique classique.

Elodie Martinez

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Wed, 17 Apr 2019 07:25:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/le-monde-de-la-musique-reagit-lui-aussi-a-lincendie-de-notre-dame
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German – Laster Lust und Liebe- viele Bilder für Manon in Bordeaux

Bordeaux sucht in den letzten Jahren eine Transformation zur Kultur- und Weinmetropole, um so seinen Tourismus weiter anzukurbeln. Im 2016 fertiggestellten utopisch anmutenden Musse du Vin wird die Geschichte der Stadt und des Weines anschaulich und mit modernster Technik pr&auml;sentiert. Eine Weinprobe inklusive. Am Ufer der Gironde entlang vorbei an umgebauten Lagerhallen gelangt der Besucher zur Altstadt, die vom Grand Theatre, dem prachtvollen Opernhaus der Stadt, dominiert wird. Mit seiner Eleganz und Grossz&uuml;gigkeit war es auch ein Modell f&uuml;r das noch pr&auml;chtigere Paris Opernhaus. Der k&uuml;nstlerische Leiter des Opernhauses Marc Minkowski ist seit Jahren f&uuml;r seine Interpretation von Barockopern, auch auf Originalinstrumenten bekannt. Hier in Bordeaux umfasst sein Schaffen ein breites Spektrum.

Jules Massenets Oper gilt als Meisterwerk der franz&ouml;sischen Oper des ausgehenden 19. Jahrhunderts. Die Tragedie lyrique Manon fusst auf der Geschichte von Abbe Prevost &uuml;ber den Chevalier des Grieux und dem unsteten, lustvollen M&auml;dchen Manon Lescaut, eine 16 j&auml;hrige Lolita, auf dem Weg ins Kloster, wo sie allerdings nie ankommt. Die Rolle bzw die Pr&auml;gung der Titelheldin ist der wesentliche Gestaltungsindikator f&uuml;r die Regie. In Bordeaux stellt der Franzose Olivier Py ein klares Bild der jungen Manon voller Gier und Begierde dar. Flink und locker l&auml;sst sie sich auf das Abenteuer mit dem jungen des Grieux ein, um ihrem Schicksal eine Wende zu geben. Dabei steckt sie hier bereits mit ihrem munteren ebenso verkommenen Cousin unter einer Decke, der in Paris ein zwiesp&auml;ltiges Etablissement f&uuml;hrt. Macht und Luxus treiben sie, auch nachdem sie des Grieux vom Eintritt ins Klosterleben abbringt. Reif stellt sie sich ihrem Schicksal, ohne Reue oder Angst. Stringent setzt Olivier Py diese Deutung um und setzt dabei auf eine bildreiche Inszenierung mit viel Aktion. Pierre Andre Waltz liefert ihm dazu eine eindrucksvolle leuchtende Bildsprache mit seinem beweglichen und rasch ver&auml;nderbaren B&uuml;hnenbild, sowie effektvollen Kost&uuml;men. Gleich zu Beginn befinden wir uns in einem modernen Vergn&uuml;gungsviertel mit entsprechenden Lichtreklamen. Ausschweifend ist das Leben in den Clubs, das in die Strasse getragen wird. Das Spiel mit den Geschlechtern inklusive. Schnell wechselt das Ambiente, indem die einzelnen Bilder meist von der Seite unterschiedlich auf die B&uuml;hne geschoben werden. Ein grosser Gittervorhang schafft f&uuml;r einzelne Bilder die n&ouml;tige Intimit&auml;t. Cabareteinlagen erinnern an die grossen Pariser Revuen. Dabei darf die nackte Haut nicht fehlen. Olivier Py bewegt sich an der Grenze zur Geschmacklosigkeit, aber er beherrscht dieses Spiel mit der n&ouml;tigen franz&ouml;sischen &Auml;stethik. Es wird nicht langweilig im prachtvollen Opernhaus von Bordeaux, wenn diese Geschichte des jungen Liebespaares ausschweifend erz&auml;hlt wird. Dazu tragen auch die vielen kleinen Details auf der B&uuml;hne bei. Die S&auml;nger werden gefordert und kr&auml;ftig zum Mitspielen angehalten. Die Amerikanerin Nadine Sierra hat die Rolle der Manon &uuml;bernommen und m&ouml;chte gerne sexy und verf&uuml;hrerisch wirken. Aber irgendwo bleibt sie gef&uuml;hllos und leer &uuml;brig. Stimmlich fehlt ihr das Spiel mit der F&auml;rbung und den Nuancen. Es bleibt eint&ouml;nig gef&uuml;hllos. Dazu gesellen sich Defizite in der klaren Intonation in der H&ouml;he. So ist es Benjamin Bernheim als des Grieux &uuml;berlassen, die Gef&uuml;hle der Zuh&ouml;rer und Zuschauer zu gewinnen. Stimmlich zeigt er sich in H&ouml;chstform und zieht geradezu unbegrenzt seine Melodien in allen Lautst&auml;rken, Lagen und Emotionen. Sein Tenor zeigt Kraftreserven, Leichtigkeit und ein samtenes Timbre, dass er immer wieder in neue Schattierungen bringt. So wird seine Darstellung des jungen naiven sowie gel&auml;uterten des Grieux &uuml;berzeugend echt und mitleidsvoll. Alexander Duhamel bleibt ebenso einseitig als Lescaut und setzt wenig Akzente, auch wenn seine Stimme sicher ist. Mehr Pfeffer zeigt Daniel Bigourdan in der Rolle des Guillot. Erfrischend und gesanglich &uuml;berzeugend die lockeren Damen Olivia Doray, Adele Charvet und Marion Lebegue als Pousette, Javotte und Rosette. Marc Minkowski hat viel Reputation mit seinem Barock Ensemble auf Original Instrumenten erarbeitet. Umso &uuml;berraschender sein Dirigat dieses hochromantischen Werkes. Viel Tempo und Kraft setzt er an. Keine emotionalen Ausschweifungen. Er urteilt, er verurteilt somit musikalisch die Titelheldin. Es liegt kein Mitgef&uuml;hl drinnen. Liebe ist sp&uuml;rbar aber sie ruht im Moment und umgarnt den Chevalier des Grieux dessen Ehrenhaftigkeit und Ehrlichkeit der erlebte Gegenpol zur oberfl&auml;chlichen lasterhaften Manon wird. Er setzt Akzente, er setzt eine musikalische Bildsprache, die &uuml;berzeugend klar und einfach ist. Unaufdringlich, frisch und klar fliesst seine Interpretation, greift die Bildsprache von Oliver Py auf und ist immer pr&auml;sent. Eine gelungene einheitliche Sprache zwischen den beiden ist sp&uuml;rbar. Marc Minkowski entsch&auml;rft obsz&ouml;ne Szene mit seinem entwaffend ehrlichen Dirigat wie in der barocken Opernszene, die der Regisseur kunstvoll zum lasterhaften Ballet wachsen l&auml;sst. Das Publikum folgt gespannt der Erz&auml;hlung und bedankt sich mit grossz&uuml;gigem und herzlichen Beifall, der vor allem Benjamin Bernheim und Marc Minkowski gilt. Ernster und piet&auml;tsvoller gestaltet sich der Konzertabend zu Joseph Haydns Oratorium "Die sieben letzten Worte des Erl&ouml;sers am Kreuze", Als Concert Medidation mit Video Projektion angek&uuml;ndigt ist dies ein Versuch f&uuml;r ein neues Konzertformat, um auch weitere Besuchergruppen anzuziehen. Urspr&uuml;nglich als Quartett komponiert, schuf Haydn selbst weitere Fassung bis hin zu einer Chor Orchesterfassung. passend zur Passion &uuml;bernimmt nun das Orchestre National Bordeaux Aquitaine unter der Leitung von Pierre Dumoussand eine Orchesterfassung mit Erz&auml;hler, hier Marina Hands als Erz&auml;hlerin. Vor jedem Satz bzw jedem Wort liest sie aus einem Buch eine dem Sinn entsprechende Textpassage verschiedener franz&ouml;sischer Literaten vor. Sehr philosophisch, zum Teil mahnend muten diese Texte mit ihrer dunklen mystisch gef&auml;rbten Stimme. Allerdings geht viel Effekt durch die Eint&ouml;nigkeit des Vortrages und das vom Blatt lesen verloren. Da hilft leider auch nicht die ausgezeichnete, bestens vorbereitete musikalische Interpretation durch das Orchester. Dieser Haydn ist gewaltig, m&auml;chtig, g&uuml;tig und sensibel. Ohne Pathos sondern als Mission feiert Dumoussad mit den Musikern jedes einzelne Wort, jede einzelne Note tr&auml;gt hierzu bei. Hinter dem Orchester ist ein Triptychon in Form eines mittelalterlichen Altares aufgebaut. Die drei Fl&auml;chen dienen der Projektion der Videoinstallation. Die langatmigen Bilder zeigen Gesichter, eist mit Kopfh&ouml;rern und Szenen aus der Altstadt Jerusalems. Es ist Winter, es regnet und alles ist in grau gehalten. Der Bezug zu den Worten ist nicht erkennbar, lediglich zum Schauplatz und den Nachkommen der Bev&ouml;lkerung, welche dem Schauspiel der Kreuzigung beigewohnt haben. Die langatmigen Bilder tun nicht weh, st&ouml;ren nicht &uuml;berm&auml;ssig, tragen aber auch zu einer ,meditativen Wirkung wenig bei. Die Kraft, die Aussage dieses Werkes dringt durch die Unmittelbarkeit, Gef&uuml;hlsebene der Musik in den Zuh&ouml;rer ein. Den Stimmungen, Melodien und Harmonien kann sich keiner entziehen. Ergriffen und entmachtet ruht der grosse Konzertsaal des neuen Auditoriums in meditativer Ruhe.

Draussen vor dem Konzertsaal zeigt sich das bewegte, dynamische Leben der sympathischen Grossstadt, welche vom ehemaligen bedeutenden Handelshafen einen Teil seines Weges zur Kulturstadt zur&uuml;ckgelegt hat.

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Tue, 16 Apr 2019 22:22:39 +0000 https://www.opera-online.com/de/columns/helmutpitsch/laster-lust-und-liebe-viele-bilder-fur-manon-in-bordeaux
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French – Berlin 2019/2020 : la profusion entre complémentarité et originalités

Le spectateur d&rsquo;op&eacute;ra berlinois peut-il &eacute;chapper &agrave; La Fl&ucirc;te enchant&eacute;e ? Quarante repr&eacute;sentations en une saison, dans les trois maisons, et dans quatre mises en sc&egrave;ne diff&eacute;rentes, la Staatsoper ayant &agrave; son r&eacute;pertoire &agrave; la fois une version moderne et le traditionnel spectacle d&rsquo;August Everding, La production la plus jou&eacute;e de la saison est cependant celle de la Komische Oper, succ&egrave;s export&eacute; dans toute l&rsquo;Europe (Op&eacute;ra-Comique compris), qui est aussi &agrave; Berlin la garantie de remplir les salles. On n&rsquo;en finirait plus de faire la liste de tous les chanteurs qui se succ&egrave;deront dans ces diff&eacute;rents spectacles, g&eacute;n&eacute;ralement avec des r&eacute;p&eacute;titions minimales.

Ce n&rsquo;est naturellement pas la seule collision entre les trois programmations de la future saison, mais ce qui a &eacute;t&eacute; longtemps d&eacute;nonc&eacute; comme une forme de gaspillage appara&icirc;t de plus en plus comme une richesse, dans une ville qui sait que la culture est son meilleur atout. Deux mises en sc&egrave;ne de Tosca ne sont pas forc&eacute;ment indispensables, en effet, mais qui s&rsquo;en plaindra si l&rsquo;une affiche Angela Gheorghiu et Vittorio Grigolo (Staatsoper) et l&rsquo;autre Stemme, Harteros, T&eacute;zier, Maestri (Deutsche Oper) ?

Un autre aspect tr&egrave;s positif est que cette profusion oblige chacune des maisons &agrave; sortir du grand r&eacute;pertoire pour se distinguer. La Deutsche Oper affiche ainsi pas moins de trois &oelig;uvres de Meyerbeer en une saison, la reprise de deux productions sc&eacute;niques (Le Proph&egrave;te p Gregory Kunde et Cl&eacute;mentine Margaine, et Les Huguenots) и Le Pardon de Plo&euml;rmel en concert avec une belle distribution francophone domin&eacute;e par Sabine Devieilhe et Florian Sempey ; mais elle affiche aussi une cr&eacute;ation mondiale de Chaya Czernowin, avec Patrizia Ciofi et Dietrich Henschel,

La Staatsoper, elle, reconduit son festival baroque apr&egrave;s une premi&egrave;re &eacute;dition f&ecirc;t&eacute;e par le public &agrave; l&rsquo;automne dernier. Cette fois, elle remet sur le m&eacute;tier un des grands succ&egrave;s de son r&eacute;pertoire, Didon et &Eacute;n&eacute;e mis en sc&egrave;ne par Sascha Waltz, et met &agrave; l&rsquo;affiche Il Primo Omicidio de Scarlatti, dans la mise en sc&egrave;ne&nbsp;de Romeo Castellucci coproduite avec l&rsquo;Op&eacute;ra de Paris&nbsp;et toujours dirig&eacute;e par Ren&eacute; Jacobs &ndash; avec, en compl&eacute;ment, un autre oratorio de Scarlatti dirig&eacute; de Fabio Biondi et un grand nombre de concerts.

Komische Oper Berlin

La Komische Oper, elle aussi, a une tradition baroque&nbsp;: la saison prochaine offrira Jephta de Haendel dans une mise en sc&egrave;ne de Richard Jones et la reprise de Semele mis en sc&egrave;ne par son directeur Barrie Kosky, Mais les deux p&ocirc;les de son r&eacute;pertoire, l&rsquo;op&eacute;rette de l&rsquo;entre-deux-guerres et le r&eacute;pertoire du XXe si&egrave;cle, restent plus que jamais d&rsquo;actualit&eacute;&nbsp;: les figures principales en seront la saison prochaine Paul Abraham, ce qui n&rsquo;est pas nouveau, mais aussi Jarom&iacute;r Weinberger, &agrave; qui tout un festival sera consacr&eacute;, entre op&eacute;rette et genres plus s&eacute;rieux. Le r&eacute;pertoire s&eacute;rieux du XXe si&egrave;cle, lui, encadrera la saison&nbsp;: elle se finira sur une nouvelle production du Rake&rsquo;s Progress, confi&eacute;e &agrave; Kirill Serebrennikov (on verra bien s&rsquo;il pourra venir &agrave; Berlin) ; surtout, elle d&eacute;butera sur une des propositions les plus stimulantes de la prochaine saison, les extraordinaires Bassarides de Hans Werner Henze sous la direction de Vladimir Jurowski, un des plus formidables chefs d&rsquo;op&eacute;ra de notre temps. Jurowski, directeur musical de l&rsquo;un des orchestres symphoniques de Berlin et futur directeur musical &agrave; Munich, ne se contentera cependant pas de ce d&eacute;fi&nbsp;: la nouvelle production de Khovanchtchina de Moussorgski qu&rsquo;il dirigera &agrave; la Staatsoper, dans une nouvelle mise en sc&egrave;ne de Claus Guth, vaudra certainement aussi le d&eacute;placement.

La Komische Oper a en commun avec la Staatsoper d&rsquo;&ecirc;tre domin&eacute;e par une figure marquante, qui occupe une place centrale dans sa programmation. &Agrave; la Komische Oper, c&rsquo;est l&rsquo;intendant Barrie Kosky, en place depuis 2012&nbsp;: c&rsquo;est l&rsquo;effet du r&eacute;pertoire, il signe pr&egrave;s des deux tiers des spectacles &agrave; l&rsquo;affiche, avec une in&eacute;vitable in&eacute;galit&eacute; dans les r&eacute;sultats. Les spectateurs n&rsquo;auront pas tort de d&eacute;passer ce monolithisme et de se convaincre aussi des qualit&eacute;s musicales de la maison&nbsp;: le directeur musical de l&rsquo;orchestre, Ainārs Rubiķis, a notamment remport&eacute; le prestigieux concours des jeunes chefs d&rsquo;orchestre du festival de Salzbourg.

&Agrave; la Staatsoper, malgr&eacute; les pol&eacute;miques r&eacute;centes contre son autoritarisme et son manque de respect pour ses collaborateurs, c&rsquo;est naturellement encore et toujours Daniel Barenboim qui est la figure dominante. C&rsquo;est naturellement lui qui ouvrira la saison avec deux cycles complets du Ring, dans la mise en sc&egrave;ne de Guy Cassiers, aux c&ocirc;t&eacute;s d&rsquo;une distribution brillante, notamment Michael Volle, Ir&eacute;ne Theorin, Anja Kampe et Andreas Schager &ndash; et comme si cela ne suffisait pas la fid&egrave;le Waltraud Meier fera une apparition en Waltraute. Inutile de dire que ces repr&eacute;sentations, annonc&eacute;es et mises en vente avant le reste de la saison, sont d&eacute;j&agrave; compl&egrave;tes.

Barenboim assurera aussi pas moins de trois premi&egrave;res&nbsp;: on ne l&rsquo;attend gu&egrave;re dans le r&eacute;pertoire l&eacute;ger, mais il dirigera Les joyeuses comm&egrave;res de Windsor d&rsquo;Otto Nicolai, dans une mise en sc&egrave;ne prometteuse de David B&ouml;sch et avec une distribution &eacute;galement brillante (Michael Volle encore, Anna Prohaska, Pavol Breslik) ! Son int&eacute;r&ecirc;t pour Mozart, lui, est bien connu et ancien, mais il ne l&rsquo;a gu&egrave;re entretenu ces derni&egrave;res ann&eacute;es&nbsp;: ce sera pourtant Cos&igrave; fan tutte qui sera au c&oelig;ur des prestigieux (et co&ucirc;teux) Festtage, le festival pascal de la Staatsoper ; la France y sera &agrave; l&rsquo;honneur, puisque la mise en sc&egrave;ne sera sign&eacute;e de Vincent Huguet, l&rsquo;ancien assistant de Ch&eacute;reau, et qu&rsquo;Elsa Dreisig et Marianne Crebassa domineront la distribution aux c&ocirc;t&eacute; des v&eacute;t&eacute;rans Ferruccio Furlanetto et Barbara Frittoli, Marianne Crebassa, d&rsquo;ailleurs, est particuli&egrave;rement &agrave; l&rsquo;honneur &agrave; Berlin, puisqu&rsquo;elle sera aussi &agrave; l&rsquo;affiche du Barbier de S&eacute;ville et Noces de Figaro, Et la troisi&egrave;me premi&egrave;re de Barenboim sera fran&ccedil;aise, mais avec une distribution brillante mais gu&egrave;re francophone&nbsp;: Samson et Dalila seront chant&eacute;s par Brandon Jovanovich et Elīna Garanča, avec un trio de voix graves exceptionnel autour d&rsquo;eux, Michael Volle, Kwangchul Youn et rien moins que Samuel Ramey,

Wagner, composante essentielle de toute saison berlinoise, ne se contentera pas du Ring de la Staatsoper&nbsp;: l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement le plus important en la mati&egrave;re est le d&eacute;but d&rsquo;une nouvelle production du Ring &agrave; la Deutsche Oper&nbsp;: c&rsquo;est le directeur musical de la maison, Donald Runnicles, qui dirige ; la mise en sc&egrave;ne, elle, sera tr&egrave;s attendue, puisque elle sera sign&eacute;e&nbsp;Stefan Herheim, tout aur&eacute;ol&eacute; du triomphe de son Parsifal &agrave; Bayreuth il y a une d&eacute;cennie. Avec les distributions rarement brillantes de la Deutsche Oper, Runnicles dirigera aussi Parsifal, Tannh&auml;user et Tristan, La Staatsoper, elle, se passe de nouvelles productions, mais affiche Le Vaisseau fant&ocirc;me p Matthias Goerne et Ricarda Merbeth en compl&eacute;ment de son Ring,

Mozart, outre les multiples Fl&ucirc;tes, est moins &agrave; son avantage. La &eacute;ni&egrave;me reprise du Don Giovanni de Claus Guth &agrave; la Staatsoper ne fera traverser l&rsquo;Europe &agrave; personne, mais les audacieux pourront apr&egrave;s tout aller d&eacute;couvrir le travail de Rodrigo Garc&iacute;a pour L&rsquo;Enl&egrave;vement au S&eacute;rail &agrave; la Deutsche Oper, m&ecirc;me dans une distribution anonyme. La nouveaut&eacute; de la saison est certainement l&rsquo;Idomeneo&nbsp;de la Staatsoper&nbsp;: la mise en sc&egrave;ne (David McVicar) promet certes d&rsquo;&ecirc;tre d&rsquo;un classicisme sans surprise, mais la direction de Simon Rattle, grand amoureux de l&rsquo;&oelig;uvre, accompagnera son &eacute;pouse Magdalena Kožen&aacute; dans un de ses meilleurs r&ocirc;les, face &agrave; Andrew Staples en Idom&eacute;n&eacute;e et Anna Prohaska en Ilia.

La profusion berlinoise interdit de discuter ici chaque repr&eacute;sentation, chaque distribution, chaque mise en sc&egrave;ne, mais le spectateur qui viendra &agrave; Berlin entendre telle ou telle de ses idoles aurait bien raison d&rsquo;explorer l&rsquo;offre berlinoise au-del&agrave; de ce qu&rsquo;il conna&icirc;t d&eacute;j&agrave; &ndash; il serait dommage de se contenter m&ecirc;me d&rsquo;Anna Netrebko c Adriana Lecouvreur ou Roberto Alagna c Cavalleria et I Pagliacci, Il n&rsquo;y a certes pas de grands noms dans la nouvelle Force du destin de la Deutsche Oper, mais une mise en sc&egrave;ne de Frank Castorf, a fortiori dans sa ville, &ccedil;a ne se refuse pas, et L&rsquo;Antichrist de Rued Langgaard, dans la m&ecirc;me salle, suscite au moins la curiosit&eacute;. Mais c&rsquo;est sans doute par un concert qu&rsquo;il faut clore ce parcours, avec un programme beaucoup moins in&eacute;dit&nbsp;: c&rsquo;est &agrave; la Philharmonie qu&rsquo;il aura lieu, par le Philharmonique. La saison n&rsquo;est pas encore annonc&eacute;e, mais le Fidelio cela Kirill Petrenko, le nouveau directeur musical du Philharmonique de Berlin, ne manquera pas de ramener du festival de P&acirc;ques &agrave; Baden-Baden, risque fort d&rsquo;&ecirc;tre le grand &eacute;v&eacute;nement lyrique de la saison.

Dominique Adrian

S_berlin-opera-saison-2019-2020-staatsoper-deutsche-oper-komische-oper" src="https://www.opera-online.com/media/images/picture/article/0000/0926/5161/s_berlin-opera-saison-2019-2020-staatsoper-deutsche-oper-komische-oper.jpg
Tue, 16 Apr 2019 17:34:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/berlin-20192020-la-profusion-entre-complementarite-et-originalites
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German – Opernhaus Zürich stellt seine Saison 2019/20 vor und baut auf Stars

Die Saison 2019/20 am Opernhaus Z&uuml;rich ist gepr&auml;gt von Opernpremieren mit Cecilia Bartoli в "Iphigenie en Tauride", einer Urauff&uuml;hrung " The Girl with the Pearl Earring" mit Thomas Hampson, "Die Sache Makropolos" mit Evelyn Herlitzius und die Operette " Die Csardasf&uuml;rstin" mit Annette Dasch,

In Wiederaufnahmen stehen ein Rollendeb&uuml;t von Juan Diego Fl&oacute;rez an, Piotr Beczala wird als Lohengrin in Z&uuml;rich zu Gast sein, Christian Gerhaher ist Wozzeck und Andreas Schager als Florestan in Fidelio, Das Ballett Z&uuml;rich bringt eine Urauff&uuml;hrung von Christian Spuck, eine Hommage an Forsythe und Junge Choreografen Das Programm runden Konzerte und Liederabende mit Leonidas Kavakos, Beatrice Rana, Fabio Luisi, Gianandrea Noseda und Manfred Honeck ab.

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Mon, 15 Apr 2019 21:02:00 +0000 https://www.opera-online.com/de/articles/opernhaus-zurich-stellt-seine-saison-201920-vor-und-baut-auf-stars
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German – Die Osterfestspiele stellen ihr Programm für 2020 vor
Giuseppe Verdis Don Carlo mit einem neuen Prolog von Manfred Trojahn
Im Fokus des Programms der Osterfestspiele Salzburg 2020 steht eine außergewöhnliche Opern- Neuproduktion. Giuseppe Verdis Don Carlo wird in einer Neuinszenierung von Vera Nemirova unter der musikalischen Leitung von Christian Thielemann gezeigt. Vor der vieraktigen italienischen Fassung erklingt die Uraufführung des neuen Prologs zur Oper von Manfred Trojahn, den dieser im Auftrag der Osterfestspiele Salzburg und der Semperoper Dresden komponiert hat. Dieser instrumentale Prolog trägt den Titel Blick – Traum – Übergang und steht anstelle des sogenannten Fontainebleau-Aktes, der aus der französischen fünfaktigen Fassung der Oper bekannt ist und die Handlung der Oper einleitet.
Der deutsche Komponist Manfred Trojahn ist einer der arriviertesten Komponisten der Gegenwart. Derzeit ist sein 2011 entstandenes Musiktheater Orest an der Wiener Staatsoper zu erleben. Bei den Osterfestspielen Salzburg 2016 wurde sein Stück Four Women from Shakespeare für Sopran und Ensemble uraufgeführt.
Nach ihrer erfolgreichen Inszenierung der Walküre 2017 führt Vera Nemirova nun zum zweiten Mal bei den Osterfestspielen Salzburg Regie. Das Bühnenbild gestaltet Heike Scheele, die bei den Osterfestspielen 2011 die Bühne für Salome entworfen hatte, und für die Kostüme zeichnet Frauke Schernau verantwortlich.
Die herausragende Solistenbesetzung wird angeführt von Ildar Abdrazakov als Filippo II und Yusif Eyvazov in der Titelrolle. Franco Vassallo singt den Rodrigo. Anja Harteros kehrt nach ihrer triumphalen Tosca im Vorjahr als Elisabetta zurück, und Ekaterina Semenchuk wird als Eboli auf der Bühne stehen. In bewährter Weise trägt das Residenzorchester der Osterfestspiele, die Sächsische Staatskapelle Dresden, die Oper musikalisch. Die Neuproduktion von Don Carlo ist eine Koproduktion mit der Semperoper Dresden.

Der Gastdirigent der Osterfestspiele 2020 ist Daniel Harding. Der 1975 geborene Brite gilt als einer der erfolgreichsten Vertreter seines Faches aus der jüngeren Generation. Er ist seit 2016 Chefdirigent des Orchestre de Paris und seit 2007 in gleicher Position beim Schwedischen Radiosinfonieorchester tätig.
Daniel Harding wird bei den Osterfestspielen am Pult der Sächsischen Staatskapelle Dresden, die er bereits öfter geleitet hat, Gustav Mahlers unvollendete Zehnte Symphonie dirigieren. Dieses fragmentarisch erhaltene Werk erklingt in der Fassung von Deryck Cooke.

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Mon, 15 Apr 2019 20:52:00 +0000 https://www.opera-online.com/de/articles/die-osterfestspiele-stellen-ihr-programm-fur-2020-vor
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German – Prokoview Die Verlobung im Kloster Spiegel im Spiegel

Staatsoper Unter den Linden Berlin

Sergej Prokofiew

Die Verlobung im Kloster

Premiere am 13. April 2019

In seinem reichhaltigen Schaffen in allen m&ouml;glichen musikalischen Genres hat Prokofiew auch eine Reihe von Opern geschrieben, von denen heute insbesondere&nbsp;Die Liebe zu den drei Orangenregelm&auml;&szlig;iger auf den Spielpl&auml;nen erscheint, w&auml;hrend andere wieDer feurige Engeloder&nbsp;Krieg und Friedeneher selten anzutreffen sind. Das gilt auch f&uuml;r die&nbsp;Verlobung im Kloster, die 1946 im Kirov-Theater uraufgef&uuml;hrt wurde und seine Berliner Erstauff&uuml;hrung an der Staatsoper Unter den Linden 1958 erlebte. Das Werk basiert auf der Vorlage eines Theaterst&uuml;cks von Richard Brinsley Sheridan aus dem Jahre 1775 und wurde von Mira Mendelson und Prokfiew selbst als Libretto f&uuml;r die Oper gestaltet.

Die Handlung folgt dem klassischen&nbsp;qui pro quoder Verwandlungs- und Verwechslungskom&ouml;die des 18. Jahrhunderts und verweist unverwechselbar auf die gro&szlig;en Vorl&auml;ufer&nbsp;Le Nozze di Figaro,&nbsp;Barbiere di Sevillaund&nbsp;Cosi fan tutte, Kurzgefasst finden sich nach einer ausgiebigen Reihe von Umwegen, Irrungen und Wirrungen die zwei denn hoffentlich doch&nbsp;richtigenLiebespaare und k&ouml;nnen den Weg zum Traualtar antreten. &nbsp;

Die Musik entfaltet dabei einen ausgefeilten Kosmos mit flie&szlig;enden &Uuml;berg&auml;ngen von Sprache und lyrischem Gesang. Typisch f&uuml;r Prokofiew findet er daf&uuml;r einen liebenswerten, ironisierend-distanzierten Kompositionsstil, der die Handlung musikalisch wie in einem Spiegel reflektiert.

&Auml;hnlich die konzeptionelle Umsetzung des Regisseurs und B&uuml;hnenbildners Dmitri Tcherniakov. Er entf&uuml;hrt uns mitnichten in ein nachgebautes Rokoko-Ambiente, sondern l&auml;sst die Handlung in einem gro&szlig;en Einheitsraum wie einem Probensaal eines Opernhauses stattfinden. Dort stehen in ungeordneter Form St&uuml;hle wie aus dem Zuschauerraum der Staatsoper selbst. Und dort auch treffen wir auf die&nbsp;Gemeinschaft anonymer Opern-Abh&auml;ngiger, Die Rollen der Handlung gehen s&auml;mtlich in dem bizarren, menschlichen Treibholz einer Therapiegruppe operns&uuml;chtiger Fanatiker auf. Die kauzigen Auftritte werden durch Fantasiekost&uuml;me oder je nach Charakter der Handlung verschrobene Kleidungselemente (Kost&uuml;me Elena Zaytseva) begleitet. Da gibt es die (gelinde gesagt) am Ende ihrer Karriere stehende, von der Welt entt&auml;uschte Diva (in der Handlung die Duenna), den seinen Fans nachreisenden Stalker (anfangs) im Kapuzenpulli (Don Antonio) und den emotional ausgebrannten Theaterkritiker mit&nbsp;burn out(Don Carlos) etc. Der Spiegel der Prokofiewschen Musik wird also von einer weiteren, eigensinnigen szenischen Spiegelung begleitet.

Alle diese Personen treffen sich zu einem Seminar, welches ein Moderator unter dem Motto&nbsp;Wir erfinden eine Operabh&auml;lt. Bis zur Pause geht die Gruppe durch mannigfaltige Entt&auml;uschungen, teilt untereinander ihre Probleme und Gr&uuml;nde f&uuml;r die Teilnahme an der Therapie, und l&auml;sst sich zun&auml;chst nur zur&uuml;ckhaltend und z&ouml;gernd aufeinander ein. Der Moderator des Teams hat alle M&uuml;he, die Interaktion voranzutreiben. Je weiter der Abend voranschreitet, je mehr die Beteiligten aus sich herausgehen und gewollt oder gar ungewollt Vertrauen ineinander investieren, desto intensiver und unterhaltsamer wird das Spiel. In den typischsten, und wenn man so will klischeehaftesten Opernszenen kommen alle wieder zu sich, schwei&szlig;en zur Gruppe zusammen und erreichen so zumindest das Therapieziel ihres mentalen Wohlbefindens zur&uuml;ck. Alles nur &ndash; wohlgemerkt &ndash; letztlich im emotionalen und szenischen Nachspiel der Opernszenen aus der&nbsp;Verlobung im Kloster&nbsp;im zweiten Teil der Oper. Sie bleiben alle Opernjunkies bis zum letzten Atemzug. Belohnt werden sie schlie&szlig;lich zum Abschluss durch den gro&szlig;en Auftritt des Chors, der in allen m&ouml;glichen vertrauten neo-klassizistisch nachkreierten Opernkost&uuml;men des Kernrepertoires erscheint: die Teilnehmer der Therapiegruppe sehen sich gl&uuml;cklich umgeben von Siegfried, Lohengrin, Carmen, der K&ouml;nigin der Nacht, usw., usw.&nbsp;

Das macht Sinn, insbesondere im zweiten Teil, wenn sich die Handlung zuspitzt und eine Reihe von emotional intensiven Szenen durch das r&uuml;ckhaltlose Spiel einer gl&auml;nzenden Gruppe von S&auml;ngerdarstellern auf das Publikum &uuml;berspringen. Im 90-min&uuml;tigen ersten Teil hingegen hat die fast dreist&uuml;ndige Oper mit ihren fast vier Dutzend Szenen allerdings auch L&auml;ngen. Nicht jedes von den vielen, liebevollen kompositorischen und szenischen Details ist darin selbst f&uuml;r den Opernjunkie im Publikum von gleicher Intensit&auml;t und Bedeutung. &nbsp; &nbsp;&nbsp;

Tcherniakov hat die Verlegung ins Sanatorium auch bei seinerCarmen-Produktion beim Festival von Aix-en-Provence versucht, wobei er dabei jedes alte&nbsp;Carmen-Klischee bei den H&ouml;rnern packen und unsch&auml;dlich machen konnte. Bei der tragischen Zuspitzung verf&uuml;gte er &uuml;ber einen &uuml;bermenschlich intensiven, obsessiven Jose, der die ganze Energie der B&uuml;hne zu b&uuml;ndeln vermochte. Der Ansatz bei der Verlobung war ungleich anspruchsvoller, denn jetzt in Berlin musste ein ganzes Ensemble diese Wirkungsintensit&auml;t gemeinsam verk&ouml;rpern. Konnte das aber auch.

Allen voran Stephan R&uuml;gamer als Don Jerome, der alte Vater der jungen Sopranliebsten, der in immer gr&ouml;&szlig;erer Verblendung die Handlung vorantreibt. Dabei verf&uuml;gt er nicht nur &uuml;ber eine souver&auml;ne, klangvolle und runde Stimmf&uuml;hrung, sondern spielt wie nebenbei auch noch Trompete und l&auml;sst ein Klangensemble von Weingl&auml;sern zur Musik erklingen. Kom&ouml;diantisch robust und mit durchsetzungsstarkem Stimmvolumen bringt Violeta Urmana die Duenna mit Aplomb und gro&szlig;er Spielfreude auf die B&uuml;hne. Wunderbar auch die beiden jungen, liebenden Frauen von Aida Garifullina (Luisa) und Anna Goryachova (Clara) gesungen. Das M&auml;nnerensemble rundet die Besetzung prachtvoll ab: Andrey Zhilikhovsky als Don Ferdinand und Bogdan Volkov als jugendlicher Liebhaber Don Antonio, sowie Goran Juric und Lauri Vasar sind mehr als glanzvolle Rollenvertreter in diesem Berliner Kloster. &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;

Der blendend aufgelegte Chor unter der Leitung von Martin Wright singt teilweise im Orchestergraben, ist hinter dem Orchester positioniert und im Finale mit den sagenhaft-bunt-klassischen Kost&uuml;men auf der B&uuml;hne. &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;

Die Staatskapelle Berlin unter der bew&auml;hrten Leitung ihres langj&auml;hrigen Chefdirigenten Daniel Barenboim darf als der Star des Abends gelten. Die vielen harmonischen und rhythmischen Details, Solopartien u. a. in den Holzbl&auml;sern (Klarinetten!), die umsichtige S&auml;ngerbegleitung sowie der Klangfarbenreichtum sind perfekt musiziert und gestaltet. Ein vollkommeneres Klangbild ist nicht vorstellbar.

Viel Applaus und&nbsp;bravif&uuml;r die S&auml;nger, Begeisterung f&uuml;r das Orchester unter Barenboim. Eine nicht &uuml;berh&ouml;rbare Buhfraktion zielt bei gleichzeitig zahlreichen&nbsp;bravi&nbsp;auf den Regisseur. Eine Reaktion, die Barenboim noch lustvoll anzuheizen versucht. Der Staatsoper Unter den Linden in Berlin ist mit dieser Er&ouml;ffnungspremiere zu den Festtagen 2019 trotz der L&auml;ngen des Werkes ein gro&szlig;er Wurf gelungen.

Achim Dombrowski

Copyright Photos: Ruth und Martin Walz

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Mon, 15 Apr 2019 20:50:47 +0000 https://www.opera-online.com/de/columns/dombrowski/prokoview-die-verlobung-im-kloster-spiegel-im-spiegel
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German – Uraufführung "Thérèse" von Phillip Maintz bei den Osterfestspielen: Eine mörderische Geschichte

&bdquo;Th&eacute;r&egrave;se, Th&eacute;r&egrave;se&ldquo;: Markersch&uuml;tternd gellen die Todesschreie des ertrinkenden Camille durch den Raum, mit denen die Oper beginnt. Und sie endet als finaler H&ouml;hepunkt mit dem stummen Selbstmord der beiden M&ouml;rder: Dazwischen liegen gut 95 spannende Minuten. Nach &bdquo;Lohengrin&ldquo; von Salvatore Sciarrino 2017 und &bdquo;Satyricon&ldquo; von Bruno Maderna 2018 wurde nun die Kammeropernreihe der Salzburger Osterfestspiele, eine Koproduktion mit der Hamburger Oper, mit einem Kompositionsauftrag der beiden Koproduzenten &bdquo;Th&eacute;r&egrave;se&ldquo; von Phillip Maintz in der &nbsp;Gro&szlig;en Aula der Universit&auml;t fortgesetzt.

Th&eacute;r&egrave;se ist mit dem kr&auml;nklichen Cousin Camille in Paris zwangsweise verheiratet und leidet unter seinem und dem Diktat seiner Mutter. Als Laurent ein Freund im Hause erscheint, erwacht ihre Leidenschaft. Die beiden beginnen eine Liebschaft und ermorden den Nichtschwimmer Camille, indem sie ihn ins Seine-Wasser werfen. Doch sie werden geplagt von Albtr&auml;umen und Selbstvorw&uuml;rfen, die sie unter den Blicken der gel&auml;hmten und sprechunf&auml;higen aber wissenden Mutter in den gemeinsamen Selbstmord f&uuml;hren.

Otto Katzamaierhat den Skandalroman des erst 27-j&auml;hrigen &Eacute;mile Zola &bdquo;Th&eacute;r&egrave;se Raquin&ldquo; aus 1867 mit seiner nicht endenwollenden Todesspirale zu einem Libretto in mehreren Zeitebenen verdichtet und hat gleich die Rolle des virilen, sehr pr&auml;senten Liebhabers Laurent &uuml;bernommen, den er mit kraftvollem Bariton singt. In meist sehr kurzen Szenen, die durch Black-outs unterbrochen werden, wird der m&ouml;rderische Krimi in ausschlie&szlig;lich pechschwarzen Kost&uuml;men auf einer Einheitsb&uuml;hne (Ausstattung: Marie-Th&eacute;r&egrave;se Jossen) mit langen, alten Ladentischen, die auch die unterschiedlichen Orte suggerieren, mit mehreren Meeresbildern im Hintergrund, auf welchem auch ein Porträt des Getöteten angebracht ist. Regisseur Georges Delnon setzt die Handlung eindrucksvoll und packend und teils recht drastisch um..

Th&eacute;r&egrave;se wird von Marisol Montalvo mit gro&szlig;er darstellerischer und s&auml;ngerischer Intensit&auml;t, die auch die enormen Spr&uuml;nge bis in h&ouml;chste H&ouml;hen souver&auml;n schafft, gegeben. Der auch vom Typ her schw&auml;chlich und asexuell wirkende Camille wird vom Countertenor, man wollte offensichtlich bewusst keine m&auml;nnliche Stimme, Tim Severloh gesungen, der l&auml;ngst ermordet die beiden immer wieder als sprechendes Traumbild verfolgt. Renate Behle gibt die unerbittliche Mutter Madame Raquin intensiv und ideal.

Das 11-k&ouml;pfige Ensemble inklusive eines Akkordeons aus Mitgliedern des Staatsorchester Hamburg bestehend unter dem ungemein pr&auml;zise dirigierenden Nicolas Andr&eacute; kann die Musik von Phillip Maintz sehr ambitioniert umzusetzen. Die ist bei den Singstimmen teils doch sehr kantabel. Sie kann aber auch wabern, bei&szlig;en, sirren, raunen, rhythmisch pulsieren in einem Netz aus Leitmotiven, &Uuml;berschichtungen durch die verschiedenen, vorhandenen Erz&auml;hlebenen und immer wieder reibenden Klangfl&auml;chen. Viel Applaus!

&nbsp;

Dr. Helmut Christian Mayer

&nbsp;

S_therese-salzburg-4-19-2" src="https://www.opera-online.com/media/images/picture/column/0000/1608/5157/s_therese-salzburg-4-19-2.jpg
Mon, 15 Apr 2019 20:34:32 +0000 https://www.opera-online.com/de/columns/hmayer/urauffuhrung-therese-von-phillip-maintz-bei-den-osterfestspielen-eine-morderische-geschichte
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French – Sabine Devieilhe renonce à Gilda à Marseille

L&rsquo;Op&eacute;ra de Marseille propose en juin prochain la production de Rigoletto &agrave; laquelle nous avons assist&eacute;e aux Chor&eacute;gies d&rsquo;Orange през 2017 г., Notre coll&egrave;gue Alain Duault avait alors &eacute;t&eacute; particuli&egrave;rement marqu&eacute; par la Gilda de Nadine Sierra qui avait port&eacute; &agrave; elle seule la soir&eacute;e. On s&#39;attendait donc &agrave; une autre Gilda anthologique pour la reprise de la production &agrave; Marseille, ce qu&rsquo;annon&ccedil;ait par ailleurs la distribution avec Sabine Devieilhe, tr&egrave;s attendue pour cette prise de r&ocirc;le. Las, alors que la soprano fran&ccedil;aise s&#39;appr&ecirc;te &agrave; interpr&egrave;ter&nbsp;Zerbinetta &agrave; la Scala de Milan, l&rsquo;Op&eacute;ra de Marseille fait savoir sur son site officiel que&nbsp;: &laquo;&nbsp;Apr&egrave;s &eacute;tude du r&ocirc;le de Gilda, Sabine Devieilhe a pris la d&eacute;cision de se retirer de la production de Rigoletto, C&#39;est Jessica Nuccio qui interpr&eacute;tera le r&ocirc;le pour la s&eacute;rie des repr&eacute;sentations.&nbsp;&raquo;

La jeune soprano, qui a d&eacute;j&agrave; interpr&eacute;t&eacute; ce r&ocirc;le &agrave; Li&egrave;ge en 2018 o&ugrave; nous l&rsquo;avions entendue&nbsp;(d&eacute;ployant alors &laquo; une ind&eacute;niable pr&eacute;sence sc&eacute;nique et de superbes qualit&eacute;s vocales &raquo;), se retrouvera donc face au Rigoletto de Nicola Alaimo et au Duc de Mantoue d&rsquo;Enea Scala, Un trio qui devrait ravir le public malgr&eacute; ce d&eacute;sistement et la mise en sc&egrave;ne de Charles Roubaud qui ne nous avait pas convaincue &agrave; Orange.

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Mon, 15 Apr 2019 07:01:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/sabine-devieilhe-renonce-a-gilda-a-marseille
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French – Reprise de Anna Bolena dans la luxueuse production de Mazzonis Di Pralafera à Liège

Apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; &eacute;trenn&eacute;e il y a tout juste deux mois &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra de Lausanne, la luxueuse production de Anna Bolena de Gaetano Donizetti imagin&eacute;e par Stefano Mazzonis Di Pralafera arrive dans les murs du th&eacute;&acirc;tre que l&rsquo;italien dirige depuis douze ans maintenant : l&rsquo;Op&eacute;ra Royal de Wallonie, Nous avions dit – lors des repr&eacute;sentations lausannoises – tout le bien que nous en pensions, et nous &eacute;prouvons beaucoup de plaisir &agrave; retrouver cette &laquo; reconstitution d&rsquo;&eacute;poque &raquo; qu&rsquo;il a express&eacute;ment recherch&eacute;e : &laquo; J&rsquo;ai souhait&eacute; respecter les intentions du compositeur et de son librettiste, en ne perdant pas de vue l&rsquo;atmosph&egrave;re et le contexte historique des derniers jours et du destin tragique de Ann Boleyn &raquo;.

La distribution r&eacute;unie &agrave; Li&egrave;ge est enti&egrave;rement diff&eacute;rente, et repose beaucoup sur les &eacute;paules du r&ocirc;le-titre confi&eacute; ici &agrave; la soprano russe Olga Peretyatko, m&ecirc;me si – &agrave; l&rsquo;image de sa cons&oelig;ur Nadine Sierra предишния ден c Manon &agrave; Bordeaux – elle ne poss&egrave;de pas exactement l&rsquo;ampleur vocale (et les notes graves) requises par sa partie. Mais sa technique sans faille, la beaut&eacute; du timbre, mais aussi sa tenue en sc&egrave;ne, lui permettent de rendre sensibles les &eacute;mois de son &acirc;me tortur&eacute;e, et lui valent un beau triomphe personnel au moment des saluts. L&rsquo;on sera moins tendre avec le Percy du t&eacute;nor canarien&nbsp;Celso Albelo qui, s&rsquo;il peut le meilleur quand il canalise ses imposants moyens, est surtout capable du pire, quand il balance – tutta forza ! – tous les contre-Ut de son r&ocirc;le, ce qui est non seulement hors-propos&hellip; mais surtout du plus parfait mauvais go&ucirc;t !

Admir&eacute;e dans I due Foscari &agrave; Marseille en 2015, la soprano ukrainienne Sofia Soloviy offre &agrave; Giovanna Seymour un chant ardent et engag&eacute;, riche de couleurs autant qu&rsquo;expressif, et d&rsquo;un incroyable volume sonore (les duos avec Peretyatko sont ainsi &agrave; son avantage&hellip;). Henri VIII trouve dans le chanteur croate Marko Mimica un interpr&egrave;te de haut vol. Dot&eacute; d&rsquo;une voix de basse impressionnante, homog&egrave;ne sur toute la tessiture, il campe un roi despotique, sans pour autant oublier les r&egrave;gles du chant belcantiste. Form&eacute;e &agrave; l&rsquo;&eacute;cole baroque, la mezzo italienne Francesca Ascioti incarne un Smeton passionn&eacute;, m&ecirc;me si certains aigus s&rsquo;av&egrave;rent malheureux ce soir… Enfin, dans l&rsquo;&eacute;pisodique r&ocirc;le de Sir Hervey, Maxime Melnik confirme les bonnes impressions laiss&eacute;es le mois dernier c A&iuml;da, et voil&agrave; vraiment un jeune talent &agrave; suivre de tr&egrave;s pr&egrave;s.

Dernier point positif de la soir&eacute;e, la direction musicale du fringant directeur musical du Teatro Petruzelli de Bari, alias Giampaolo Bisanti (d&eacute;j&agrave; pl&eacute;biscit&eacute; dans ces colonnes pour ses directions des&nbsp;Capuleti au Teatro Sao Carlos de Lisbonne et La Sonnambula &agrave; l&#39;Op&eacute;ra de Lausanne), qui sait rendre expressives les formules instrumentales les plus rab&acirc;ch&eacute;es, en leur insufflant une vie, une vigueur, une efficacit&eacute; tout simplement superbes !

Emmanuel Andrieu

Anna Bolena de Gaetano Donizetti &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra Royal de Wallonie, jusqu&rsquo;au 20 avril 2019 (en direct sur MEZZO le 17 avril)

Cr&eacute;dit photographique &copy; Op&eacute;ra Royal de Wallonie-Li&egrave;ge

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Sun, 14 Apr 2019 11:02:09 +0000 https://www.opera-online.com/fr/columns/manu34000/reprise-de-anna-bolena-dans-la-luxueuse-production-de-mazzonis-di-pralafera-a-liege
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English – Excellent Revival of David McVicar’s Faust at the Royal Opera House, Covent Garden

Charles-Fran&ccedil;ois Gounod&rsquo;s Faust premiered at the Th&eacute;&acirc;tre Lyrique on the Boulevard du Temple in Paris on 19 March 1859. It underwent several revisions over the following decade, including the insertion of a ballet into Act V to meet the expectations of grand opera, and was extremely popular in the nineteenth century. It was the work with which New York&rsquo;s Metropolitan Opera opened for the first time on 22 October 1883, while Covent Garden included it in its programme every year until 1912. Today it may not be performed with quite the same frequency, but it has retained enough appeal to ensure that it graces most major opera houses at least once every few years.


Faust (c) ROH 2019 Tristram Kenton

Goethe wrote Faust, on which the opera is based, in two parts, but when Gounod interpreted it he focused on only the first of these. This is because it contains the more dramatic subject matter, and the same approach was adopted by Hector Berlioz in his slightly earlier &lsquo;l&eacute;gende dramatique&rsquo;, La damnation de Faust (1846). However, Mefistofele (1868) by Arrigo Boito, better known today as Verdi&rsquo;s librettist for Otello and Falstaff, covers both as it includes his encounter with Helen of Troy that constitutes one of Faust&rsquo;s adventures in the &lsquo;macrocosmos&rsquo;, while Mahler&rsquo;s Symphony No. 8 in E flat major (1910) uses the words of Part II&rsquo;s final scene.

At around three and a half hours, Faust is on the long side for modern day audiences, who consequently require something more than just a straight telling of the story to hold their attention. In the opera&rsquo;s last appearance for English National Opera, Des McAnuff&rsquo;s &lsquo;solution&rsquo; was to site Faust&rsquo;s study beneath an A-bomb, hinting at the doctor&rsquo;s destructive thirst for knowledge that is so prevalent in Christopher Marlowe&rsquo;s &lsquo;original&rsquo; telling of the tale. David McVicar&rsquo;s 2004 version, now enjoying its fifth revival at the Royal Opera House, keeps the concept much closer to Gounod&rsquo;s original, with Faust&rsquo;s search being (in origin, at least) for youth, with Marguerite acting either as the catalyst or the bait.

Charles Edwards&rsquo; set consists of a dilapidated, half gilded theatre on one side of the stage, and the arches of a Gothic vaulted church on the other. In this way, the dichotomy between temptation and virtue becomes clear, with these points of reference standing as constants as various scenes are created by planting theatre curtains, Marguerite&rsquo;s humble dwelling or prison-like bars between the two.


Erwin Schrott as M&eacute;phistoph&eacute;l&egrave;s (c) ROH 2019 Tristram Kenton


St&eacute;phane Degout as Valentin (c) ROH 2019 Tristam Kenton

Within this strong overarching concept, there is also an exquisite attention to detail. For example, when in Act II M&eacute;phistoph&eacute;l&egrave;s supplies the crowd with wine, he pierces the side of a statue of the crucified Christ in order to obtain it. At the end of Act III M&eacute;phistoph&eacute;l&egrave;s is instrumental in helping Faust to join Marguerite by installing the stairs that enable him to climb to her. Then as Marguerite prays for salvation in Act IV, Faust himself plays the organ in the church. Alongside this, there is much flamboyance in Act II&rsquo;s flag waving scene, which features acrobatics, and the subsequent dancing in &lsquo;Cabaret L&rsquo;Enfer&rsquo;, courtesy of Michael Keegan-Dolan. Nevertheless, Act V&rsquo;s Walpurgisnacht ballet is ultimately very poignant as it vividly describes the shaming of Marguerite and the fate of her brother Valentin.

If the production is strong, this revival by Bruno Ravella also boasts excellent musical credentials. Conductor Dan Ettinger relishes the score, while also achieving a fine balance across the orchestra as a whole, and the chorus is in good form, especially in the men&rsquo;s &lsquo;Gloire immortelle de nos a&iuml;eux&rsquo;. As Faust, Michael Fabiano has a great ablity to vary his sound so that in solos such as &lsquo;Salut, demeure chaste et pure&rsquo;&nbsp;he can be very much the light, romantic tenor, before applying more heft to his voice to meet the malevolent M&eacute;phistoph&eacute;l&egrave;s in their conversations. On opening night Mandy Fredrich only stepped in to replace an ailing Irina Lungu as Marguerite at the eleventh hour. She is, however, experienced in the role, and the fullness of her sound did not prevent it from feeling sensitive because the clarity, shape and attention to phrasing were so strong.

The highest accolades, however, go to Erwin Schrott who, with his magnificent bass-baritone, steals the show as M&eacute;phistoph&eacute;l&egrave;s. His presence is also formidable as he appears totally at ease as he rises from hell at the start, merely wafting the accompanying smoke away with a handkerchief. However, we see the seriousness and severity cut in at those moments when he wishes to ensure that things move in exactly the direction he wishes, while his faltering at the end as he comes face to face with an angel is equally effective because it is not overdone. There is also excellent support from St&eacute;phane Degout as Valentin, Marta Fontanals-Simmons as Si&eacute;bel, Carole Wilson as Marthe Schwertlein and Germ&aacute;n&nbsp;E Alc&aacute;ntara as Wagner. This production will be broadcast live to selected cinemas around the world on 30 April, with some venues also showing encore screenings on subsequent days.

By Sam Smith

Faust | 11 April &ndash; 6 May 2019 | Royal Opera House, Covent Garden

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Sat, 13 Apr 2019 20:44:00 +0000 https://www.opera-online.com/en/columns/samsmith/excellent-revival-of-david-mcvicars-faust-at-the-royal-opera-house-covent-garden
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French – Dans les profondeurs d’Into the little hill de Benjamin à l’Athénée

Nous sommes en 2006. George Benjamin occupe une place paradoxale dans le concert d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. G&eacute;nie pr&eacute;coce (son professeur Olivier Messiaen disait de lui qu&rsquo;il serait &laquo;&nbsp;le prochain Mozart&nbsp;&raquo;), le compositeur anglais &eacute;crit de belles pi&egrave;ces instrumentales et orchestrales mais ne r&eacute;alise pas tout &agrave; fait les promesses que le milieu place en lui. Tout change avec la cr&eacute;ation &agrave; l&rsquo;Amphith&eacute;&acirc;tre Bastille d&rsquo;Into the little hill, petit op&eacute;ra sur un livret de Martin Crimp. Cet ouvrage de quarante minutes &eacute;blouit critiques et public, inaugurant les grands triomphes internationaux de Written on Skin (2012) et Lessons in love and violence (2018)

Ce qui frappe dans la tr&egrave;s attendue nouvelle production du Th&eacute;&acirc;tre de l&rsquo;Ath&eacute;n&eacute;e, c&rsquo;est tout d&rsquo;abord la pertinence visionnaire du livret. Ce qui, en 2006, restait relativement abstrait prend une actualit&eacute; fulgurante treize ans plus tard. Into the little hill rel&egrave;ve de la fable&nbsp;: &laquo; &Agrave; la veille d&rsquo;une &eacute;lection, en pr&eacute;sence de son enfant endormi, un homme d&rsquo;Etat conclut un pacte avec un &eacute;trange inconnu. R&eacute;&eacute;lu, il ne tient pas son engagement&nbsp;: tous en subiront les cons&eacute;quences&nbsp;&raquo;. Nous transcrivons ici les propos de Martin Crimp, car c&rsquo;est l&rsquo;&eacute;cueil sur lequel achoppera la mise en sc&egrave;ne de Jacques Osinski tant il est difficile, pour qui ne s&rsquo;est pas pr&eacute;par&eacute; au spectacle, de comprendre enti&egrave;rement les tenants et les aboutissants de cette relecture moderne du conte du joueur d&rsquo;Hamelin. Un comble, quand dans notre souvenir de la cr&eacute;ation, la production originelle &agrave; l&rsquo;Amphith&eacute;&acirc;tre Bastille, n&rsquo;&eacute;tait pas surtitr&eacute;e mais paraissait &eacute;trangement plus facile &agrave; suivre.


Into the Little Hill &copy; Pierre Grosbois

La soir&eacute;e commence dans l&rsquo;obscurit&eacute;, par une pi&egrave;ce ind&eacute;pendante pour fl&ucirc;te de George Benjamin, aux effluves boul&eacute;ziennes, interpr&eacute;t&eacute;e par Claire Luquiens, puis le rideau s&rsquo;ouvre sur une chambre d&rsquo;enfant dans une ville infest&eacute;e par les rats. D&egrave;s les premi&egrave;res mesures d&rsquo;Into the little hill, on comprend pourquoi la musique de George Benjamin &eacute;tait en quelque sorte pr&eacute;destin&eacute;e &agrave; l&rsquo;op&eacute;ra. Il y a dans l&rsquo;&eacute;criture vocale et orchestrale du compositeur britannique une densit&eacute; qui confine au tragique. Cet aspect inexorable n&rsquo;est malheureusement qu&rsquo;imparfaitement rendu par l&rsquo;Ensemble Carabanchel dirig&eacute; de Alphonse Cemin, m&ecirc;me si apparaissent de savoureuses interventions instrumentales, notamment au banjo ou &agrave; la fl&ucirc;te basse. De m&ecirc;me, il faut deux interpr&egrave;tes d&rsquo;exception pour incarner cette musique brillante mais exigeante de pr&eacute;cision. &Agrave; la cr&eacute;ation, les voix d&rsquo;Hillary Summers et Anu Komsi &eacute;taient terrassantes de pr&eacute;sence et d&rsquo;intensit&eacute;, ce qui n&rsquo;est malheureusement pas le cas ce soir de Camille Merckx (au timbre rauque et envo&ucirc;tant) et Elise Chauvin (&agrave; la voix plus fragile), moins &agrave; l&rsquo;aise avec la langue anglaise. La mise en sc&egrave;ne statique de Jacques Osinski n&rsquo;aide pas non plus les deux chanteuses &agrave; se d&eacute;ployer et &agrave; personnifier pleinement les diff&eacute;rents personnages qu&rsquo;elles doivent interpr&eacute;ter au cours de l&rsquo;ouvrage&nbsp;(un ministre, un enfant, la foule&hellip;). Les apart&eacute;s vid&eacute;o de Yann Chapotel comptent en revanche parmi les passages les plus r&eacute;ussis de la soir&eacute;e, notamment l&rsquo;impressionnante lanterne magique anim&eacute;e dans lequel le vid&eacute;aste fran&ccedil;ais t&eacute;moigne une nouvelle fois d&rsquo;une remarquable inventivit&eacute; apr&egrave;s les succ&egrave;s d&rsquo;Avenida de las Incas et Donnerstag aus Licht aux c&ocirc;t&eacute;s du Balcon.

La soir&eacute;e est donc imparfaite, mais elle s&rsquo;av&egrave;re essentielle pour qui veut mieux d&eacute;couvrir l&rsquo;univers de George Benjamin, l&rsquo;une des voix majeures de l&rsquo;op&eacute;ra d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.

Laurent Vilarem

(Paris, 11 avril 2019)

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Sat, 13 Apr 2019 15:29:38 +0000 https://www.opera-online.com/fr/columns/lvilarem/dans-les-profondeurs-dinto-the-little-hill-de-benjamin-a-lathenee
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French – Une Manon tiède à l’Opernhaus Zürich

Et si Manonde Jules Massenet, &eacute;tait une histoire de narcissisme&nbsp;? Ou bien juste une histoire de go&ucirc;t pour les belles choses&nbsp;? Dans une nouvelle production de l&rsquo;Opernhaus Z&uuml;rich, Floris Visser centre sa mise en sc&egrave;ne autour de la repr&eacute;sentation mentale du personnage principal&hellip; dans les intentions, du moins, car on ne peut pas en dire autant du r&eacute;sultat, o&ugrave; rien ni personne ne convainc totalement.


Piotr Beczala (Chevalier desGrieux) (c)&nbsp;T+T Fotografie – Toni Suter

Le spectacle d&eacute;bute avec un miroir, dans lequel une petite fille se mire, un long gant blanc de dame au bras. Les sc&egrave;nes mondaines &agrave; la foire du Cours-la-Reine font appara&icirc;tre en fond de sc&egrave;ne une surface r&eacute;fl&eacute;chissante, qui va faire appara&icirc;tre des cassures &agrave; l&rsquo;acte IV. de окончателен voit les acteurs de l&rsquo;histoire brandir chacun un morceau de miroir bris&eacute; vers le public. &laquo;&nbsp;Une vie autour de sa propre image n&rsquo;est pas viable&nbsp;&raquo;, diront les sages. Le traitement de l&rsquo;enfermement sur soi-m&ecirc;me et ses propres d&eacute;sirs est renforc&eacute; par une sc&eacute;nographie tr&egrave;s laborieuse &agrave; partir d&rsquo;une bo&icirc;te de sc&egrave;ne, munie de portes coulissantes peu pratiques en fond de sc&egrave;ne, pour montrer un niveau suppl&eacute;mentaire de r&eacute;alit&eacute; &eacute;loign&eacute;e de celle de Manon. On pourrait s&rsquo;attendre &agrave; des visions surprenantes ou &agrave; des changements de d&eacute;cors soudains, mais ce qu&rsquo;on aper&ccedil;oit est soit ridicule (une femme enl&egrave;ve sa robe &ndash; l&rsquo;unique v&ecirc;tement qui la couvre &ndash; sur l&rsquo;autel d&rsquo;une &eacute;glise ; comprendre&nbsp;: l&rsquo;abb&eacute; Des Grieux et Manon ont consomm&eacute; un amour interdit), soit inutile ou confus. Floris Visser n&rsquo;apporte en fin de compte aucune cl&eacute; d&rsquo;interpr&eacute;tation vraiment tranch&eacute;e, et dit tout et son contraire, dans une optique statique d&eacute;nu&eacute;e de vision et d&rsquo;esth&eacute;tique (&agrave; ce titre, il faut saluer les photographes qui donnent l&#39;illusion d&#39;une magnificence visuelle). Manon est aussi bien na&iuml;ve que v&eacute;nale, s&eacute;ductrice et effarouch&eacute;e. Le Comte Des Grieux est passif et enflamm&eacute;. Lescaut &eacute;prouve du d&eacute;sir pour sa cousine, puis soutient r&eacute;ellement Des Grieux dans sa passion avec Manon. Br&eacute;tigny est le sugar daddy de Manon au III, avant de dispara&icirc;tre aussi vite qu&rsquo;il est apparu.

Il est donc normal que les chanteurs aient du mal &agrave; suivre ce qui leur a &eacute;t&eacute; demand&eacute; (ou pas&nbsp;!). C&rsquo;est sans compter les &eacute;lans trop pucciniens du chef Marco Armiliato, faisant d&eacute;border la musique hors du cadre et lui inculquant ainsi trop de lourdeur, en d&eacute;pit de nuances soign&eacute;es. Les passages p&eacute;chus sonnent tr&egrave;s grandiloquents, au lieu d&rsquo;exprimer des lignes tranchantes et soudaines dans la narration orchestrale. La deuxi&egrave;me partie affirme des couleurs corn&eacute;es chez les cordes et des textures &eacute;toil&eacute;es plus saillantes, tout &agrave; fait adapt&eacute;es &agrave; l&rsquo;intensit&eacute; dramatique, bien que toujours trop sonores. de Philharmonia Z&uuml;rich s&rsquo;acquitte relativement bien de sa t&acirc;che, hormis les fl&ucirc;tes accord&eacute;es au lance-pierres et un motif r&eacute;current des violoncelles qui gagnerait &agrave; s&rsquo;&eacute;toffer de ravissement plut&ocirc;t que de beaut&eacute; pure.


Elsa Dreisig, Piotr Beczala (c) T+T Fotografie – Toni Suter

Dans ce contexte peu propice &agrave; la confiance pour les chanteurs, la prise de r&ocirc;le d&rsquo;Elsa Dreisig dans le r&ocirc;le-titre, &eacute;minemment attendue, n&lsquo;est pas compl&egrave;tement &agrave; la hauteur. Le timbre est savamment &eacute;quilibr&eacute;, mais la soprane cherche &agrave; trop rayonner&nbsp;: elle a tendance &agrave; forcer la voix, notamment dans des aigus aigrelets. Souvent un peu trop haute et s&egrave;che, elle ne semble pas en ma&icirc;trise compl&egrave;te de son incarnation vocale et th&eacute;&acirc;trale de Manon. Probl&egrave;mes de continuit&eacute; sonore, de transition, et platitude d&rsquo;actrice &eacute;maillent &agrave; plusieurs reprises sa performance, qui prend un nouveau tournant dans la derni&egrave;re demi-heure, aussi bouleversante d&rsquo;expressivit&eacute; que moins pr&eacute;gnante de diction. Piotr Beczała, en Chevalier Des Grieux, perd &eacute;galement en articulation vers la fin (&laquo;&nbsp;Manon&nbsp;&raquo;&nbsp;devient &laquo;&nbsp;Maman&nbsp;&raquo;), apr&egrave;s plus de deux heures d&rsquo;une clart&eacute; exceptionnelle. Bien que la majest&eacute; de son &eacute;mission livre d&rsquo;ind&eacute;niables sommets de musicalit&eacute;, le lyrisme exacerb&eacute; reste &eacute;loign&eacute; de la lettre. C&rsquo;est le grand op&eacute;ra qui se fraie un chemin, alors qu&rsquo;on &eacute;tait venu pour un op&eacute;ra-comique.

Guillot est brillamment interpr&eacute;t&eacute; de &Eacute;ric Huchet, depuis les intonations de la d&eacute;clamation au relief probant du chant. si Yuriy Yurchuk (Lescaut) dose sa puissance avec tranquillit&eacute; et fait preuve d&rsquo;exactitude m&eacute;lodique, il pourrait perdre en &eacute;troitesse de prosodie et s&rsquo;&eacute;manciper encore davantage dans des nuances dignes de ce nom. Le Comte Des Grieux, version Alastair Miles, hache son phras&eacute;, malgr&eacute; une poigne d&rsquo;intensit&eacute;. Le Br&eacute;tigny de Marc Scoffoni s&rsquo;av&egrave;re bien parlant et loquace vocalement. Les radieuses Yuliia Zasimova, Natalia Tanasii et Deniz Uzun (Poussette, Javotte et Rosette), ainsi que les tr&egrave;s &eacute;quilibr&eacute;s Jamez McCorkle et Omer Kobiljak (Deux Gardes), instaurent une dynamique positive des petits r&ocirc;les. Enfin, Ch&oelig;ur de l&rsquo;Op&eacute;ra de Zurich&nbsp;et le Statistenverein am Opernhaus Z&uuml;rich ont une f&acirc;cheuse tendance &agrave; tra&icirc;ner et &agrave; peu se coordonner.

La r&eacute;flexion sur le beau dans cette production est en d&#39;autres termes un acte manqu&eacute;, et il faudra sans doute repasser pour soulever un enthousiasme non-simul&eacute;.

Thibault Vicq

(Zurich, le 10 avril 2019)

&nbsp;

Manon, de Jules Massenet, &agrave; l&#39;Opernhaus Z&uuml;rich jusqu&#39;au 15 mai 2019

Cr&eacute;dit photo :&nbsp;T+T Fotografie – Toni Suter

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Sat, 13 Apr 2019 13:48:06 +0000 https://www.opera-online.com/fr/columns/thibaultv/une-manon-tiede-a-lopernhaus-zurich
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French – Elena Stikhina remplacera Sonya Yoncheva dans Médée au Festival de Salzbourg 2019

En octobre dernier &agrave; l&#39;Unter den Linden de Berlin, Sonya Yoncheva faisait sensation dans sa prise de r&ocirc;le de M&eacute;d&eacute;e, de Luigi Cherubini. La soprano bulgare devait reprendre ce m&ecirc;me r&ocirc;le &agrave; partir du 29 juillet dans le cadre du Festival de Salzbourg, dans une production attendue mise en sc&egrave;ne par Simon Stone, Sans doute sans grande surprise, Sonya Yoncheva annonce qu&rsquo;elle se voit contrainte de renoncer &agrave; sa participation &agrave; това M&eacute;d&eacute;e,
Voici quelques semaines, elle annon&ccedil;ait sa seconde grossesse (qui l&rsquo;avait d&eacute;j&agrave; emp&ecirc;ch&eacute;e de participer &agrave; la reprise de La Traviata &agrave; la Scala de Milan), et fort de son &eacute;tat, la l&eacute;gislation autrichienne lui interdit de prendre part &agrave; toutes les r&eacute;p&eacute;titions et repr&eacute;sentations de la production. C&rsquo;est ce qu&rsquo;elle explique par voie de communiqu&eacute;.

&laquo;&nbsp;Je suis sinc&egrave;rement d&eacute;sol&eacute;e de devoir annoncer ne plus &ecirc;tre en mesure de chanter M&eacute;d&eacute;e au Festival de Salzbourg cet &eacute;t&eacute;. J&rsquo;avais vraiment h&acirc;te d&rsquo;interpr&eacute;ter ce r&ocirc;le de nouveau, mais du fait de la l&eacute;gislation autrichienne sur la maternit&eacute;, je ne suis pas autoris&eacute;e &agrave; prendre part &agrave; toutes les r&eacute;p&eacute;titions et repr&eacute;sentations de la production.
Bien que je fasse cette annonce le c&oelig;ur lourd, j&rsquo;ai h&acirc;te de revenir au Festival de Salzbourg au cours des prochaines saisons. Merci pour votre soutien ind&eacute;fectible.&nbsp;&raquo;

Par communiqu&eacute;, l&rsquo;organisation du Festival de Salzbourg dit &laquo;&nbsp;se r&eacute;jouir des nouvelles personnelles&nbsp;&raquo; de Sonya Yoncheva et avoir &laquo; h&acirc;te d&rsquo;accueillir de nouveau la cantatrice &agrave; Salzbourg dans les ann&eacute;es &agrave; venir &raquo;. Le Festival indique surtout que Elena Stikhina assurera le remplacement de Sonya Yoncheva. Et force est de reconnaitre que ce changement de distribution suscite une certaine curiosit&eacute; dans la mesure o&ugrave; la jeune soprano russe fait sensation &ndash; que ce soit au Th&eacute;&acirc;tre Mariinsky de Saint Petersbourg o&ugrave; elle faisait ses premi&egrave;res armes, dans le cadre du concours Operalia o&ugrave; elle obtenait le prix du public en 2016, ou plus r&eacute;cemment &agrave; Munich, Berlin et Baden Baden, ou encore &agrave; la Philharmonie de Paris o&ugrave; elle nous impressionnait aux c&ocirc;t&eacute;s de Valery Gergiev,

&Agrave; noter qu&rsquo;avant d&rsquo;endosser le r&ocirc;le de M&eacute;d&eacute;e &agrave; Salzbourg &agrave; partir de fin juillet, Elena Stikhina fera halte &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra de Paris d&egrave;s juin prochain pour interpr&eacute;ter le r&ocirc;le de Leonora dans la reprise de&nbsp;La Force du Destin (en alternance avec Anja Harteros), avant d&rsquo;y revenir en novembre pour la nouvelle production du Prince Igor mise en sc&egrave;ne par Barrie Kosky,

S_elena-stikhina-sonya-yoncheva-medee-salzburg-festival-2019" src="https://www.opera-online.com/media/images/picture/article/0000/0927/5154/s_elena-stikhina-sonya-yoncheva-medee-salzburg-festival-2019.jpg
Sat, 13 Apr 2019 13:00:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/elena-stikhina-remplacera-sonya-yoncheva-dans-medee-au-festival-de-salzbourg-2019
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German – Die bayerische Staattssioer stellt ihr Programm für die Saison 2019/2020 vor.

Kirill Petrenko dirigiert die erste Premiere und eröffnet die Spielzeit mit Erich Wolfgang Korngolds Die tote Stadt, es singen Marlis Petersen und Jonas Kaufmann. Des Weiteren steht Giuseppe Verdis Falstaff mit Wolfgang Koch in der Titelpartie unter der Leitung des Generalmusikdirektors.

Hans Abrahamsens The Snow Queen, komponiert zwischen 2014 und 2018, wird von Cornelius Meister und Andreas Kriegenburg erarbeitet. Oksana Lyniv dirigiert die Premiere von Béla Bartóks Herzog Blaubarts Burg in einer Inszenierung von Katie Mitchell. Dem Einakter ist Bartóks Konzert für Orchester vorangestellt. Johannes Erath kehrt mit einer Neuinterpretation von Giuseppe Verdis selten gespielter Schiller-Vertonung I masnadieri nach München zurück; Diana Damrau ist als Amalia zu erleben. Mit 7 Deaths of Maria Callas kommt ein Opernprojekt der serbischen Performance-Künstlerin Marina Abramović zur Uraufführung, bevor Ivor Bolton und Hans Neuenfels die Münchner Opernfestspiele 2020 mit Jean-Philippe Rameaus Castor et Pollux eröffnen. Die jungen Sängerinnen und Sänger des Opernstudios führen Anfang April 2020 Mignon von Ambroise Thomas auf.

In der Saison 2019/20 stehen insgesamt 44 Werke auf dem Spielplan, darunter Alceste, Boris Godunow, Don Carlo, Don Giovanni, La fanciulla del West, Fidelio, Guillaume Tell, Karl V., Lucia di Lammermoor, Orlando Paladino, Parsifal, Die schweigsame Frau, Il trovatore, Die verkaufte Braut, Wozzeck.

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Fri, 12 Apr 2019 21:11:31 +0000 https://www.opera-online.com/de/columns/helmutpitsch/die-bayerische-staattssioer-stellt-ihr-programm-fur-die-saison-20192020-vor
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German – Schoecks "Penthesilea" in Linz: Antiker Rosenkrieg im Boxring

Die K&ouml;nigin &bdquo;Penthesilea&ldquo; darf sich nur jenem Mann hingegeben, der sie besiegt. Doch sie verliebt sich auf dem Schlachtfeld von Troja in den Helden Achill. Sie sucht gezielt den Kampf mit ihm, unterliegt aber. Nun erkennt auch Achill seine Liebe. Penthesilea verliert immer mehr den Realit&auml;tsbezug. Ausgegrenzt und immer mehr wahnsinnig werdend zieht sie erneut in den Kampf und t&ouml;tet den sie liebend erwartenden und unbewaffneten Achill. Erst langsam erkennt sie ihre Tat und richtet sich selbst.

So die Geschichte der 1927 in Dresden uraufgef&uuml;hrten Oper von Othmar Schoeck (1886-1957). Jetzt erfolgte die &ouml;sterreichische, szenische Erstauff&uuml;hrung in Kooperation mit dem Opernhaus in Bonn, wo diese Produktion 2017 schon gezeigt und die dazu f&uuml;hrte, dass Peter Konwitschny von der Fachzeitschrift &bdquo;Opernwelt&ldquo; zum Regisseur des Jahres 2017 gew&auml;hlt wurde. Dieser pr&auml;sentiert diesen antiken Rosenkrieg mit seinem Ausstatter Johannes Leiacker auf einer polierten, wei&szlig;en Fl&auml;che, die &uuml;ber den zugedeckten Orchestergraben ins Publikum hineinragt. Seitlich umgeben von weiteren Sitzreihen, in denen sich neben dem Publikum auch der Chor und einige Protagonisten mischen, wirkt diese Fl&auml;che wie ein Boxring. Auf diesem stehen nur zwei, immer wieder bespielte Klavierfl&uuml;gel stehen, deren Pianisten auch in das Geschehen eingebunden werden. Der Chor pendelt zwischen den Funktionen eines gespannten Zuh&ouml;rers wie auch als des handelnden Volkes. Der Zuschauerraum, wie bei Konwitschny als Stilmittel &uuml;blich, wird immer wieder ins Geschehen eingebunden. So verfolgt etwa die Oberpriesterin von einem seitlichen Balkon den Liebesh&auml;ndel sehr kritisch. Insgesamt entsteht dadurch eine ungemein dichte Personenf&uuml;hrung und es gelingt dem Regisseur, eine gelungene Parabel &uuml;ber den ewigen Kampf der Geschlechter.

Dieses Fokussieren kann aber nur mit herausragenden Singschauspielern funktionieren: Allen voran ist Dshamilja Kaiser, die diese Rolle auch schon in Bonn gesungen hat, schlichtweg eine Wucht. Sie spielt und singt die Titelrolle mit vollem Einsatz und Intensit&auml;t mit ihrem edel-weichen, kraftvollen Mezzo. Ihren Schlussgesang nach dem Suizid tr&auml;gt sie wie bei einem Liederabend vor. Martin Achrainer als ihr Gegenspieler hat es gegen so eine solch pr&auml;sente Titelhelden schon etwas schwer. Er lotet vor allem die untersten Regionen seines Baritons voll aus, wirkt als Held Achilles vielleicht doch etwas zu gem&auml;chlich. Exzellent in Gesang und Darstellung auch Julia Borchert als treuumsorgende Prothoe. Auch die vielen, teils sehr kleinen Rollen sind makellos besetzt, besonders stechen Vaida Raginskyte als intensive Oberpriesterin, Gotho Griesmeier als Priesterin und Matth&auml;us Schmidlechner als bestechend pr&auml;senter Diomedes hervor. Sehr spielfreudig ist auch der Chor des Hauses, der von Elena Pierini einstudiert wurde, nicht nur wegen des Surround-Sounds.

Mit einer gro&szlig;en stilistischen Bandbreite hat der bei uns kaum, hingegen in seinem Heimatland Schweiz sehr popul&auml;re Othmar Schoeck dieses Werk komponiert. Haupts&auml;chlich gepr&auml;gt von der Sp&auml;tromantik gibt es allerdings etwa bei den Kampfszenen durchaus auch atonale Momente. Vorherrschend sind dunklere T&ouml;ne, was auch die spezielle Besetzung mit nur vier Sologeigen und sonst nur tieferen Streicher hervorruft. Des Weiteren sind allein zehn Klarinetten, zwei Klaviere und ein gro&szlig;es Schlagwerk vorgesehen. Man ist schwer beeindruckt, wie souver&auml;n und wie pr&auml;zise all dies trotz des hinter dem Geschehen auf der eigentlichen B&uuml;hne platzierten Bruckner Orchester Linz unter Leslie Suganandarajah umgesetzt wird.

Viel Applaus!

Dr. Helmut Christian Mayer

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Fri, 12 Apr 2019 21:11:07 +0000 https://www.opera-online.com/de/columns/hmayer/schoecks-penthesilea-in-linz-antiker-rosenkrieg-im-boxring
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French – Nadine Sierra et Benjamin Bernheim enflamment le Grand-Théâtre de Bordeaux dans Manon de Massenet

Apr&egrave;s tant de&nbsp;Manon &eacute;gar&eacute;es dans des lieux trop vastes, Op&eacute;ra Bastille en t&ecirc;te, on se r&eacute;jouit de voir le d&eacute;licat chef d&rsquo;&oelig;uvre de Jules Massenet de Grand-Th&eacute;&acirc;tre de Bordeaux, qui plus est avec deux chanteurs parmi les plus &eacute;lectrisants du moment : Nadine Sierra en Manon et Benjamin Bernheim en Des Grieux (pour une double prise de r&ocirc;le). La production d&rsquo;Olivier Py, en revanche, s&rsquo;y trouve un peu &agrave; l&rsquo;&eacute;troit, car le plateau de l&rsquo;Op&eacute;ra des Nations de Gen&egrave;ve – nous avions assist&eacute; &agrave; la cr&eacute;ation en septembre 2016 – fait pas loin du double de la largeur de celui du Grand-Th&eacute;&acirc;tre. Plus encore qu&rsquo;&agrave; Gen&egrave;ve, le metteur en sc&egrave;ne fran&ccedil;ais a pu tirer parti du physique juv&eacute;nile de ses deux principaux interpr&egrave;tes, en injectant dans sa mise en sc&egrave;ne une dose de r&eacute;alisme (quand bien m&ecirc;me parfois glauque), tr&egrave;s proche de ce qui se fait au grand &eacute;cran. Le coup de foudre des deux jeunes gens, leur d&eacute;sir physique, leur envie de s&rsquo;unir sur-le-champ comme des adolescents qu&rsquo;ils sont, explosent ce soir aux yeux des spectateurs&hellip; pour ne plus conna&icirc;tre de r&eacute;pit la soir&eacute;e durant.

Bien que munie d&rsquo;une voix moins large que ce que l&rsquo;on pensait (bien loin, en tout cas, de celle de Yoncheva ou Netrebko qui ont marqu&eacute; le r&ocirc;le ces derni&egrave;res ann&eacute;es), la jeune soprano am&eacute;ricaine – que notre confr&egrave;re Alain Duault avait pl&eacute;biscit&eacute;e&nbsp;dans le r&ocirc;le de Gilda – n&rsquo;est pas moins totalement ma&icirc;tresse de ses ressources vocales, avec un timbre assez capiteux, et surtout un engagement physique et &eacute;motionnel total. Consid&eacute;r&eacute; par beaucoup comme le nouvel Alagna, une voix comme l&rsquo;Hexagone n&rsquo;en avait connue depuis l&rsquo;apparition du mythique t&eacute;nor &agrave; l&rsquo;or&eacute;e des ann&eacute;es 90, il faut bien reconna&icirc;tre que le jeune Benjamin Bernheim sait faire vivre cette musique comme personne, et se propulse ais&eacute;ment comme le meilleur Des Grieux que nous ayons entendu &agrave; ce jour, devant m&ecirc;me l&rsquo;incendiaire Rolando Villazon que nous avons vu nagu&egrave;re dans le r&ocirc;le. Ses demi-teintes qui suspendent litt&eacute;ralement le temps, l&rsquo;utilisation savante de la voix mixte, la perfection de la ligne de chant, l&rsquo;absolue qualit&eacute; de la diction, et un aigu qui parvient &agrave; &ecirc;tre foudroyant quand il le faut, ne sont que quelques-unes de ses immenses qualit&eacute;s. Le couple, inutile de le pr&eacute;ciser, fonctionne &agrave; merveille, et s&rsquo;av&egrave;re d&rsquo;une rare alchimie. C&rsquo;est bien simple, cela faisait une &eacute;ternit&eacute; que nous n&rsquo;avions pas entendu pareille harmonie vocale, pareille similitude dans les intentions, avec, &agrave; l&rsquo;arriv&eacute;e, un tel degr&eacute; d&rsquo;osmose que l&rsquo;on en vient &agrave; ne plus distinguer ce qui rel&egrave;ve du chant et du th&eacute;&acirc;tre&hellip;

Les r&ocirc;les secondaires se montrent tous excellents dans leurs parties respectives. Alexandre Duhamel offre un Lescaut de haute &eacute;cole, avec une voix superbement timbr&eacute;e et une impressionnante pr&eacute;sence sc&eacute;nique. Laurent Alvaro dessine un Comte Des Grieux id&eacute;alement distant, tr&egrave;s aristocratique, avec une voix sonore, aux accents fermes. Le Guillot de Morfontaine de Damien Bigourdan inspire toute l&rsquo;inqui&eacute;tude et le d&eacute;go&ucirc;t que requiert cette partie, tandis que le personnage de Br&eacute;tigny est finement caract&eacute;ris&eacute; par l&rsquo;excellent Philippe Est&egrave;phe, Quant &agrave; Ad&egrave;le Charvet, Olivia Doray et Marion Leb&egrave;gue, elles forment un impeccable et r&eacute;jouissant trio de coquettes.

Derniers artisans du formidable succ&egrave;s de la soir&eacute;e, l&rsquo;Orchestre national de Bordeaux Aquitaine et son chef Marc Minkowski, qui nous offre une lecture foisonnante et fait entendre mille et un d&eacute;tails en privil&eacute;giant l&rsquo;atmosph&egrave;re, les couleurs et les textures propres &agrave; la d&eacute;licate partition de Massenet, avec une baguette qui se montre &eacute;galement capable d&rsquo;&eacute;lan et de passion dans les moments les plus dramatiques de l&rsquo;action. Il faut aussi donner une mention au Ch&oelig;ur de l&rsquo;Op&eacute;ra national de Bordeaux, formidablement pr&eacute;par&eacute; de Salvatore Caputo, qui n&rsquo;appelle aucun reproche, avec notamment une parfaite clart&eacute; dans l&rsquo;&eacute;locution.

Le lecteur s&rsquo;en sera dout&eacute;, c&rsquo;est bruyamment que le public girondin manifeste son enthousiasme au moment des saluts !

Emmanuel Andrieu

Manon de Jules Massenet au Grand-Th&eacute;&acirc;tre de Bordeaux, jusqu&rsquo;au 14 avril 2019 (spectacle repris &agrave; l&#39;Op&eacute;ra-Comique du 7 au 21 mai).

Cr&eacute;dit photographique &copy; Eric Bouloumi&eacute;

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Fri, 12 Apr 2019 13:47:30 +0000 https://www.opera-online.com/fr/columns/manu34000/nadine-sierra-et-benjamin-bernheim-enflamment-le-grand-theatre-de-bordeaux-dans-manon-de-massenet
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French – L’Opéra de Munich en 2019/2020, toujours de l’audace

Les temps commencent &agrave; changer &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra de Bavi&egrave;re : certes, Nikolaus Bachler en reste le directeur jusqu&rsquo;en 2021 ; certes, Kirill Petrenko conserve le titre de directeur musical, mais il se partagera d&egrave;s la saison prochaine entre Munich et Berlin et commence &agrave; r&eacute;duire ses activit&eacute;s &agrave; Munich d&egrave;s la nouvelle saison. Ses adieux auront lieu fin juillet 2020 avec deux repr&eacute;sentations des Ma&icirc;tres-Chanteurs, qui couronneront sept ann&eacute;es d&rsquo;idylle avec son orchestre et son public, mais le grand moment de cette ultime phase aura lieu quelques semaines plus t&ocirc;t : il dirigera d&eacute;but juin trois concerts tr&egrave;s attendus, avec au programme la monumentale Huiti&egrave;me symphonie de Mahler.

Dans les mois qui pr&eacute;c&egrave;dent, il reviendra &agrave; de Salome qui sera au programme du festival d&rsquo;op&eacute;ra qui va cl&ocirc;turer la saison en cours, mais il se consacrera surtout &agrave; deux nouvelles productions qui risquent fort de marquer les esprits. La premi&egrave;re est La Ville morte de Korngold : en plus de l&rsquo;effet Petrenko, elle marquera les d&eacute;buts &agrave; Munich du metteur en sc&egrave;ne Simon Stone, nouvelle coqueluche des sc&egrave;nes lyriques d&rsquo;Europe, quelques semaines apr&egrave;s sa nouvelle Traviata au Palais Garnier ; surtout, elle sera l&rsquo;occasion des d&eacute;buts de Jonas Kaufmann dans cette &oelig;uvre, aux c&ocirc;t&eacute;s de Marlis Petersen, Mais Petrenko, ce n&rsquo;est pas que le r&eacute;pertoire germanique ; la derni&egrave;re &oelig;uvre qu&rsquo;il abordera &agrave; Munich sera Falstaff, &oelig;uvre peu pr&eacute;sente depuis des ann&eacute;es &agrave; Munich ; moins que la production, sign&eacute;e Mateja Koležnik, novice &agrave; l&rsquo;op&eacute;ra, c&rsquo;est la distribution qui retient l&rsquo;attention. On peut s&rsquo;attendre &agrave; то Wolfgang Koch dans le r&ocirc;le titre soit moins bouffon que simplement humain ; chez les dames, Aleksandra Kurzak (Alice) donnera la r&eacute;plique &agrave; deux membres de la troupe, Elsa Benoit et Okka von der Damerau, qui ont ces derni&egrave;res ann&eacute;es fait parler d&rsquo;elles bien au-del&agrave; de Munich.

това Falstaff est, &agrave; vrai dire, la seule &oelig;uvre du grand r&eacute;pertoire &agrave; l&rsquo;affiche des nouvelles productions de la saison prochaine. Il y a certes un Verdi, mais ce sont les Masnadieri : c&rsquo;est le sage Johannes Erath qui mettra en sc&egrave;ne les fr&egrave;res rivaux de Schiller, l&rsquo;objet de leur amour n&rsquo;&eacute;tant autre que Diana DamrauIl y a Mignon d&rsquo;Ambroise Thomas, mais c&rsquo;est la production annuelle des jeunes chanteurs du studio lyrique, dans l&rsquo;&eacute;crin baroque du Cuvilli&eacute;s-Theater. Mais qui se plaindrait que cette programmation sorte des sentiers battus ? Nikolaus Bachler semble avoir compris en cette fin de mandat que l&rsquo;op&eacute;ra avant Mozart avait aussi son public : la saison prochaine, ce sera au tour de Castor et Pollux de s&eacute;duire le public de Munich, apr&egrave;s des Indes Galantes remarquables quelques ann&eacute;es plus t&ocirc;t, Comme toujours pour le baroque &agrave; Munich, c&rsquo;est Ivor Bolton qui dirige cette autre histoire de fr&egrave;res rivaux : cette fois, l&rsquo;&ecirc;tre cher sera chant&eacute; de Emőke Bar&aacute;th, dans une mise en sc&egrave;ne du v&eacute;t&eacute;ran Hans Neuenfels, ancien trublion tr&egrave;s assagi. Toutes les autres nouvelles productions appartiennent elles au XXe et au XXIe si&egrave;cle. 7 Deaths of Maria Callas n&rsquo;est pas un op&eacute;ra, mais un grand projet de l&rsquo;artiste Marina Abramović ; on y parlera naturellement d&rsquo;op&eacute;ra, et plusieurs chanteuses mourront des m&ecirc;mes morts que Callas, de Carmen &agrave; Tosca et de Lucia &agrave; Norma. Il n&rsquo;y aura que trois repr&eacute;sentations, avant que la production ne voyage dans toute l&rsquo;Europe, Paris compris.

Comme toujours, l&rsquo;Op&eacute;ra de Munich propose un nombre d&rsquo;&oelig;uvres bien sup&eacute;rieur &agrave; celui affich&eacute; &agrave; Londres ou &agrave; Paris : pas moins de 43 op&eacute;ras seront au programme. Certains spectacles ont pour fonction, comme partout, de faire nombre sans trop exiger des &eacute;quipes de la maison, ce qui n&rsquo;interdit pas d&rsquo;afficher &agrave; l&rsquo;occasion quelques grands noms – il suffit de citer Pl&aacute;cido Domingo, qui sera sur la sc&egrave;ne de Munich pour deux Nabucco dans une production de Yannis Kokkos qui n&rsquo;a jamais suscit&eacute; l&rsquo;enthousiasme. Dans le grand r&eacute;pertoire, on pourra ainsi guetter Pavol Breslik ou Ambrogio Maestri dans une jolie mise en sc&egrave;ne de L&rsquo;Elixir d&rsquo;amour, Michael Spyres c Les contes d&rsquo;Hoffmann et Guillaume Tell, ou encore Ermonela Jaho aux c&ocirc;t&eacute;s de Simon Keenlyside c La Traviata, Les spectateurs parisiens qui&nbsp;l&rsquo;ont vue dans Les Huguenots pourraient avoir envie de faire le voyage pour entendre Lisette Oropesa c Lucia di Lammermoor ; pour entendre Anna Netrebko et Yusif Eyvazov, et malgr&eacute; des prix tr&egrave;s &eacute;lev&eacute;s, leurs adorateurs passeront sans encombre sur la mise en sc&egrave;ne tr&egrave;s confuse de Turandot de La Fura dels Baus, Mais le couple vedette, &agrave; Munich, c&rsquo;est depuis un certain Lohengrin en 2009 Anja Harteros et Jonas Kaufmann : on ne les verra ensemble la saison prochaine que pour trois repr&eacute;sentations d&rsquo;Otello, mais ils seront toujours tr&egrave;s pr&eacute;sents tout au long de la saison. Kaufmann, outre La ville morte, reprendra Les Ma&icirc;tres-chanteurs p Hanna-Elisabeth M&uuml;ller, une belle d&eacute;couverte de ces derni&egrave;res ann&eacute;es au sein de la troupe maison. Harteros reprendra dans le r&eacute;pertoire italien Tosca et Le Trouv&egrave;re, mais aussi Don Carlo avec une belle distribution (dont Ludovic T&eacute;zier !) ; c&ocirc;t&eacute; allemand, il ne faudra pas manquer son retour &agrave; Lohengrin &agrave; l&rsquo;automne, pour elle-m&ecirc;me d&rsquo;abord, mais aussi parce qu&rsquo;elle aura face &agrave; elle une Ortrud in&eacute;dite, rien moins que Karita Mattila,

Mais deux de ces reprises m&eacute;ritent une attention toute particuli&egrave;re. La reprise de Wozzeck a d&eacute;j&agrave; le m&eacute;rite d&rsquo;afficher l&rsquo;admirable Christian Gerhaher dans le r&ocirc;le-titre, ce qui n&rsquo;est pas rien ; surtout, elle offre l&rsquo;occasion de voir ou de revoir un spectacle d&rsquo;une beaut&eacute; et d&rsquo;une &eacute;motion irr&eacute;sistibles. Andreas Kriegenburg n&rsquo;a pas toujours convaincu &agrave; l&rsquo;op&eacute;ra, mais ce spectacle n&rsquo;a pas &agrave; rougir face au l&eacute;gendaire Wozzeck de Patrice Ch&eacute;reau &ndash; rien de moins. Et puis il y a Orlando Paladino : le d&eacute;licieux op&eacute;ra de Haydn est toujours trop rare sur nos sc&egrave;nes, et la mise en sc&egrave;ne du jeune cin&eacute;aste Axel Ranisch avait conquis le public l&rsquo;an pass&eacute;, Le spectacle est tr&egrave;s efficacement divertissant, d&eacute;licieusement d&eacute;cal&eacute; ; il s&eacute;duit d&rsquo;abord par la tendresse du regard qu&rsquo;il porte sur ses personnages. Les repr&eacute;sentations de 2018 avaient aussi s&eacute;duit par la coh&eacute;sion et la haute qualit&eacute; de l&rsquo;&eacute;quipe musicale plac&eacute;e sous la direction d&rsquo;Ivor Bolton : c&rsquo;est une grande chance que cette &eacute;quipe puisse &ecirc;tre conserv&eacute;e exactement identique pour les repr&eacute;sentations de l&rsquo;&eacute;t&eacute; 2020. Aucune de ces deux productions n&rsquo;a attir&eacute; au pr&eacute;alable la foule des voyageurs lyriques, mais elles montrent bien toute la richesse d&rsquo;une programmation qui va au-del&agrave; des grands noms.

Dominique Adrian

S_bayerische-staatsoper-saison-2019-2020" src="https://www.opera-online.com/media/images/picture/article/0000/0925/5141/s_bayerische-staatsoper-saison-2019-2020.jpg
Fri, 12 Apr 2019 07:19:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/lopera-de-munich-en-20192020-toujours-de-laudace
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French – Teodor Currentzis dirige un flamboyant Requiem de Verdi au Grand-Théâtre de Genève

Dix jours apr&egrave;s son &eacute;clatant succ&egrave;s dans la m&ecirc;me &oelig;uvre &agrave; la Philharmonie de Paris, c&rsquo;est au Grand-Th&eacute;&acirc;tre de Gen&egrave;ve que le d&eacute;miurge russo-grec Teodor Currentzis livre sa vision tout en flamboyance du Requiem de Giuseppe Verdi, Apr&egrave;s avoir donn&eacute; une &eacute;tonnante et d&eacute;routante ex&eacute;cution de La Clemenza di Tito dans la cit&eacute; l&eacute;manique преди две години – d&eacute;j&agrave; &agrave; la t&ecirc;te de son ensemble MusicAeterna et Ch&oelig;ur de l&rsquo;Op&eacute;ra de Perm (dont il est le directeur) -, le retour du trublion &eacute;tait plus qu&rsquo;attendu par le public genevois, et le spectacle affichait complet depuis des mois.

Se pliant toujours au m&ecirc;me c&eacute;r&eacute;moniel, les artistes arrivent sur sc&egrave;ne tous affubl&eacute;s de longues robes noires, les violonistes et altistes restent debout tout au long de l&#39;1h30 que dure l&rsquo;ouvrage, tandis que les cuivres se l&egrave;vent &agrave; chacune de leurs interventions afin de maximiser leurs effets. Les solistes vocaux portent des tenues plus vari&eacute;es, mais arborent la m&ecirc;me couleur noire, tandis que le chef a endoss&eacute; son habituelle chemise (noire) &agrave; col Mao, un pantalon lui moulant jambes et cuisses… et ses fameuses bottines en cuir &agrave; lacets rouges ! Comme pour chacun des ouvrages qu&rsquo;ils sont amen&eacute;s &agrave; ex&eacute;cuter, les instrumentistes alternent entre tempi distendus &agrave; l&rsquo;exc&egrave;s (comme dans l&rsquo;Hostias) ou au contraire pris &agrave; un rythme d&rsquo;enfer (comme pour le Dies Irae). Ainsi th&eacute;&acirc;tralis&eacute;, exasp&eacute;rant les contrastes pour brosser une fresque d&rsquo;une puissance exceptionnelle, l&rsquo;ouvrage du Ma&icirc;tre de Busseto semble ici plus une ode &agrave; la vie que destin&eacute; au repos des tr&eacute;pass&eacute;s&hellip;

Un quatuor d&rsquo;exception – quelque peu diff&eacute;rent de celui de Paris – soul&egrave;ve &eacute;galement l&rsquo;enthousiasme, &agrave; commencer par la voix lumineuse et a&eacute;rienne de la soprano russe Zarina Abaeva (en troupe &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra de Perm), qui d&eacute;livre toutes les affres d&rsquo;un Libera me &eacute;th&eacute;r&eacute; et bouleversant, apr&egrave;s avoir rejoint le ch&oelig;ur pour se placer en son milieu. Le t&eacute;nor ukrainien Dmytro Popov – nagu&egrave;re superbe Mario (Tosca) &agrave; la Semperoper de Dresde – &eacute;meut dans le fameux Ingemisco, gr&acirc;ce &agrave; му legato et &agrave; l&rsquo;habilet&eacute; des sons piani, La mezzo roumaine Hermine May &eacute;blouit par la conjonction d&rsquo;un impeccable phras&eacute; et d&rsquo;une palette interpr&eacute;tative saisissante. Enfin, la basse germano-koweitienne Tareq Nazmi impressionne par une concentration, une solennit&eacute; que ne distrait jamais l&rsquo;&eacute;lan puissant des grandes phrases. Gr&acirc;ce &agrave; ces quatre-l&agrave;, le Lacrymosa atteint des sommets de crainte, d&rsquo;esp&eacute;rance et d&rsquo;amour ! Quant au ch&oelig;ur, il est de bout en bout magnifique : &agrave; une discipline irr&eacute;prochable, il ajoute la chaleur humaine et le frisson de l&rsquo;au-del&agrave;, indispensables, &agrave; toute bonne ex&eacute;cution du Requiem de Verdi.

Subjugu&eacute;e, la salle retient un temps son enthousiasme, puis le laisse longuement d&eacute;ferler&hellip;

Emmanuel Andrieu

Requiem de Giuseppe Verdi au Grand-Th&eacute;&acirc;tre de Gen&egrave;ve, le 8 avril 2019
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Thu, 11 Apr 2019 15:06:47 +0000 https://www.opera-online.com/fr/columns/manu34000/teodor-currentzis-dirige-un-flamboyant-requiem-de-verdi-au-grand-theatre-de-geneve
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French – 10e édition du Midsummer Festival au Château d’Hardelot : une autre représentation de l’été

En 2009, la r&eacute;novation du ch&acirc;teau d&rsquo;Hardelot, &agrave; Condette (Pas-de-Calais) laisse la voie libre &agrave; la cr&eacute;ation dans un lieu historiquement charg&eacute; de relations franco-britanniques depuis le d&eacute;but du XXe si&egrave;cle. Le Midsummer Festival, initi&eacute; lors de la r&eacute;ouverture, propose ainsi chaque ann&eacute;e, au moment du solstice d&rsquo;&eacute;t&eacute;, une parenth&egrave;se musicale baroque. Nos voisins d&rsquo;outre-Manche s&rsquo;appr&ecirc;tant &agrave; quitter l&rsquo;Union Europ&eacute;enne, il est temps de r&eacute;affirmer les bases d&rsquo;un patrimoine culturel commun.

Le lieu peut s&rsquo;appuyer sur Shakespeare et Ovide pour faire rayonner les charmes de la C&ocirc;te d&rsquo;Opale. Le ch&acirc;teau int&egrave;gre son environnement naturel, &agrave; la mani&egrave;re d&rsquo;un jardin &agrave; l&rsquo;anglaise &agrave; grande &eacute;chelle, dans la programmation de la manifestation annuelle, dont on f&ecirc;te donc en 2019 les dix ans sur trois week-ends, entre le 14 et le 29 juin. Les esprits espi&egrave;gles de la for&ecirc;t et la repr&eacute;sentation d&rsquo;une identit&eacute; aux multiples expressions habiteront les dimanches du festival, &agrave; à travers divertimenti dans les jardins, dialogues musicaux avec les oiseaux, balades et rencontres inopin&eacute;es &ndash; musicales ou po&eacute;tiques &ndash; au d&eacute;tour de la flore.

La valorisation &eacute;cologique de la nature n&rsquo;est certainement pas mise de c&ocirc;t&eacute;. Le th&eacute;&acirc;tre &eacute;lisab&eacute;thain, ouvert en 2016, plonge les spectateurs dans un &eacute;crin acoustique &ndash; en &eacute;pic&eacute;a, m&eacute;l&egrave;ze et ch&ecirc;ne brut cir&eacute; &ndash; unique en France, permettant aussi l&rsquo;&eacute;clairage &agrave; la lumi&egrave;re du jour et une ventilation non-artificielle. La salle accueille d&rsquo;ailleurs la plupart des apr&egrave;s-midi et soir&eacute;es musicales. Marc Mauillon revisitera le mythe d&rsquo;Orph&eacute;e avec l&rsquo;ensemble Les Timbres, Lucile Richardot &eacute;voquera Diane avec son Ensemble Tictactus et l&rsquo;Ensemble Artifices, La mezzo sera aussi de Psych&eacute;, de Matthew Locke, pr&eacute;sent&eacute; en version de concert en cl&ocirc;ture de festival aux c&ocirc;t&eacute;s de S&eacute;bastien Dauc&eacute; et de son Ensemble Correspondances (ce qui augure du meilleur, apr&egrave;s le fameux disque &laquo;&nbsp;Perpetual Night&nbsp;&raquo;), qui souhaitait rendre l&rsquo;op&eacute;ra national aussi brillant qu&rsquo;&agrave; la cour de Louis XIV (Lully venait de composer son Psych&eacute; quatre ans plus t&ocirc;t). La singularit&eacute; du langage musical, entrecoup&eacute; de th&eacute;&acirc;tre parl&eacute;, de r&eacute;citatifs et de sonorit&eacute;s inattendues, promet une belle d&eacute;couverte, d&rsquo;autant plus que la reconstitution de longue haleine par le chef s&rsquo;est assortie d&rsquo;un questionnement sur le statut de l&rsquo;art lyrique et th&eacute;&acirc;tral en Angleterre au XVIIe, d&eacute;passant le simple miroir de la tradition fran&ccedil;aise.

Parmi les autres rendez-vous majeurs, la reprise de la touchante production Arcal de Didon et &Eacute;n&eacute;e, dans la mise en sc&egrave;ne de Beno&icirc;t B&eacute;nichou (que nous avions vue &agrave; l&rsquo;Ath&eacute;n&eacute;e en septembre), et qui r&eacute;unira &agrave; нов Chantal Santon Jeffery, Yoann Dubruque, Daphn&eacute; Touchais et Chlo&eacute; de Backer, avec l&rsquo;Ensemble Diderot, sous la direction au violon de Johannes Pramsohler, Le t&eacute;nor Reinoud Van Mechelen se produira avec son ensemble A nocte temporis dans des cantates de Louis-Nicolas Cl&eacute;rambault, traduisant une force lyrique &eacute;tonnante en un temps tr&egrave;s court. Jakub J&oacute;zef Orliński retrouvera aussi Il Pomo d&rsquo;Oro c Stabat Mater de Vivaldi et dans des airs en italien d&rsquo;Arcangello Corelli &agrave; Johann Adolph Hasse (comme dans son album &laquo;&nbsp;Anima Sacra&nbsp;&raquo;). Robert King, &agrave; la t&ecirc;te de The King&rsquo;s Consort, fera go&ucirc;ter aux soir&eacute;es musicales &eacute;lisab&eacute;thaines du Globe Theatre de Shakespeare, aid&eacute; de la soprano Lorna Anderson, N&rsquo;oublions pas l&rsquo;ouverture en grande pompe &ndash; en feux d&rsquo;artifice et musique royale &ndash; de Le Concert spirituel et Herv&eacute; Niquet, Haendel et Charpentier y feront &eacute;blouir l&rsquo;espace sonore et scintiller les lumi&egrave;res. Enfin, Fran&ccedil;ois Lazarevitch et Les Musiciens de Saint-Julien interpr&eacute;teront une transcription pour fl&ucirc;te et ensemble des Quatre Saisons et deux concertos pour fl&ucirc;te &agrave; bec de Vivaldi.

Les samedis, c&rsquo;est Music and Cup of Tea &agrave; la Chapelle : un r&eacute;pertoire rare et des propositions d&eacute;cal&eacute;es, tasse &agrave; la main&nbsp;! Viole de gambe (Marianne Muller) et accord&eacute;on (Vincent Lhermet) Lucile Richardot, Andr&eacute;as Linos et Christophe Coin r&eacute;pondront pr&eacute;sents. de Afters prolongeront le plaisir apr&egrave;s les repr&eacute;sentations, en m&eacute;tissant baroque, belcanto, jazz, com&eacute;die musicale et cabaret.

La proximit&eacute; avec les artistes sert une politique de rencontre avec les publics locaux. Cette convivialit&eacute; est renforc&eacute;e par une tarification particuli&egrave;rement solidaire, &agrave; 17&euro; maximum par spectacle (5&euro; pour les jeunes, demandeurs d&rsquo;emploi et b&eacute;n&eacute;ficiaires des minima sociaux), et de 3 &agrave; 5&euro; pour les concerts Music and Cup of Tea, en plus des &eacute;v&eacute;nements gratuits.

Brexit ou pas, le songe d&rsquo;une nuit opale aux premiers rayons de l&rsquo;&eacute;t&eacute; n&rsquo;est en tout cas pas mort.

Thibault Vicq

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Wed, 10 Apr 2019 21:49:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/10e-edition-du-midsummer-festival-au-chateau-dhardelot-une-autre-representation-de-lete
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French – Changement de Don José pour la première de Carmen à Bastille

Le 25 mars dernier, l&rsquo;Op&eacute;ra national de Paris annon&ccedil;ait la d&eacute;fection d&rsquo;Aleksandrs Antonenko dans le r&ocirc;le-titre d&rsquo;Otello, remplac&eacute; de Gregory Kunde et Roberto Alagna (voir notre actualit&eacute; &agrave; ce sujet). Las, la maison parisienne se voit &agrave; nouveau touch&eacute;e par un autre d&eacute;sistement, cette fois-ci pour la production de Carmen qui d&eacute;butera demain dans la reprise de la mise en sc&egrave;ne de Calixto Bieito &agrave; qui nous avions d&eacute;j&agrave; assist&eacute;e en 2017,

A cette &eacute;poque, Roberto Alagna tenait le r&ocirc;le de Don Jos&eacute; et &eacute;tait quelque peu indispos&eacute; par un &laquo;&nbsp;m&eacute;chant rhume&nbsp;&raquo;. Le t&eacute;nor &eacute;tait donc attendu dans cette reprise de la production, qu&rsquo;il conna&icirc;t pour l&rsquo;avoir d&eacute;j&agrave; interpr&eacute;t&eacute;e sur cette m&ecirc;me sc&egrave;ne. L&rsquo;Op&eacute;ra vient n&eacute;anmoins de faire savoir via son compte Twitter et sur son site officiel que &laquo;&nbsp;Roberto Alagna, pour des raisons de sant&eacute;, a d&ucirc; annuler la premi&egrave;re de Carmen&nbsp;ce jeudi 11 avril 2019.&nbsp;&raquo; Le r&ocirc;le de Don Jos&eacute; sera interpr&eacute;t&eacute; de Jean-Fran&ccedil;ois Borras, initialement pr&eacute;vu dans ce r&ocirc;le &agrave; partir du 23 avril.

Une seconde annulation qui tombe juste apr&egrave;s l&rsquo;interruption ce 9 avril de la repr&eacute;sentation de&nbsp;Lady Macbeth de Mzensk &agrave; l&rsquo;issue du deuxi&egrave;me acte suite &agrave; une blessure sur sc&egrave;ne d&#39;Au&scaron;rinė Stundytė, La soprano avait d&ucirc; &ecirc;tre emmen&eacute;e &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital, et aucune doublure n&rsquo;&eacute;tant pr&eacute;vue, la suite de la soir&eacute;e avait &eacute;t&eacute; annul&eacute;e. En d&eacute;dommagement, l&rsquo;Op&eacute;ra de Paris propose une invitation pour l&rsquo;une des autres dates de la production, ou un bon d&rsquo;achat, Heureusement, il semblerait qu&rsquo;il ne s&rsquo;agisse de rien de grave et l&rsquo;on peut esp&eacute;rer que la sant&eacute; de la cantatrice lui permettra de remonter sur sc&egrave;ne d&rsquo;ici la prochaine repr&eacute;sentation, le 13 avril.

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Wed, 10 Apr 2019 15:29:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/changement-de-don-jose-pour-la-premiere-de-carmen-a-bastille
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French – Sophie Koch, somptueuse Ariane (de Dukas) au Théâtre du Capitole

Pourquoi Ariane et Barbe-Bleue, l&rsquo;unique ouvrage lyrique de Paul Dukas, est-il si rarement mis &agrave; l&rsquo;affiche ? Peut-&ecirc;tre parce que la signification po&eacute;tique du livret de Maurice Maeterlinck est si dense, sa port&eacute;e philosophique si complexe, qu&rsquo;il est toujours difficile d&rsquo;appr&eacute;hender son message. L&rsquo;ouvrage est par ailleurs verbeux, avec des paroles finalement indiff&eacute;rentes, et il n&rsquo;est donc pas facile &agrave; mettre en sc&egrave;ne, sauf peut-&ecirc;tre quand on s&rsquo;appelle Stefano Poda, puisque Christophe Ghristi a eu la bonne id&eacute;e de faire appel au fascinant homme de th&eacute;&acirc;tre italien. Cela pos&eacute;, dans Ariane, la musique est tout, et c&rsquo;est en elle que le drame s&rsquo;accomplit. Et sur ce plan, Ghristi a l&agrave; aussi eu du flair en allant chercher Pascal Roph&eacute;, directeur musical de l&rsquo;Orchestre national des Pays de la Loire et grand sp&eacute;cialiste de la musique du XXe si&egrave;cle. A l&rsquo;acte I, le chef fran&ccedil;ais r&eacute;ussit particuli&egrave;rement bien la sc&egrave;ne des pierreries et les six variations du th&egrave;me, ruisselantes de couleurs. Au deuxi&egrave;me, il illustre &agrave; la perfection la transition des t&eacute;n&egrave;bres &agrave; la lumi&egrave;re. Comme toujours fascinant, l&rsquo;Orchestre national du Th&eacute;&acirc;tre du Capitole r&eacute;pond sans d&eacute;faillance &agrave; sa direction pr&eacute;cise, le public toulousain associant dans un m&ecirc;me &eacute;lan maestro et instrumentistes au rideau final.

Electrisante Marguerite dans La Damnation de Faust &agrave; la Halle aux grains voisine en f&eacute;vrier dernier, Sophie Koch campe une Ariane souveraine, et se tire avec vaillance de son &eacute;crasante partie vocale. Son incroyable souffle lui permet de soutenir sans faiblesse les longues phrases &eacute;prouvantes qui se succ&egrave;dent presque &agrave; l&rsquo;infini et sa diction est d&rsquo;une imparable clart&eacute;. Sculpturale dans sa belle robe blanche, elle aborde par ailleurs son personnage avec un juste m&eacute;lange de r&eacute;volte, de force et de conviction, qui rend son incarnation magistrale. Le public ne s&rsquo;y trompe pas et lui fait un triomphe alors qu&rsquo;elle reste sur sc&egrave;ne apr&egrave;s la derni&egrave;re note. Dans le r&ocirc;le de la Nourrice, la mezzo allemande Janina Baechle peine en revanche &agrave; passer la barri&egrave;re de l&rsquo;orchestre, et ne rend pas toujours justice &agrave; notre langue. Physiquement, avec sa forte stature, elle est par contre d&rsquo;une grande cr&eacute;dibilit&eacute; sc&eacute;nique, incarnant avec force ce personnage sombre et inqui&eacute;tant. Inqui&eacute;tant &agrave; souhait &eacute;galement se montre, dans ses br&egrave;ves interventions, le Barbe-Bleue de Vincent Le texier, que l&rsquo;on retrouve ce soir avec plaisir &agrave; беда un mois apr&egrave;s son Nick Shadow (The Rake&rsquo;s progress) ni&ccedil;ois. Toutes les &eacute;pouses seraient &agrave; citer, m&ecirc;me si Eva Za&iuml;cik (S&eacute;lysette) se d&eacute;tache par la certitude de sa projection vocale et la chaleur de ses interventions. Mentionnons &eacute;galement l&rsquo;irradiante pr&eacute;sence de Dominique Sanda, &eacute;g&eacute;rie des films de Bertolucci dans les ann&eacute;es 80, qui incarne ici le r&ocirc;le muet d&rsquo;Alladine. Notons, enfin, la belle tenue du Ch&oelig;ur du Th&eacute;&acirc;tre du Capitole, plac&eacute; au dernier &eacute;tage du th&eacute;&acirc;tre, pour un effet assez saisissant.

Enfin, du c&ocirc;t&eacute; sc&eacute;nique, on retrouve l&rsquo;univers fait de myst&egrave;re, de beaut&eacute; visuelle et d&rsquo;&eacute;tranget&eacute; propre &agrave; Stefano Poda (qui signe, comme &agrave; son habitude, &eacute;galement les d&eacute;cors, les costumes et les lumi&egrave;res), comme on a d&eacute;j&agrave; pu le d&eacute;couvir lors de son Faust lausannois ou de son Elisir d&rsquo;amore Страсбург, Comme sc&eacute;nographie, il a cette fois imagin&eacute; un &eacute;norme mur blanc constitu&eacute; de corps recroquevill&eacute;s et ench&acirc;ss&eacute;s, entre lesquels il a adjoint les fameuses (et funestes) sept portes, reli&eacute;es entre elles par d&rsquo;&eacute;troits escaliers (photo). Tout est uniform&eacute;ment blanc ici, &agrave; l&rsquo;instar des somptueux costumes des protagonistes, mais &agrave; l&rsquo;exception cependant du personnage de la Nourrice, v&ecirc;tue d&rsquo;une tenue noire… Au II, un immense labyrinthe blanc descend des cintres, dans lequel les anciennes amantes de Barbe-Bleue se perdent, mais Ariane leur indique finalement le chemin de la sortie. Elles n&rsquo;en retourneront pas moins (de leur plein gr&eacute;) &agrave; leurs cha&icirc;nes &agrave; la fin du III, laissant Ariane seule sur le devant de la sc&egrave;ne&hellip; pour y obtenir le triomphe que nous avons d&eacute;j&agrave; &eacute;voqu&eacute; !

Emmanuel Andrieu

Ariane et Barbe-Bleue de Paul Dukas au Th&eacute;&acirc;tre du Capitole, jusqu&rsquo;au 14 avril&nbsp; 2019

Cr&eacute;dit photographique &copy; Cosimo Mirco Magliocca

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Wed, 10 Apr 2019 12:22:01 +0000 https://www.opera-online.com/fr/columns/manu34000/sophie-koch-somptueuse-ariane-de-dukas-au-theatre-du-capitole
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German – Kein Entkommen ? Tannhäuser an der De Nationale Opera Amsterdam

De Nationale Opera Amsterdam

Richard Wagner

Tannh&auml;user

Premiere am&nbsp;&nbsp;6. April 2019

Wie n&auml;hert man sich heute Richard Wagners Tannh&auml;user, dem Werk, das der Komponist nach eigenem Bekenntnis der Welt in einer Endfassung schuldig blieb? Wie kann man heute mit den Heiligenbildern einer Elisabeth/Maria umgehen und dem katholischen Bezug der Oper?

Der Regisseur Christof Loy und sein B&uuml;hnenbilder Johannes Leiacker siedeln die gesamte Handlung der drei Akte des Werkes im Einheitsb&uuml;hnenbild des nachgebauten Gem&auml;ldes&nbsp;Foyer de la Dancevon Edgar Degas an. In diesem &Uuml;bergangsraum in der Pariser Oper treffen die Welt des Venusbergs und die &Ouml;ffentlichkeit des S&auml;ngerwettbewerbs aufeinander. Hier feiert eine m&auml;nnliche Elite der Pariser Gesellschaft um 1860 ihre Bigotterie, die Verdr&auml;ngung zweier, gelebter Welten, den Bordellbesuch und die Repressivit&auml;t einer verkrusteten offiziellen Moral.

Im Bacchanal, das der Regisseur selbst choreographiert, kommt es gleich zu Beginn in der Begegnung vor allem mit den T&auml;nzerinnen des Balletts zu mannigfachen sexuellen &Uuml;bergriffen wie kleine Machtergreifungen der Beteiligten in alle Richtungen, M&auml;nner der Pariser Gesellschaft gegen&uuml;ber den T&auml;nzerinnen, lesbische Frauen untereinander, Frauen gegen&uuml;ber J&uuml;nglingen usw. Die Begegnungen sind gekennzeichnet durch hektische, dem Partner fl&uuml;chtig abgetrotzte Lustspiele, die lieber im Verborgenen bleiben und z&uuml;gig verdr&auml;ngt werden wollen. Alle M&auml;nner der Handlung sind hier zu Gast, das sind die S&auml;nger, Tannh&auml;user, und Landgraf Hermann. &nbsp;&nbsp;

Im zweiten Akt wird derselbe Raum als Halle des S&auml;ngerwettstreits genutzt, nat&uuml;rlich ohne die T&auml;nzerinnen und Frivolit&auml;ten jedweder Art. W&auml;hrend des Einzugs der S&auml;nger gefriert die Szene dreimal zum Standbild aller Mitwirkenden. So m&ouml;chte diese Gesellschaft sich portraitiert sehen. So stellt sie ihr sch&ouml;nstes Eigenverst&auml;ndnis und -bild mit den wirkungsvollen Kost&uuml;men von Ursula Renzenbrink zu Schau. Als Tannh&auml;user schlie&szlig;lich vom Venusberg schw&auml;rmt, fliehen die Frauen den Raum unter dem besonderen Schutz der M&auml;nner, die zuvor heimlich doch so gerne dort weilten. Tannh&auml;user ist Au&szlig;enseiter. Er kann die Verdr&auml;ngung nicht leisten, mit der die andere m&auml;nnliche Gesellschaft so pr&auml;chtig leben kann. Andererseits will er als K&uuml;nstler eben doch auch in dieser Gesellschaft Anerkennung finden und beugt sich ihren Ritualen. Die folgende Selbstanklage Tannh&auml;users, seine verordnete Bu&szlig;e und sein Gang nach Rom werden in &uuml;ber-gro&szlig;er theatraler Geste vorgetragen. Er st&uuml;rmt nachher geradezu besinnungslos von dannen.&nbsp;

Im dritten Akt wird schlie&szlig;lich Elisabeth am Ende vom bigottesten der S&auml;nger, Biterolf, wie ein erlegtes Tier vor ihrem Vater, dem Landgrafen, tot auf die B&uuml;hne getragen. Auch hier dienen die katholischen Ges&auml;nge lediglich als Abziehfolie eines gesellschaftlichen Kosmos, die ein solches Schicksal zumindest hinnimmt. Venus, die im gesamten St&uuml;ck als schwarze Dame der Gesellschaft auftritt, deckt sie zuvor noch mitleidvoll mit ihrem Mantel zu. Eine Geste der Empathie und des Mitleids, aber auch Ber&uuml;hrung zweier Welten, die sich vorher niemals begegneten. Im Zentrum der Entwicklung steht Wolfram, der in allem Wissen um die Unm&ouml;glichkeit der Erf&uuml;llung seiner Liebe zu Elisabeth wei&szlig; und als Freund auch nicht gegen Tannh&auml;user agieren will. Als Einziger bringt Wolfram das Verst&auml;ndnis f&uuml;r die Zusammenh&auml;nge auf und leidet unter ihnen. Am Ende bleiben Wolfram und Venus in scheuer, unbestimmt-zarter Ber&uuml;hrung als Teil eines Bildes wie ein Stillleben zur&uuml;ck. Die T&auml;nzerinnen aus dem Bacchanal des ersten Aktes sind jedoch zuvor bei Venus&lsquo; Gesang an den vermeintlich zur&uuml;ckkehrenden Tannh&auml;user unver&auml;ndert wieder durch den Raum geschwebt. Spiegelt dieses Bild also eine Entwicklung, die die Gesellschaft weiter bringt? K&ouml;nnen Bigotterie und moralische Repressivit&auml;t einem ver&auml;nderten Verst&auml;ndnis weichen? Kann sich die Gesellschaft hier entwickeln oder gibt es kein Entkommen aus der alten Welt? Der Zuschauer muss es sich selbst beantworten.&nbsp;

So kann&nbsp;&nbsp;man denn Tannh&auml;user auch ohne katholische Heiligenbilder sinnvoll und spannend auf die B&uuml;hne bringen. Wom&ouml;glich w&auml;re unser Richard Wagner aus heutiger Sicht gar nicht so unzufrieden. &nbsp;

Grandios in weiten Teilen die S&auml;ngerbesetzung. Mit Svetlana Aksenova als Elisabeth und Bj&ouml;rn B&uuml;rger als Wolfram steht ein junges Paar auf der B&uuml;hne, das neben seiner Jugendlichkeit stimmlich alle Voraussetzungen f&uuml;r die Partien mitbringt. Insbesondere B&uuml;rger klingt noch so unverbraucht, nachgerade unschuldig, dass er dem Regiekonzept, das sein Verst&auml;ndnis, seine Empathie und seine Verletzung in den Mittelpunkt stellt, so gut entspricht. Sicherlich wird die stimmliche Gestaltung noch ausgereifter werden, aber ein in Stimme und Auftritt jugendlicherer, verletzlicherer Wolfram ist nicht vorstellbar. Man darf &uuml;ber die weitere, vielversprechende Entwicklung B&uuml;rgers sehr gespannt sein.

Ekaterina Gubanova als Venus kann neben der perfekten stimmlichen Pr&auml;sentation ihrer Rolle darstellerisch souver&auml;n auch der Wandlung und Ann&auml;herung an Wolframs Welt glaubhaft machen. Daniel Kirch als Tannh&auml;user schont sich nicht im mindesten. So selbstvergessen wie er zwischen den Welten des Tannh&auml;user-Kosmos hin- und hergerissen wird, so nachhaltig setzt er sein Stimmvolumen ein. Sein Spiel steht dem nicht nach. Mit unverw&uuml;stlicher k&ouml;rperlicher Kraftanstrengung schleudert er die Wahrheiten heraus, die er nicht zu verdr&auml;ngen mag. Stephen Milling gibt den sonoren, durch nichts zu ersch&uuml;tternden Landgraf, den anscheinend auch der Tod seiner Tochter vor lauter Staatsraison nicht zu bewegen vermag. Hervorzuheben Julietta Aleksanyan aus dem Opernstudio des Amsterdamer Hauses, die den jungen Hirten mit glockenheller, unschuldiger Stimme gibt. &nbsp; &nbsp; &nbsp;

Der Chor kann schlichtweg auf der Stelle nach Bayreuth verpflichtet werden, so differenziert, klangsch&ouml;n und -stark pr&auml;sentiert er sich auch in dieser Produktion wieder. Die Chorleiterin Ching-Lien Wu hat mit dem Kollektiv &uuml;ber die Jahre ein gro&szlig;artiges Niveau erarbeitet.&nbsp;

Das Nederlands Philharmonisch Orkest unter der Leitung des Chefdirigenten der Amsterdamer Oper, Marc Albrecht, spielt mit ausgepr&auml;gtem Klanggef&uuml;hl, tr&auml;gt die S&auml;nger auf H&auml;nden und wei&szlig; dennoch in den gro&szlig;en Szenen, wie dem Einzug der G&auml;ste, knackig aber durchsichtig, vollvolumig aber diszipliniert aufzudrehen. Auch hier wird die jahrelange Zusammenarbeit des Dirigenten mit dem Klangk&ouml;rper aufs Beste zum H&ouml;rerlebnis. &nbsp; &nbsp;

Begeisterter&nbsp;&nbsp;Applaus f&uuml;r alle Beteiligten, insbesondere Svetlana Aksenova als Elisabeth, Bj&ouml;rn B&uuml;rger als Wolfram sowie den Chor der Nederlands Opera und das Nederlands Philharmonisch Orkest mit Marc Albrecht. Den Regisseur und sein Team erreichen sehr vereinzelte Buhrufe. Wer den R&uuml;ckbezug etwa auf ein anderes katholisches Darstellungs- und Inhaltselement erwartet hat, mag entt&auml;uscht gewesen sein. Die Mehrheit war begeistert.

Achim Dombrowski

Copyright Fotos: DNO (De Nationale Opera) 2019

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Wed, 10 Apr 2019 08:17:10 +0000 https://www.opera-online.com/de/columns/dombrowski/kein-entkommen-tannhauser-an-der-de-nationale-opera-amsterdam
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French – Rinaldo aux Grands Concerts de Lyon : une prise de rôle surprise !

Nous ne nous lasserons jamais de r&eacute;p&eacute;ter &agrave; quel point la Chapelle de la Trinit&eacute; (&agrave; Lyon) est un lieu magnifique et envo&ucirc;tant pour Les Grands Concerts, Nous ne pouvons &eacute;galement que souligner, encore une fois, que ces derniers sont un v&eacute;ritable gage de qualit&eacute; en mati&egrave;re de programmation, parvenant &agrave; faire venir dans la capitale des Gaules certains des plus grands noms de la sc&egrave;ne internationale, comme Cecilia Bartoli et Philippe Jaroussky през 2017 г. (marquant le retour en ville de la cantatrice apr&egrave;s environ 30 ans d&rsquo;absence) ou encore Emőke Bar&aacute;th en f&eacute;vrier dernier, Il n&rsquo;est alors pas &eacute;tonnant que la Chapelle de la Trinit&eacute; s&rsquo;inscrive dans des tourn&eacute;es qui d&eacute;butent ou arrivent ensuite &agrave; Paris, voire dans d&rsquo;autres salles prestigieuses. C&rsquo;&eacute;tait notamment le cas de la version concertante de Rinaldo, donn&eacute;e samedi soir avant de partir pour Versailles le lendemain, puis d&rsquo;&ecirc;tre reprise &agrave; la Philharmonie de Moscou le 23 avril et au Theater an der Wien le 27 avril.

Las, on le sait, tout spectacle court le risque d&rsquo;annulations de la part des artistes qui peuvent, comme tout un chacun, tomber malade. C&rsquo;est ce qui s&rsquo;est pass&eacute; pour le r&ocirc;le-titre attendu ici, Filippo Mineccia malheureusement souffrant. Ainsi que le rappelle Jean-Christophe Spinosi en fin de soir&eacute;e, on fait g&eacute;n&eacute;ralement appel &agrave; un artiste connaissant d&eacute;j&agrave; le r&ocirc;le dans ce genre de remplacement &laquo;&nbsp;au pied lev&eacute;&nbsp;&raquo;. Le hasard des dates a fait que personne n&rsquo;&eacute;tait disponible, et c&rsquo;est Eric Jurenas, initialement annonc&eacute; dans le r&ocirc;le d&#39;Eustazio, qui a v&eacute;ritablement sauv&eacute; le concert en acceptant d&rsquo;endosser le r&ocirc;le de Rinaldo. Difficile donc de lui tenir rigueur du stress que nous devinons dans la voix qui frotte, comme si l&rsquo;air n&rsquo;&eacute;tait pas assez canalis&eacute; pour sortir plus &laquo;&nbsp;proprement&nbsp;&raquo;. Le chant n&rsquo;est pas aussi pur qu&rsquo;on le souhaiterait, les attaques manquent parfois d&rsquo;assurance &ndash; comment le lui reprocher&nbsp;? &ndash; et l&rsquo;appui de la partition emp&ecirc;che une connivence plus marqu&eacute;e avec les autres personnages, mais, encore une fois, on l&#39;excusera volontiers compte tenu des circonstances. Passer d&rsquo;un r&ocirc;le secondaire au premier r&ocirc;le a de quoi &ecirc;tre stressant, d&rsquo;autant plus quand il s&rsquo;agit, de surcroit, d&rsquo;une prise de r&ocirc;le&nbsp;! Il faut donc saluer la performance tenue jusqu&rsquo;au bout sans d&eacute;rapage et remercier le contre-t&eacute;nor d&rsquo;avoir accept&eacute; une telle mise en danger.

Le r&ocirc;le d&rsquo;Eustazio &eacute;tant vacant, c&rsquo;est Evann Loget-Raymond que l&rsquo;on retrouve, lui que nous avions entendu&nbsp;lors du Gala H&auml;ndel de l&rsquo;Acad&eacute;mie Jaroussky &agrave; La Seine Musicale en d&eacute;cembre 2017. Aid&eacute; lui aussi de la partition, il en vient &agrave; bout sans accros et convainc dans ce r&ocirc;le relativement court. Celle qui ne nous convainc pas en revanche, c&rsquo;est Dara Savinova, Bien qu&rsquo;&agrave; la hauteur d&rsquo;Eustazio au&nbsp;Festival de Martina Franca 2018, le r&ocirc;le de Goffredo ne semble pas lui correspondre, bien qu&rsquo;il soit lui aussi g&eacute;n&eacute;ralement tenu par un contre-t&eacute;nor. La projection est parfois un peu faible, notamment dans les graves que l&rsquo;on devine pourtant chaleureux, et la ligne de chant n&rsquo;est pas toujours tr&egrave;s claire, ce qui n&rsquo;exclue pas de beaux moments et une belle &eacute;coute de sa part. Ekaterina Bakanova campe pour sa part une Almirena amoureuse et solide, parfaite dans son refus cat&eacute;gorique face aux avances d&rsquo;Argante ou dans son r&ocirc;le de captive. Elle livre d&rsquo;ailleurs un sublime &laquo;&nbsp;Lascia ch&#39;io pianga&nbsp;&raquo; dans l&rsquo;acte II, suspendant le temps. Sa voix solaire n&rsquo;a pas de mal &agrave; porter et l&rsquo;on peut se douter qu&rsquo;elle est entendue jusqu&rsquo;au fond de la chapelle, de m&ecirc;me qu&rsquo;Emilie Rose Bry (que nous avions entendu en Drusilla en 2017). Formidable Armida, charmeuse charmante de bout en bout, enflamm&eacute;e et enflammante, toute en s&eacute;duction d&egrave;s son entr&eacute;e sur sc&egrave;ne avec sa robe verte fendue. Son pouvoir va au-del&agrave; de la partition, puisqu&rsquo;elle dirige par moment l&rsquo;ensemble, stoppant par exemple le bras du chef pour suspendre la musique. Envo&ucirc;tante par son jeu, sa voix nous emporte elle aussi, compl&eacute;tant &agrave; merveille le portrait de l&rsquo;ensorceleuse. Son amant, sous les traits et la voix de Riccardo Novaro, m&eacute;rite tout autant d&rsquo;&eacute;loges, d&eacute;ployant son charisme d&egrave;s qu&rsquo;il touche la sc&egrave;ne, posant son personnage d&egrave;s son apparition. Le couple est port&eacute; au sommet, la noirceur et l&rsquo;amour se mariant parfaitement dans cette voix masculine profonde. Le duo entre eux est enflamm&eacute;, mais le chef militaire est tout aussi convaincant, comme lorsqu&rsquo;il exhorte son arm&eacute;e pour la bataille finale (les musiciens lui r&eacute;pondant alors tels ses soldats).

A la t&ecirc;te de l&rsquo;Ensemble Matheus, toujours aussi excellent, Jean-Christophe Spinosi fait vivre chaque note, dirige avec fougue et intelligence, &agrave; l&rsquo;&eacute;coute de chacun de ses pupitres, veillant &agrave; un &eacute;quilibre adroitement ma&icirc;tris&eacute;. L&rsquo;ensemble est ainsi harmonieux et suit avec adresse les solistes, r&eacute;sonnant dans ce bel &eacute;crin qu&rsquo;est la Chapelle de la Trinit&eacute;. Les lumi&egrave;res, toujours adroitement utilis&eacute;es, aident &agrave; cr&eacute;er les diff&eacute;rentes atmosph&egrave;res, comme en teintant le fond de rouge &agrave; chaque apparition d&rsquo;Armida. Dommage toutefois que le surtitrage ne soit pas davantage lisible, d&eacute;form&eacute; par les courbes du b&acirc;timent apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; absent dans un premier temps. Il faut dire que le lieu n&rsquo;est &agrave; l&rsquo;origine pas pr&eacute;vu pour y lire un texte projet&eacute;, mais peut-&ecirc;tre une solution pourra-t-elle &ecirc;tre trouv&eacute; pour d&rsquo;autres versions de concert&nbsp;? Il serait en effet dommage, apr&egrave;s une telle soir&eacute;e, de ne pas renouveler ce genre de rendez-vous.

Elodie Martinez

(Lyon, le 6 avril 2019)

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Tue, 09 Apr 2019 18:30:18 +0000 https://www.opera-online.com/fr/columns/elodie/rinaldo-aux-grands-concerts-de-lyon-une-prise-de-role-surprise
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German – 300 Jahre Leopold Mozart – Salzburg würdigt seinen Bürger

300 Jahre Leopold Mozart Salzburg w&uuml;rdigt seinen B&uuml;rger, facettenreich in einer Ausstellung und Festkonzert als musikalische Entdeckung. Leopold Mozart, 1719 in Augsburg als Sohn eines Buchbinders geboren, ist sicherlich weltbekannt, aber nur als gestrenger Vater und F&ouml;rderer seines Sohnes, dem Wunderkind und Genie Wolfgang Amadeus Mozart gew&uuml;rdigt. Nunmehr widmet das Mozarteum in Salzburg der vielseitigen und eindrucksvollen Pers&ouml;nlichkeit "Leopold Mozart" eine umfassende Ausstellung und ein Festkonzert zu seinem 300. Geburtstag.

Mit 18 Jahren kommt der vielseitig gebildete Leopold Mozart an die Universit&auml;t nach Salzburg, um Philosophie zu studieren. Nach zwei Jahren wird er von der Universit&auml;t als Schw&auml;nzer des Physikunterrichts quasi rausgeworfen. Derweilen zieht es den jungen Schwaben zur Musik und er tritt eine Stelle beim Hoforchester an. Bis zu seinem Tod in 1787 nimmt er sehr aktiv am Salzburger Musik- und Gesellschaftsleben teil. Er bekleidet verschiedene Positionen im Hoforchester, ist ein eifriger Komponist, ein schlauer Wirtschaftler, und vor allem ein fleissiger Briefeschreiber, was eine fundierte Rekonstruktion seines Lebens erm&ouml;glicht. Gerade diese Vielschichtigkeit seiner Pers&ouml;nlichkeit beleuchtet die Ausstellung mit vielen Objekten zum Teil auch wertvollen Originalen. Geehrt wird besonders aber der Musiker und Komponist Leopold Mozart. 1756, im Geburtsjahr seines Sohnes Wolfgang Amadeus Mozart, gibt er das erste umfangreiche Werk einer Violinschule heraus. Diese ist bis heute bei vielen renommierten Musikern bekannt und beliebt. Schon zu Lebzeiten wurde sie ins franz&ouml;sische, holl&auml;ndische und russische &uuml;bersetzt. Seine beiden Kinder Maria Anna, "Nannerl" und Wolfgang Amadeus wurden nach ihr musikalisch ausgebildet.

Von seinen Kompositionen sind viele verschollen, aber &uuml;ber 250 Werke k&ouml;nnen immer noch ihm zugeordnet werden. Zum Teil hat er die Partituren selbst gestochen. Meist waren es kirchliche Gelegenheitswerke, aber auch Symphonien, Solistenkonzerte und Serenaden sind erhalten, eine Kostprobe wird im Rahmen des Festkonzertes im grossen Saal des Mozarteums geboten. Die Symphonie B -Dur wird nunmehr Leopold Mozart zugeschrieben, nachdem sie lange Zeit als KV 17 als Jugendwerk seines Sohnes galt. Umso mehr erkennt man aus dieser Tatsache, dass Leopold Mozart grossen Einfluss auf die Kompositionstechnik seines genialen Sohnes hatte und ebenso an der Wende des Barock zur Klassik angesiedelt ist. In der Satztechnik ist noch die barocke Verwurzelung erkennbar, in der Leichtigkeit der Melodief&uuml;hrung und Instrumentierung l&auml;sst sich die Klassik erahnen.

Der Dirigent Andreas Sperling ist erfahren im Umgang mit Originalinstrumenten und sowohl der barocken und klassischen Auff&uuml;hrungspraxis. Die Camerata Salzburg f&uuml;hrt er mit klarer Ansage und stringenter Stabf&uuml;hrung, schwungvoll und frisch. Im dreis&auml;tzigen Konzert Es Dur f&uuml;r zwei H&ouml;rner und Orchester bleibt es t&auml;nzerisch temporeich und endet mit einem barocken Jagdgesang. Wie im barocken Concerto grosso &uuml;blich l&auml;sst er die zwei Solostimmen mit dem Orchester gleichgestellt virtous parlieren. Auch der Sohn erklingt in einem ausgefallenen selten gespielten Werk, welches noch sehr am Barock angelehnt ist, sein Gallimathias musicum KV 32. Dieses Quodlibet entstand w&auml;hrend einer der vielen Reisen des jungen Mozarts zu den verschiedenen Herrscherh&ouml;fen in Europa. Dabei handelt es sich um eine Kuriosum. Siebzehn Einzelst&uuml;cke sind aneinandergereiht und beinhalten Anspielungen auf Volksweisen, Hymnen als auch einen spezieller Gesang f&uuml;r den holl&auml;ndischen Prinzen. Als musikalischer Unfug tituliert stellt es auch ein Typicum f&uuml;r die barocke Hofmusik dar, in der die Musiker professionelle Sp&auml;sse unter- und miteinander lieferten. Dies versucht die Camerata Salzburg zu demonstrieren und hat sich ein paar Gags einfallen lassen. Die Musiker stimmen da im Gesang mit ein, bewegen sich im Spiel von der B&uuml;hne und kommen wieder zur&uuml;ck. Sehr zum Wohlgefallen des Publikums aber auch lehrreich um mehr Verst&auml;ndnis f&uuml;r den Umgang am barocken Hofe zu sp&uuml;ren. Es geh&ouml;rt hier viel,K&ouml;nnen und Konzentration dazu, Spass und Perfektion zu vereinen. Nach der Pause gelangt wohl Leopold Mozart reifstes und bekanntestes Werk zur Auff&uuml;hrung, die Serenade D – Dur aus dem Jahr 1762. Durch den Erfolg seines Sohnes kam der Vater immer weniger zum Komponieren und widmete sich dem Management dessen Karriere. In der neuns&auml;tzigen Serenade baute er zwei kleine Solistenkonzerte ein, zwei S&auml;tze f&uuml;r Trompete und drei f&uuml;r Posaune, die auch separat immer wieder zur Auff&uuml;hrung gelangen. Die Solisten auf Originalinstrumenten werden gefordert und meistern die anspruchsvolle Partitur mit Treffsicherheit im Ton und langem Atem.

Das Publikum zeigt seinen grossen Gefallen an dieser musikalischem Entdeckungsreise und bedankt sich mit einem langen Beifall und hoher Anerkennung f&uuml;r die Musiker. Bleibt noch den Festrednern zuzustimmen, dass es sich lohnt, sich mit Leopold Mozart auseinanderzusetzen und dass ihm auch ein sein eigener Platz, seine eigene Anerkennung in dieser Ausstellung in Salzburg zusteht und nicht auf die Vaterrolle beschr&auml;nkt werden darf.

Dr. Helmut Pitsch

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Tue, 09 Apr 2019 13:20:17 +0000 https://www.opera-online.com/de/columns/helmutpitsch/300-jahre-leopold-mozart-salzburg-wurdigt-seinen-burger
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German – Verdis "Otello" in Venedig: Ein aufwühlendes Eifersuchtsdrama

Die vier schwarzen D&auml;monen tauchen zum ersten Mal beim &bdquo;Credo&ldquo; auf, bei jenem nihilistischen Gesang, bei dem Jago seine ganze intrigantische B&ouml;sartigkeit zur Schau stellt. Die vier T&auml;nzer umgarnen dann fallweise und nie &uuml;berzogen nicht nur ihn, sondern auch den Titelhelden und lassen diesen immer mehr in seine Eifersucht hineinrutschen: Bei Giuseppe Verdis &bdquo;Otello&ldquo; am Teatro La Fenice in Venedig wei&szlig; Francesco Micheli aber auch sonst mit vielen Ideen und Symbolen wie auch einer schl&uuml;ssigen, durchaus auch drastischen Personenf&uuml;hrung zu packen. So wird vom italienischen Regisseur der Streit und die Rauferei zwischen Cassio und Rodrigo und den anderen Soldaten in schmucken wei&szlig;en Uniformen recht brutal gezeigt. Symbolhaft wird gezeigt, wie Otello seiner Desdemona in der ersten Liebesnacht das ber&uuml;hmte Taschentuch als Liebespfand &uuml;berreicht, mit dem sie sich dann beide umwickeln.

Reich an Symbolen ist auch das sehr &auml;sthetische B&uuml;hnenbild von Edoardo Sanchi, Auf einem Zwischenvorhang und an den W&auml;nden sind Sternzeichen und andere Figuren auszumachen. Dominant mittig ist der L&ouml;we, der f&uuml;r den Titelhelden steht, auszumachen. Weiters erkennt man eine Schlange (f&uuml;r Jago) und einen Engel (f&uuml;r Desdemona). Diese Symbole sind auch an den Au&szlig;enw&auml;nden eines Kubus angebracht, der gedreht zum wunderbaren, mit goldigen, orientalisch anmutenden Ornamenten verzierten Schlafzimmer mit wertvollen Teppichen und Polstern wird. Sehr &auml;sthetisch erscheinen auch die zeitlosen Kost&uuml;me von Silvia Aymonino,

Dass das meisterliche Sp&auml;twerk Verdis aber auch musikalisch z&uuml;ndet, daf&uuml;r sorgt der Mann am Pult: Wie schon bei Verdis &bdquo;Macbeth&ldquo; im letzten November kann&nbsp;Myung-Whun Chung auch diesmal mit packendem Zugriff das Orchester des Teatro la Fenice zu extrem aufregendem wie auch detailreichem Musizieren animieren und erzeugt so immer wieder eine emotionale Siedehitze. Er kostet dabei sowohl die dramatischen Ausbr&uuml;che wie auch die lyrischen Phasen ausgiebig aus, wobei er die S&auml;nger aber nie zudeckt.

Und diese agieren ganz vorz&uuml;glich: Packend f&uuml;hrt Marco Berti&nbsp;den als hoch eifers&uuml;chtigen, vor Wut und Wahnsinn immer wieder emotional explodierenden Titelhelden vor, der die Partie kraftvoll mit allen ungef&auml;hrdeten Spitzent&ouml;nen bew&auml;ltigt. Carmela Remigio ist eine sehr ber&uuml;hrende, fast m&auml;dchenhafte Desdemona, die als starke Frau gezeichnet ist. Dalibor Jenis&nbsp;ist ein raffinierter Jago zum F&uuml;rchten mit viel D&auml;monie und kraftvollem Bariton. Wunderbar h&ouml;rt man auch Matteo Mezzaro&nbsp;als Cassio sowie&nbsp;Elisabetta Martorana als Emilia. Die kleineren Partien sind auch von hoher Qualit&auml;t. Stimmgewaltig vernimmt man den bewegungsfreudigen Chor und Kinderchor des Teatro la Fenice, dessen Einstudierung Claudio Marino Moretti&nbsp;besorgte.

Gro&szlig;er Jubel!

Dr. Helmut Christian Mayer

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Tue, 09 Apr 2019 13:19:56 +0000 https://www.opera-online.com/de/columns/hmayer/verdis-otello-in-venedig-ein-aufwuhlendes-eifersuchtsdrama
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French – Les Enfants du Levant à Lyon : une œuvre de mémoire

L&rsquo;Op&eacute;ra national de Lyon et sa Ma&icirc;trise nous ont habitu&eacute; a de tr&egrave;s belles productions, comme Borg et Th&eacute;a през 2017 г. ou La Belle au bois dormant l&rsquo;an pass&eacute; dans laquelle les enfants tenaient &eacute;galement un r&ocirc;le important. Cette ann&eacute;e, ce n&rsquo;est pas au Th&eacute;&acirc;tre de la Croix-Rousse mais &agrave; celui de la Renaissance, &agrave; Oullins, que la maison lyonnaise donne pour la premi&egrave;re fois ce spectacle d&eacute;localis&eacute;. Un spectacle sur une musique d&rsquo;Isabelle Aboulker, inspir&eacute; du roman &eacute;ponyme de Claude Gritti, Les Enfants de l&rsquo;&icirc;le du Levant, poignant par le sujet trait&eacute;&nbsp;: les colonies agricoles p&eacute;nitentiaires dans lesquelles &eacute;taient envoy&eacute;s et exploit&eacute;s les enfants, notamment ici celle de l&rsquo;&icirc;le du Levant.

Il faut ici replacer le contexte historique, rappel&eacute; dans le programme mais aussi sur sc&egrave;ne&nbsp;: en 1850, une loi visant &agrave; r&eacute;gler les principes de d&eacute;tention des mineurs est vot&eacute;e et Napol&eacute;on Bonaparte autorise l&rsquo;ouverture de colonies agricoles p&eacute;nitentiaires (de v&eacute;ritables bagnes en r&eacute;alit&eacute;). &Agrave; pr&eacute;sent, les enfants abandonn&eacute;s, orphelins et petits d&eacute;linquants seront envoy&eacute;s dans ces colonies jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 16, 18 ou 20 ans selon la gravit&eacute; des faits qui leur sont reproch&eacute;s, certains arrivant ici parce qu&rsquo;ils ont fui les coups et les abus de leur p&egrave;re alcoolique, comme c&rsquo;est le cas de l&rsquo;un des petits h&eacute;ros ici. Le propri&eacute;taire de l&rsquo;&Icirc;le du Levant, le comte de Pourtal&egrave;s, qui souhaite r&eacute;habiliter ses terres sur l&rsquo;&icirc;le du Levant, voit l&agrave; une belle occasion de main d&rsquo;&oelig;uvre donn&eacute;e, tout en &eacute;tant persuad&eacute; que la vie au grand air et l&rsquo;&eacute;loignement de la ville seraient des moyens de redressement efficaces permettant d&rsquo;aider et de sauver ces enfants. Jusqu&rsquo;o&ugrave; sa philanthropie &eacute;tait-elle sinc&egrave;re, nous l&rsquo;ignorons. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;en f&eacute;vrier 1861, une soixantaine de mineurs, &acirc;g&eacute;s de six &agrave; quinze ans, quittent la prison de la Roquette pour se rendre &agrave; pieds au Levant. Ils seront les premiers pensionnaires de cette colonie qui se transformera en v&eacute;ritable bagne. Les conditions de vie ineptes, la malnutrition, les s&eacute;vices sexuels et la maladie faisant des ravages, une centaine d&rsquo;enfants, dont quatre avaient moins de dix ans, trouveront la mort, certains dans un terrible incendie suite &agrave; une mutinerie qui nous est racont&eacute;e sur sc&egrave;ne. C&rsquo;est cette page sombre de notre histoire, trop peu rappel&eacute;e &agrave; notre m&eacute;moire, que ces Enfants du Levant racontent&hellip;


Les Enfants du Levant, Op&eacute;ra de Lyon ; &copy; Stofleth

Les Enfants du Levant, Op&eacute;ra de Lyon ; &copy; Stofleth

Dans cette mise en sc&egrave;ne sign&eacute;e Pauline Laidet dans des d&eacute;cors de Quentin Lugnier, un homme est assis sur le ponton du bord de sc&egrave;ne, faisant de la fosse la mer, l&rsquo;&eacute;chappatoire. Il regarde le public s&rsquo;installer et prendra la parole pour pr&eacute;senter le contexte, restant sur sc&egrave;ne sans sembler tenir de r&ocirc;le&hellip; jusqu&rsquo;&agrave; ce que finalement, nous apprenions qu&rsquo;il est le petit Jules qui a fini par r&eacute;ussir &agrave; quitter ce bagne et qui y est revenu une fois grand, sans jamais retrouver la pierre o&ugrave; il avait grav&eacute; son nom. Les enfants appaissent ensuite derri&egrave;re un tulle, fant&ocirc;matiques, avant d&#39;entonner leur marche sur sc&egrave;ne. Durant la courte dur&eacute;e du spectacle, nous voyons se multiplier les injustices, les mauvais traitements, les s&eacute;jours au cachot, la r&eacute;volte et la volont&eacute; de survivre de ces enfants, mais aussi leurs morts&nbsp;: entre famine, accidents, suicides, punitions, d&eacute;shumanisation, une fillette perd son fr&egrave;re avant de se suicider deux jours plus tard, d&rsquo;autres parviennent &agrave; voler une barque et &agrave; s&rsquo;enfuir, d&rsquo;autres encore essaient mais se font prendre. De multiples petites histoires viennent nous toucher, comme celle rappelant le film La vie est belle, une fillette racontant qu&rsquo;un tr&eacute;sor est cach&eacute; &agrave; un petit gar&ccedil;on pour qu&rsquo;il vive mieux cette incarc&eacute;ration, la transformant en chasse au tr&eacute;sor&hellip; jusqu&rsquo;&agrave; ce qu&rsquo;il glisse et meurt dans ses bras, devant nos yeux, r&eacute;v&eacute;lant qu&rsquo;il croit avoir trouv&eacute; ces richesses dans un arbre. Autre moment particuli&egrave;rement &eacute;mouvant, le d&eacute;part de Jules qui, avant de quitter d&eacute;finitivement l&rsquo;&icirc;le, souhaite passer une derni&egrave;re fois au cimeti&egrave;re. L&agrave;, nous voyons appara&icirc;tre sur le mur du fond une liste de noms, ann&eacute;e par ann&eacute;e de 1861 &agrave; 1876 (le bagne fermant d&eacute;finitivement en 1878, deux ans apr&egrave;s la mort du propri&eacute;taire). Tant de morts dont les &acirc;ges apparaissent. Tous jeunes. Bien trop jeunes&hellip;

La lumi&egrave;re revient alors sur sc&egrave;ne, et nous d&eacute;couvrions la m&ecirc;me &icirc;le, en 2019&nbsp;: la nature a recouvert les murs b&acirc;tis par les enfants, et des touristes se pr&eacute;lassent, racontant &agrave; leurs enfants l&rsquo;histoire du lieu. Une claque qui marque la faute de l&rsquo;oubli d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Enfin, un autre &eacute;pisode marquant se produit durant ces ann&eacute;es de p&eacute;nitence&nbsp;: une mutinerie se l&egrave;ve, les surveillants perdent le contr&ocirc;le et les enfants se r&eacute;voltent violemment, allant jusqu&rsquo;&agrave; enfermer certains d&rsquo;entre eux dans le cachot avant de d&eacute;clencher un incendie si important qu&rsquo;il faudra six jours pour en venir &agrave; bout (malgr&eacute; les seaux que donnent bien volontiers les musiciens depuis la fosse). La chaleur sera telle, nous dit-on, que le verre des vitre se d&eacute;formera et que les autorit&eacute;s n&rsquo;excluront pas que certains corps aient pu &ecirc;tre r&eacute;duits en cendres en plus des quatorze retrouv&eacute;s.

La mise en sc&egrave;ne simple et efficace de Pauline Laidet ne pourrait toutefois pas tant prendre vie sans le travail exceptionnel de la M&acirc;itrise de l&rsquo;Op&eacute;ra de Lyon, d&eacute;cid&eacute;ment pleine de surprise et extr&ecirc;mement dou&eacute;e. Sans aucun surtitre, l&rsquo;ensemble des chants demeure compr&eacute;hensible de mani&egrave;re exemplaire. Le groupe est uni dans la musique, l&rsquo;ensemble est homog&egrave;ne, mais ces artistes prennent ici une autre dimensions&nbsp;: ils sont de v&eacute;ritables acteurs. On sent bien que cette histoire les a touch&eacute;s et qu&rsquo;ils mettent un point d&rsquo;honneur &agrave; lui rendre justice, cette justice qui a manqu&eacute; &agrave; ces enfants de leurs &acirc;ges il y a moins de deux si&egrave;cles. &Agrave; leurs c&ocirc;t&eacute;s, Simon Terrenoire interpr&egrave;te le grand Jules, notre guide de la soir&eacute;e dans ses souvenirs, fragile mais assur&eacute;, portant la cicatrice de ce pass&eacute; douloureux. Nicolas Mollard est le garde Radel, haineux, d&eacute;testable et violent, de mani&egrave;re plus brutale et presque bestiale que son responsable, Monsieur P&eacute;rignon (Olivier Borle), tout aussi r&eacute;pugnant mais sans jamais se salir les mains. La baryton Mathieu Gardon est pour sa part le Comte de Pourtal&egrave;s, mais aussi l&rsquo;Inspecteur &agrave; qui il pr&ecirc;te sa voix chaude et profonde, marquant l&rsquo;autorit&eacute; qu&rsquo;il repr&eacute;sente mais aussi le caract&egrave;re rassurant qu&rsquo;il veut avoir aupr&egrave;s des enfants. Malgr&eacute; cela, il ne semble pourtant pas les sauver de leur enfer. Enfin, la mezzo-soprano Anne-Lise Polchlopek tient les r&ocirc;les d&rsquo;Augustine Br&eacute;mond, du Docteur Grimaldi et de la Comtesse de Pourtal&egrave;s. Malheureusement, son timbre, bien que profond, manque pour nous de douceur et sa prononciation n&rsquo;est pas toujours assez claire pour &ecirc;tre compr&eacute;hensible.

Quant &agrave; la direction musicale, elle est elle aussi confi&eacute;e &agrave; une femme, Karine Locatelli (qui avait justement aussi dirig&eacute; Borg et Th&eacute;a). L&rsquo;ensemble de musiciens de l&rsquo;Op&eacute;ra, moins de quinze, donne tout son appui et porte ainsi cette partition parfaitement adapt&eacute;e pour un ch&oelig;ur d&rsquo;enfants, surtout aussi exceptionnel que celui-ci, mais aussi pour un public aussi bien d&rsquo;adultes que d&rsquo;enfants, tr&egrave;s nombreux ce dimanche (mais certainement aussi les autres jours). La lecture offerte ici fait ressortir &agrave; la fois l&rsquo;horreur de la r&eacute;alit&eacute; d&eacute;peinte, mais aussi une certaine enfance et une belle &eacute;nergie, traduisant les diff&eacute;rents sentiments qui se succ&egrave;dent sur sc&egrave;ne.

Encore une tr&egrave;s belle production que l&rsquo;on ne peut qu&rsquo;encourager &agrave; d&eacute;couvrir, &eacute;mouvante et formidablement port&eacute;e par cette ma&icirc;trise qui ne cesse de nous &eacute;tonner.

Elodie Martinez

Les Enfants du Levant, jusqu&#39;au Th&eacute;&acirc;tre de la Renaissance d&#39;Oullins (en partenariat avec l&#39;Op&eacute;ra de Lyon) jusqu&#39;au 13 avril.

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Mon, 08 Apr 2019 13:40:06 +0000 https://www.opera-online.com/fr/columns/elodie/les-enfants-du-levant-a-lyon-une-oeuvre-de-memoire
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French – Robert le Diable de Meyerbeer ressuscité au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles

Deux grands motifs de satisfaction pour cette rarissime ex&eacute;cution (en version de concert) de Robert le Diable de Giacomo Meyerbeer de Palais des Beaux-Arts de Bruxelles&nbsp;(dit BOZAR) : l&rsquo;ouvrage lui-m&ecirc;me d&rsquo;abord, passionnant grand-op&eacute;ra cr&eacute;&eacute; &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra de Paris en 1831, le premier compos&eacute; pour la capitale fran&ccedil;aise par le compositeur allemand, &oelig;uvre encore tourn&eacute;e vers Rossini, mais d&eacute;j&agrave; pleine de tous ces &eacute;l&eacute;ments qui feront l&rsquo;op&eacute;ra fran&ccedil;ais futur ; ensuite, avec un b&eacute;mol pour le r&ocirc;le-titre, des voix capables de rendre justice &agrave; des parties vocales particuli&egrave;rement ardues, sans n&eacute;anmoins atteindre la perfection de la derni&egrave;re repr&eacute;sentation de l&rsquo;&oelig;uvre en pays francophone : c&rsquo;&eacute;tait &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra Garnier en 1985 avec Samuel Ramey, June Anderson, Rockwell Blake et Mich&egrave;le Lagrange dans les quatre r&ocirc;les principaux.

Principal artisan de ce projet ambitieux, le chef italien Evelino Pido d&eacute;&ccedil;oit cependant – malgr&eacute; l&rsquo;incroyable &eacute;nergie qu&rsquo;il d&eacute;ploie pr&egrave;s de quatre heures durant -, d&rsquo;abord parce qu&rsquo;il n&rsquo;a pas mesur&eacute; l&rsquo;acoustique tr&egrave;s r&eacute;verb&eacute;rante de la Salle Henry Leboeuf : le maelstr&ouml;m sonore tonitruant qu&rsquo;il obtient d&rsquo;un Ch&oelig;ur et d&rsquo;un Orchestre du Th&eacute;&acirc;tre Royal de la Monnaie par ailleurs formidables d&rsquo;engagement et de pr&eacute;cision (hors les cors) ne fait ainsi que couvrir les voix et agresser nos tympans dans les passages fortissimi, Meyerbeer n&rsquo;est pas Wagner, c&rsquo;est le premier reproche qu&rsquo;on lui adressera. Le second est d&rsquo;avoir taill&eacute; all&egrave;grement dans la partition, privant les auditeurs de plus d&rsquo;une demi-heure de musique : le ch&oelig;ur d&rsquo;introduction est ainsi coup&eacute; au 2/3, m&ecirc;me sort pour le trio du III, la reprise du duo Robert/Bertram au III est, elle, carr&eacute;ment supprim&eacute;e, de m&ecirc;me que le d&eacute;veloppement du окончателен de l&rsquo;ouvrage (entre autres choses…). C&rsquo;est d&rsquo;autant plus regrettable que le plus &laquo; excitant &raquo; dans le r&eacute;pertoire du grand-op&eacute;ra, ce sont bien souvent ces reprises et d&eacute;veloppements qui donnent tout son &eacute;lan &agrave; la musique. Il a en revanche r&eacute;tabli l&rsquo;air de Robert (&laquo; O&ugrave; me cacher ? &raquo;) au II (&eacute;crit &agrave; l&rsquo;intention de Mario Di Candia, et la plupart du temps coup&eacute;) car – &agrave; l&rsquo;instar de Don Carlos de Verdi et de tous les grands ouvrages de Meyerbeer -, l&rsquo;histoire de Robert le Diable est une interminable succession de biffures et d&rsquo;ajouts. Minkowski en avait donn&eacute; une version quasi int&eacute;grale &agrave; Berlin au d&eacute;but des ann&eacute;es 2000, et l&rsquo;on r&ecirc;ve que le chef fran&ccedil;ais en donne &agrave; nouveau une ex&eacute;cution compl&egrave;te dans son magnifique th&eacute;&acirc;tre bordelais (?)&hellip;

On le sait, Robert le Diable – &agrave; l&rsquo;instar du Proph&egrave;te que nous avons pu entendre derni&egrave;rement &agrave; Essen, ou plus r&eacute;cemment encore,&nbsp;Les Huguenots &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra de Paris&nbsp;- exige pour le quatuor principal (Robert, Bertram, Isabelle et Alice), des chanteurs d&rsquo;exception, tant en termes d&rsquo;ambitus que de virtuosit&eacute; (vocalises, trilles). Apr&egrave;s ses triomphes dans les principaux ouvrages &laquo; m&eacute;phistoph&eacute;liques &raquo; – La Damnation de Faust &agrave; La C&ocirc;te Saint-Andr&eacute;, Les Contes d&rsquo;Hoffmann &agrave; Monte-Carlo ou encore (pas plus tard que le mois dernier)&nbsp;Faust &agrave; Marseille -, Nicolas Courjal confirme qu&rsquo;il est un &laquo; Diable &raquo; hors-pair ! Il n&rsquo;a pas de peine &agrave; s&rsquo;affirmer dans la plus c&eacute;l&egrave;bre sc&egrave;ne de l&rsquo;&oelig;uvre, &laquo; Nonnes qui reposez &raquo;, qu&rsquo;il investit de toute son &eacute;loquence et de sa grandeur d&rsquo;accent. On ne peut souhaiter Bertram plus impressionnant, vocalement superbe, et m&ecirc;me sc&eacute;niquement investi (malgr&eacute; la simple version de concert), avec l&rsquo;art consomm&eacute; que nous lui connaissons bien maintenant de l&rsquo;insinuation, port&eacute;e par des phras&eacute;s caressants qui font immanquablement courir un frisson le long de l&rsquo;&eacute;chine de l&#39;auditeur.

Etourdissante Marguerite de Valois dans la production des Huguenots pr&eacute;cit&eacute;e, la soprano &eacute;tasunienne Lisette Oropesa (Isabelle) enthousiasme &agrave; nouveau gr&acirc;ce &agrave; sa miraculeuse technique et son grain de voix d&rsquo;une s&eacute;duction renversante. Au brio de sa premi&egrave;re sc&egrave;ne &laquo; En vain j&rsquo;esp&egrave;re &raquo; suivie d&rsquo;une cabalette orn&eacute;e d&rsquo;un go&ucirc;t tr&egrave;s s&ucirc;r, elle oppose l&rsquo;intensit&eacute; et la gr&acirc;ce, l&rsquo;&eacute;motion de l&rsquo;accent et la beaut&eacute; de la ligne dans l&rsquo;air &laquo; Robert, toi que j&rsquo;aime &raquo;. Une cons&eacute;cration pour la diva qui a provoqu&eacute; un d&eacute;lire parmi le public au moment des saluts. Face &agrave; elle, la soprano espagnole Yolanda Auyanet (Alice) – que nous avions ador&eacute;e dans Il Trovatore &agrave; Li&egrave;ge en d&eacute;but de saison – ne d&eacute;m&eacute;rite pas, et l&rsquo;on demeure impressionn&eacute; par la s&ucirc;ret&eacute; de sa technique, avec des coloratures pr&eacute;cises et de belles gradations dynamiques, ainsi que par son implication &eacute;motionnelle sans faille. Las, on sera moins &eacute;logieux quant &agrave; la prestation du t&eacute;nor russe Dmitry Korchak compl&egrave;tement d&eacute;pass&eacute; par les enjeux vocaux de son r&ocirc;le. Chanteur sp&eacute;cialis&eacute; dans le chant rossinien, il n&rsquo;est en rien le barytenor exig&eacute; ici, auquel seuls Michael Spyres ou Brian Hymel pourraient rendre justice aujourd&rsquo;hui. Cela pos&eacute;, reconnaissons qu&rsquo;il s&rsquo;exprime fort bien dans le vocable de Racine, et que ses notes hautes, la plupart &eacute;mises en voix de t&ecirc;te, sont atteintes g&eacute;n&eacute;ralement avec aisance. Mais ce n&rsquo;est tout simplement pas la voix du r&ocirc;le&hellip; On lui pr&eacute;f&egrave;re de loin le jeune et enthousiasmant Julien Dran (Raimbaud), t&eacute;nor rac&eacute; et plein d&rsquo;abattage, dot&eacute; de graves plus consistants que ceux du r&ocirc;le-titre (un comble !), tandis que Patrick Bolleire ne fait qu&rsquo;une bouch&eacute;e du r&ocirc;le d&rsquo;Alberti, dont il poss&egrave;de la tessiture profonde.

En conclusion, une question : quel directeur de th&eacute;&acirc;tre fran&ccedil;ais aura enfin le courage de monter une version sc&eacute;nique de Robert le Diable ?

Emmanuel Andrieu

Robert le Diable de Giacomo Meyerbeer au BOZAR de Bruxelles (les 2 &amp; 5 avril 2019)

Cr&eacute;dit photographique &copy; Emmanuel Andrieu
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Mon, 08 Apr 2019 11:16:39 +0000 https://www.opera-online.com/fr/columns/manu34000/robert-le-diable-de-meyerbeer-ressuscite-au-palais-des-beaux-arts-de-bruxelles
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French – Juan Diego Flórez happe le Théâtre des Champs-Élyseés dans Manon

La saison de Manon est officiellement ouverte&nbsp;: l&rsquo;Op&eacute;ra national de Paris&nbsp;et le Met&nbsp;programment l&rsquo;op&eacute;ra-comique de Jules Massenet pour leur prochaine saison, l&rsquo;Opernhaus Z&uuml;rich en pr&eacute;sente une nouvelle mise en sc&egrave;ne ce dimanche 7 avril, tandis que l&rsquo;Op&eacute;ra national de Bordeaux effeuille depuis vendredi dernier&nbsp;le spectacle d&rsquo;Olivier Py, qui d&eacute;m&eacute;nagera en mai &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra Comique, N&rsquo;oublions pas la Manon de Wiener Staatsoper, en juin, qui verra d&rsquo;ailleurs la prise de r&ocirc;le&nbsp;des deux amants par Nino Machaidze et Juan Diego Fl&oacute;rez, La version de concert &agrave; laquelle nous avons assist&eacute;e au Th&eacute;&acirc;tre des Champs-&Eacute;lys&eacute;es les r&eacute;unissait justement, aux c&ocirc;t&eacute;s d&rsquo;une distribution fran&ccedil;aise et du Belgian National Orchestra,

Le t&eacute;nor p&eacute;ruvien, stratosph&eacute;rique, met bout &agrave; bout tous les ingr&eacute;dients miracle que nous lui connaissons. Il ext&eacute;riorise avec mod&eacute;ration une passion d&rsquo;amour d&eacute;vorante qui le consume de l&rsquo;int&eacute;rieur. Il surpasse le mi&egrave;vre livret pour mettre sa voix au service d&rsquo;une fresque romantique incommensurable bannissant les fronti&egrave;res. S&rsquo;il ne fallait &eacute;mettre qu&rsquo;une petite r&eacute;serve, nous mentionnerions les extr&ecirc;mes piano qui fragilisent &agrave; deux reprises son placement et son vibrato. Le fran&ccedil;ais n&rsquo;est en tout cas pas une barri&egrave;re pour lui, y compris dans les passages parl&eacute;s, emplis de naturel th&eacute;&acirc;tral et &eacute;clair&eacute;s de liaisons phon&eacute;tiques exaltantes. Nous ne pouvons pas en dire autant de la soprano g&eacute;orgienne, dont les voyelles se r&eacute;sument aux &laquo;&nbsp;a&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;u&nbsp;&raquo; et&nbsp;&laquo;&nbsp;&eacute;&nbsp;&raquo;. Autant dire que le surtitrage est indispensable&nbsp;! Sa technique irr&eacute;prochable et sa rythmique hors tempo galvanisent toutefois le public, comme sa composition bariol&eacute;e du personnage, entre posture rentre-dedans et apart&eacute;s pudiques. Le chant reste dans le registre sonore et surjou&eacute; de la diva (avec les mouvements de mains qui vont avec), ce qui nuit parfois &agrave; l&rsquo;int&eacute;grit&eacute; du r&ocirc;le, mais pas &agrave; la musicalit&eacute;. Dans &laquo;&nbsp;Adieu, notre petite table&nbsp;&raquo;, le souffle est au service d&rsquo;une pond&eacute;ration des nuances, soulignant la capacit&eacute; de Nino Machaidze &agrave; d&eacute;laisser l&rsquo;ostentation et entrer dans l&rsquo;introspection.

si Jean-Gabriel Saint-Martin avait su appr&eacute;hender Massenet dans Werther &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra national du Rhin l&rsquo;an dernier, son Lescaut braillard, constamment faux et sans tenue est une sortie de route, alors qu&rsquo;il t&eacute;moigne d&rsquo;un sens aigu de l&rsquo;orientation des phrases. Rapha&euml;l Br&eacute;mard (Guillot) rattrape quant &agrave; lui dans un chant cadr&eacute; et soign&eacute; sa pi&egrave;tre performance d&rsquo;acteur. Le Comte Des Grieux autoritaire et doux &agrave; la fois de Marc Barrard, pos&eacute; dans la prosodie, ainsi que le Br&eacute;tigny bois&eacute; et pr&eacute;cis de Jean-Christophe Lani&egrave;ce &ndash; aussi &agrave; l&rsquo;aise dans le staccato que dans le legato &ndash; &nbsp;ravissent par leur prestance. Dans ce catalogue tr&egrave;s masculin, Jennifer Michel, &Eacute;l&eacute;onore Pancrazi et Tatiana Probst tirent leur &eacute;pingle du jeu, dans la peau de trois com&eacute;diennes p&eacute;tillantes et enjou&eacute;es. Hormis quelques l&eacute;gers d&eacute;calages, le Ch&oelig;ur Octopus effectue un travail honn&ecirc;te pour restituer la parole de la rumeur.

de Belgian National Orchestra est &agrave; cr&eacute;diter de sa prestation bigarr&eacute;e, sous la baguette d&eacute;cid&eacute;e de Fr&eacute;d&eacute;ric Chaslin, Ce dernier p&eacute;n&egrave;tre la p&acirc;te sonore jusqu&rsquo;au noyau en toutes circonstances, et transforme le morcellement d&rsquo;ambiances de la partition en un scintillant livre d&rsquo;images anim&eacute;es. Privil&eacute;giant l&rsquo;intense et refusant le sirupeux, il autorise les envol&eacute;es r&eacute;sonnantes des cuivres, la sensualit&eacute; des violoncelles (et des superbes solos de leur chef de pupitre Olsi Leka) et la tendresse des hautbois. La menace martiale des ensembles orchestraux rejoint subrepticement les tutti festifs et les contrepoints v&eacute;g&eacute;taux, soudain entrecoup&eacute;s d&rsquo;accords volontairement froids comme la bise. L&rsquo;amour de la jeune fille promise au couvent et du Chevalier Des Grieux devient une pulsion l&eacute;tale, m&acirc;tin&eacute; de caprice. Et cette vision conforte notre s&eacute;r&eacute;nit&eacute; pour entamer le marathon Manon des prochaines semaines.

Thibault Vicq

(Paris, le 6 avril 2019)

Cr&eacute;dit photo : Thibault Vicq

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Sun, 07 Apr 2019 15:10:53 +0000 https://www.opera-online.com/fr/columns/thibaultv/juan-diego-florez-happe-le-theatre-des-champs-elysees-dans-manon
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French – La bouleversante Passion selon saint Jean par Sellars et Rattle à Luxembourg

Que peut nous dire, aujourd&rsquo;hui, le texte biblique&nbsp;? Comment peut-il nous aider &agrave; comprendre le monde contemporain&nbsp;? C&rsquo;&eacute;tait, dans le monde luth&eacute;rien autour de Bach, une pr&eacute;occupation constante, dans un univers o&ugrave; la foi n&rsquo;&eacute;tait pas une affaire de subtilit&eacute;s th&eacute;ologiques, mais une pr&eacute;occupation concr&egrave;te &ndash; la justification de l&rsquo;existence du mal, les difficult&eacute;s de chacun de nous &agrave; &ecirc;tre &agrave; la hauteur de ce que nous demande la dignit&eacute; humaine, la place de chacun dans le corps social, toutes ces pr&eacute;occupations qui nourrissent les textes mis en musique par Bach et bien d&rsquo;autres pour les cantates du dimanche sont aussi pr&eacute;sentes dans ses Passions. La mise en sc&egrave;ne d&rsquo;oratorios sacr&eacute;s est aujourd&rsquo;hui entr&eacute;e dans les m&oelig;urs, de Bieito &agrave; Warlikowski, de Claus Guth au chor&eacute;graphe John Neumeier. Les spectacles con&ccedil;us par Peter Sellars et Simon Rattle pour Passions de Bach ont une place singuli&egrave;re dans cette &eacute;volution r&eacute;cente&nbsp;: cr&eacute;&eacute;s &agrave; l&rsquo;origine dans et par la Philharmonie de Berlin, &eacute;dit&eacute;s en DVD, ils y ont connu de nombreuses reprises et ont aussi connu des versions londoniennes. La repr&eacute;sentation de la Passion selon saint Jean &agrave; la Philharmonie de Luxembourg prend place dans une tourn&eacute;e en provenance de Londres&nbsp;; Simon Rattle ne recourt pas pour cela &agrave; son nouvel orchestre attitr&eacute;, mais &agrave; l&rsquo;Orchestra of the Age of the Enlightenment, qu&rsquo;il conna&icirc;t presque aussi bien. Les instruments anciens ne sont plus r&eacute;serv&eacute;s aux sp&eacute;cialistes, mais il faut bien avouer que Rattle n&rsquo;est ici pas tout &agrave; fait &agrave; la hauteur des grands pionniers &laquo;&nbsp;baroqueux&nbsp;&raquo;, en mati&egrave;re de couleurs comme de vari&eacute;t&eacute; d&rsquo;articulation.

La brillante distribution initialement annonc&eacute;e, h&eacute;las, n&rsquo;est pas int&eacute;gralement au rendez-vous. Seule l&rsquo;absence de Magdalena Kožen&aacute; laisse &agrave; vrai dire des regrets&nbsp;: quelle qu&rsquo;en soit la raison, Christine Rice est ce soir d&eacute;pass&eacute;e par son premier air et ne parvient qu&rsquo;&agrave; peine mieux &agrave; ma&icirc;triser le second &ndash; l&rsquo;&eacute;motion est en tout cas absente. On aurait aim&eacute; чувам Christian Gerhaher dans une partition tellement faite pour lui, mais Georg Nigl, avec des s&eacute;ductions moins imm&eacute;diates, est un artiste fort, qui donne &agrave; Pierre une silhouette tranchante et fait de Pilate un portrait d&eacute;chirant. Pour Sellars, Pilate n&rsquo;est pas une figure anecdotique&nbsp;: lui qui condamne le Christ &agrave; mort est le t&eacute;moin cardinal, celui pour qui cette rencontre bouleverse toute une existence et tout un monde de certitudes. Camilla Tilling и особено Andrew Staples, eux aussi, n&rsquo;appellent que des &eacute;loges, dans une m&ecirc;me veine recueillie, avec une m&ecirc;me beaut&eacute; instrumentale irrigu&eacute;e d&rsquo;&eacute;motion.


Passion selon saint Jean (c) Alfonso Salgueiro

La figure la plus marquante de la soir&eacute;e, cependant, est sans nul doute Mark Padmore : son interpr&eacute;tation habit&eacute;e de la figure de l&rsquo;&eacute;vang&eacute;liste n&rsquo;est pas une surprise, mais elle est ici enrichie par l&rsquo;exp&eacute;rience sc&eacute;nique. Sa narration passionn&eacute;e n&rsquo;est pas une simple adresse &agrave; l&rsquo;auditeur&nbsp;: elle cherche le dialogue avec les autres protagonistes, avec cette foule tant&ocirc;t compatissante, tant&ocirc;t violente, avec tel ou tel autre chanteur. La limpidit&eacute; de sa voix, ces aigus d&eacute;chirants, la perfection de la diction prennent encore plus de force gr&acirc;ce au travail sc&eacute;nique. Son interlocuteur principal reste le Christ de Roderick Williams, &agrave; qui Sellars demande un jeu et un chant particuli&egrave;rement doloriste, jusqu&rsquo;&agrave; priver la voix de sa chair. Contrairement &agrave; d&rsquo;autres collaborations semi-sc&eacute;niques de Sellars et Rattle, il n&rsquo;y a ici pas d&rsquo;&eacute;l&eacute;ments de d&eacute;cor, et &agrave; peine de costumes&nbsp;: la soprano est en bleu, l&rsquo;alto en rouge, mais tous les autres ont de simples costumes noirs qui ne se distinguent gu&egrave;re de simples costumes de concert.

Ce d&eacute;pouillement est tout sauf un pis-aller&nbsp;: ce qui passionne Sellars dans l&rsquo;&oelig;uvre de Bach et dans le r&eacute;cit biblique, c&rsquo;est l&rsquo;humain, la mani&egrave;re dont les &eacute;v&eacute;nements de la Passion r&eacute;v&egrave;lent la v&eacute;rit&eacute; des &ecirc;tres. Le ch&oelig;ur, compos&eacute; largement de jeunes chanteurs, est partie prenante de l&rsquo;action&nbsp;: cette foule, c&rsquo;est nous, nos &eacute;lans g&eacute;n&eacute;reux comme nos col&egrave;res irr&eacute;pressibles se succ&eacute;dant sans transition. L&rsquo;approche de Sellars passe comme toujours par le corps, par lequel passe une v&eacute;rit&eacute; au-del&agrave; des mots, une expressivit&eacute; propre et une relation unique entre les &ecirc;tres&nbsp;; les gestes ont ici une puissance peu commune, tr&egrave;s loin du hi&eacute;ratisme de Robert Wilson. L&rsquo;approche de Sellars est profond&eacute;ment humble par rapport &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre qu&rsquo;il met en sc&egrave;ne&nbsp;: elle passe d&rsquo;abord par une &eacute;coute extraordinaire &agrave; ce que disent les notes et &agrave; ce que disent les mots, et il sait faire passer ces &eacute;motions universelles par les moyens les plus simples, les plus limpides. Une simple mise en espace&nbsp;? Le plus fort et le plus essentiels du th&eacute;&acirc;tre lyrique.

Dominique Adrian

(Luxembourg, Philharmonie, 4 avril 2019)

Johann Sebastian Bach&nbsp;: Passion selon saint Jean
Mise en sc&egrave;ne&nbsp;: Peter Sellars.
Mark Padmore, L&rsquo;&Eacute;vang&eacute;liste&nbsp;; Roderick Williams, J&eacute;sus&nbsp;; Camilla Tilling, soprano&nbsp;; Christine Rice, alto&nbsp;; Andrew Staples, t&eacute;nor&nbsp;; Georg Nigl, baryton, Pierre, Pilate.
Choir and Orchestra of the Age of the Enlightenment&nbsp;; direction&nbsp;: Simon Rattle.

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S_sir-simon-rattle-peter-sellars-johannes-passion-1" src="https://www.opera-online.com/media/images/picture/column/0000/1592/5098/s_sir-simon-rattle-peter-sellars-johannes-passion-1.jpg
Sun, 07 Apr 2019 14:58:06 +0000 https://www.opera-online.com/fr/columns/dominiqueadrian/la-bouleversante-passion-selon-saint-jean-par-sellars-et-rattle-a-luxembourg
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French – Zauberland aux Bouffes du Nord : les marottes de Katie Mitchell

C&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;une femme. D&rsquo;un parcours dans l&rsquo;obscurit&eacute;. D&rsquo;un voyage mental. De travers&eacute;es territoriales et maritimes entre le Proche Orient et l&rsquo;Allemagne. On y voit des hommes en noir, des briquets, des lits de camp, des poup&eacute;es Barbie dans des bo&icirc;tes en verre. Les mouvements au ralenti succ&egrave;dent &agrave; des encha&icirc;nements rapides de changement de plateau.&nbsp;


Zauberland, Th&eacute;&acirc;tre des Bouffes du Nord ; &copy; Patrick Berger

Sur sc&egrave;ne, trois com&eacute;diens, une chanteuse et un pianiste cr&eacute;ent un cauchemar lynchien &agrave; partir de peu d&rsquo;accessoires et d&rsquo;un mat&eacute;riau musical insolite&nbsp;: les seize Lieder tir&eacute;s des&nbsp;Dichterliebe&nbsp;de Robert Schumann c&ocirc;toient dix-neuf m&eacute;lodies compos&eacute;es par Bernard Foccroulle sur des textes de Martin Crimp (librettiste de George Benjamin), sans dialogues. Si tout cela para&icirc;t un peu confus, on n&rsquo;en sait pas beaucoup plus apr&egrave;s avoir vu le spectacle.

La metteuse en sc&egrave;ne Katie Mitchell d&eacute;laisse ici les imposantes structures de d&eacute;cors pour signer un num&eacute;ro transformiste brillamment chor&eacute;graphi&eacute;. Les changements de costumes de la soprane Julia Bullock sont faits alors m&ecirc;me qu&rsquo;elle interpr&egrave;te sans discontinuer les Lieder, l&rsquo;un apr&egrave;s l&rsquo;autre. Les temporalit&eacute;s se chevauchent, les obsessions r&eacute;apparaissent. Le souvenir du feu, la lumi&egrave;re d&rsquo;un train et le cadavre d&rsquo;un mari reviennent &agrave; intervalles r&eacute;guliers. L&rsquo;h&eacute;ro&iuml;ne est une femme ordinaire dont l&rsquo;oppression par les hommes et la position passive qui lui est impos&eacute;e fait stagner ses culpabilit&eacute;s. Le d&eacute;sordre organis&eacute; du format r&eacute;ussit &agrave; faire passer ce qu&rsquo;une trame narrative lin&eacute;aire n&rsquo;aurait pu transmettre. Cependant, l&rsquo;it&eacute;ration des proc&eacute;d&eacute;s et des objets fait copieusement perdre patience, et l&rsquo;ennui s&rsquo;installe grassement.


Zauberland, Th&eacute;&acirc;tre des Bouffes du Nord ; &copy; Patrick Berger


Zauberland, Th&eacute;&acirc;tre des Bouffes du Nord ; &copy; Patrick Berger

L&rsquo;autre d&eacute;faut de la production repose sur sa conception musicale et dramaturgique. Le dialogue du romantisme allemand et du XXIe si&egrave;cle a beau trouver des transitions subtiles gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;&eacute;criture po&eacute;tique de Bernard Foccroulle, en reflets dans l&rsquo;eau et cascades tendues, en sinuosit&eacute;s harmoniques et couleurs pianistiques, on attendait une vraie mise en relation des pi&egrave;ces. Las, les&nbsp;Dichterliebe&nbsp;et les m&eacute;lodies de l&rsquo;ancien directeur du Festival d&rsquo;Aix-en-Provence sont presque toutes chant&eacute;es d&rsquo;une seule traite, en deux blocs distincts. La premi&egrave;re partie, sur Schumann, poss&egrave;de l&rsquo;aspect ludique d&rsquo;un r&eacute;cital de Lieder &laquo;&nbsp;pour les nuls&nbsp;&raquo;, gr&acirc;ce &agrave; sa mise en mouvement perp&eacute;tuelle, innovant le format piano-voix en n&rsquo;allant cependant nulle part. La seconde moiti&eacute; concentre une &eacute;criture plus op&eacute;ratique, en tiroirs narratifs complexes, mais qui peine &agrave; faire le lien litt&eacute;raire avec Heinrich Heine. Les textes de&nbsp;Martin Crimp&nbsp;associent en effet magistralement la beaut&eacute; orale des vers et le malaise du personnage, sans pour autant rendre imaginable le parcours de cette r&eacute;fugi&eacute;e syrienne.

Julia Bullock incarne le lien concret entre toutes ces parties d&eacute;cousues dans une performance physique et vocale renversante. Elle trouve instantan&eacute;ment l&rsquo;esprit ad&eacute;quat &agrave; chaque Lied, restitu&eacute; comme une histoire personnelle. Le chant est plus souple et doux chez Foccroulle, le timbre sonne plus compact et rythmique chez Schumann, le vibrato ne sombre jamais dans un sch&eacute;ma syst&eacute;matique. Elle apporte un &eacute;clat diurne &agrave; la nuit qui l&rsquo;habite, et dessine deux univers troubles, contrairement au pianiste C&eacute;dric Tiberghien, qui garde un toucher commun pour les deux compositeurs. Il t&acirc;tonne, insiste, caresse les nuances discr&egrave;tes. Bien que les forte plus durs conviennent beaucoup moins &agrave; l&rsquo;interpr&eacute;tation romantique, les phras&eacute;s au long cours constituent un atout majeur de son jeu contrast&eacute;.

Si le spectacle n&rsquo;est pas la grande r&eacute;flexion annonc&eacute;e, il d&eacute;montre la possibilit&eacute; de collaboration et l&rsquo;attrait envers les formats originaux, dont le monde lyrique a plus que jamais besoin. Avec le Royal Opera, le Lincoln Center, la Monnaie, l&rsquo;Op&eacute;ra de Lille et l&rsquo;Op&eacute;ra de Rouen Normandie, entre autres coproducteurs avec le Th&eacute;&acirc;tre des Bouffes du Nord, la r&eacute;volution est en marche.

Thibault Vicq

(Paris, le 5 avril 2019)

Zauberland, Le Pays enchant&eacute;, jusqu&#39;au 14 avril au Th&eacute;&acirc;tre des Bouffes du Nord (Paris 10e)

S_ber19040237" src="https://www.opera-online.com/media/images/picture/column/0000/1589/5093/s_ber19040237.jpg
Sun, 07 Apr 2019 14:36:19 +0000 https://www.opera-online.com/fr/columns/thibaultv/zauberland-aux-bouffes-du-nord-les-marottes-de-katie-mitchell
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French – Reprise de La Juive selon Peter Konwitschny à l&#39;Opéra de Flandre

Jusqu&rsquo;aux ann&eacute;es 30, La Juive de Jacques Fromental Hal&eacute;vy appartenait au r&eacute;pertoire international et jouissait d&rsquo;une grande popularit&eacute;, tout particuli&egrave;rement dans les pays germaniques. Sa (quasi) disparition de l&rsquo;affiche semble devoir &ecirc;tre attribu&eacute;e &agrave; la r&eacute;ticence des spectateurs vis-&agrave;-vis du Grand-Op&eacute;ra &agrave; la fran&ccedil;aise qui, malgr&eacute; les efforts de red&eacute;couverte de ces derni&egrave;res ann&eacute;es, reste victime d&rsquo;accablants pr&eacute;jug&eacute;s. L&rsquo;Ouvrage est pourtant fertile en surprises ; chacun des cinq actes t&eacute;moigne d&rsquo;une dramaturgie d&rsquo;un riche int&eacute;r&ecirc;t po&eacute;tique, s&rsquo;appuyant sur une description vivante des situations sur une musique au dramatisme captivant. Construite autour de quelques sc&egrave;nes-clefs, La Juive tire sa force de ses ch&oelig;urs puissamment rythm&eacute;s, de son tissu m&eacute;lodique tr&egrave;s dense et de ses airs &agrave; l&rsquo;allure farouche. Apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; &eacute;trenn&eacute;e in loco &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra de Flandre (Gand) en 2015, la production imagin&eacute;e par l&rsquo;iconoclaste Peter Konwitschny – que nous avions vue et chroniqu&eacute;e lors de sa reprise strasbourgeoise en 2017 – fait donc son retour sur la sc&egrave;ne gantoise. Si l&rsquo;on doit toujours d&eacute;plorer les importantes coupures, on reste en revanche s&eacute;duit par les id&eacute;es fortes et originales qui &eacute;maillent le spectacle, comme faire chanter leur grand air &agrave; Rachel et &agrave; El&eacute;azar au beau milieu du parterre (pour le reste, nous renvoyons le lecteur &agrave; nos pr&eacute;c&eacute;dents commentaires).

La distribution est ici enti&egrave;rement renouvel&eacute;e &agrave; l&rsquo;exception du r&ocirc;le-titre, l&rsquo;am&eacute;ricain Roy Cornelius Smith, dont la diction appara&icirc;t rel&acirc;ch&eacute;e en cette soir&eacute;e de derni&egrave;re, a contrario de Strasbourg o&ugrave; il avait pris davantage de soin &agrave; prononcer la langue de Moli&egrave;re. Mais son engagement vocal et sc&eacute;nique est tel qu&rsquo;il emporte cependant les suffrages, d&rsquo;autant qu&rsquo;il reste le seul t&eacute;nor que nous ayons jamais entendu a avoir le courage de se confronter &agrave; la meurtri&egrave;re cabalette &laquo; Dieu m&rsquo;&eacute;claire ! &raquo;. M&ecirc;me si la soprano am&eacute;ricaine Corinne Winters ne poss&egrave;de pas tout &agrave; fait l&rsquo;impossible largeur de voix n&eacute;cessaire pour camper Rachel (r&ocirc;le chant&eacute; pour la premi&egrave;re fois par Corn&eacute;lie Falcon, qui laissera son nom affili&eacute; &agrave; une typologie vocale), elle n&rsquo;assume pas moins avec un vrai aplomb vocal sa p&eacute;rilleuse partie, offrant par ailleurs une voix &agrave; la fois belle, puissante, homog&egrave;ne et s&ucirc;re. Elle se montre surtout saisissante de v&eacute;rit&eacute; dramatique, notamment au moment o&ugrave; elle d&eacute;livre – au beau milieu de la salle – son air principal, &laquo; Il va venir&hellip; &raquo;.

En attendant de l&rsquo;entendre un jour dans le r&ocirc;le-titre – sa voix de baritenore&nbsp;d&eacute;sormais suffisamment d&eacute;velopp&eacute;e y ferait merveille&hellip; – , c&rsquo;est dans le r&ocirc;le de Leopold qu&rsquo;est distribu&eacute; le superbe t&eacute;nor sicilien Enea Scala, On ne peut que regretter que sa magnifique S&eacute;r&eacute;nade du I &laquo; Loin de son amant &raquo; ait &eacute;t&eacute; supprim&eacute;e, o&ugrave; son flamboyant registre aigu aurait eu l&rsquo;occasion d&rsquo;enflammer nos oreilles. Il est par ailleurs ce soir le chanteur ayant la meilleure diction de notre langue, et l&rsquo;on ne perd pas une seule syllabe de tout ce qu&rsquo;il d&eacute;livre, ce qui n&#39;est pas la moindre qualit&eacute; de sa brillante prestation. Priv&eacute;e de son Bol&eacute;ro, l&rsquo;Eudoxie de l&rsquo;am&eacute;ricaine Nicole Chevalier convainc moins bien : la vocalisation manque de fluidit&eacute;, la prononciation s&rsquo;av&egrave;re souvent d&eacute;faillante, et la technique vocale n&rsquo;est pas toujours s&ucirc;re. En Cardinal de Brogni, la basse italienne Riccardo Zanellato est superbe de legato et son registre grave, fortement sollicit&eacute; ici, fait forte impression. Quant au jeune baryton croate Leon Kosavic – pl&eacute;biscit&eacute; dans ces colonnes pour son Figaro (du Barbiere) strasbourgeois et son Figaro (des Nozze) li&eacute;geois -, il se montre impeccable d&rsquo;&eacute;loquence et de diction dans le double r&ocirc;le de Ruggiero et d&rsquo;Albert.&nbsp;Quant aux choristes maison, ils s&#39;av&egrave;rent excellents, comme &agrave; leur bonne habitude serait-on tent&eacute; de dire….

A la t&ecirc;te d&rsquo;une Orchestre symphonique de l&rsquo;Op&eacute;ra de Flandre inspir&eacute;, l&rsquo;excellent chef italien Antonino Fogliani fait preuve d&rsquo;autant de go&ucirc;t que de comp&eacute;tence, contribuant de mani&egrave;re d&eacute;terminante &agrave; la r&eacute;ussite de la soir&eacute;e. Il confirme lui aussi que La Juive m&eacute;rite de reprendre sur nos sc&egrave;nes nationales la place &eacute;minente qui &eacute;tait la sienne jusqu&rsquo;au d&eacute;but du XXe si&egrave;cle !

Emmanuel Andrieu

La Juive de Jacques Fromenthal Hal&eacute;vy &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra de Flandre, le 6 avril 2019

Cr&eacute;dit photographique &copy; Annemie Augustjins

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Sun, 07 Apr 2019 10:17:50 +0000 https://www.opera-online.com/fr/columns/manu34000/reprise-de-la-juive-selon-peter-konwitschny-a-lopera-de-flandre
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German – Lucia in der Anatomie-Donizettis Oper am Grazer Opernhaus

Obwohl ihre Familien t&ouml;dlich verfeindet sind, lieben sich Edgardo und Lucia, eine Liebe, die letal endet. Damit sind die Beiden nichts anderes als ein schottisches Pendant zum ewigen Liebespaar Romeo und Julia. Zeitlos ist deren Geschichte und so verlegt Verena Stoiber &bdquo;Lucia di Lammermoor&ldquo; von Gaetano Donizetti&nbsp;ins Jahr 1890. Genauso wie im Libretto von Salvatore Cammarano (im Gegensatz zur Romanvorlage von Sir Walter Scott) legt sie keinen besonderen Wert auf historische Hintergr&uuml;nde, sondern erz&auml;hlt sie am Grazer Opernhaus inspiriert von der damaligen &bdquo;Hysterieforschung&ldquo; in Form eines &bdquo;Anatomischen Theaters&ldquo;. Dies waren die ersten medizinischen H&ouml;rs&auml;le mit einer trib&uuml;nenartigen Zuschauergalerie, wo Untersuchungen, Operationen und Sektionen vor Publikum stattfanden. Zu diesem Zweck wurde in Graz ein solches in einer h&ouml;lzernen Konstruktion nach einer historischen Vorlage nachgebaut (B&uuml;hne: Sophie Schneider).

Lucias Bruder Enrico, skrupellos nur auf Macht und Ehre bedacht, &auml;hnelt dem Pathologen und Neurologen Jean-Martin Charcot, der der deutschen Regisseurin offensichtlich als Vorlage diente. Er f&uuml;hrt in dieser Arena, an psychisch labilen Patientinnen vor teils begeistertem Publikum allerlei Untersuchungen und Hypnoseexperimente durch. Diese werden zwangsweise hereingetrieben, gezwungenerma&szlig;en nackt ausgezogen und mit einem Schlauch abgespritzt. Man fragt sich nur, wie diese Konzeption mit der eigentlichen Geschichte zusammenpasst. Er zwingt seine Schwester zu einer ungewollten Heirat und f&uuml;hrt auch gleich die Abtreibung ihres Kindes, das sie von ihrem geliebten Edgardo empfangen hat, mit Zwang durch. Auch die ungewollte Hochzeit, die Lucia immer mehr in die psychische Zerr&uuml;ttung f&uuml;hrt, findet in diesem Einheitsb&uuml;hnenbild statt, das man auch immer wieder von der R&uuml;ckseite, als eine Art d&uuml;stere Kammer der Psyche, wo st&auml;ndig geraucht wird, sieht. Mit der Frequenz der Drehb&uuml;hne, wird ziemlich &uuml;bertrieben.

Ganz anders ist die musikalische Seite: Ana Durlovski meistert als Lucia scheinbar m&uuml;helos alle Klippen des immens schweren lyrisch &ndash; dramatischen Koloraturgesangs und brilliert nicht nur in der Wahnsinnsarie. Jede H&ouml;he und jede Nuance sitzen und sie wei&szlig; auch zarte, innige Piani auszuformen.&nbsp;Pavel Petrov&nbsp;als Edgardo verf&uuml;gt &uuml;ber einen f&uuml;r diese Partie sch&ouml;n gef&auml;rbten, sensiblen Tenor, mit etwas kehligen H&ouml;hen. Rodion Pogossov&nbsp;ist ein von der Stimme kernig nobler, ansonsten skrupelloser Bruder und Politiker Enrico, Alexey Birkus ein edler Priester Raimondo. Albert Memeti (Arturo), Martin Fournier&nbsp;(Normanno), Andrea Purtic (Alisa) und der Chor des Hauses (Einstudierung: Bernhard Schneider) singen &uuml;berwiegend tadellos.&nbsp;

Der unersch&ouml;pfliche Reichtum der lyrischen Musik wird von den Grazer Philharmonikern unter dem exzellenten Andrea Sanguineti mit vielen dynamischen und emotionalen Ausdrucksm&ouml;glichkeiten sehr aufregend und klangsch&ouml;n pr&auml;sentiert.

Dr. Helmut Christian Mayer

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S_lucia-graz-4-19-1" src="https://www.opera-online.com/media/images/picture/column/0000/1587/5086/s_lucia-graz-4-19-1.jpg
Sat, 06 Apr 2019 22:32:56 +0000 https://www.opera-online.com/de/columns/hmayer/lucia-in-der-anatomie-donizettis-oper-am-grazer-opernhaus
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French – Gregory Kunde chantera Otello à Paris (en lieu et place d&#39;Aleksandrs Antonenko)

L&#39;Op&eacute;ra national de Paris donne&nbsp;maintenant Otello, dans la production cr&eacute;&eacute;e en juin 2011 par&nbsp;Andrei Şerban, Si la mise en sc&egrave;ne fait montre &laquo;&nbsp;d&rsquo;une triste platitude&nbsp;&raquo; selon notre coll&egrave;gue Alain Duault&nbsp;dans sa chronique, la production pr&eacute;sente n&eacute;anmoins l&#39;int&eacute;r&ecirc;t de r&eacute;unir une superbe distribution : notamment Roberto Alagna dans le r&ocirc;le-titre (malgr&eacute; une&nbsp;trach&eacute;ite le soir de la premi&egrave;re) et&nbsp;Aleksandra Kurzak&nbsp;en Desdemona pour les premi&egrave;res repr&eacute;sentations, suivis d&#39;Aleksandrs Antonenko&nbsp;et&nbsp;Hibla Gerzmava&nbsp;dans les suivantes (les dates d&#39;avril).

Las, l&#39;Op&eacute;ra national de Paris fait savoir sur&nbsp;twitter&nbsp;qu&#39;Aleksandrs Antonenko&nbsp;est contraint de se retirer de la production pour raison de sant&eacute;, apr&egrave;s une premi&egrave;re repr&eacute;sentation le 1er avril dernier. Il a donc fallu trouver des rempla&ccedil;ants &agrave; l&#39;artiste d&eacute;faillant et ce soir 4 avril,&nbsp;Roberto Alagna&nbsp;reprendra donc son r&ocirc;le d&#39;Otello pour une repr&eacute;sentation suppl&eacute;mentaire. Et pour la derni&egrave;re repr&eacute;sentation, le 7 avril prochain, c&#39;est Gregory Kunde&nbsp;qui endossera le r&ocirc;le-titre. Il le connait parfaitement pour l&#39;avoir interpr&eacute;t&eacute; &agrave; de multiples reprises, notamment &agrave; de Royal Opera House de Londres en 2017&nbsp;en alternance avec Jonas Kaufmann, ou encore &agrave; Peralada en 2015&nbsp;o&ugrave; il nous avait &eacute;bloui, Fait notable, &agrave; 65 ans, Gregory Kunde est l&#39;un des grands absents de la sc&egrave;ne parisienne, o&ugrave; il ne s&#39;&eacute;tait plus produit depuis une dizaine d&#39;ann&eacute;e (dans Louise, de Charpentier) et o&ugrave; on ne l&#39;a quasiment jamais entendu dans ses r&ocirc;les majeurs.&nbsp;

La d&eacute;fection d&#39;Aleksandrs Antonenko&nbsp;pour ces deux derni&egrave;res dates aura au moins ce m&eacute;rite : permettre de r&eacute;entendre Roberto Alagna&nbsp;dans le r&ocirc;le d&#39;Otello qui lui vaut plut&ocirc;t des &eacute;loges critiques et de (presque) &laquo;&nbsp;d&eacute;couvrir&nbsp;&raquo; Gregory Kunde &agrave; l&#39;Op&eacute;ra de Paris. Pour m&eacute;moire, le mois dernier,&nbsp;Aleksandrs Antonenko&nbsp;avait d&eacute;j&agrave; d&ucirc; annuler sa participation &agrave; la production de Samson et Dalila au Met de New York, o&ugrave; il avait d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; remplac&eacute; par le m&ecirc;me Gregory Kunde (marquant l&agrave; aussi le retour du chanteur sur la sc&egrave;ne new-yorkaise apr&egrave;s plus de dix ans d&#39;absence).

S_otello-paris-2019-alagna-kunde-antonenko" src="https://www.opera-online.com/media/images/picture/article/0000/0922/5083/s_otello-paris-2019-alagna-kunde-antonenko.jpg
Thu, 04 Apr 2019 07:00:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/gregory-kunde-chantera-otello-a-paris-en-lieu-et-place-daleksandrs-antonenko
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French – Le Théâtre du Capitole de Toulouse dévoile sa saison 2019-2020

Le Th&eacute;&acirc;tre du Capitole vient tout juste d&rsquo;annoncer sa saison 2019-2020 qui compte cinq nouvelles productions dont une cr&eacute;ation mondiale tout en parvenant &agrave; un beau m&eacute;lange des genres, permettant de couvrir un r&eacute;pertoire relativement large compte tenu du nombre de productions propos&eacute;es.

C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs une nouvelle production qui ouvrira la saison avec Norma dans une mise en sc&egrave;ne sign&eacute;e par Anne Delb&eacute;e et dirig&eacute;e par Giampaolo Bisanti, La distribution sera double pour cette occasion&nbsp;: Marina Rebeka et Kl&aacute;ra Kolonits tiendront le r&ocirc;le-titre, Karine Deshayes et lseyar Khayrullova celui d&rsquo;Adalgisa, Martin Muehle et Airam Hern&aacute;ndez celui de Pollione, B&aacute;lint Szab&oacute; et Julien V&eacute;ron&egrave;se celui d&rsquo;Oroveso tandis qu&rsquo;Andreea Soare interpr&egrave;tera Clotilde pour toutes les dates. Novembre sera ensuite marqu&eacute; par l&rsquo;arriv&eacute;e de la production des Dialogues des Carm&eacute;lites sign&eacute;e Olivier Py, Cr&eacute;&eacute;e en 2013 au TCE, elle avait alors &eacute;t&eacute; salu&eacute;e avant d&rsquo;&ecirc;tre reprise &agrave; Bruxelles o&ugrave; nous l&rsquo;avions vue, Le plateau a d&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave; de quoi ravir, puisqu&rsquo;il r&eacute;unira Ana&iuml;s Constans, Ana&iuml;k Morel, Catherine Hunold qui reprendra le r&ocirc;le de Madame Lidoine qu&rsquo;elle a d&eacute;j&agrave; merveilleusement tenu en Avignon en 2018, ou encore Jodie Devos et Jean-Fran&ccedil;ois Lapointe,

C&rsquo;est toutefois la production suivante qui devrait piquer la curiosit&eacute; des amateurs d&#39;art lyrique, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit de la cr&eacute;ation mondiale de la saison, L&rsquo;Annonce faite &agrave; Marie de Marc Bleuse d&#39;apr&egrave;s la pi&egrave;ce de Paul Claudel. Pour m&eacute;moire, elle repose sur l&rsquo;histoire de Violaine, fille d&rsquo;Anne de Vercors et fianc&eacute;e &agrave; Jacques Hury. Alors qu&rsquo;elle revoit Pierre de Craon, un l&eacute;preux qui l&rsquo;avait autrefois d&eacute;sir&eacute;e, elle consent &agrave; lui donner, par compassion et charit&eacute;, un baiser d&#39;adieu. Malheureusement, sa s&oelig;ur Mara, amoureuse de Jacques, surprend la sc&egrave;ne et finit par d&eacute;noncer sa s&oelig;ur qui contracte elle aussi la l&egrave;pre. Violaine se voit alors abandonn&eacute;e de tous et envoy&eacute;e dans une l&eacute;proserie, tandis que son ancien fianc&eacute; &eacute;pouse Mara. L&rsquo;h&eacute;ro&iuml;ne se retire finalement dans la for&ecirc;t afin de se consacrer &agrave; Dieu, mais un malheur frappe le couple mari&eacute;&nbsp;: leur enfant meurt, conduisant Mara &agrave; rendre visite &agrave; sa s&oelig;ur qu&rsquo;elle n&rsquo;aime toujours pas, mais en laquelle elle croit pour obtenir un miracle de Dieu. Ce qui se produit&nbsp;: l&rsquo;enfant revient &agrave; la vie, ses yeux prenant la couleur de ceux de Violaine et non plus de sa s&oelig;ur. Toutefois, cette derni&egrave;re tue la l&eacute;preuse qui, avant de mourir, obtient le pardon pour sa meurtri&egrave;re aupr&egrave;s de son p&egrave;re et de son mari. On apprend &eacute;galement que Pierre de Craon a &eacute;t&eacute; myst&eacute;rieusement gu&eacute;ri de la l&egrave;pre et Mara trouve enfin la paix dans le pardon, au son des cloches de l&#39;Ang&eacute;lus dont le premier versicule donne son titre &agrave; la pi&egrave;ce : Angelus Domini nuntiavit Mariae (&laquo; L&rsquo;ange du Seigneur apporta l&rsquo;annonce &agrave; Marie &raquo;). Cl&eacute;mence Garcia&nbsp;cr&eacute;era le r&ocirc;le de Violaine et Sarah Laulan celui de sa s&oelig;ur dans la mise en sc&egrave;ne de Jean-Fran&ccedil;ois Gardeil et sous la baguette de Pierre Bleuse,

D&eacute;but d&eacute;cembre, nous quitterons l&rsquo;op&eacute;ra contemporain pour revenir au pr&eacute;mices de cet art avec L&rsquo;Orfeo de Monteverdi. Emiliano Gonzalez Toro tiendra le r&ocirc;le-titre tout en dirigeant l&rsquo;Ensemble I Gemelli face &agrave; l&rsquo;Euridice d&rsquo;Em&ouml;ke Bar&aacute;th et au Caronte de J&eacute;r&ocirc;me Varnier, Le d&eacute;but de l&rsquo;ann&eacute;e prochaine sera plac&eacute; sous les couleurs allemandes avec Parsifal&nbsp;mis en sc&egrave;ne par Aur&eacute;lien Bory, et l&rsquo;on aura le plaisir d&rsquo;entendre Nikolai Schukoff, que l&rsquo;on avait beaucoup appr&eacute;ci&eacute; en Lohengrin &agrave; St-Etienne, ainsi que Sophie Koch, Peter Rose ou Matthias Goerne, Retour ensuite en Italie avec la reprise de l&rsquo;Elixir d&rsquo;Amour imagin&eacute;e par Arnaud Bernard en 2001, avec l&agrave; aussi une double distribution&nbsp;: Otar Jorjikia et K&eacute;vin Amiel en Nemorino, ou encore Vannina Santoni et Gabrielle Philiponet en Adina.

Ce sera ensuite au tour d&rsquo;une nouvelle production de Plat&eacute;e, en coproduction avec l&rsquo;Op&eacute;ra royal de Versailles, dans une mise en sc&egrave;ne de Corinne&nbsp;et&nbsp;Gilles Benizio (Shirley et Dino) qui devrait nous r&eacute;galer, comme cela avait d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; le cas avec leur Fille du R&eacute;giment derni&egrave;rement, Mathias Vidal, qui vient de briller dans Les Bor&eacute;ades &agrave; Dijon, tiendra le r&ocirc;le-titre, Marie Perbost celui de la fameuse Folie et Enguerrand de Hys celui de Mercure. Nicolas Joel mettra en sc&egrave;ne Jenůfa&nbsp;dont la direction est confi&eacute;e &agrave;&nbsp;Florian Krump&ouml;ck pendant que Marie-Adeline Henry tiendra le r&ocirc;le-titre. Enfin, le Th&eacute;&acirc;tre du Capitole reprendra le Mefistofele imagin&eacute; de Jean-Louis Grinda aux Chor&eacute;gies d&rsquo;Orange en 2018, C&rsquo;est &agrave; Nicolas Courjal que reviendra le r&ocirc;le diabolique tandis que Jean-Fran&ccedil;ois Borras sera Faust, Chiara Isotton, Margherita, B&eacute;atrice Uria-Monzon, Elena, et Marie-Ange Todorovitch ceux de Marta et Pantalis.

De nombreux r&eacute;citals ponctueront &eacute;galement la saison&nbsp;: Soile Isokoski, Ludovic T&eacute;zier, Annick Massis, Elsa Dreisig et Michael Spyres qui cl&ocirc;turera la s&eacute;rie le 13 juin.

En attendant de vivre cette saison concr&egrave;tement, plus d&#39;informations sont d&#39;ores et d&eacute;j&agrave; disponibles sur le site officiel du Th&eacute;&acirc;tre du Capitole,

S_capitole_19-20" src="https://www.opera-online.com/media/images/picture/article/0000/0921/5078/s_capitole_19-20.jpg
Wed, 03 Apr 2019 14:33:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/le-theatre-du-capitole-de-toulouse-devoile-sa-saison-2019-2020
https://www.opera-online.com/fr/articles/le-theatre-du-capitole-de-toulouse-devoile-sa-saison-2019-2020


French – Tous à l’Opéra ! 2019 : les ateliers à l’honneur avec Laurent Pelly

Les 3, 4 et 5 mai prochains se tiendra la 13&egrave;me &eacute;dition de &laquo;&nbsp;Tous &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra&nbsp;!&nbsp;&raquo;, cette manifestation d&eacute;sormais tr&egrave;s attendue par les amateurs d&#39;art lyrique (et les autres), qui&nbsp; revendique plus d&#39;un million de visiteurs depuis sa cr&eacute;ation en 2007 et mobilise 26 op&eacute;ras &agrave; travers la France. Si l&rsquo;an pass&eacute;, la danse &eacute;tait &agrave; l&rsquo;honneur avec Aur&eacute;lie Dupont, l&#39;&eacute;dition 2019 de &laquo;&nbsp;Tous &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra&nbsp;!&nbsp;&raquo; retient le th&egrave;me de &laquo; L&rsquo;op&eacute;ra, la grande fabrique du spectacle &raquo; et s&#39;int&eacute;resse plus sp&eacute;cifiquement aux m&eacute;tiers des ateliers. Ils sont &eacute;videmment essentiels &agrave; la r&eacute;ussite de toute production, en plus d&#39;&ecirc;tre d&eacute;tenteurs d&rsquo;un savoir-faire unique, et seront mis en avant cette ann&eacute;e sous le parrainage du metteur en sc&egrave;ne et costumier Laurent Pelly,

Un th&egrave;me qui, en effet, correspond bien &agrave; Laurent Pelly, &laquo;&nbsp;particuli&egrave;rement reconnu pour son travail&nbsp; sur le r&eacute;pertoire fran&ccedil;ais&nbsp;&raquo; et qui &laquo;&nbsp;aime &agrave; cr&eacute;er les costumes et de temps en temps les sc&eacute;nographies des spectacles qu&rsquo;il dirige&nbsp;&raquo;. Il a &eacute;t&eacute; nomm&eacute; Best Director de International Opera Awards 2016 et sa production du Roi Carotte (que nous avions particuli&egrave;rement aim&eacute;e et qui sera reprise &agrave; Lyon, o&ugrave; elle a &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute;e, la saison prochaine) a &eacute;t&eacute; nomm&eacute;e Best Rediscovered Work en 2016,

Cette ann&eacute;e encore, le programme de ces trois journ&eacute;es s&rsquo;annonce riche et rempli de propositions bien entendu gratuites et accessibles &agrave; tous, quel que soit l&rsquo;&acirc;ge&nbsp;: r&eacute;p&eacute;titions publiques, concerts, ateliers costumes et maquillages, visites des coulisses, rencontres avec les professionnels, etc… D&rsquo;autant plus que, si comme l&rsquo;an pass&eacute; l&rsquo;Op&eacute;ra national de Lyon est le grand absent de la manifestation, le Centre national du costume de sc&egrave;ne (mus&eacute;e d&eacute;di&eacute; aux costumes d&#39;op&eacute;ra et de spectacle) et la Biblioth&egrave;que nationale de France s&#39;associent &agrave; cette &eacute;dition. Les op&eacute;ras participants ouvriront quant &agrave; eux leurs ateliers &laquo;&nbsp;o&ugrave; artisans et techniciens fabriquent les d&eacute;cors et les costumes des productions lyriques et chor&eacute;graphiques qui seront &agrave; l&rsquo;affiche. Ce sont les comp&eacute;tences des couturiers, perruquiers, d&eacute;corateurs, peintres, &eacute;lectriciens, sculpteurs, voiliers, machinistes, cintriers, r&eacute;gisseurs, accessoiristes… qui contribuent &agrave; la r&eacute;ussite des spectacles.&nbsp;&raquo; donc Angers Nantes Op&eacute;ra, l&rsquo;Op&eacute;ra de Dijon, l&rsquo;Op&eacute;ra de Marseille, l&rsquo;Op&eacute;ra de Massy, l&rsquo;Op&eacute;ra de Rennes, l&rsquo;Op&eacute;ra de Rouen Normandie, et l&rsquo;Op&eacute;ra de Tours&nbsp;vous feront entrer c&ocirc;t&eacute; coulisses pour d&eacute;couvrir les m&eacute;tiers qui se cachent derri&egrave;re la fabrication d&rsquo;une production d&rsquo;op&eacute;ra, l&rsquo;Op&eacute;ra Grand Avignon ouvrira les portes de ses ateliers d&eacute;cors et costumes pour partager avec vous La vie de Courtine, une proposition ludique qui rappellera celle du Th&eacute;&acirc;tre Imp&eacute;rial de Compi&egrave;gne proposant une d&eacute;couverte ludique du Th&eacute;&acirc;tre sur le th&egrave;me de Carmen, L&#39;Op&eacute;ra Comique a pour sa part plac&eacute; ses visites sous le signe de l&rsquo;accessibilit&eacute; pour les personnes en situation de handicap et l&rsquo;Op&eacute;ra de Saint-&Eacute;tienne propose de d&eacute;couvrir les 36 000 m&sup2; de ses ateliers de d&eacute;cors et de costumes &agrave; travers le processus de cr&eacute;ation et de production de Cendrillon de Nicolas Isouard, mais la liste des manifestations est encore longue, dont certaines &laquo;&nbsp;insolites&nbsp;&raquo; comme &agrave; Vichy, et son d&eacute;fil&eacute; du songe avec les enfants et adultes maquill&eacute;s, des mannequins du body painting et des r&eacute;alisations de l&rsquo;atelier de costumes du CNCS, &agrave; Montpellier, et sa Spring&nbsp; Party, ou &agrave; Strasbourg, o&ugrave; vous pourrez d&eacute;couvrir l&rsquo;op&eacute;ra lors d&rsquo;un Escape Game qui se d&eacute;roulera le jour… et jusqu&rsquo;aux premi&egrave;res heures du matin !

La danse &eacute;tait &agrave; l&rsquo;honneur l&rsquo;an pass&eacute;, mais elle le sera &agrave; nouveau cette ann&eacute;e &agrave; Marseille, Avignon (o&ugrave; on pourra &eacute;galement assister aux r&eacute;p&eacute;titions de la nouvelle production L&#39;Elisir d&#39;Amore de Donizetti, avec les solistes, la Ma&icirc;trise de l&rsquo;Op&eacute;ra, et Fanny Gioria), Massy (qui propose aussi un atelier chant pour les enfants qui pourront participer &agrave; la r&eacute;p&eacute;tition publique de l&rsquo;apr&egrave;s-midi), Metz&hellip; Les ateliers participatifs se multiplieront, comme &agrave; Saint-Etienne, o&ugrave; l&rsquo;on pourra explorer le costume de fil en aiguille avec Claire Risterucci, costumi&egrave;re de Cendrillon, de m&ecirc;me que les expositions. Encore une fois, la liste des manifestations est longue et promet d&rsquo;agr&eacute;ables moments, entre amis, seuls ou en famille&nbsp;! Il ne faut donc pas h&eacute;siter &agrave; se rendre sur les sites des op&eacute;ras participants ou bien sur le site officiel de &laquo;&nbsp;Tous &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra&nbsp;!&nbsp;&raquo;,

Liste des participants&nbsp;:

Angers Nantes Op&eacute;ra
Op&eacute;ra Grand Avignon
Op&eacute;ra National de Bordeaux
Th&eacute;&acirc;tre de Caen
Centre lyrique Clermont-Auvergne
Th&eacute;&acirc;tre Imp&eacute;rial de Compi&egrave;gne
Op&eacute;ra de Dijon
Op&eacute;ra de Marseille
Op&eacute;ra de Massy
Op&eacute;ra-Th&eacute;&acirc;tre de Metz M&eacute;tropole
Op&eacute;ra Orchestre national Montpellier Occitanie
Centre national du costume de sc&egrave;ne (Moulins)
Op&eacute;ra national de Lorraine
Angers Nantes Op&eacute;ra
Op&eacute;ra Nice C&ocirc;te d&rsquo;Azur
Op&eacute;ra national de Paris
Biblioth&egrave;que nationale de France
Biblioth&egrave;que Mus&eacute;e de l&rsquo;Op&eacute;ra
Op&eacute;ra Comique
Op&eacute;ra de Reims
Les Monts du Reuil (Reims)
Op&eacute;ra de Rennes
Op&eacute;ra de Rouen Normandie
Op&eacute;ra &Eacute;clat&eacute; (Saint-C&eacute;r&eacute;)
Op&eacute;ra de Saint-&Eacute;tienne
Op&eacute;ra national du Rhin (Strasbourg, Colmar et Mulhouse)
Op&eacute;ra de Toulon
Th&eacute;&acirc;tre du Capitole
Op&eacute;ra de Tours
Op&eacute;ra de Vichy

S_tous_op_ra_2019" src="https://www.opera-online.com/media/images/picture/article/0000/0920/5076/s_tous_op_ra_2019.jpg
Wed, 03 Apr 2019 09:04:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/tous-a-lopera-2019-les-ateliers-a-lhonneur-avec-laurent-pelly
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French – Le Théâtre des Champs-Elysées dévoile sa saison 2019-2020

Samedi, le Th&eacute;&acirc;tre des Champs-Elys&eacute;es annon&ccedil;ait sa saison 2019-2020 compos&eacute;e non plus de quatre mais de cinq op&eacute;ras mis en sc&egrave;ne, trente-deux op&eacute;ras en version de concert et oratorios (soit dix de plus que pour la saison actuelle) ainsi que de treize r&eacute;citals. Si les figures f&eacute;minines marquent la saison 2018-2019, celle qui s&rsquo;annonce sera plac&eacute;e sous le th&egrave;me des enjeux du pouvoir, politiques ou sociaux, comme le montrent les grands titres lyriques qui seront repr&eacute;sent&eacute;s&hellip;

Le Freisch&uuml;tz qui ouvrira la saison des &oelig;uvres mises en sc&egrave;ne, plac&eacute;e entre les mains de Cl&eacute;ment Debailleul et Rapha&euml;l Navarro (Compagnie 14:20) qui d&eacute;clarent &laquo;&nbsp;placer le d&eacute;s&eacute;quilibre des sens et le d&eacute;tournement du r&eacute;el au centre des enjeux artistiques et affirmer la magie comme un langage autonome, contemporain et populaire&nbsp;&raquo;. Sous la direction de Laurence Equilbey, &agrave; la t&ecirc;te de l&rsquo;Insula orchestra, le plateau regroupera Stanislas de Barbeyrac en Max, Johanni Von Oostrum en Agathe ou encore Chiara Skerath en &Auml;nnchen, accompagn&eacute;s d&rsquo;Accentus, Les Noces de Figaro, donn&eacute;es &agrave; partir du 26 novembre, seront confi&eacute;es &agrave; la baguette de&nbsp;J&eacute;r&eacute;mie Rhorer&nbsp;et marqueront &eacute;galement la premi&egrave;re mise en sc&egrave;ne d&#39;op&eacute;ra du r&eacute;alisateur James Gray&nbsp;(qui se dit fascin&eacute; par l&#39;op&eacute;ra de longue date, et ne rechigne jamais &agrave; illustrer ses films de musique classique). Une distribution cinq &eacute;toiles attendra le public pour cette occasion&nbsp;: Sabine Devieilhe sera &agrave; n&rsquo;en pas douter une Suzanne superlative, Robert Gleadow en p&eacute;tillant Figaro, St&eacute;phane Degout et Vannina Santoni formeront le couple Almaviva tandis qu&rsquo;El&eacute;onore Pancrazi sera Cherubino, pour ne citer que ces noms. De m&ecirc;me que Le Barbier de S&eacute;ville l&rsquo;an pass&eacute;, l&rsquo;&oelig;uvre s&rsquo;inscrira dans le cycle d&rsquo;op&eacute;ras participatifs dans une adaptation jeune public o&ugrave; Cherubin servira de guide pour suivre et vivre les p&eacute;rip&eacute;ties de cette &laquo; folle journ&eacute;e &raquo; servie par de jeunes talents, le tout dans un spectacle intitul&eacute; Les Petites Noces,

Roberto Devereux, &laquo;&nbsp;bijou du bel canto trop rare sur les sc&egrave;nes&nbsp;&raquo;, occupera la sc&egrave;ne en mars dans la production de David McVicar p Francesco Demuro dans le r&ocirc;le-titre face &agrave; l&rsquo;Elisabetta de Maria Agresta, du Duc de Nottingham d&rsquo;Artur Ruciński et la Sara de Karine Deshayes dirig&eacute;s par Roberto Abbado, Enfin, c&rsquo;est par un classique des classiques que la saison se cl&ocirc;turera en apoth&eacute;ose&nbsp;: Le Couronnement de Popp&eacute;e, Dans cette nouvelle production sign&eacute;e Stephen Langridge&nbsp;(&agrave; qui l&rsquo;on doit une Theodora donn&eacute;e ici-m&ecirc;me en 2015), &eacute;paul&eacute; dans la fosse par Christophe Rousset et ses Talens Lyriques, la distribution fera appel &agrave; de grands noms qui devraient attirer les foules&nbsp;: Anne-Catherine Gillet dans le r&ocirc;le-titre, Marie-Nicole Lemieux dans celui de N&eacute;ron que l&rsquo;on devine d&eacute;j&agrave; pleinement investi, Alice Coote en Octavie, Jean Teitgen en S&eacute;n&egrave;que, Judith van Wanroij en Drusilla, mais aussi l&rsquo;excellent t&eacute;nor que l&rsquo;on ne se lasse pas d&rsquo;entendre, Mathias Vidal, ou encore Catherine Trottmann, Une production qui sera &agrave; n&rsquo;en pas douter tr&egrave;s attendue.

C&ocirc;t&eacute; op&eacute;ras en version de concert, le choix entre les nombreuses productions risque d&rsquo;&ecirc;tre corn&eacute;lien&nbsp;! Don Giovanni ouvrira la s&eacute;rie sous la baguette de Douglas Boyd p Jonathan McGovern dans le r&ocirc;le-titre, suivi par Giulio Cesare dirig&eacute; de Christophe Rousset p Christophe Lowrey, Karina Gauvin, Eve-Maud Hubeaux et Ann Hallenberg, Le chef reviendra plusieurs fois au Th&eacute;&acirc;tre des Champs-Elys&eacute;es, comme par exemple pour Isis de Lully (avec &agrave; nouveau Eve-Maud Hubeaux, cette fois-ci dans le r&ocirc;le-titre, mais aussi Ambroisine Br&eacute; pour ne citer qu&#39;eux).
de Stabat Mater seront &agrave; l&rsquo;honneur cette saison, avec ceux de Poulenc d&rsquo;abord, servis par Emőke Bar&aacute;th (direction de Bertrand de Billy), celui de Pergol&egrave;se ensuite avec V&eacute;ronique Gens et Marie-Nicole Lemieux (&eacute;galement pr&eacute;sente pour Juditha triumphans de Vivaldi o&ugrave; elle tiendra le r&ocirc;le-titre sous la baguette de Jean-Christophe Spinosi), puis celui de Rossini, avec Maria Agresta, Daniela Barcellona, Ren&eacute; Barbera et Vitalij Kowaljow, Le sacr&eacute; sera d&rsquo;ailleurs pr&eacute;sent tout au long de la saison &agrave; travers diverses &oelig;uvres, comme le Magnificat de Bach, la fameux Requiem de Mozart, La Cr&eacute;ation de Haydn, la Messe en ut de Beethoven, la Petite Messe solennelle de Rossini, et bien d&rsquo;autres&nbsp;!
Comme annonc&eacute; lors de la pr&eacute;sentation lyonnaise, la coproduction de cette ann&eacute;e sera Ernani, seule oeuvre de Verdi de la saison mais pas seul repr&eacute;sentant italien puisque aux &oelig;uvres d&eacute;j&agrave; cit&eacute;es viendront s&rsquo;ajouter L&rsquo;Italienne &agrave; Алжир dirig&eacute;e par Jean-Christophe Spinosi, avec Margarita Gritskova et Isabella et Veronica Cangemi en Elvira, ou encore L&rsquo;Orfeo de Monteverdi avec Rolando Villaz&oacute;n dans le r&ocirc;le-titre. Franco Fagioli reviendra dans Orlando de Haendel, compositeur dont le TCE donnera &eacute;galement Serse le 4 avril, servi par une distribution all&eacute;chante&nbsp;: Emily D&rsquo;Angelo, Mari Eriksmoen, Jakub J&oacute;zef Orliński, Emőke Bar&aacute;th, Lucile Richardot (que nous avions rencontr&eacute;e en octobre dernier &agrave; l&rsquo;occasion de Songs) Luigi De Donato et Biagio Pizzuti, Il en sera de m&ecirc;me pour son Alessandro qui r&eacute;unira&nbsp;Bejun Mehta, Julia Lezhneva ou encore Raffaele Pe (dont le disque baroque consacr&eacute; &agrave; Jules C&eacute;sar nous avait conquis).
Parmi les autres productions, notons le Fidelio de f&eacute;vrier avec Nina Stemme, ou encore Acanthe et C&eacute;phise de Rameau avec le couple Sabine Devieilhe et Cyrille Dubois dirig&eacute;s par Alexis Kossenko, avant que Psych&eacute;e d&rsquo;Ambroise Thomas ne vienne cl&ocirc;turer la s&eacute;rie des versions concertantes, port&eacute;e ici par Jodie Devos et Karine Deshayes,

Enfin, n&rsquo;oublions pas les nombreux r&eacute;citals qui feront d&eacute;filer sur la sc&egrave;ne du Th&eacute;&acirc;tre certains des plus grands interpr&egrave;tes lyriques actuels, comme Elīna Garanča, Jakub J&oacute;zef Orliński, Jonas Kaufmann, Philippe Jaroussky (pr&eacute;sent pour trois programmes diff&eacute;rents, dont un en compagnie d&rsquo;Emőke Bar&aacute;th) Roberto Alagna, Ren&eacute;e Fleming, ou encore Aleksandra Kurzak, sans omettre &eacute;galement Vannina Santoni, Saimir Pirgu, Elsa Dreisig et Matthias Goerne,

Une saison qui s&rsquo;annonce donc particuli&egrave;rement riche et attractive, laissant une belle place &agrave; la musique baroque, et parvenant une fois encore &agrave; attirer certains des plus grands artistes actuels. De quoi promettre de nombreux moments de plaisirs et de futurs beaux souvenirs !

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Mon, 25 Mar 2019 18:52:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/le-theatre-des-champs-elysees-devoile-sa-saison-2019-2020
https://www.opera-online.com/fr/articles/le-theatre-des-champs-elysees-devoile-sa-saison-2019-2020


French – La Monnaie annonce une saison 2019-2020 qui fait place à une nouvelle « architecture de saison »

La saison 2019-2020 "lance le troisi&egrave;me mandat &agrave; Bruxelles de Peter de Caluwe"&nbsp;et verra &laquo;&nbsp;la th&eacute;matique saisonni&egrave;re habituelle faire place &agrave; нов architecture de saison&nbsp;&agrave; la fois innovante et ambitieuse&nbsp;&raquo; puisque ce ne sont pas moins de onze op&eacute;ras qui seront propos&eacute;s. &laquo;&nbsp;Une offre record et un v&eacute;ritable d&eacute;fi pour les &eacute;quipes du Th&eacute;&acirc;tre&nbsp;&raquo;.

Deux points d&rsquo;orgue marqueront cette saison. Tout d&rsquo;abord, son ouverture qui se fera avec deux cr&eacute;ations mondiales command&eacute;es par la Monnaie et pr&eacute;sent&eacute;es en parall&egrave;le : un op&eacute;ra par un compositeur renomm&eacute; et un premier op&eacute;ra par un talent &eacute;mergent. Le premier, Macbeth Underworld est la troisi&egrave;me commande de la Monnaie au compositeur fran&ccedil;ais Pascal Dusapin, quatre ans apr&egrave;s sa derni&egrave;re cr&eacute;ation, Penthesilea, Ici, &laquo;&nbsp;l&rsquo;&oelig;uvre se veut un cauchemar lourd de bruit et de fureur, qui mettra plut&ocirc;t l&rsquo;accent sur le myst&egrave;re Macbeth que sur l&rsquo;homme de pouvoir&nbsp;&raquo; sous la baguette d&rsquo;Alain Altinoglu et dans une mise en sc&egrave;ne de Thomas Jolly, Magdalena Kožen&aacute; interpr&egrave;tera Lady Macbeth (en alternance pour deux dates avec Ang&eacute;lique Noldus) и Georg Nigl son &eacute;poux. Le second des deux op&eacute;ras est Le Silence des ombres, compos&eacute; de Benjamin Attahir qui met en place &laquo;&nbsp;un univers dans lequel subsistent beaucoup de non-dits et de non montr&eacute;s, mais pas de non chant&eacute;s pour autant&nbsp;&raquo;. Le compositeur dirigera sa partition mise en sc&egrave;ne par Olivier Lexa dans laquelle nous pourrons entendre de jeunes talents, comme Raquel Camarinha ou Cl&eacute;mence Poussin,

Deuxi&egrave;me point d&rsquo;orgue, annonc&eacute; comme &laquo;&nbsp;constante pour les saisons &agrave; venir&nbsp;&raquo; et d&eacute;fini comme &laquo;&nbsp;projet lyrique hercul&eacute;en&nbsp;&raquo; puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit de &laquo;&nbsp;pi&egrave;ces apparent&eacute;es sous une m&ecirc;me dramaturgie&nbsp;&raquo;. Une trilogie Mozart attend cette ann&eacute;e le public avec Le nozze di Figaro, Cos&igrave; fan tutte et Don Giovanni qui &laquo;&nbsp;se d&eacute;rouleront en un seul et m&ecirc;me lieu, en un seul et m&ecirc;me jour : dans un immeuble &agrave; appartements, lors d&rsquo;une de ces &laquo; folles journ&eacute;es &raquo; qui mettent la vie enti&egrave;rement sens dessus dessous&nbsp;&raquo;. Les trois seront mis en sc&egrave;ne par le collectif Clarac-Deloeuil &gt; le lab, dirig&eacute;s &agrave; tour de r&ocirc;le par Antonello Manacorda et Ben Glassberg, &laquo;&nbsp;interpr&eacute;t&eacute;s int&eacute;gralement et de mani&egrave;re autonome, mais c&rsquo;est dans leur jeu d&rsquo;ensemble qu&rsquo;ils divulgueront tous leurs secrets&nbsp;&raquo;. Robert Gleadow (Figaro), Ginger Costa Jackson (Cherubino) et Bjorn B&uuml;rger (Almaviva) se retrouveront dans le premier volet, mais Ginger Costa Jackson sera &eacute;galement pr&eacute;sente en Dorabella (alors qu&rsquo;elle sera ensuite Despina &nbsp;en mars &agrave; Paris) aux c&ocirc;t&eacute;s de la Despina de Rinat Shaham dans le second volet tandis que Robert Gleadow et Bjorn B&uuml;rger formeront le duo Leporello/Don Giovanni dans le dernier op&eacute;ra.

Le reste de la programmation proposera &eacute;galement des classiques et des &oelig;uvres plus rares, avec notamment deux &oelig;uvres propos&eacute;es en miroir&nbsp;: Giovanna d&rsquo;Arco de Verdi, pour la premi&egrave;re fois &agrave; la Monnaie, et Jeanne d&rsquo;Arc au b&ucirc;cher de Honegger. La premi&egrave;re sera sous la direction de Giuliano Carella p Salome Jicia dans le r&ocirc;le-titre, tandis qu&rsquo;Audrey Bonnet reprendra le r&ocirc;le dans la production de Romeo Castellucci que nous avons vue &agrave; Lyon en 2017, En d&eacute;cembre, ce sera au tour des Contes d&rsquo;Hoffmann d&rsquo;occuper la sc&egrave;ne bruxelloise dans une mise en sc&egrave;ne de Krzysztof Warlikowski p Eric Cutler et Enea Scala qui se partageront le r&ocirc;le du h&eacute;ros, Patricia Petibon et Nicole Chevalier ceux d&rsquo;Olympia, Giulietta, Antonia et Stella, et Mich&egrave;le Losier sera la Muse sous la baguette d&rsquo;Alain Altinoglu, Ce dernier dirigera &eacute;galement le dernier op&eacute;ra de la saison, Der Rosenkavalier, mis en sc&egrave;ne par Damiano Michieletto, Une double distribution partagera diff&eacute;rents r&ocirc;les entre Sally Matthews et Julia Kleiter, Matthew Rose et Martin Winkler ou encore Mich&egrave;le Losier et Julie Boulianne,

Enfin, deux autres productions viendront s&rsquo;ajouter &agrave; celles d&eacute;j&agrave; &eacute;voqu&eacute;es&nbsp;: Moniuszko &agrave; Paris d&rsquo;Andrzej Kwieciński, pour commencer, qui est un &laquo; m&eacute;lodrame joyeux librement inspir&eacute; de faits r&eacute;els &raquo;. Il s&rsquo;agit l&agrave; d&rsquo;un op&eacute;ra-comique en partie inspir&eacute; par la vie du compositeur Stanisław mais aussi par le belcanto et l&rsquo;histoire de Don Quichotte. La mise en sc&egrave;ne sera sign&eacute;e par Marc Lain&eacute; mais la distribution reste encore &agrave; confirmer. La deuxi&egrave;me est La Dame de pique, dirig&eacute;e par Nathalie Stutzmann et mise en sc&egrave;ne par David Marton (&agrave; qui l&rsquo;on doit notamment Don Giovanni l&rsquo;&eacute;t&eacute; последно et Didon et En&eacute;e, remembered actuellement &agrave; Лион). Le plateau comptera entre autres&nbsp;St&eacute;phane Degout, Dmitry Golovnin, Laurent Naouri, Alexander Milev, Anne Sofie von Otter ou encore Elena Galitskaya,

De nombreux concerts et r&eacute;citals viendront &eacute;galement agr&eacute;menter la saison, comme Don Quixote de Richard Strauss ou le&nbsp;Carmina Burana de Carl Orff, ou encore les soir&eacute;es en compagnie de Nora Gubischde Marie-Nicole Lemieuxde Jodie Devosde St&eacute;phane Degoutde Michael Spyres ou encore de Franz-Josef Selig,

Une nouvelle saison riche, cr&eacute;ative et vari&eacute;e qui devrait ravir tout un chacun selon ses go&ucirc;ts&nbsp;!

Plus d&rsquo;informations sont disponibles sur le site officiel de La Monnaie,

S_c359889a833e7612e0cff1dc69d272bc-1553004621" src="https://www.opera-online.com/media/images/picture/article/0000/0918/5026/s_c359889a833e7612e0cff1dc69d272bc-1553004621.jpg
Thu, 21 Mar 2019 10:31:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/la-monnaie-annonce-une-saison-2019-2020-qui-fait-place-a-une-nouvelle-%E2%80%89architecture-de-saison%E2%80%89
https://www.opera-online.com/fr/articles/la-monnaie-annonce-une-saison-2019-2020-qui-fait-place-a-une-nouvelle-%E2%80%89architecture-de-saison%E2%80%89


French – L’Opéra de Lyon dévoile une saison 2019-2020 toujours dans la (re)découverte

Samedi matin se tenait &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra de Lyon, dans la salle de danse en haut de la coupole, la conf&eacute;rence de presse pr&eacute;sentant le prochaine saison, toujours sous l&rsquo;&eacute;gide de Serge Dorny en poste jusqu&rsquo;en 2021, Une saison qui s&#39;inscrit dans la continuit&eacute; de sa politique, laissant place &agrave; de grands titres du r&eacute;pertoire et d&rsquo;autres plus rares &agrave; (re)d&eacute;couvrir, tout en promouvant la cr&eacute;ation et l&rsquo;op&eacute;ra d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Pour le directeur, il faut explorer les fronti&egrave;res du genre afin de faire entrer l&rsquo;op&eacute;ra en r&eacute;sonnance avec notre monde et notre actualit&eacute;.

Toutefois, si la cr&eacute;ation et la commande sont des marqueurs de la maison lyonnaise depuis longtemps, cela engendre paradoxalement quelques absences d&rsquo;&oelig;uvres du grand r&eacute;pertoire qui feront leurs grand retour dans la capitale des Gaules, comme Tosca et Rigoletto qui, bien que faisant partie des op&eacute;ras les plus programm&eacute;s au monde, ont &eacute;t&eacute; donn&eacute;s pour la derni&egrave;re fois respectivement en 1979 et 1976 &agrave; Lyon ! En coproduction avec le festival d&rsquo;Aix-en-Provence o&ugrave; elle sera donn&eacute;e cet &eacute;t&eacute;, Tosca sera l&rsquo;occasion pour Christophe Honor&eacute; de revenir sur cette sc&egrave;ne qui lui avait confi&eacute; sa premi&egrave;re mise en sc&egrave;ne d&rsquo;op&eacute;ra (Dialogues des Carm&eacute;lites en 2013-2014), mais aussi ensuite d&rsquo;autres productions, comme Pell&eacute;as et M&eacute;lisande en 2015 ou Don Carlos l&rsquo;an pass&eacute;, Daniele Rustioni sera pour sa part &agrave; la t&ecirc;te de la fosse. Si&nbsp;Michael Smallwood,&nbsp;Alexey Markov&nbsp;et&nbsp;Angel Blue&nbsp;(en double de Catherine Malfitano) reprennent leurs r&ocirc;les de Spoletta, Scarpia et Tosca, Joseph Calleja sera pour sa part remplac&eacute; par&nbsp;Massimo Giordano&nbsp;en Mario Cavaradossi. Le partenariat avec le festival devrait d&rsquo;ailleurs se poursuivre en juillet 2020 avec Le Coq d&rsquo;or,

Quant &agrave; la nouvelle production de Rigoletto, elle ouvrira le festival 2020 &laquo;&nbsp;La nuit sera noire et rouge&nbsp;&raquo;. La mise en sc&egrave;ne sera sign&eacute;e par Axel Ranisch, homme d&rsquo;images, &agrave; l&#39;occasion de sa premi&egrave;re r&eacute;alisation en France. Roberto Frontali tiendra le r&ocirc;le-titre aux c&ocirc;t&eacute;s de la Gilda de Nina Minasyan sous la baguette de Michele Spotti, Pour compl&eacute;ter la programmation du festival, l&#39;Op&eacute;ra de Lyon propose deux &oelig;uvres bien moins connues : d&#39;abord&nbsp;Irrelohe de Franz Schreker, une &laquo;&nbsp;&oelig;uvre singuli&egrave;re dont les personnages agissent comme ceux du Trouv&egrave;re et concluent leur destin dans les flammes, en h&eacute;ros du Cr&eacute;puscule des dieux&nbsp;&raquo; ; et ensuite ses Stigmatis&eacute;s donn&eacute;s lors du festival de 2015&nbsp;&ndash; la maison associe au compositeur le metteur en sc&egrave;ne David B&ouml;sch, tandis que Bernhard Kontarsky sera &agrave; la baguette, lui qui avait notamment dirig&eacute; la cr&eacute;ation mondiale de Benjamin, derni&egrave;re nuit&nbsp; d&eacute;j&agrave; &agrave; Лион&nbsp;en 2016, Stephan R&uuml;gamer tiendra le r&ocirc;le du Comte Heinrich, Piotr Micinski celui du garde forestier et Deirdre Angenent celui d&rsquo;Eva. Enfin, La Lune de Carl Orff, &laquo;&nbsp;petit th&eacute;&acirc;tre du monde en un acte&nbsp;&raquo;, cl&ocirc;turera le festival tout en inaugurant un nouveau partenariat avec le Th&eacute;&acirc;tre du Point du Jour dans une version pour deux pianos, orgue et percussions. Pour cette &oelig;uvre qui tient du conte initiatique, l&rsquo;Op&eacute;ra de Lyon fait appel &agrave; un duo qui a d&eacute;j&agrave; enchant&eacute; son public,&nbsp;James Bonas&nbsp;et&nbsp;Gr&eacute;goire Pont,&nbsp;notamment dans L&rsquo;Enfant et les sortil&egrave;ges en 2016 (qui sera d&rsquo;ailleurs repris en novembre sous la baguette de Titus Engel), puis dans&nbsp;L&rsquo;Heure espagnole en 2018,

Troisi&egrave;me des grands classiques donn&eacute;s cette saison, Les Noces de Figaro cl&ocirc;tureront l&rsquo;ann&eacute;e dans une sc&eacute;nographie d&rsquo;Olivier Assayas qui signera ici sa premi&egrave;re mise en sc&egrave;ne d&rsquo;op&eacute;ra tandis qu&rsquo;un grand habitu&eacute; de la direction lyonnaise, Stefano Montanari, sera &agrave; la fosse. Nikolay Borchev sera le comte Almaviva, Mandy Fredrich son &eacute;pouse, Alexander Miminoshvili reprendra le r&ocirc;le de Figaro qu&rsquo;il interpr&egrave;tera en juin prochain &agrave; Z&uuml;rich face au Ch&eacute;rubin de Giuseppina Bridelli et &agrave; la Susanna de Katharina Konradi, C&rsquo;est toutefois par une autre nouvelle production que s&rsquo;ouvrira la saison&nbsp;: Guillaume Tell sera donn&eacute; dans sa version originelle en fran&ccedil;ais dans une mise en sc&egrave;ne de Tobias Kratzer qui fera ses d&eacute;buts sur la sc&egrave;ne lyrique fran&ccedil;aise soutenu musicalement par Daniele Rustioni, Nicola Alaimo tiendra le r&ocirc;le-titre, de m&ecirc;me qu&rsquo;il le fera &agrave; Orange cet &eacute;t&eacute;. Cet &eacute;cho entre les deux sc&egrave;nes rappelle le d&eacute;but de cette saison o&ugrave; Mefistofele &eacute;tait &eacute;galement donn&eacute; peu apr&egrave;s la production des Chor&eacute;gies. Ici, Enkelejda Shkoza tiendra le r&ocirc;le d&rsquo;Hedwige, Jennifer Courcier celui de leur fils, John Osborn celui d&rsquo;Arnold et Jean Teitgen celui de Gesler.

Novembre laissera place &agrave; la traditionnelle version concertante de Lyon en coproduction avec le Th&eacute;&acirc;tre des Champs-Elys&eacute;es, poursuivant le cycle Verdi avec Ernani, apr&egrave;s Attila l&rsquo;an pass&eacute;, Toujours sous la direction du chef attitr&eacute; de la maison lyonnaise, Francesco Meli tiendra le r&ocirc;le-titre face au Don Carlo d&rsquo;Amartuvshin Enkhbat qui nous avait enthousiasm&eacute; c Nabucco en novembre 2018, au Don Ruy Gomez de Silva de Roberto Tagliavini et &agrave; l&rsquo;Elvira de Carmen Giannattasio,

Mai sera pour sa part le mois de la cr&eacute;ation avec celle de Shirine, command&eacute; &agrave; Thierry Escaich (&agrave; qui l&rsquo;on doit d&eacute;j&agrave; Клод, son premier op&eacute;ra cr&eacute;&eacute; en 2013 sur un livret de Robert Badinter), inspir&eacute; d&rsquo;un conte perse du XIIe si&egrave;cle de Nez&acirc;m&icirc; de Gandjeh, qui a d&eacute;j&agrave; inspir&eacute; un film &agrave; Abbas Kiarostami. Shirine &laquo;&nbsp;raconte l&rsquo;histoire de l&rsquo;amour impossible qui unit Khosrow, roi de Perse, et Shirine, princesse chr&eacute;tienne d&rsquo;Arm&eacute;nie&nbsp;: une &eacute;pop&eacute;e s&rsquo;&eacute;tendant sur trois g&eacute;n&eacute;rations, riche de mille p&eacute;rip&eacute;ties et rebondissements, rythm&eacute;e par des images tr&egrave;s fortes, marqu&eacute;e du signe de la mal&eacute;diction et de la mort&nbsp;&raquo;. Le plateau vocal r&eacute;unira Julien Behr, H&eacute;l&egrave;ne Guilmette, Jean-S&eacute;bastien Bou, Elodie M&eacute;chain et Laurent Alvaro sous la direction de Martyn Brabbins pendant que Richard Brunel sera en charge de la mise en sc&egrave;ne.

Nous retrouverons Jean Lacornerie, cette fois en compagnie de Rapha&euml;l Cottin, pour mettre en sc&egrave;ne The Pajama Game, musical ayant fait sa premi&egrave;re le 13 mai 1954 et s&rsquo;inspirant de 7 &frac12; Cents, Dans une usine de pyjama, des ouvri&egrave;res r&eacute;clament une augmentation de salaire de 7 centimes et demi tandis que le patron tient une double comptabilit&eacute;. Une lutte sociale de fond qui rappelle l&rsquo;op&eacute;ra syndical 7 Minuti cr&eacute;&eacute; cette ann&eacute;e &agrave; Nancy&hellip; Autre titre anglais, I was looking at the Ceiling and Then I Saw the Sky de John Adams, une &laquo;&nbsp;histoire en chansons&nbsp;&raquo; cr&eacute;&eacute;e en 1995 en Californie dans une mise en sc&egrave;ne de Peter Sellars, mais ici, c&rsquo;est une nouvelle production de Macha Make&iuml;eff que proposera la maison lyonnaise. Enfin, Samuel Achache mettra en sc&egrave;ne Gretel et H&auml;nsel en avril&nbsp;; &laquo;&nbsp;en inversant les pr&eacute;s&eacute;ances, le compositeur Sergio Menozzi et l&rsquo;&eacute;crivain Henri-Alexis Baatsch portent l&rsquo;attention sur Gretel dont la ruse saura vaincre la vilaine f&eacute;e&nbsp;&raquo;, et le choix est fait de laisser l&rsquo;interpr&eacute;tation des deux h&eacute;ros, de Marchand de sable et de Bonhomme Ros&eacute;, &agrave; des enfants afin d&rsquo;&ecirc;tre au plus pr&egrave;s du conte.

Enfin, l&rsquo;une des tr&egrave;s rares reprises de cette saison principalement compos&eacute;e de nouvelles productions (au nombre de dix pour trois reprises seulement) est particuli&egrave;rement attendue depuis sa cr&eacute;ation en 2015 puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit du Roi Carotte hilarant mis en sc&egrave;ne par Laurent Pelly, Sous la direction d&rsquo;Adrien Perruchon, le plateau d&rsquo;origine est presque enti&egrave;rement r&eacute;uni&nbsp;: Christophe Mortagne, Julie Boulianne, ou encore Yann Beuron retrouveront leurs personnages haut en couleur, tandis que Boris Grappe troquera Truck pour Piepertrunk (initialement tenu par Jean-S&eacute;bastien Bou) tandis que Christophe Gay le remplacera en Truck. Autre changement, celui de Cun&eacute;gonde &agrave; l&rsquo;origine sous les traits d&rsquo;Antoinette Dennefeld sera interpr&eacute;t&eacute; de Catherine Trottmann pour cette production festive de fin d&rsquo;ann&eacute;e.

C&ocirc;t&eacute; concerts, il faudra compter sur divers rendez-vous musicaux mais aussi sur un r&eacute;cital Vivaldi de Marie-Nicole Lemieux accompagn&eacute;e par l&rsquo;Orchestre de l&rsquo;Op&eacute;ra de Lyon sous la direction de Stefano Montanari le 24 novembre, un r&eacute;cital Ian Bostridge le 1v d&eacute;cembre, ou encore un Concert Mahler/Mendelssohn en compagnie de la soprano Erika Baikoff,

Une saison des plus enthousiasmantes qui marque la volont&eacute; de cr&eacute;ation, de renouveau et de d&eacute;couvertes de l&rsquo;Op&eacute;ra national de Lyon qui ose, par le biais de Serge Dorny, mettre sur le devant de la sc&egrave;ne des &oelig;uvres et des talents encore m&eacute;connues en France.

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Mon, 18 Mar 2019 14:49:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/lopera-de-lyon-devoile-une-saison-2019-2020-toujours-dans-la-redecouverte
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French – Le Liceu annonce une saison 2019-2020 anniversaire

Le Liceu de Barcelone a annonc&eacute; cette semaine sa saison 2019-2020, qui s&rsquo;av&egrave;re &ecirc;tre une saison anniversaire c&eacute;l&eacute;brant les vingt ans de la r&eacute;ouverture de l&#39;&eacute;tablissement catalan. Elle est compos&eacute;e notamment de cinq nouvelles productions (sur un total de dix mises en sc&egrave;ne) et d&rsquo;un grand concert anniversaire. Les concerts permettront par ailleurs d&rsquo;entendre certains des grands interpr&egrave;tes de la sc&egrave;ne lyrique internationale, comme Anna Netrebko, accompagn&eacute;e de son mari Yusif Eyvazov pour le grand concert du 4 novembre, Javier Camarena le 18 janvier ou encore Juan Diego Fl&oacute;rez le 21 mai, qui viennent s&rsquo;ajouter &agrave; ceux d&eacute;j&agrave; pr&eacute;sents dans les diff&eacute;rentes productions programm&eacute;es. La saison sera &eacute;galement fortement marqu&eacute;e par de grands classiques du r&eacute;pertoire, s&rsquo;inscrivant dans un certain classicisme contrebalan&ccedil;ant l&rsquo;important pourcentage de nouvelles productions qui, elles, pourraient se r&eacute;v&eacute;ler plus novatrices&hellip;

Ce sera peut-&ecirc;tre justement le cas de la nouvelle production qui ouvrira la saison en octobre. La maison barcelonaise n&rsquo;a pas choisit le titre au hasard, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit de Turandot, l&rsquo;&oelig;uvre ayant r&eacute;ouvert le th&eacute;&acirc;tre en 1999. Pour cet &eacute;v&eacute;nement, le Liceu a fait appel &agrave; Franc Aleu, connu pour ses travaux de cr&eacute;ation vid&eacute;o avec La Fura dels Baus (comme par exemple &agrave; Munich avec Turandot ou &agrave; Lyon pour Le Vaisseau fant&ocirc;me). Il rev&ecirc;tira donc ici le r&ocirc;le de metteur en sc&egrave;ne tandis que Josep Pons dirigera la fosse, face &agrave; un plateau vocal compos&eacute; notamment d&rsquo;Ir&eacute;ne Theorin en alternance avec Lise Lindstrom dans le r&ocirc;le-titre, de m&ecirc;me que Jorge de Le&oacute;n et Gregory Kunde dans celui de Calaf ou encore Ermonela Jaho et Anita Hartig dans celui de Li&ugrave;.

En coproduction avec le Teatro de la Zarzuela &agrave; Madrid, la saison se poursuit avec une oeuvre baign&eacute;e du soleil hispanique puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit de la zarzuela (ce genre th&eacute;&acirc;tral lyrique espagnol n&eacute; au XVIIe si&egrave;cle qui s&rsquo;apparente &agrave; l&rsquo;op&eacute;ra-comique)&nbsp;Do&ntilde;a Francisquita d&rsquo;Amadeo Vives bas&eacute;e sur la pi&egrave;ce de th&eacute;&acirc;tre de Lope de Vega, La discreta enamorada, Sous la baguette d&rsquo;Oliver D&iacute;az (et non Pl&aacute;cido Domingo qui n&rsquo;est semble-t-il pas parvenu &agrave; se lib&eacute;rer pour cette production) et la direction de Llu&iacute;s Pasqual, Mar&iacute;a Jos&eacute; Moreno et Elena Sancho Pereg se partageront le r&ocirc;le-titre, Celso Albelo et Airam Hern&aacute;ndez en Fernando, et Carlos Chausson en Don Mat&iacute;as.

En d&eacute;cembre, Damiano Michieletto mettra en sc&egrave;ne le diptyque Cavalleria rusticana/Pagliacci dans l&#39;une des productions les plus acclam&eacute;es de la Royal Opera House de Londres, cr&eacute;&eacute;es en 2015 (nous en rendions compte). Afin de mettre tous les atouts de son c&ocirc;t&eacute;, le Liceu a fait appel &agrave; Roberto Alagna et Elena Pankratova pour Santuzza et Turiddu, r&ocirc;les qu&rsquo;ils partageront avec Teodor Ilincai et Martin Muehle d&rsquo;une part, Oksana Dyka d&rsquo;autre part.

L&rsquo;ann&eacute;e 2020 s&rsquo;ouvrira avec une production historique d&rsquo;Aida dans la mise en sc&egrave;ne de Thomas Guthrie qui marquera ici les d&eacute;buts d&rsquo;Angela Meade dans la maison catalane puisqu&rsquo;elle tiendra le r&ocirc;le-titre en alternance avec Anna Pirozzi, Cl&eacute;mentine Margaine et Judit Kutasi seront pour leur part Amneris face aux Radam&egrave;s de Yonghoon Lee et Luciano Ganci, Une reprise qui est par ailleurs un clin d&rsquo;&oelig;il aux deux d&eacute;cennies pass&eacute;es depuis la r&eacute;ouverture de l&rsquo;Op&eacute;ra, de m&ecirc;me que la Carmen de Calixto Bieito cr&eacute;&eacute; il y a deux d&eacute;cennies &agrave; Peralada et qui a d&eacute;j&agrave; parcouru de nombreuses sc&egrave;nes (nous l&rsquo;avions vue &agrave; Paris). Cl&eacute;mentine Margaine sera &agrave; nouveau pr&eacute;sente, cette fois-ci en Carmen, r&ocirc;le qu&rsquo;elle a d&eacute;j&agrave; magnifiquement tenu par le pass&eacute; et qu&#39;elle partagera avec Anita Rachvelishvili (qui fera ses d&eacute;buts sur cette sc&egrave;ne) et Varduhi Abrahamyan face aux Don Jos&eacute; de Charles Castronovo et Leonardo Capalbo et aux Mica&euml;la de Maria Mir&oacute; et Jeanine de Bique,

Autre reprise, cette fois d&rsquo;une production de 2011 d&#39;Aix-en-Provence, La Clemenza di Tito sign&eacute;e David McVicar, ici sous la baguette de Philippe Auguin, L&rsquo;occasion de r&eacute;entendre St&eacute;phanie d&rsquo;Oustrac dans un r&ocirc;le qu&rsquo;elle connait bien, celui de Sesto (en alternance avec Maite Beaumont). Titus sera interpr&eacute;t&eacute; de Paolo Fanale et Dovlet Nurgeldiyev, et Vitellia par Myrt&ograve; Papatanasiu, Vanessa Goikoetxea aussi bien Carmela Remigio,

En mars, Katharina Wagner fera ses d&eacute;buts au Liceu avec une nouvelle production de Lohengrin, dirig&eacute;e par Josep Pons avec une distribution vocale unique dans laquelle Klaus Florian Vogt tiendra le r&ocirc;le-titre, Erin Wall celui d&rsquo;Elsa et Evelyn Herlitzius celui d&rsquo;Ortrud. Suivra une version de concert de Semiramide dirig&eacute;e par Paolo Arrivabeni avec un trio luxueux form&eacute; de Joyce DiDonato, Levy Sekgapane et Alex Esposito,

Enfin,&nbsp;Jordi Savall&nbsp;fera ses d&eacute;buts au Liceu avec l&rsquo;Alcione de Marin Marais coproduit avec l&rsquo;Op&eacute;ra-Comique o&ugrave; nous avions vu la production en 2017, Marianne Beate Kielland reprendra le r&ocirc;le d&rsquo;Alcione qui &eacute;tait alors tenu par L&eacute;a Desandre pendant que Cyril Auvity et Marc Mauillon retrouveront leurs r&ocirc;les de Ceix et P&eacute;l&eacute;e dans la mise en sc&egrave;ne de Louise Moaty, Le Barbier de S&eacute;ville cl&ocirc;turera pour sa part la saison dans une nouvelle coproduction avec le Capitole de Toulouse et le Staatstheater am G&auml;rtnerplatz (Munich) sign&eacute;e Josef Ernst K&ouml;pplinger et qui b&eacute;n&eacute;ficie d&rsquo;une distribution assez jeune. Florian Sempey, l&rsquo;un des plus grands d&eacute;tenteurs du r&ocirc;le actuellement, sera Figaro en alternance avec Giorgio Caoduro, tandis que Marina Viotti devrait &ecirc;tre une Rosina superlative avec Paola Gardina и това Maxim Mironov et Levy Sekgapane se partageront le r&ocirc;le du comte Almaviva.

Une saison anniversaire qui, si elle ne permet pas de mettre en avant de nouvelles cr&eacute;ations, parvient &agrave; s&rsquo;&eacute;quilibrer entre nouvelles productions, r&eacute;pertoire classique et reprises embl&eacute;matiques.

Plus d&rsquo;informations sont disponibles sur le site officiel du Liceu,

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Fri, 15 Mar 2019 09:31:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/le-liceu-annonce-une-saison-2019-2020-anniversaire
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French – Une saison 2019-2020 « tournée vers l’avenir » à l’Opéra de Paris

Voici quelques mois, on apprenait que le mandat de St&eacute;phane Lissner &agrave; la t&ecirc;te de l&rsquo;Op&eacute;ra de Paris ne sera pas reconduit lorsqu&rsquo;il arrivera &agrave; son terme en 2021. Pour autant (et peut-&ecirc;tre aussi un peu paradoxalement), le directeur de l&rsquo;&eacute;tablissement parisien d&eacute;voile une nouvelle saison 2019-2020 se voulant &laquo; r&eacute;solument tourn&eacute;e vers l&rsquo;avenir&nbsp;&raquo;. Selon St&eacute;phane Lissner, l&rsquo;op&eacute;ra ne doit &laquo;&nbsp;pas &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme un art du pass&eacute;, au sein d&rsquo;un vaste magasin d&rsquo;antiquit&eacute;s qu&rsquo;il conviendrait de d&eacute;poussi&eacute;rer vaguement&nbsp;&raquo;, et cette prochaine saison entend en faire un &laquo;&nbsp;art r&eacute;solument vivant, qui doit faire d&eacute;bat, (…) pour permettre la confrontation des id&eacute;es, la r&eacute;flexion sur les grandes questions politiques qui se posent &agrave; notre monde&nbsp;&raquo;.
Fort de cette philosophie, St&eacute;phane Lissner d&eacute;voile une saison 2019-2020 comptant peu de nouvelles productions, mais se voulant ambitieuses, accueillant des metteurs en sc&egrave;ne souvent audacieux (ce qui lui est parfois reproch&eacute;) et ouvrant toujours ses sc&egrave;nes &agrave; quelques-uns des plus grands interpr&egrave;tes du moment, mais aussi &agrave; de jeunes artistes fran&ccedil;ais (r&eacute;parant ainsi un oubli qui lui a parfois &eacute;t&eacute; reproch&eacute; dans le pass&eacute;).

Les nouvelles productions de la saison 2019-2020 sont &agrave; l&rsquo;image de cette philosophie et le point d&rsquo;orgue devrait en &ecirc;tre la production d&rsquo;un cycle complet du Ring de Wagner &ndash; la &laquo;&nbsp;fusion id&eacute;ale de la musique et du th&eacute;&acirc;tre (…), l&rsquo;expression de l&rsquo;art total qui constitue l&rsquo;essence m&ecirc;me de l&rsquo;op&eacute;ra&nbsp;&raquo;. Dans une mise en sc&egrave;ne sign&eacute;e Calixto Bieito et confi&eacute;e &agrave; la baguette de Philippe Jordan, l&rsquo;Op&eacute;ra de Paris donnera donc L&rsquo;Or du Rhin et La Walkyrie au printemps 2020, suivis de Siegfried et Cr&eacute;puscule des dieux &agrave; l&rsquo;automne, avant que la T&eacute;tralogie ne soit donn&eacute;e dans deux cycles complets &agrave; l&rsquo;occasion d&rsquo;un &laquo;&nbsp;festival&nbsp;&raquo; en novembre et d&eacute;cembre 2020. Et la distribution est &agrave; l&rsquo;avenant de l&rsquo;ambition du projet&nbsp;: Iain Paterson en Wotan, Eva‑Maria Westbroek en Sieglinde, Martina Serafin en Br&uuml;nhilde et&nbsp;Ekaterina Gubanova en Fricka, ou encore Jonas Kaufmann en Siegmund et m&ecirc;me Julie Fuchs en Waldvogel.

Outre ce rendez-vous d&eacute;j&agrave; attendu par les amateurs wagn&eacute;riens, la maison parisienne proposera &eacute;galement une nouvelle production de La Traviata dans une mise en sc&egrave;ne imagin&eacute;e par Simon Stone&nbsp;(amateur des relectures de grands r&ocirc;les de femme) et dirig&eacute;e par Michele Mariotti et Carlo Montanaro, Une double distribution prestigieuse attend le public pour les r&ocirc;les des deux amants, partag&eacute;s entre Pretty Yende et Benjamin Bernheim d&#39;une part, Nino Machaidze et Atalla Ayan d&#39;autre part, chapot&eacute;s par le Germont de Ludovic T&eacute;zier et Jean‑Fran&ccedil;ois Lapointe,
On attend tout autant la nouvelle production des&nbsp;Indes Galantes&nbsp;ici confi&eacute;e au metteur en sc&egrave;ne Cl&eacute;ment Cogitore, qui travaille sur l&#39;histoire coloniale et entend faire ici se rencontrer l&#39;oeuvre baroque de Rameau et le krump des ghettos de Los Angeles. La production est confi&eacute;e &agrave; la baguette experte de Leonardo Garc&iacute;a Alarc&oacute;n&nbsp;et Le plateau r&eacute;uni pour l&#39;occasion, faisant appel &agrave; la jeune garde d&#39;artistes francophones, a de quoi attirer les foules : Sabine Devieilhe (H&eacute;b&eacute;, Phani et Zima), Florian Sempey (Bellone et Adario), Jodie Devos (l&#39;Amour et Za&iuml;re), Julie Fuchs (Emilie et Fatime), Mathias Vidal (Val&egrave;re et Tacmas), Alexandre Duhamel (Huascar et Don Alvar) ou encore Stanislas de Barbeyrac (Don Carlos et Damon). Un v&eacute;ritable rassemblement de jeunes et grands talents d&eacute;j&agrave; confirm&eacute;s !
L&#39;op&eacute;ra fran&ccedil;ais sera &eacute;galement &agrave; l&#39;honneur dans la Manon imagin&eacute;e par Vincent Huguet&nbsp;et dirig&eacute;e par Dan Ettinger o&ugrave; le public parisien aura le plaisir d&#39;entendre la talentueuse Pretty Yende aussi bien Sofia Fomina, Benjamin Bernheim sera &eacute;galement pr&eacute;sent et partagera le r&ocirc;le du&nbsp;chevalier des Grieux avec Stephen Costello&nbsp;face au Lescaut de Ludovic T&eacute;zier, Enfin, derni&egrave;re nouvelle production de la saison, Le Prince Igor sera mis en sc&egrave;ne par le tr&egrave;s imaginatif&nbsp;Barrie Kosky&nbsp;(qui travaille ici pour la premi&egrave;re fois pour l&#39;Op&eacute;ra de Paris) et dirig&eacute; par le chef attitr&eacute; de la maison, Philippe Jordan, Evgeny Nikitin tiendra le r&ocirc;le-titre, Elena Stikhina celui d&#39;Iaroslavina, Pavel Černoch,&nbsp;Vladimir, Andrei Popov,&nbsp;Ierochka, et Anita Rachvelishvili celui de&nbsp;Kontchakovna.

Les reprises ne sont pas en reste, notamment du fait de leur distribution. En avril 2020, l&rsquo;Op&eacute;ra de Paris reprend par exemple la production d&rsquo;Adriana Lecouvreur dans la mise en sc&egrave;ne de David McVicar (donn&eacute;e avec succ&egrave;s &agrave; Covent Garden) et y accueille notamment Anna Netrebko et Yusif Eyvazov, De m&ecirc;me, l&rsquo;&eacute;tablissement parisien redonne Boris Godounov, imagin&eacute; ici par le metteur en sc&egrave;ne Ivo van Hove, Si la production nous enthousiasmait peu, Ren&eacute; Pape endossera le r&ocirc;le-titre en mai et juin de l&rsquo;ann&eacute;e prochaine.

La saison s&#39;ouvrira par ailleurs avec la reprise des Puritains de Laurent Pelly cr&eacute;&eacute;e originellement en 2013 avec ici Elsa Dreisig dans le r&ocirc;le d&#39;Elvira, et Javier Camarena en Arturo (personnage &eacute;galement interpr&eacute;t&eacute; par Francesco Demuro). Bellini sera aussi pr&eacute;sent dans une version de concert d&#39;Il Pirata dans laquelle se retrouveront Michael Spyres, Ludovic T&eacute;zier, Kevin Amiel et Valentine Lemercier, Les compositeurs italiens seront &agrave; l&#39;honneur avec notamment la reprise du&nbsp;Don Carlo&nbsp;&eacute;v&eacute;nement de Verdi mis en sc&egrave;ne fin 2017 de Krzysztof Warlikowski avec cette fois le couple Aleksandra Kurzak et Roberto Alagna&nbsp;(qui succ&egrave;dent &agrave; Sonya Yoncheva et Jonas Kaufmann) ; de Rigoletto de Claus Guth (que nous avions vu en 2016) sous la direction de Speranza Scappucci p Željko Lučić dans le r&ocirc;le-titre, Elsa Dreisig en Gilda et Aude Extr&eacute;mo en&nbsp;Maddalena. Autre production du metteur en sc&egrave;ne qui a marqu&eacute; la maison parisienne (nous l&#39;&eacute;voquions en 2017) La Boh&egrave;me, o&ugrave; Ermonela Jaho, Elena Stikhina et Marina Costa-Jackson se partageront le r&ocirc;le de Mimi, Elena Tsallagova et Julie Fuchs celui de&nbsp;Musetta, et Francesco Demuro, Vittorio Grigolo et Benjamin Bernheim celui de&nbsp;Rodolfo. Notons aussi l&#39;enthousiasmant&nbsp;Le Barbier de S&eacute;ville&nbsp;de Damiano Michieletto qui r&eacute;unit Florian Sempey et Lisette Oropesa, ou encore Madame Butterfly&nbsp;(mise en sc&egrave;ne par Robert Wilson), avec Ana Mar&iacute;a Mart&iacute;nez, Marie-Nicole Lemieux ou encore Giorgio Berrugi,

Parmi les nombreuses productions et grands classiques du r&eacute;pertoire donn&eacute;s durant cette saison 2019-2020, quelques autres oeuvres se d&eacute;marquent plus sp&eacute;cifiquement : par exemple la reprise de&nbsp;Lear&nbsp;dans la mise en sc&egrave;ne de&nbsp;Calixto Bieito&nbsp;(qui marquait les esprits en 2016), avec le retour de Bo Skovhus&nbsp;dans le r&ocirc;le-titre ou encore de Lauri Vasar, autre interpr&egrave;te que l&#39;on retrouve &agrave; plusieurs reprises cette prochaine saison &agrave; Paris, et&nbsp;Yvonne, princesse de Bourgogne, l&#39;op&eacute;ra command&eacute; &agrave; Philippe Boesmans et mis en sc&egrave;ne par Luc Bondy, D&ouml;rte Lyssewski tiendra le r&ocirc;le-titre aupr&egrave;s du Roi Ignace de Laurent Naouri, la&nbsp;reine Marguerite de B&eacute;atrice Uria Monzon ou encore le&nbsp;prince Philippe de Julien Behr, Mentionnons aussi le diptyque r&eacute;unissant l&rsquo;Apr&egrave;s-midi d&rsquo;un Faune (le ballet est chor&eacute;graphi&eacute; par Anne Teresa De Keersmaeker) и L&rsquo;enfant et les sortil&egrave;ges de Ravel, ici mis en sc&egrave;ne par Richard Jones et interpr&eacute;t&eacute; par les artistes de l&rsquo;Acad&eacute;mie de l&rsquo;Op&eacute;ra.

Offenbach ne sera pas oubli&eacute; p Les Contes d&#39;Hoffmann de Robert Carsen cr&eacute;&eacute;s en 2000 avec la r&eacute;union de Jodie Devos, Ailyn P&eacute;rez et V&eacute;ronique Gens dans les r&ocirc;les des trois femmes marquant la vie d&#39;Hoffmann (Michael Fabiano) face &agrave; la d&eacute;clinaison du personnage sombre le poursuivant interpr&eacute;t&eacute;e par Laurent Naouri pendant que Ga&euml;lle Arquez pr&ecirc;tera sa voix &agrave;&nbsp;Nicklausse / La Muse. Mozart sera lui aussi de la partie avec le Cosi fan tutte imagin&eacute; de Anne Teresa De Keersmaeker auquel nous avions assist&eacute; през 2017 г., Philippe Sly reprendra le r&ocirc;le de&nbsp;Guglielmo, Ginger Costa-Jackson celui de Despina et Jacquelyn Wagner celui de&nbsp;Fiordigli aux c&ocirc;t&eacute;s de la Dorabella de Stephanie Lauricella et du Ferrando de Stephen Costello,

Si l&rsquo;on pourra peut-&ecirc;tre regretter l&rsquo;absence de cr&eacute;ation, ou le faible nombre de nouvelles productions, cette saison 2019-2020 de l&rsquo;Op&eacute;ra de Paris promet n&eacute;anmoins quelques belles soir&eacute;es, que ce soit pour leur diversit&eacute; d&rsquo;&oelig;uvres, leur mise en sc&egrave;ne ou encore leur distribution.&nbsp;

S_saison-2019-2020-opera-de-paris-garnier-bastille" src="https://www.opera-online.com/media/images/picture/article/0000/0915/4948/s_saison-2019-2020-opera-de-paris-garnier-bastille.jpg
Mon, 11 Mar 2019 08:07:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/une-saison-2019-2020-tournee-vers-lavenir-a-lopera-de-paris
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French – L&#39;OnR invite le public sur scène pour Don Giovanni

Les op&eacute;ras n&rsquo;h&eacute;sitent plus aujourd&rsquo;hui &agrave; sortir des sentiers battus et classiques afin d&rsquo;apporter au public de nouvelles exp&eacute;riences. Ainsi, si l&rsquo;Op&eacute;ra orchestre national de Montpellier Occitanie s&rsquo;ouvre de plus en plus &agrave; la communaut&eacute; sourde et malentendante (lire notre actualit&eacute; &agrave; ce sujet), l&rsquo;Op&eacute;ra national du Rhin opte pour sa part pour une nouvelle exp&eacute;rience&nbsp;: voir l&rsquo;op&eacute;ra&hellip; depuis la sc&egrave;ne&nbsp;!

Du 15 juin au 7 juillet prochains, l&rsquo;OnR proposera une nouvelle production de&nbsp;Don Giovanni dans une mise en sc&egrave;ne de Marie-&Egrave;ve Signeyrole, Cette derni&egrave;re optera pour un point de vue f&eacute;minin&nbsp;: depuis toujours, les hommes se sont identifi&eacute;s &agrave; Don Giovanni, &laquo;&nbsp;libertin &agrave; la formidable force vitale pour certains, au d&eacute;sespoir sans issue pour d&#39;autres&nbsp;&raquo;, parfois mod&egrave;le de conqu&eacute;rant des femmes et de la vie, voire de la mort. Mais comment les femmes le voient-elles&nbsp;? Que repr&eacute;sente-t-il r&eacute;ellement dans l&#39;imaginaire des femmes&nbsp;? C&rsquo;est de ce point de vue que la metteuse en sc&egrave;ne Marie-Eve Signeyrole propose de voir Don Giovanni, et elle fait le choix de consid&eacute;rer le personnage &laquo;&nbsp;moins comme un sujet que comme un objet sous les regards de celles qu&#39;il d&eacute;sire&nbsp;&raquo;. Toutefois, afin d&rsquo;aller plus loin encore, le public aura le choix entre assister au spectacle depuis la salle, comme il en a l&rsquo;habitude, ou bien depuis la sc&egrave;ne o&ugrave; il sera convi&eacute; &agrave; &laquo;&nbsp;exp&eacute;rimenter le face &agrave; face avec le public dans la salle et avec les artistes sur sc&egrave;ne&nbsp;&raquo;.

Il faudra pour cela acheter soit un billet dans la salle (ce qui permettra de rejoindre sa place apr&egrave;s l&rsquo;entracte), soit acheter directement un billet sur la sc&egrave;ne (ce qui ne permettra donc pas de rejoindre la salle ensuite). Une fois fait, il suffit d&rsquo;&eacute;crire tout simplement &agrave; Don Giovanni qui s&rsquo;est cr&eacute;&eacute; une adresse mail pour l&rsquo;occasion&nbsp;: dongiovanni@onr.fr, Celui-ci r&eacute;pondra alors en expliquant la marche &agrave; suivre&nbsp;! Il &eacute;crira &eacute;galement au fur et &agrave; mesure de l&rsquo;avanc&eacute;e du projet. D&rsquo;apr&egrave;s le site officiel de l&rsquo;OnR, le public pourra par ailleurs rencontrer l&rsquo;&eacute;quipe de production, assister aux r&eacute;p&eacute;titions de la salle et de la sc&egrave;ne, et recevra &laquo;&nbsp;des messages de D.G. jusqu&rsquo;au jour j&nbsp;&raquo;.

Communiquer avec un personnage par mail et voir un spectacle depuis la sc&egrave;ne, voil&agrave; une proposition originale, mais qui s&#39;inscrit manifestement pleinement dans l&#39;objet m&ecirc;me de l&#39;op&eacute;ra : vivre une exp&eacute;rience et la partager, depuis la salle ou la sc&egrave;ne, avec les autres spectateurs ou l&#39;&eacute;quipe artistique, voire avec le principal protagoniste de l&#39;oeuvre.&nbsp;

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Tue, 05 Mar 2019 09:14:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/lonr-invite-le-public-sur-scene-pour-don-giovanni
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French – Les mots de l&#39;opéra : Livret

Le monde de l&rsquo;art lyrique s&rsquo;appr&eacute;cie toujours mieux quand le comprend pleinement. Pour lui donner du sens, notre lexique de l&#39;op&eacute;ra se d&eacute;cline en vid&eacute;o, sous les mots d&rsquo;Alain Duault. Cette semaine, nous &eacute;voquons la notion de livret (de l&rsquo;italien libretto), les principaux librettistes d&rsquo;op&eacute;ra ou encore les relations (parfois complexes) entre th&eacute;&acirc;tre et musique.&nbsp;

Livret d&#39;op&eacute;ra : C&rsquo;est un mot qui vient de l&rsquo;italien libretto, c&rsquo;est-&agrave;-dire petit livre, et qui d&eacute;signe le texte litt&eacute;raire qui va servir de base th&eacute;&acirc;trale au compositeur d&rsquo;op&eacute;ra.
Il est le plus souvent &eacute;crit par un dramaturge sp&eacute;cialis&eacute; dans cette t&acirc;che&nbsp;: ainsi M&eacute;tastase (1698-1782) au 18&egrave;me si&egrave;cle a &eacute;t&eacute; le librettiste le plus connu en Europe et il a &eacute;crit des livrets pour presque tous les compositeurs de son &eacute;poque, les dits livrets servant parfois &agrave; plusieurs compositeurs successivement. Eug&egrave;ne Scribe (1791-1861) est son &eacute;quivalent au 19&egrave;me si&egrave;cle&nbsp;; il a fourni des livrets &agrave; Meyerbeer, Hal&eacute;vy, Boieldieu ou Auber mais aussi &agrave; Rossini, Bellini, Donizetti et Verdi, Au 19&egrave;me si&egrave;cle, il y a aussi un duo de brillants librettistes fran&ccedil;ais, Henri Meilhac (1830-1897) et Ludovic Hal&eacute;vy (1834-1908) qui passent all&egrave;grement de l&rsquo;op&eacute;ra &agrave; l&rsquo;op&eacute;rette, c&rsquo;est-&agrave;-dire des livrets de Carmen&nbsp;(1875) &agrave; ceux des grandes op&eacute;rettes d&rsquo;Offenbach, La Belle H&eacute;l&egrave;ne (1864), La P&eacute;richole (1868) ou La Vie parisienne (1866).
Il y a aussi des librettistes dont l&rsquo;excellence les a rendus c&eacute;l&egrave;bres &agrave; l&rsquo;&eacute;gal des compositeurs auxquels ils sont associ&eacute;s&nbsp;: Lorenzo da Ponte (1749-1838), auteur de trois livrets de Mozart, Don Giovanni (1787), Les Noces de Figaro (1786) ou Cosi fan tutte (1790). On pense aussi &agrave; Hugo von Hoffmansthal (1874-1929), le sublime po&egrave;te associ&eacute; &agrave; Richard Strauss pour Le Chevalier &agrave; la rose (1911) mais aussi Elektra (1909),&nbsp;Ariane &agrave; Naxos (1916),&nbsp;La Femme sans ombre (1919) ou Arabella (1933).
Enfin il y a les compositeurs qui sont &agrave; eux-m&ecirc;mes leurs propres librettistes, de Wagner qui &eacute;crivait tous ses livrets &agrave;&nbsp;Richard Strauss&nbsp;qui en a &eacute;crit quelques-uns, de sa Salom&eacute; (1905), &agrave; partir de la pi&egrave;ce d&rsquo;Oscar Wilde, &agrave; Capriccio (1942) un op&eacute;ra qui pose justement la question des rapports de la musique et du livret &agrave; l&rsquo;op&eacute;ra.

Quoi qu&rsquo;il en soit, le livret peut trouver sa source dans les chefs-d&rsquo;&oelig;uvre de la litt&eacute;rature (Otello, Hamlet, Rom&eacute;o et Juliette, etc.) mais aussi dans un roman &agrave; la mode (La Dame aux cam&eacute;lias, Sc&egrave;nes de la vie de boh&ecirc;me, Manon Lescaut, Carmen, etc), ou encore dans un th&egrave;me m&eacute;taphysique (Faust), dans un conte de f&eacute;es, un drame, une farce&hellip; A la fin, c&rsquo;est le compositeur qui est le seul responsable. c Capriccio&nbsp;de Strauss s&rsquo;engage une joute amoureuse entre un po&egrave;te et un compositeur pour s&eacute;duire une comtesse, Madeleine. La question est alors pos&eacute;e&nbsp;: parole ou musique, qu&rsquo;est-ce qui doit pr&eacute;valoir&nbsp;? La comtesse Madeleine, incapable de choisir entre ses deux pr&eacute;tendants, n&rsquo;y r&eacute;pondra pas&nbsp;!

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Tue, 05 Mar 2019 06:07:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/les-mots-de-lopera-livret
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French – Une voix dans l’obscurité : la musique vocale de György Kurtág

L&rsquo;Op&eacute;ra d&rsquo;Amsterdam organise actuellement la quatri&egrave;me &eacute;dition de son Opera Forward Festival, avec pour th&egrave;me principal cette ann&eacute;e &laquo;&nbsp;l&rsquo;identit&eacute; et la confrontation&nbsp;&raquo;. L&rsquo;&eacute;tablissement compose un programme lyrique plus sp&eacute;cifiquement destin&eacute; aux amateurs de musique contemporaine, o&ugrave; l&#39;on pourra notamment (re)d&eacute;couvrir&nbsp;Girls of the Golden West, le dernier op&eacute;ra en date de John Adams qui fait ici l&#39;objet d&#39;une cr&eacute;ation europ&eacute;enne ; The Second Violinist, l&rsquo;op&eacute;ra-thriller de Donnacha Dennehy ; mais aussi le fascinant Fin de Partie, le dernier op&eacute;ra de Gy&ouml;rgy Kurt&aacute;g cr&eacute;&eacute; en novembre dernier &agrave; la Scala, Pour mieux appr&eacute;hender l&#39;&oelig;uvre au sein du r&eacute;pertoire du compositeur, nous revenons sur le rapport que&nbsp;Gy&ouml;rgy Kurt&aacute;g&nbsp;entretient de longue date avec la voix.&nbsp;

***

Pour beaucoup de compositeurs du XXe&nbsp;si&egrave;cle, l&rsquo;op&eacute;ra n&rsquo;est pas un genre qui va de soi. Gy&ouml;rgy Kurt&aacute;g est de ceux-l&agrave; : lui qui, &eacute;tudiant, chantait avec sa future &eacute;pouse et son ami Ligeti les op&eacute;ras de Mozart en petit comit&eacute; aura attendu d&rsquo;avoir 92 ans pour faire ses d&eacute;buts &agrave; l&rsquo;op&eacute;ra. N&eacute; en 1926, il n&rsquo;a pas pu se d&eacute;placer &agrave; de Scala de Milan pour entendre, le 15 novembre 2018, la cr&eacute;ation mondiale de Fin de partie ; pour autant, la voix a toujours jou&eacute; un r&ocirc;le fondamental dans son &oelig;uvre, sur des textes hongrois bien s&ucirc;r, mais aussi russes, anglais, allemands ou fran&ccedil;ais. C&rsquo;est que Kurt&aacute;g est europ&eacute;en, par go&ucirc;t peut-&ecirc;tre, par les hasards de l&rsquo;histoire du XXe&nbsp;si&egrave;cle certainement&nbsp;: il aura fallu attendre les ann&eacute;es 2000 pour que le roumain entre &agrave; son catalogue, mais c&rsquo;est bien en Roumanie qu&rsquo;il est n&eacute; en 1926, et en roumain qu&rsquo;il a suivi une partie de sa scolarit&eacute;, avant de rejoindre Budapest et ce qu&rsquo;il restait de la Hongrie apr&egrave;s 1919 pour y &eacute;tudier, y enseigner pendant des d&eacute;cennies, et y construire son &oelig;uvre en toute discr&eacute;tion.

Il y a bien des mani&egrave;res d&rsquo;aborder la voix dans la musique contemporaine, l&rsquo;op&eacute;ra n&rsquo;en est qu&rsquo;une parmi d&rsquo;autres.La premi&egrave;re grande &oelig;uvre vocale de Kurt&aacute;g est &eacute;crite pour la tessiture aigu&euml; d&rsquo;une soprano et cr&eacute;&eacute;e en 1968 &agrave; Darmstadt, le temple de l&rsquo;avant-garde musicale &ndash; sans beaucoup de succ&egrave;s. Un cycle de m&eacute;lodies pour soprano et piano, ce n&rsquo;&eacute;tait pas tr&egrave;s &agrave; la mode, et pourtant, quelle &oelig;uvre singuli&egrave;re ! de Dits de P&eacute;ter Bornemisza intriguent d&rsquo;abord par leur texte, tir&eacute; des pr&ecirc;ches d&rsquo;un pasteur hongrois du XVIe si&egrave;cle&nbsp;: ce n&rsquo;est peut-&ecirc;tre pas tr&egrave;s attirant &agrave; premi&egrave;re vue, mais il y a dans ces textes une truculence, un sens de l&rsquo;image frappante, une gourmandise de mots qui justifient amplement ce choix, et qui expliquent aussi le choix de cette voix haut perch&eacute;e, irr&eacute;elle, capricieuse, avec laquelle le piano ne peut qu&rsquo;essayer de dialoguer. Il y a l&agrave; une forme d&rsquo;humour&nbsp;: Kurt&aacute;g a, c&rsquo;est certain, une relation tragique au monde, mais cet humour qui tente d&rsquo;&eacute;tablir une relation plus vivable avec ce monde est une constante de son &oelig;uvre, dont le plus bel exemple r&eacute;cent est sans doute le cycle d&rsquo;aphorismes du philosophe des Lumi&egrave;res Georg Christoph Lichtenberg qu&rsquo;il a compos&eacute; pour soprano et contrebasse.


Fin de Partie, (c) Teatro alla Scala, novembre 2018

Fin de Partie est sans doute le dernier grand projet de Kurt&aacute;g, d&rsquo;ailleurs encore inachev&eacute; puisqu&rsquo;il envisage de compl&eacute;ter les sc&egrave;nes d&eacute;j&agrave; compos&eacute;es jusqu&rsquo;&agrave; ce que l&rsquo;op&eacute;ra contienne tout le texte de Beckett. Mais c&rsquo;est aussi peut-&ecirc;tre le plus ancien, puisqu&rsquo;il a d&eacute;couvert la pi&egrave;ce l&rsquo;ann&eacute;e m&ecirc;me de sa cr&eacute;ation en 1957. Depuis, Kurt&aacute;g n&rsquo;a cess&eacute; d&rsquo;avoir Beckett en ligne de mire, et il l&rsquo;a mis en musique &agrave; plusieurs reprises. L&rsquo;&oelig;uvre la plus marquante est certainement What is the word, sur le dernier texte achev&eacute; par Beckett&nbsp;: cette recherche du mot perdu, Kurt&aacute;g l&rsquo;a &eacute;crite pour une starlette de la chanson rendue aphasique par un accident. Ce n&rsquo;est donc pas la voix lyrique qui est ici &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre, mais une voix emp&ecirc;ch&eacute;e, douloureuse, et puissamment expressive &ndash; le travail de Kurt&aacute;g sur la voix n&rsquo;est certainement pas une simple affaire formelle et th&eacute;orique, mais embrasse des enjeux expressifs, litt&eacute;raires, sensuels. La voix n&rsquo;est jamais r&eacute;duite &agrave; un mat&eacute;riau instrumental, et la mise en musique explore le texte dans toutes ses dimensions s&eacute;mantiques &ndash; &agrave; l&rsquo;oppos&eacute; complet du traitement des po&egrave;mes de Mallarm&eacute; par Pierre Boulez dans Pli selon pli,

La soprano Adrienne Csengery, en collaborant avec lui pour la cr&eacute;ation en 1981 du cycle Messages de feu R. V. Troussova, a selon ses dires travaill&eacute; avec lui une centaine de Lieder de Schubert, pas moins, comme mani&egrave;re d&rsquo;approcher les id&eacute;es tr&egrave;s pr&eacute;cises qu&rsquo;il se fait de l&rsquo;interpr&eacute;tation de sa musique&nbsp;: la beaut&eacute; sonore est primordiale pour lui. Kurt&aacute;g a une connaissance encyclop&eacute;dique du r&eacute;pertoire classique, et il s&rsquo;en sert pour transmettre &agrave; ses interpr&egrave;tes une forme d&rsquo;essentiel en musique&nbsp;: il ne s&rsquo;agit pas de faire des choses extraordinaires, il faut simplement faire la chose juste. de Messages sont l&rsquo;une des trois &oelig;uvres qu&rsquo;il a compos&eacute;es sur des textes d&rsquo;une po&eacute;tesse russe install&eacute;e en Hongrie, Rimma Dalos, adepte comme lui des formes courtes et des &eacute;nonc&eacute;s elliptiques&nbsp;: ce qu&rsquo;il a trouv&eacute; chez elle, ce n&rsquo;est pas seulement un refus de l&rsquo;&eacute;panchement, c&rsquo;est aussi une complexe imbrication de douleur et de d&eacute;sir, de perte de soi et de conscience suraigu&euml;.

Une &oelig;uvre vocale de Kurt&aacute;g a eu un destin particuli&egrave;rement &eacute;clatant. de Kafka-Fragmente, compos&eacute;s de fragments des journaux et de la correspondance de Kafka, sont &eacute;crits pour soprano et violon, sans parcours narratif ni construction d&rsquo;un personnage&nbsp;; ils ont d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; enregistr&eacute;s cinq fois, et surtout ils ont eu &agrave; de nombreuses reprises les honneurs de la sc&egrave;ne. Ce n&rsquo;&eacute;tait pas pr&eacute;vu par le compositeur, et Kurt&aacute;g n&rsquo;a pas un go&ucirc;t prononc&eacute; pour la sc&egrave;ne, qu&rsquo;il voit comme le lieu des &eacute;motions factices, mais la th&eacute;&acirc;tralit&eacute;, le geste fort, le d&eacute;sir de communiquer avec autrui et l&rsquo;effort impossible pour se faire entendre, tout ceci fait la force de Kafka comme de Beckett, tout ceci est puissamment th&eacute;&acirc;tral par lui-m&ecirc;me, sans qu&rsquo;il soit m&ecirc;me besoin de mat&eacute;rialiser cette relation entre l&rsquo;interpr&egrave;te et l&rsquo;auditeur. Plus du tiers des num&eacute;ros d&rsquo;opus de Kurt&aacute;g correspondent &agrave; des &oelig;uvres avec voix soliste&nbsp;: la r&eacute;ussite &eacute;clatante de Fin de partie &agrave; la Scala s&rsquo;explique entre autres par cette longue pr&eacute;paration.

Dominique Adrian

Discographie

  • Dits de P&eacute;ter Bornemisza, Erika Sziklay, L&oacute;r&aacute;nt Szűcs, 1 CD, Hungaroton.
  • Gy&ouml;rgy Kurt&aacute;g, Portrait-concert, Festival de Salzbourg 1993, Adrienne Csengery, Ildiko Mony&oacute;k, Zolt&aacute;n Kocsis, Andr&aacute;s Keller, etc., 2 CD, Col legno.
  • Kafka-Fragmente, Juliane Banse, Andr&aacute;s Keller, 1 CD, ECM.
  • Gy&ouml;rgy Kurt&aacute;g, Complete Works for Ensemble and Choir (What is the word, Messages de R. V. Troussova, etc.), Asko|Sch&ouml;nberg Ensemble, Reinbert de Leeuw, 3 CD, ECM.

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Mon, 04 Mar 2019 12:50:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/une-voix-dans-lobscurite-la-musique-vocale-de-gyorgy-kurtag
https://www.opera-online.com/fr/articles/une-voix-dans-lobscurite-la-musique-vocale-de-gyorgy-kurtag


French – Sonya Yoncheva renonce à la Traviata à la Scala

Depuis janvier dernier, la Scala de Milan reprend sa production embl&eacute;matique de La Traviata, dans la mise en sc&egrave;ne tr&egrave;s fastueuse de la r&eacute;alisatrice italienne Liliana Cavani et confi&eacute;e &agrave; la direction du maestro Myung-Whun Chung, La distribution de la premi&egrave;re s&eacute;rie de repr&eacute;sentations est notamment emmen&eacute;e par Marina Rebeka dans le r&ocirc;le-titre, aux c&ocirc;t&eacute;s de Francesco Meli et Leo Nucci, mais les trois derni&egrave;res soir&eacute;es (les 12, 14 et 17 mars prochains) &eacute;taient particuli&egrave;rement attendues dans la mesure o&ugrave; elles devaient r&eacute;unir Sonya Yoncheva en Violetta et Placido Domingo dans le r&ocirc;le du p&egrave;re Germont, en plus de Francesco Meli,

Sonya Yoncheva annonce par voie de communiqu&eacute; devoir renoncer &agrave; sa participation &agrave; това Traviata, sans plus de d&eacute;tails, mais pr&eacute;sentant ses excuses aux spectateurs qui l&rsquo;attendaient. Tout juste maintient-elle sa s&eacute;rie de r&eacute;citals pr&eacute;vus au cours des prochaines semaines &ndash; notamment &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra de Monte-Carlo, le 5 mars prochain.

Si les annulations suscitent toujours des regrets, &agrave; la Scala de Milan, la soprano bulgare sera n&eacute;anmoins remplac&eacute;e par la jeune Angel Blue, qui suscite une certaine curiosit&eacute; &ndash; en plus de b&eacute;n&eacute;ficier du soutien de Placido Domingo. Apr&egrave;s avoir fait ses armes outre-Atlantique, elle faisait sensation &agrave; la Royal Opera House de Londres d&eacute;j&agrave; dans le r&ocirc;le de Violetta aux c&ocirc;t&eacute;s de Benjamin Bernheim, et on attend maintenant de l&rsquo;entendre dans Tosca au Festival d&rsquo;Aix en Provence l&rsquo;&eacute;t&eacute; prochain ou de la voir ouvrir la prochaine saison du Met de New York dans Porgy and Bess&nbsp;&agrave; la rentr&eacute;e.
L&rsquo;&eacute;t&eacute; dernier, d&eacute;j&agrave; &agrave; la Scala, la d&eacute;fection de Sonya Yoncheva dans le r&ocirc;le d&#39;Imog&egrave;ne dans&nbsp;Il Pirata&nbsp;(on en rendait compte) avait contribu&eacute; &agrave; faire d&eacute;couvrir la jeune Roberta Mantegna &ndash; qui vient manifestement de confirmer ses qualit&eacute;s r&eacute;cemment &agrave; Gen&egrave;ve. Ce nouveau retrait de la soprano bulgare aura-t-il les m&ecirc;mes vertus pour Angel Blue&nbsp;? R&eacute;ponse dans quelques jours &agrave; la Scala.

S_traviata-scala-sonya-yoncheva-angel-blue-2019" src="https://www.opera-online.com/media/images/picture/article/0000/0911/4831/s_traviata-scala-sonya-yoncheva-angel-blue-2019.jpg
Thu, 28 Feb 2019 10:36:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/sonya-yoncheva-renonce-a-la-traviata-a-la-scala
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French – Le Met de New York dévoile une saison 2019-2020 modernisée

Pour l&rsquo;amateur d&rsquo;op&eacute;ra, le Metropolitan Opera est une maison ambivalente&nbsp;: l&rsquo;op&eacute;ra new-yorkais se classe &eacute;videmment parmi les &eacute;tablissements embl&eacute;matiques majeurs outre-Atlantique et b&eacute;n&eacute;ficie d&rsquo;un rayonnement mondial hors norme, notamment en s&rsquo;imposant comme l&rsquo;un des pionniers de la diffusion d&rsquo;op&eacute;ra &agrave; travers le monde &ndash; au cin&eacute;ma ou en ligne. Mais le Met connait aussi des difficult&eacute;s financi&egrave;res, peine &agrave; remplir sa salle immense, et traine la r&eacute;putation de proposer une programmation qui se renouvelle peu (autant du fait de son &eacute;quipe artistique rest&eacute;e presque inchang&eacute;e pendant 40 ans que du go&ucirc;t des spectateurs new-yorkais f&eacute;rus de classicisme).
Dans ce contexte, le Met Opera vient de d&eacute;voiler le d&eacute;tail de sa saison 2019-2020, la seconde plac&eacute;e sous l&rsquo;&eacute;gide de son nouveau jeune directeur musical Yannick N&eacute;zet-S&eacute;guin (qui succ&egrave;de &agrave; James Levine), et si la programmation de la saison &agrave; venir se renouvelle encore peu, elle a au moins le m&eacute;rite d&rsquo;afficher une certaine ambition de modernit&eacute; et d&rsquo;attirer comme toujours quelques-unes des plus grandes voix de la sc&egrave;ne lyrique.

Pour sa prochaine saison, le Met annonce ainsi cinq &laquo;&nbsp;nouvelles&nbsp;&raquo; productions &ndash; pour l&rsquo;essentiel, des coproductions d&eacute;j&agrave; vues en Europe mais que les lyricomanes new-yorkais pourront donc d&eacute;couvrir pour la premi&egrave;re fois.&nbsp;
La saison 2019-2020 du Met s&rsquo;ouvrira le 23 septembre avec Porgy and Bess, de Gershwin, dans la mise de James Robinson, La production est in&eacute;dite &agrave; New York mais d&eacute;j&agrave; vue &agrave; Londres&nbsp;: &agrave; New York, Eric Greene reprendra le r&ocirc;le de Porgy dans lequel &laquo;&nbsp;il excelle&nbsp;&raquo;, mais Nicole Cabell (Bess &agrave; Londres) laisse la place &agrave; la jeune Angel Blue, qu&rsquo;on pourra notamment d&eacute;couvrir au Festival d&rsquo;Aix en Provence l&rsquo;&eacute;t&eacute; prochain. Et comme &agrave; Londres, le Met souligne faire appel &agrave; un ch&oelig;ur compos&eacute; int&eacute;gralement d&rsquo;interpr&egrave;tes afro-am&eacute;ricains.
Toujours au rang des &laquo;&nbsp;nouvelles&nbsp;&raquo; productions d&eacute;j&agrave; donn&eacute;es &agrave; Londres, le Met fait entrer Akhnaten &agrave; son r&eacute;pertoire. L&rsquo;op&eacute;ra de Philip Glass sera donn&eacute; &agrave; partir du 8 novembre dans la mise en sc&egrave;ne de Phelim McDermott qui nous impressionnait r&eacute;cemment &agrave; Londres : Anthony Roth Costanzo, &laquo;&nbsp;qui semble n&eacute; pour incarner le pharaon &eacute;gyptien&nbsp;&raquo;, reprend le r&ocirc;le-titre et la cheffe Karen Kamensek, tout aussi &laquo;&nbsp;exceptionnelle&nbsp;&raquo; &agrave; Londres, fera l&agrave; ses d&eacute;buts dans la fosse new-yorkaise.
&Agrave; partir du 27 d&eacute;cembre, le Met enchaine avec Wozzeck, d&rsquo;Alban Berg, dans la mise en sc&egrave;ne de William Kentridge inaugur&eacute;e au Festival de Salzbourg en 2017 et l&agrave; aussi, la production enthousiasmait, Pour autant, si le Met reprend la production, il en renouvelle significativement le plateau vocal&nbsp;: on retient notamment que Peter Mattei interpr&eacute;tera le r&ocirc;le-titre pour la premi&egrave;re fois sur sc&egrave;ne face &agrave; la Marie d&rsquo;Elza van den Heever (succ&eacute;dant ainsi &agrave; la r&eacute;v&eacute;lation Asmik Grigorian du festival de Salzbourg).
&Agrave; partir du 6 f&eacute;vrier 2020, le public new-yorkais pourra d&eacute;couvrir&nbsp;Agrippina, de Handel, donn&eacute; pour la premi&egrave;re fois au Met. L&rsquo;&eacute;tablissement fait le choix de proposer une &laquo;&nbsp;recr&eacute;ation &raquo; de la production de Sir David McVicar, cr&eacute;&eacute;e initialement &agrave; la Monnaie de Bruxelles en 2000, ici avec Joyce DiDonato dans le r&ocirc;le de l&rsquo;imp&eacute;ratrice Agrippina (qu&rsquo;elle interpr&eacute;tera &agrave; Madrid, Barcelone puis Paris en mai prochain). Puis enchainera le 2 mars avec Le Vaisseau Fant&ocirc;me, de Wagner, avec notamment Anja Kampe en Senta et&nbsp;Bryn Terfel&nbsp;&ndash; dans une partition qu&#39;il conna&icirc;t parfaitement pour l&#39;avoir d&eacute;j&agrave; interpr&eacute;t&eacute;e &agrave; de nombreuses reprises. Valery Gergiev dirigera la fosse tandis que cette nouvelle production marquera le retour &agrave; New York du metteur en sc&egrave;ne fran&ccedil;ais&nbsp;Fran&ccedil;ois Girard, absent depuis son Parsifal de 2013 (repris ici-m&ecirc;me en f&eacute;vrier 2018).

La maison am&eacute;ricaine ne sera pas non plus avare en reprises, puisqu&#39;elle en proposera une vingtaine dont la Manon mise en sc&egrave;ne par Laurent Pelly p Lisette Oropesa, ou bien La Boh&egrave;me en octobre dirig&eacute;e par Marco Armiliato et Emmanuel Villaume, De grands interpr&egrave;tes se partageront la distribution vocale pour l&#39;occasion : Matthew Polenzani, Roberto Alagna, et Joseph Calleja interpr&egrave;teront tour &agrave; tour Rodolfo tandis que Mimi appara&icirc;tra sous les traits tant&ocirc;t d&#39;Ailyn P&eacute;rez, tant&ocirc;t de Maria Agresta, Autre grand nom attendu, celui d&#39;Anna Netrebko qui reprendra le r&ocirc;le de lady Macbeth dans lequelle elle avait d&eacute;j&agrave; envo&ucirc;t&eacute; la salle dans cette m&ecirc;me production&nbsp;en 2014, Elle se trouvera pour la premi&egrave;re fois face &agrave; Pl&aacute;cido Domingo dans le r&ocirc;le-titre avant de retrouver Željko Lučić d&eacute;j&agrave; pr&eacute;sent il y a cinq ans, ainsi qu&#39;Ildar Abdrazakov en Banquo. La soprano russe reprendra &eacute;galement un r&ocirc;le qu&#39;elle a chant&eacute; derni&egrave;rement dans une production qui sera &eacute;galement reprise en mars : la Tosca imagin&eacute;e par David McVicar dans laquelle elle fut grandement accalam&eacute;e.
Le Nozze de Figaro sign&eacute;es par Richard Eyre seront l&#39;occasion pour Ga&euml;lle Arquez et Marianne Crebassa de faire leurs d&eacute;buts sur la sc&egrave;ne mythique du Met en novembre dans le r&ocirc;le de Cherubino qu&#39;elles se partageront, face &agrave; Nadine Sierra, tandis que le mois suivant, ce sera au tour de la fameuse production de&nbsp;Der Rosenkavalier imagin&eacute;e par Robert Carsen avec entre autre Camilla Nylund et Magdalena Kožen&aacute;,
La Traviata de Michael Mayer, cr&eacute;&eacute;e cette saison, reviendra &eacute;galement en janvier avec cette fois-ci Aleksandra Kurzak dans le r&ocirc;le tragique de Violetta face au bel Alfredo de Dmytro Popov et au Germont acclam&eacute; de Quinn Kelsey, avant que la distribution ne change plus tard pour accueillir &agrave; нов Lisette Oropesa, Vittorio Grigolo, et Luca Salsi.&nbsp;La Damnation de Faust de Robert Lepage fera aussi son retour avec le saisissant trio form&eacute; de Bryan Hymel, Elīna Garanča et Ildar Abdrazakov, tandis que Piotr Beczała reprendra le r&ocirc;le de Werther dans lequel nous l&#39;avons entendu &agrave; Paris ou &agrave; Barcelone&nbsp;face &agrave; la Charlotte de Joyce DiDonato,
Diana Damrau sera elle aussi pr&eacute;sente cette saison, dans la reprise de&nbsp;Maria Stuarda (&eacute;galement sign&eacute;e David McVicar) face &agrave; Jamie Barton et Michele Pertusi, N&#39;oublions pas &eacute;galement un retour tr&egrave;s attendu de Sonya Yoncheva dans la reprise de&nbsp;Manon Lescaut imagin&eacute;e par Richard Eyre o&ugrave; Marcelo &Aacute;lvarez reprendra le r&ocirc;le du Chevalier des Grieux.

Si le c&oelig;ur de la programmation de cette saison 2019-2020 du Metropolitan Opera reste comme souvent articul&eacute; autour des fondamentaux de la maison new-yorkaise, que ce soit en terme d&rsquo;&oelig;uvres ou de productions port&eacute;es par quelques-uns des plus grands interpr&egrave;tes du moment, et que le nombre de nouveaut&eacute;s est ici r&eacute;duit &agrave; portion congrue (des nouvelles productions qui n&rsquo;en sont pas tout &agrave; fait et cette saison, le Met ne propose aucune cr&eacute;ation), on constate n&eacute;anmoins que la maison new-yorkaise ouvre progressivement son r&eacute;pertoire &agrave; des &oelig;uvres r&eacute;centes, voire contemporaines &ndash; l&rsquo;emphase de la saison est mis sur Porgy and Bess, Wozzeck et Akhnaten, Une fa&ccedil;on, peut-&ecirc;tre, de moderniser la programmation d&rsquo;un temple historique du classicisme &ndash; en attendant de d&eacute;couvrir si le public new-yorkais r&eacute;pond pr&eacute;sent &agrave; cette tentative de renouvellement. D&#39;ici l&agrave;, cette saison 2019-2020 est d&eacute;taill&eacute;e sur le site officiel du Metropolitan Opera,

S_met-opera-saison-2019-2020-new-york" src="https://www.opera-online.com/media/images/picture/article/0000/0910/4814/s_met-opera-saison-2019-2020-new-york.jpg
Thu, 21 Feb 2019 07:49:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/le-met-de-new-york-devoile-une-saison-2019-2020-modernisee
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French – Les mots de l&#39;opéra : Cour ou Jardin ?

Nous reprenons notre tour d&rsquo;horizon vid&eacute;o du vocabulaire de l&rsquo;op&eacute;ra en nous int&eacute;ressant cette semaine aux notions de Cour et de Jardin, pour d&eacute;signer les c&ocirc;t&eacute;s droit et gauche d&#39;une sc&egrave;ne de th&eacute;&acirc;tre ou d&#39;op&eacute;ra, mais aussi aux origines de cette insolites double expression.&nbsp;

Cour / jardin : &laquo;&nbsp;On entre &agrave; градина&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;on sort &agrave; съд&nbsp;&raquo;&nbsp;: le public qui entend ces expressions peut &ecirc;tre interloqu&eacute;. En fait, c&rsquo;est en France la d&eacute;signation, dans tous les th&eacute;&acirc;tres, des deux c&ocirc;t&eacute;s de la sc&egrave;ne. Mais, pourquoi ne pas dire &laquo;&nbsp;gauche&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;droite&nbsp;&raquo;&nbsp;? Tout simplement parce que la &laquo;&nbsp;gauche&nbsp;&raquo; et la &laquo;&nbsp;droite&nbsp;&raquo; ne sont pas du m&ecirc;me c&ocirc;t&eacute; si l&rsquo;on est en sc&egrave;ne, tourn&eacute; vers les spectateurs, ou regardant vers le fond de sc&egrave;ne, ou, pire, sur les c&ocirc;t&eacute;s.

On d&eacute;signe donc le c&ocirc;t&eacute; gauche, vu de la salle, comme le c&ocirc;t&eacute; jardin, le c&ocirc;t&eacute; droit &eacute;tant le c&ocirc;t&eacute; cour. Pourquoi cette d&eacute;nomination&nbsp;? Parce que, du temps o&ugrave; la Com&eacute;die Fran&ccedil;aise, &agrave; partir de 1770, &eacute;tait install&eacute;e au palais des Tuileries, la salle donnait d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute; sur le jardin des Tuileries, de l&rsquo;autre sur la cour du Louvre.&nbsp;

Mais, comme pour b&acirc;bord ou tribord, on peut avoir une h&eacute;sitation. Un bon moyen mn&eacute;motechnique est de s&rsquo;asseoir en pens&eacute;e dans la salle et de dire &laquo;&nbsp;J&eacute;sus Christ&nbsp;&raquo; (J &agrave; gauche, C &agrave; droite) &ndash; ou, si l&rsquo;on est ath&eacute;e, &laquo;&nbsp;Jules C&eacute;sar&nbsp;&raquo;&nbsp;: &ccedil;a marche aussi.
Les machinistes du c&ocirc;t&eacute; cour sont appel&eacute;s les couriers et ceux du c&ocirc;t&eacute; jardin les jardiniers.

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S_mots-de-lopera-cour-jardin" src="https://www.opera-online.com/media/images/picture/article/0000/0909/4807/s_mots-de-lopera-cour-jardin.jpg
Mon, 18 Feb 2019 11:26:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/les-mots-de-lopera-cour-ou-jardin
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French – Petite Balade aux enfers : l’Opéra Comique et la jeunesse, une histoire d’avenir

Apr&egrave;s une journ&eacute;es portes ouvertes &laquo;&nbsp;familles&nbsp;&raquo; ayant r&eacute;uni plus de 2000 personnes (et l&rsquo;arm&eacute;e de nounours en peluche d&rsquo;1m40 qui avait fait le buzz dans le quartier des Gobelins &agrave; Paris depuis octobre), et trois repr&eacute;sentations de Gretel et Hansel, adaptation fran&ccedil;aise du conte lyrique de Humperdinck, l&rsquo;&eacute;dition 2019 de &laquo;&nbsp;Mon premier festival d&rsquo;op&eacute;ra&nbsp;&raquo; se poursuit &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra Comique avec une fantaisie sur le mythe d&rsquo;Orph&eacute;e.

En assistant &agrave; la premi&egrave;re repr&eacute;sentation de Petite Balade aux enfers, synth&egrave;se de l&rsquo;&oelig;uvre phare de Gluck en cinquante minutes ponctu&eacute;es de dialogues parl&eacute;s, on est souffl&eacute; par la qualit&eacute; de l&rsquo;ex&eacute;cution. Le spectacle, initialement pr&eacute;vu pour la salle Bizet, s&rsquo;est install&eacute; dans la grande salle Favart en raison de son dispositif sc&eacute;nique. Un castelet de plusieurs m&egrave;tres sert de mini-th&eacute;&acirc;tre de marionnettes o&ugrave; &eacute;voluent les personnages principaux, les cr&eacute;atures volantes et color&eacute;es des enfers &agrave; larges becs ou &agrave; poils longs, et des fins &eacute;l&eacute;ments de d&eacute;cor. Val&eacute;rie Lesort, qui a co-sign&eacute; la mise en sc&egrave;ne du Domino noir p Christian Hecq (le soci&eacute;taire de la Com&eacute;die-Fran&ccedil;aise incarne ici Zeus, narrateur, avec son irr&eacute;sistible gouaille habituelle), propose un projet d&rsquo;une grande fra&icirc;cheur et &agrave; la clart&eacute; dramatique accessible &agrave; tous, d&egrave;s six ans. La remarquable cr&eacute;ation lumi&egrave;res de Pascal Laajili (le fameux &laquo;&nbsp;couloir noir&nbsp;&raquo; figurant l&rsquo;illusion du mouvement des marionnettes) et le soin musical apport&eacute; participent largement &agrave; la po&eacute;sie et &agrave; la dr&ocirc;lerie de la repr&eacute;sentation. Marie Lenormand campe un Orph&eacute;e noble et d&eacute;chirant, Judith Fa est une Eurydice intr&eacute;pide et a&eacute;rienne. de Ma&icirc;trise Populaire de l&rsquo;Op&eacute;ra Comique interpr&egrave;te les ch&oelig;urs avec aisance, sous la direction musicale aff&ucirc;t&eacute;e et touchante de Marine Thoreau la Salle au piano.

La production r&eacute;unit les ingr&eacute;dients de l&rsquo;ouverture&nbsp; au jeune public, et &agrave; plus large &eacute;chelle aux publics jeunes, d&eacute;ploy&eacute;e par l&rsquo;institution parisienne sous de nombreuses formes.


Petit Balade aux Enfers (c) Stefan Brion / Op&eacute;ra Comique 2019

Tout d&rsquo;abord, on est extr&ecirc;mement satisfait d&rsquo;avoir un spectacle familial qui ne soit pas &laquo;&nbsp;au rabais&nbsp;&raquo;, pour ce festival jeunesse qui ouvre la saison calendaire de l&rsquo;institution pour la deuxi&egrave;me ann&eacute;e cons&eacute;cutive, et de b&eacute;n&eacute;ficier d&rsquo;une rencontre avec l&rsquo;&eacute;quipe artistique &agrave; l&rsquo;issue directe du baisser de rideau. Les enfants conquis, familiers ou non au monde lyrique, font d&eacute;voiler les secrets de fabrication aux cr&eacute;ateurs et sont &agrave; l&rsquo;origine de quelques perles (&laquo;&nbsp;Pourquoi vous avez pas fait la vraie fin&nbsp;?&nbsp;&raquo;, demande un &eacute;colier &eacute;tonn&eacute; par la r&eacute;surrection d&rsquo;Eurydice &agrave; la fin de l&rsquo;&oelig;uvre).

Il y a aussi la Ma&icirc;trise Populaire (la premi&egrave;re du titre), projet soci&eacute;tal et multi-disciplinaire cr&eacute;&eacute; en 2016 par l&rsquo;Op&eacute;ra Comique, parrain&eacute; par la nouvelle troupe Favart, et finaliste cette ann&eacute;e des Projets FEDORA pour l&rsquo;&Eacute;ducation. Bien que le s&eacute;same de cette formation s&rsquo;op&egrave;re sur audition, aucun pr&eacute;-requis musical n&rsquo;est exig&eacute;. Intervient alors la dynamique de mixit&eacute; pour ses participants de 8 &agrave; 25 ans, permise par une tourn&eacute;e de recrutement dans des zones d&rsquo;&eacute;ducation prioritaire en &Icirc;le-de-France. Une fois int&eacute;gr&eacute;s au projet, les ma&icirc;trisiens sont scolaris&eacute;s au Coll&egrave;ge Couperin (4e arrondissement) en classe &agrave; horaires am&eacute;nag&eacute;s, au Lyc&eacute;e g&eacute;n&eacute;ral Georges Brassens (19e arrondissement) ou au Lyc&eacute;e professionnel de l&rsquo;Abb&eacute; Gr&eacute;goire (5e arrondissement). Parall&egrave;lement au bloc d&rsquo;enseignement commun aux autres adolescents, ils suivent notamment des cours de musique, de danse et de chansigne (pratique qu&#39;on&nbsp;&eacute;voquait r&eacute;cemment) selon une m&eacute;thode ludique par le mouvement, entre 4 et 18 heures par semaine. Le d&eacute;cloisonnement et la rencontre avec les publics sont une r&eacute;alit&eacute;&nbsp;: les chanteurs de la Ma&icirc;trise Populaire de l&rsquo;Op&eacute;ra Comique se produisent aussi bien Place Bo&iuml;eldieu dans le cadre de la programmation jeunesse (le r&ocirc;le d&rsquo;Amour dans Petite Balade aux enfers, My Fair Lady en f&eacute;vrier 2018, les &laquo;&nbsp;Chansons &agrave; partager&nbsp;&raquo; pendant la saison 2019) ou g&eacute;n&eacute;rale (la cr&eacute;ation mondiale de L&rsquo;Inondation de Francesco Filidei et Jo&euml;l Pommerat en septembre prochain),&nbsp;qu&rsquo;en hors-les-murs&nbsp;(entr&eacute;e de Simone Veil au Panth&eacute;on, la cr&eacute;ation th&eacute;&acirc;trale de Thyeste de S&eacute;n&egrave;que par Thomas Jolly au Festival d&rsquo;Avignon et en tourn&eacute;e dans toute la France).

Autre facteur d&rsquo;accessibilit&eacute; pour les familles : la Carte Mainate, au tarif de 15&euro; par famille, donnant droit pendant l&rsquo;ann&eacute;e calendaire &agrave; une r&eacute;duction de 10% pour les adultes et de 50% pour leur(s) enfant(s) (ou non) de moins de 18 ans, pour les spectacles tout public, &agrave; la condition d&rsquo;au moins un adulte et un enfant par spectacle. Elle donne acc&egrave;s gratuitement aux garages &agrave; poussettes, &agrave; la r&eacute;servation de loges &agrave; proximit&eacute; des sorties, et &agrave; un guide ludique de visite. En 2018, 100 Cartes Mainates ont &eacute;t&eacute; vendues, et 61% des places achet&eacute;es via la Carte Mainate concernaient&nbsp; &laquo;&nbsp;Mon premier festival&nbsp;&raquo;, qui a compt&eacute; quelque 1925 spectateurs (repr&eacute;sentant plus de 4% de la fr&eacute;quentation annuelle du Th&eacute;&acirc;tre, &eacute;tant donn&eacute; que les jauges sont beaucoup plus r&eacute;duites qu&rsquo;un spectacle traditionnel au sein de la grande salle).

Par ailleurs, les groupes scolaires et universitaires ont occup&eacute; 3207 places la saison derni&egrave;re tous spectacles confondus, soit 7% du public total.

Les 5753&nbsp;moins 35 ans individuels d&eacute;nombr&eacute;s en 2018 (incluant les moins de 18 ans), soit 12,6% du public g&eacute;n&eacute;ral et en augmentation de 93,8% par rapport &agrave; 2017, ont eux droit &agrave; une remise de 35% sur les billets de toute la saison, et b&eacute;n&eacute;ficient d&rsquo;offres r&eacute;guli&egrave;res &agrave; 20&euro; sur les grandes productions.

On cl&ocirc;turera ce chapitre en mettant encore une fois l&rsquo;accent sur la belle sant&eacute; des coproductions, parfois adapt&eacute;es &agrave; des publics plus lointains de l&rsquo;op&eacute;ra. On pense par exemple &agrave; Boh&egrave;me, notre jeunesse, cr&eacute;&eacute; salle Favart en juillet (on en rendait compte), et en tourn&eacute;e de la Corse &agrave; la Normandie dans des maisons th&eacute;&acirc;trales qui font pour la plupart une entr&eacute;e in&eacute;dite dans le lyrique.

Thibault Vicq

Petite Balade aux enfers, d&rsquo;apr&egrave;s Orph&eacute;e et Eurydice de C. W. Gluck, jusqu&rsquo;au 17 f&eacute;vrier &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra Comique (salle Favart)

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S_petite-balade-aux-enfers2-dr-stefan-brion" src="https://www.opera-online.com/media/images/picture/article/0000/0908/4791/s_petite-balade-aux-enfers2-dr-stefan-brion.jpg
Thu, 14 Feb 2019 07:54:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/petite-balade-aux-enfers-lopera-comique-et-la-jeunesse-une-histoire-davenir
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French – Les International Opera Awards 2019 désignent leurs finalistes

Fond&eacute;s en 2012, les International Opera Awards sont traditionnellement consid&eacute;r&eacute;s comme les &laquo; Oscars &raquo; de l&rsquo;op&eacute;ra et font r&eacute;f&eacute;rence dans l&#39;univers lyrique. Chaque ann&eacute;e, dix-huit prix sont ainsi d&eacute;cern&eacute;s par un jury de professionnels issus du monde lyrique (notamment des critiques), pr&eacute;sid&eacute; par John Allison, r&eacute;dacteur en chef du magazine Opera, afin de distinguer tant&ocirc;t les artistes, tant&ocirc;t les maisons d&#39;op&eacute;ra ayant marqu&eacute; les derniers mois &eacute;coul&eacute;s.&nbsp;

Dans le cadre de cette &eacute;dition 2019, la Royal Opera House de Londres se taille la part du lion, avec quatre nominations, dans les cat&eacute;gories Ch&oelig;urs,&nbsp;Orchestre d&rsquo;op&eacute;ra,&nbsp;Nouvelle production (pour&nbsp;De la maison des morts&nbsp;de Leo&scaron; Jan&aacute;ček,&nbsp;mis en sc&egrave;ne par Krzysztof Warlikowski&nbsp;en mars 2018, en coproduction&nbsp;avec l&#39;Op&eacute;ra de Lyon&nbsp;et la Monnaie de Bruxelles),&nbsp;et cr&eacute;ation mondiale&nbsp;pour Lessons in Love and Violence, de Georges Benjamin. L&rsquo;Op&eacute;ra de Lyon n&rsquo;est pas en reste (apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; d&eacute;j&agrave; distingu&eacute; par&nbsp;l&#39;Award de la maison d&#39;op&eacute;ra en 2017), avec trois nominations dans les cat&eacute;gories Ch&oelig;ur&nbsp;(nous avons souvent relev&eacute; l&#39;excellence de cet ensemble),&nbsp;Actions culturelles et &eacute;ducatives&nbsp;(en &eacute;cho aux nombreux projets de la maison en mati&egrave;re d&#39;ouverture &agrave; tous les publics, dont les plus jeunes) et Cr&eacute;ation mondiale&nbsp;pour l&rsquo;op&eacute;ra&nbsp;GerMANIA&nbsp;d&rsquo;Alexander Raskatov qui&nbsp;nous avait particuli&egrave;rement marqu&eacute;, cr&eacute;&eacute; &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra de Lyon en mai 2018.&nbsp;

On retrouve par ailleurs Krzysztof Warlikowski dans la cat&eacute;gorie Metteurs en sc&egrave;ne, aux c&ocirc;t&eacute;s de Calixto Bieito, Katie Mitchell, David Pountney, Vasily Barkhatov&nbsp;ou&nbsp;Rodula Gaitanou, Parmi les autres Nouvelles productions en lice, notons Vanessa &agrave; Glyndebourne, Jenufa au Natione Opera ou encore La Traviata au Th&eacute;&acirc;tre des Champs-Elys&eacute;es que nous avions eu le plaisir de voir, Et dans la cat&eacute;gorie Chefs d&rsquo;orchestre sont nomm&eacute;s Marc Albrecht, Myung-Whun Chung, Diego Fasolis, Ren&eacute; Jacobs, Michele Mariotti et Mark Wigglesworth.&nbsp;

Mais les artistes sont traditionnellement au c&oelig;ur de cette remise de prix et dans le cadre de cette &eacute;dition 2019, la soprano Pretty Yende (d&eacute;j&agrave; r&eacute;compens&eacute;e l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re par le public) est nomm&eacute;e parmi les Interpr&egrave;tes f&eacute;minines aux c&ocirc;t&eacute;s d&rsquo;Anna Caterina Antonacci, Daniela Barcellona, la Fran&ccedil;aise Sabine Devieilhe, Rosa Feola ou encore Asmik Grigorian qui avait fait sensation &agrave; Salzbourg l&rsquo;&eacute;t&eacute; dernier. Parall&egrave;lement, le t&eacute;nor Stuart Skelton, r&eacute;cipiendaire de l&rsquo;Award de l&rsquo;Interpr&egrave;te masculin en 2014 concourt cette ann&eacute;e dans la cat&eacute;gorie Enregistrement (pour un r&eacute;cital solo) avec Javier Camarena, Max Emmanuel Cencic, Anita Rachvelishvili, mais aussi St&eacute;phane Degout et Elsa Dreisig,&nbsp;pour leurs enregistrements respectifs&nbsp;Enfers&nbsp;et&nbsp;Miroir(s).&nbsp;Nous retrouvons par ailleurs Xavier Sabata, que nous avons rencontr&eacute; en d&eacute;cembre, dans la cat&eacute;gorie Interpr&egrave;tes masculins p Charles Castronovo, John Osborn ou encore Brandon Jovanovich, Enfin, l&#39;Op&eacute;ra National de Paris concourt pour sa part dans la cat&eacute;gorie Maison d&#39;op&eacute;ra de l&#39;ann&eacute;e.

Par ailleurs, chaque ann&eacute;e, les International Opera Awards donnent aussi la parole aux amateurs d&rsquo;art lyrique, invit&eacute;s &agrave; d&eacute;cerner leur prix du public. Cette ann&eacute;e, le choix devrait s&rsquo;av&eacute;rer particuli&egrave;rement difficile puisqu&rsquo;il faudra d&eacute;partager Ildar Abdrazakov, Sarah Connolly, Michael Fabiano, Vittorio Grigolo, Thomas Hampson, Barbara Hannigan, Ana Mar&iacute;a Mart&iacute;nez et Sonya Yoncheva, sur votes sont d&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave; ouverts sur le site de l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement et le resteront jsuqu&#39;au 8 mars prochain.&nbsp;

Un nombre impressionnant de noms prestigieux qui ne devraient pas faciliter la t&acirc;che du jury. Les prix seront quant &agrave; eux d&eacute;cern&eacute;s le 29 avril prochain lors d&rsquo;un gala &agrave; Londres, o&ugrave; plusieurs interpr&egrave;tes seront invit&eacute;s &agrave; exprimer leur talent. La liste de ces interpr&egrave;tes sera d&eacute;voil&eacute;e ult&eacute;rieurement.&nbsp;

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Thu, 07 Feb 2019 09:46:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/les-international-opera-awards-2019-designent-leurs-finalistes
https://www.opera-online.com/fr/articles/les-international-opera-awards-2019-designent-leurs-finalistes


French – Arte diffuse ce soir Les Troyens mis en scène par Dmitri Tcherniakov

Cette ann&eacute;e, l&#39;Op&eacute;ra de Paris f&ecirc;te un double anniversaire : les 350 ans de son existence et les 30 ans de sa salle &agrave; la Bastille. Pour l&#39;occasion, l&#39;&eacute;tablissement parisien programme notamment une nouvelle production des Troyens&nbsp;(l&#39;op&eacute;ra de Berlioz &eacute;tait le premier &agrave; r&eacute;sonner &agrave; Bastille), dont la mise en sc&egrave;ne est aujourd&#39;hui confi&eacute;e &agrave;&nbsp;Dmitri Tcherniakov, Fort de ce double &eacute;v&eacute;nement, malgr&eacute; le d&eacute;sistement d&#39;Elīna Garanča remplac&eacute;e par Ekaterina Semenchuk, la production restait particuli&egrave;rement attendue.

Malheureusement, le r&eacute;sultat n&#39;est peut-&ecirc;tre pas tout &agrave; fait &agrave; la hauteur de l&#39;attente, comme le relatait notre coll&egrave;gue Alain Duault derni&egrave;rement dans sa chronique, Autant la premi&egrave;re partie de la soir&eacute;e apparait particuli&egrave;rement r&eacute;ussie, autant&nbsp;Dmitri Tcherniakov semble peiner &agrave; trouver l&#39;inspiration dans la seconde. Reste toutefois un plateau vocal dans lequel triomphe tout particuli&egrave;rement la Cassandre de St&eacute;phanie d&rsquo;Oustrac, de m&ecirc;me que St&eacute;phane Degout, ou encore plusieurs r&ocirc;les plus secondaires.

Mais pour se forger sa propre opinion sur la production (voire pour la confronter &agrave; celle d&#39;Alain Duault &ndash; qui s&#39;interrogeait notamment sur la qualit&eacute; du livret de cette seconde partie des Troyens, ind&eacute;pendamment de ses qualit&eacute;s musicales), Arte retransmet ce soir sur son antenne ces&nbsp;Troyens&nbsp;capt&eacute;s &agrave; l&#39;Op&eacute;ra Bastille, &agrave; partir de 22h50. L&#39;op&eacute;ra sera &eacute;galement diffus&eacute;e en ligne, sur la plateforme Arte Concert, Avis donc aux amateurs qui souhaiteraient saisir l&#39;occasion de (re)d&eacute;couvrir l&#39;oeuvre de Berlioz !

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Thu, 31 Jan 2019 14:24:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/arte-diffuse-ce-soir-les-troyens-mis-en-scene-par-dmitri-tcherniakov
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French – Décès de Wilma Lipp : la nuit est tombée sur sa reine

Le 26 janvier dernier nous quittait chez elle &agrave; Inning am Ammersee (en Allemagne) Wilma Lipp, &acirc;g&eacute;e de 93 ans. Elle marqua notamment le r&ocirc;le de la Reine de la Nuit qu&rsquo;elle interpr&eacute;ta plus de quatre cent fois et qu&rsquo;elle enregistra sous les baguettes de six chefs diff&eacute;rents.

N&eacute;e &agrave; Vienne dans le quartier de D&ouml;bling, elle d&eacute;bute le chant vers 11 ans et fait ses d&eacute;buts &agrave; Vienne dans le r&ocirc;le de Rosine (Il barbiere di Siviglia) en 1943, alors qu&rsquo;elle n&rsquo;a que 17 ans. Cette m&ecirc;me ann&eacute;e, elle chante l&#39;air de Gilda du Rigoletto au Konzerthaus de Vienne. Deux ans plus tard, elle est engag&eacute;e par l&#39;Op&eacute;ra national de Vienne comme &eacute;l&egrave;ve, dans les ch&oelig;urs avant d&rsquo;interpr&eacute;ter Kate Pinkerton dans Madame Butterfly, et encha&icirc;nera ensuite avec La Fianc&eacute;e vendue de Smetana, H&auml;nsel und Gretel, Les Noces de Figaro (Barbarina), &agrave; нов Rigoletto (cette fois-ci en Comtesse Ceprano), ou encore Capriccio (la chanteuse italienne) avant de s&rsquo;attaquer &agrave; Adele dans Die Fledermaus (La Chauve-Souris), r&ocirc;le qu&#39;elle interpr&eacute;tera avec succ&egrave;s pendant plus de vingt ans.

Le 13 janvier 1948 marque un nouveau tournant, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit de sa toute premi&egrave;re Reine de la Nuit, alors sous la direction de Josef Krips qu&rsquo;elle retrouvera &agrave; de nombreuses reprises, y compris en tant qu&rsquo;accompagnateur au piano lors de certains de ses r&eacute;citals. Ainsi que nous l&rsquo;avons rappel&eacute; plus haut, ce r&ocirc;le mozartien est probablement le plus embl&eacute;matique de sa carri&egrave;re, puisqu&rsquo;elle l&#39;interpr&eacute;tera 131 fois au Staatsoper d&rsquo;ici 1956. Elle brillera toutefois dans d&rsquo;autres r&ocirc;les de Mozart, comme celui de Pamina qu&rsquo;elle chante pour la r&eacute;ouverture du Theater an der Wien en 1962 (aux c&ocirc;t&eacute;s de Nicolai Gedda en Tamino et sous la direction de Herbert von Karajan), celui de la Comtesse Almaviva, ou Donna Elvira comme en 1961 au Festival de Salzbourg, mais sa technique lui permet de r&eacute;ussir avec le m&ecirc;me brio les r&ocirc;les de Marguerite (Faust), Antonia (Les Contes d&#39;Hoffmann), Nedda (Pagliacci), qu&#39;elle chante aussi au Metropolitan Opera de New York, ou encore Eva (Die Meistersinger von N&uuml;rnberg).

Elle tourne sur les plus grandes sc&egrave;nes lyriques, comme Salzbourg o&ugrave; ses premiers pas datent de 1948 dans le r&ocirc;le de Konstanze dans Die Entf&uuml;hrung aus dem Serail sous la direction de Josef Krips, mais aussi la Scala de Milan en 1950, ann&eacute;e durant laquelle elle chante Konstanze dans le premier enregistrement complet de l&#39;op&eacute;ra (sous la baguette l&agrave; aussi de Josef Krips), l&#39;Op&eacute;ra de Paris, le Bayerische Staatsoper &agrave; Munich, la Deutsche Oper Berlin, la Royal Opera House, le festival de Salzbourg, celui de Bayreuth, de Bregenz ou encore celui d&#39;&Eacute;dimbourg. En 1964, elle fait par ailleurs ses d&eacute;buts &agrave; San Francisco dans les r&ocirc;les de Sophie (Rosenkavalier), Alice Ford (Falstaff), Nedda et Micaela, mais c&rsquo;est bien Vienne qui a sa pr&eacute;f&eacute;rence puisqu&rsquo;elle s&rsquo;y produit environ 1200 fois.

Elle revient &eacute;galement &agrave; l&rsquo;op&eacute;rette, mais commence petit &agrave; petit &agrave; se retirer de la sc&egrave;ne au d&eacute;but des ann&eacute;es 1970 et fait finalement ses adieux le 5 juin 1981 au festival de Salzbourg avec la r&ocirc;le de Marianne apr&egrave;s presque 40 ans de carri&egrave;re. L&rsquo;ann&eacute;e suivante, elle est faite membre honoraire de l&#39;Op&eacute;ra d&#39;&Eacute;tat de Vienne. Elle se lance finalement dans l&rsquo;enseignement qu&rsquo;elle ne quittera pas durant 18 ans au Mozarteum de Salzbourg et sera admise en 1998 &agrave; l&rsquo;&eacute;m&eacute;ritat (titre honorifique accord&eacute; &agrave; certains professeurs dans l&rsquo;enseignement sup&eacute;rieur). Quant &agrave; la ville de Vienne, elle lui a d&eacute;cern&eacute;e plusieurs distinctions depuis le d&eacute;but de sa carri&egrave;re&nbsp;: le M&eacute;daille Nicolai de l&#39;Orchestre philharmonique de Vienne en 1966, la M&eacute;daille d&#39;or de la Ville de Vienne en 1977, le titre de Membre honoraire de l&#39;Op&eacute;ra national de Vienne en 1982 et la M&eacute;daille d&#39;or pour services rendus au Land de Vienne en 2004. Elle laisse derri&egrave;re elle de nombreux enregistrements qui restent des r&eacute;f&eacute;rences.

S_wilma_lipp" src="https://www.opera-online.com/media/images/picture/article/0000/0905/4686/s_wilma_lipp.jpg
Tue, 29 Jan 2019 10:33:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/deces-de-wilma-lipp-la-nuit-est-tombee-sur-sa-reine
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French – L&#39;Opéra de Montpellier propose un Don Pasquale bilingue incluant le chansigne

C&#39;est l&#39;un des enjeux majeurs actuels de la plupart des maisons d&#39;op&eacute;ra : ouvrir l&#39;art lyrique &agrave; de nouveaux publics. L&rsquo;Op&eacute;ra orchestre national de Montpellier Occitanie participe de ce mouvement, puisque apr&egrave;s son Fantasio aux sous-titres adapt&eacute;s pour les spectateurs sourds et malentendants (lire notre chronique), la maison montpellieraine va encore plus loin pour sa prochaine production, Don Pasquale, qui proposera une adaptation en LSF&nbsp; (Langue des Signes Fran&ccedil;aises) gr&acirc;ce notamment &agrave; l&#39;association Acc&egrave;s Culture qui est pr&eacute;sente partout en France et qui effectue un travail important d&#39;accessibiit&eacute; pour les personnes sourdes et malentendantes.

Rares sont ceux &agrave; &ecirc;tre familiers du monde de la surdit&eacute;, souvent peu connaisseurs de cette communaut&eacute; qui a sa propre Histoire, sa culture ou encore donc son propre langage, la langue des signes. Contrairement &agrave; ce que certains pourraient penser, la langue des signes n&rsquo;est pas universelle, au m&ecirc;me titre que les langues orales qui se r&eacute;partissent selon les pays, voire parfois selon les r&eacute;gions. Ainsi en est-il de la langue des signes qui conna&icirc;t des variations, non seulement d&rsquo;un pays &agrave; l&rsquo;autre, mais aussi entre les r&eacute;gions. Toutefois, il est rare que ces diff&eacute;rences soient source de r&eacute;elles incompr&eacute;hensions entre les sourds. Plus simplement, on pourrait les comparer aux accents des entendants, plus ou moins marqu&eacute;s. Nul besoin donc de ma&icirc;triser sp&eacute;cifiquement la LSF de Montpellier et de ses environs pour comprendre le futur spectacle.

Cette ouverture implique une double perspective : non seulement l&rsquo;op&eacute;ra s&#39;adresse ainsi &agrave; un nouveau public potentiel, mais permet &eacute;galement aux sourds d&rsquo;acc&eacute;der &agrave; un art dont ils pourraient s&rsquo;imaginer exclus, malheureusement souvent &agrave; raison. Il faut dire que la surdit&eacute; &agrave; longtemps &eacute;t&eacute; associ&eacute;e &agrave; la stupidit&eacute; : la communication, et par extension la pens&eacute;e, &eacute;tant traditionnellement associ&eacute;es &agrave; la parole, au langage, &agrave; l&rsquo;usage de la langue. Toutefois, Pierre Desloges, auteur et relieur sourd depuis ses sept ans, atteste au XVIIIe si&egrave;cle qu&rsquo;une langue des signes structur&eacute;e &eacute;tait d&eacute;j&agrave; couramment utilis&eacute;e en France. Quant &agrave; l&#39;abb&eacute; de l&#39;&Eacute;p&eacute;e (de son vrai nom Charles-Michel de L&#39;&Eacute;p&eacute;e), il reste l&#39;ambassadeur le plus connu de l&rsquo;histoire sourde pour avoir reconnu l&rsquo;importance des signes et s&rsquo;en &ecirc;tre servis apr&egrave;s avoir vu deux jumelles sourdes communiquer entre elles &agrave; l&#39;aide de gestes. Il fallut n&eacute;anmoins attendre bien longtemps pour que la surdit&eacute; ne soit plus un motif d&rsquo;enfermement psychiatrique, que la langue des signes ne soit plus interdite et qu&rsquo;elle devienne finalement une langue reconnue officiellement en 2005.

Outre la LSF, que l&rsquo;on pourrait simplement apparenter &agrave; un dialogue &laquo;&nbsp;parl&eacute;&nbsp;&raquo;, les sourds, qui sont extr&ecirc;mement sensibles aux vibrations et qui pour certains aiment la musique, ont invent&eacute; de chansigne, Une forme d&rsquo;expression artistique qui, comme son nom l&rsquo;indique, traduit &ndash; ou plut&ocirc;t interpr&egrave;te &ndash; le chant et la musique en langue des signes, en suivant le rythme ou les &eacute;motions, &agrave; l&#39;aide d&#39;images ou m&ecirc;me parfois d&#39;une forme de danse.

&Agrave; Montpellier, la mise en sc&egrave;ne de Valentin Schwarz (gagnant du Ring Award 2017) sera donc adapt&eacute;e &agrave; un public sourd et malentendant, non seulement dans la traduction du texte en LSF par Katia Abbou et Vincent Bexiga, mais aussi par l&rsquo;inclusion sur sc&egrave;ne de ces com&eacute;diens et chansigneurs LSF, afin de proposer un op&eacute;ra compl&egrave;tement bilingue, qui n&rsquo;oubliera pas pour autant le public entendant. si Carmen, op&eacute;ra sauvage fut une premi&egrave;re rencontre entre une &oelig;uvre lyrique et la LSF en France en 2012, que la langue des signes et le chansigne ont d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; vu sur une sc&egrave;ne lyrique (g&eacute;n&eacute;ralement sur l&rsquo;avant de la sc&egrave;ne et dans un oratorio comme Le Messie), ou encore si l&rsquo;Op&eacute;ra de Saint-Etienne s&rsquo;est ouvert aux sourds en 2016-2017 avec des visites et des spectacles, ce Don Pasquale montpelli&eacute;rain est &agrave; notre connaissance le premier op&eacute;ra qui int&egrave;gre ainsi pleinement le chansigne.&nbsp;

Une belle initiative que l&rsquo;on applaudit &agrave; deux mains, que cela soit en les frappant en rythme ou en les agitant (la mani&egrave;re d&rsquo;applaudir des personnes sourdes). A fortiori quand le 18&egrave;me Congr&egrave;s Mondial des sourds (le&nbsp;WFD Congress), qui a lieu tous les quatre ans, se tiendra en juillet prochain &agrave; Paris et aura pour th&egrave;me "Le droit &agrave; la langue des signes pour tous" (plus d&#39;informations sur le site officiel).
Don Pasquale sera donn&eacute;, notamment en chansigne donc, du 20 au 26 f&eacute;vrier prochains &agrave; l&#39;Op&eacute;ra Orchestre National de Montpellier.

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Sat, 26 Jan 2019 14:50:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/lopera-de-montpellier-propose-un-don-pasquale-bilingue-incluant-le-chansigne
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French – Philharmonia : France 2 met en avant la musique classique dans une série portée par Marie-Sophie Ferdane

Si France 3 met &agrave; l&rsquo;honneur les Victoires de la Musique classique, France 2 n&rsquo;est pas en reste avec une s&eacute;rie de fiction pr&eacute;sent&eacute;e hier &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra Comique&nbsp;: Philharmonia, compos&eacute;e de six &eacute;pisodes dont le premier sera diffus&eacute; le 23 janvier prochain &agrave; partir de 21h. Avec cette s&eacute;rie, France T&eacute;l&eacute;vision s&rsquo;engage &agrave; nouveau dans l&rsquo;ouverture de la musique classique au sens large et pour tous, et montre, une nouvelle fois, que m&ecirc;me si certaines id&eacute;es re&ccedil;ues ont la vie dure, cet art est loin d&#39;&ecirc;tre r&eacute;serv&eacute; &agrave; un public de niche. Ici, le t&eacute;l&eacute;spectateur sera plong&eacute; sans complexe dans l&#39;univers musical et d&eacute;couvrira &ndash; peut-&ecirc;tre &ndash; qu&rsquo;il s&rsquo;agit l&agrave; d&rsquo;un monde presque comme un autre. La phrase d&rsquo;accroche de la s&eacute;rie, &laquo;&nbsp;la musique m&eacute;rite bien quelques sacrifices&nbsp;&raquo;, &eacute;voque par ailleurs bien la &laquo;&nbsp;musique&nbsp;&raquo; sans restriction, rappelant que l&rsquo;essentiel dans la musique classique demeure la musique.

Le synopsis est le suivant&nbsp;: suite &agrave; la mort soudaine du chef de l&rsquo;Orchestre national, H&eacute;l&egrave;ne Barizet (interpr&eacute;t&eacute;e par Marie-Sophie Ferdane) revient &agrave; Paris apr&egrave;s 20 ans d&rsquo;absence afin de le remplacer au pied lev&eacute;. Elle est alors nomm&eacute;e &agrave; la t&ecirc;te du Philharmonia contre l&rsquo;avis de la direction et d&#39;une partie de l&#39;&eacute;quipe artistique, et devient dans la s&eacute;rie la premi&egrave;re femme &agrave; diriger un orchestre permanent &ndash; touchant au passage ici la probl&eacute;matique de la place des femmes dans le milieu de la direction d&#39;orchestre que nous &eacute;voquions lors de la cr&eacute;ation d&rsquo;une formation destin&eacute;e aux cheffes par la Royal Opera House, Sa personnalit&eacute;, audacieuse et passionn&eacute;e, ainsi que ses m&eacute;thodes atypiques, font autant na&icirc;tre l&rsquo;admiration que la ranc&oelig;ur, et elle n&rsquo;aura qu&rsquo;une saison pour faire ses preuves et sauver du gouffre financier un orchestre r&eacute;put&eacute; pour &ecirc;tre un &laquo;&nbsp;tueur de chefs&nbsp;&raquo;. Elle frappe fort avec sa premi&egrave;re d&eacute;cision consistant &agrave; nommer Selena Rivi&egrave;re, jeune violoniste virtuose assise au troisi&egrave;me rang dans laquelle elle se reconna&icirc;t, comme premier violon, bousculant les usages et attisant ainsi les jalousies. S&rsquo;ajoute &agrave; ce tableau des secrets de famille, un &eacute;poux adult&egrave;re, des coll&egrave;gues qui n&rsquo;ont rien de bienveillants et un contexte d&eacute;l&eacute;t&egrave;re pour la jeune cheffe qui, de plus, pourrait &ecirc;tre atteinte d&#39;une maladie neurod&eacute;g&eacute;n&eacute;rative g&eacute;n&eacute;tique, ayant d&eacute;j&agrave; fait sombrer sa m&egrave;re et sa grand-m&egrave;re dans la folie… Bigre !

A l&rsquo;univers philharmonique s&rsquo;ajoute donc une trame de s&eacute;rie t&eacute;l&eacute;vis&eacute;e, peut-&ecirc;tre un brin&nbsp;rocambolesque, mais qui saura assur&eacute;ment capter un large public et qui a d&eacute;j&agrave; valu &agrave; Philharmonia un bel accueil lors du Festival de la Fiction TV de la Rochelle o&ugrave; la s&eacute;rie &eacute;tait pr&eacute;sent&eacute;e hors comp&eacute;tition. Port&eacute;e notamment par sa productrice Rose Brandford Griffith (Merlin Prod.) et un casting &eacute;patant, dont Jacques Weber, Marie-Sophie Ferdane (superbe com&eacute;dienne pensionnaire de la Com&eacute;die-Fran&ccedil;aise de 2007 &agrave; 2013 dont la B&eacute;r&eacute;nice de Racine datant de 2006 est encore dans notre m&eacute;moire), Tomer Sisley, Francois Vincentelli ou encore les musiciens de l&rsquo;orchestre national d&rsquo;&Icirc;le-de-France, la s&eacute;rie doit aussi son int&eacute;r&ecirc;t &agrave; sa cr&eacute;atrice, Marine Gacem (qui a fait ses premi&egrave;res armes sur Cherif, autre s&eacute;rie diffus&eacute;e sur le service public) qui l&#39;a co-&eacute;crite avec Clara Bourreau et qui a d&eacute;clar&eacute; vouloir contribuer &agrave; &laquo;&nbsp;d&eacute;mocratiser la musique classique&nbsp;&raquo;. Passionn&eacute;e de musique, il n&rsquo;est pas &eacute;tonnant qu&rsquo;elle la place au c&oelig;ur de son projet, en l&rsquo;imbriquant dans sa narration et portant une attention particuli&egrave;re aux d&eacute;tails&nbsp;: des coachs musiciens ont accompagn&eacute;&nbsp;les com&eacute;diens pour des mouvements au plus juste, tandis que les sc&egrave;nes de concerts et de r&eacute;p&eacute;titions ont &eacute;t&eacute; tourn&eacute;es dans l&#39;auditorium Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris avec l&#39;Orchestre national d&#39;Ile-de-France (Ondif) qui appara&icirc;t donc &agrave; l&rsquo;antenne et enregistre ici sa premi&egrave;re bande originale de s&eacute;rie (dont les solos de violon sont interpr&eacute;t&eacute;s par Ann-Estelle M&eacute;douze, supersoliste), sous la direction de Marzena Diakun, &laquo; une des rares femmes &agrave; diriger les orchestres permanents &raquo; selon les mots de Marine Gacem qui a &eacute;galement pass&eacute; trois mois d&rsquo;immersion au sein de Radio France.

Si l&#39;univers de la musique classique et des orchestres a d&eacute;j&agrave; inspir&eacute; la fiction t&eacute;l&eacute;visuelle (on pense par exemple &agrave; la s&eacute;rie&nbsp;Mozart in the jungle), on sera curieux de d&eacute;couvrir concr&egrave;tement&nbsp;Philharmonia&nbsp;d&egrave;s un premier &eacute;pisode diffus&eacute; le 23 janvier prochain &agrave; partir de 21h.

S_ob_5ef9a2_philharmonia-ep-preview-2300" src="https://www.opera-online.com/media/images/picture/article/0000/0903/4592/s_ob_5ef9a2_philharmonia-ep-preview-2300.jpg
Tue, 15 Jan 2019 16:10:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/philharmonia-france-2-met-en-avant-la-musique-classique-dans-une-serie-portee-par-marie-sophie-ferdane
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French – Disparition de Theo Adam : le crépuscule d&#39;un dieu

Le 10 janvier s&rsquo;&eacute;teignait le baryton-basse Theo Adam dans sa ville natale de Dresde &agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 92 ans. Le chanteur &eacute;tait principalement connu pour ses r&ocirc;les wagn&eacute;riens qu&rsquo;il a interpr&eacute;t&eacute;s sur les plus grandes sc&egrave;nes, s&#39;imposant comme l&rsquo;un des plus grands repr&eacute;sentants de la musique de Wagner.

N&eacute; &agrave; Dresde le 1er ao&ucirc;t 1926, Theo Adam int&egrave;gre &agrave; 10 ans le tr&egrave;s renomm&eacute; Dresdner Kreuzchor o&ugrave; il chantera jusqu&#39;en 1942, date &agrave; laquelle il est enr&ocirc;l&eacute; dans l&#39;arm&eacute;e allemande &agrave; la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il revient ensuite &agrave; Dresde dans le but de devenir instituteur, tout en poursuivant l&#39;&eacute;tude du chant et devient l&#39;&eacute;l&egrave;ve de Rudolf Dietrich entre 1946 et 1949. Cette ann&eacute;e-l&agrave;, il fait ses d&eacute;buts sur sc&egrave;ne, alors &acirc;g&eacute; de 23 ans, dans le r&ocirc;le de l&rsquo;Ermite dans le Freisch&uuml;tz de Weber au Semperoper de Dresde, sc&egrave;ne &agrave; laquelle il demeurera extr&ecirc;mement attach&eacute; tout au long de sa carri&egrave;re. En 1952, il int&egrave;gre la troupe du Staatsoper de Berlin et fait ses d&eacute;buts la m&ecirc;me ann&eacute;e &agrave; Bayreuth dans Les Ma&icirc;tres chanteurs o&ugrave; il c&ocirc;toie Hans Hotter. Jusqu&rsquo;&agrave; la fin des ann&eacute;es 1970, il restera un familier du c&eacute;l&egrave;bre festival o&ugrave; sa musicalit&eacute;, son jeu et les &eacute;motions qu&rsquo;il parvient &agrave; transmettre le positionne comme un chanteur majeur du r&eacute;pertoire wagn&eacute;rien, r&eacute;pertoire dont il incarnera tous les grands r&ocirc;les (Wotan, le Hollandais, Hans Sachs, Gurnemanz, Amfortas, Titurel, Heinrich l&#39;Oiseleur&hellip; au total, pas moins de dix-sept r&ocirc;les). En 1955, &agrave; 29 ans, il devient le plus jeune Kammers&auml;nger d&#39;Allemagne.

Suite &agrave; ses multiples succ&egrave;s &agrave; Bayreuth, le baryton-basse est invit&eacute; sur les plus grandes sc&egrave;nes, comme &agrave; la Royal Opera House de Londres en 1967 o&ugrave; il interpr&egrave;te Wotan dans Die Walk&uuml;re (un r&ocirc;le dans lequel il a &eacute;t&eacute; particuli&egrave;rement sollicit&eacute; tout au long de sa carri&egrave;re jusqu&rsquo;en 1980), au Metropolitan Opera de New-York en 1969, alors en Hans Sachs dans Les Ma&icirc;tres chanteurs ou encore &agrave; Vienne, Moscou, Buenos Aires, Rome, Bruxelles, Paris&hellip; Parmi ses derni&egrave;res apparitions en France, on se souvient notamment de son Mo&iuml;se dans&nbsp;Mo&iuml;se et Aaron&nbsp;au th&eacute;&acirc;tre du Ch&acirc;telet en 1990, de son La Roche dans Capriccio&nbsp;de l&#39;Op&eacute;ra de Paris trois ans plus tard, ou encore Titurel dans le Parsifal&nbsp;sign&eacute;&nbsp;Klaus Michael Gr&uuml;ber&nbsp;au Ch&acirc;telet en 1997. Toutefois, s&rsquo;il s&#39;est&nbsp; impos&eacute; comme une r&eacute;f&eacute;rence du r&eacute;pertoire wagn&eacute;rien, Theo Adam &eacute;tait &eacute;galement un grand interpr&egrave;te de Bach ou encore de Mendelssohn. Il s&rsquo;int&eacute;ressait &eacute;galement &agrave; la musique du XXe si&egrave;cle, surtout &agrave; partir des ann&eacute;es 1980. Il a magistralement&nbsp; interpr&eacute;t&eacute; les oeuvres de Berge,&nbsp;Wozzeck&nbsp;ou&nbsp;Lulu, Les Stigmatis&eacute;s ou Baal de Schreker, Penthesilea d&#39;Othmar Schoeck, Karl V d&#39;Ernst Krenek, et a particip&eacute; &agrave; la cr&eacute;ation de plusieurs &oelig;uvres, dont Un Re in Ascolto de Luciano Berio en 1984.

Bayreuth n&rsquo;est pas le seul festival o&ugrave; Theo Adam a brill&eacute; : d&egrave;s 1969, il marque le festival de Salzbourg, par exemple dans Fidelio ou Le Chevalier &agrave; la rose, A cette m&ecirc;me &eacute;poque, il se lance dans la mise en sc&egrave;ne, un travail qu&rsquo;il poursuivra jusqu&rsquo;&agrave; la fin de sa carri&egrave;re. Theo Adam a fait ses adieux au chant en 2006, &agrave; Dresde, l&agrave; o&ugrave; il vivait et o&ugrave; tout a commenc&eacute;, dans ce m&ecirc;me Freisch&uuml;tz avec lequel il avait d&eacute;but&eacute; en 1949.

Outre cette grande carri&egrave;re sc&eacute;nique, Theo Adam laisse aussi un nombre important d&rsquo;enregistrements&nbsp;: plus d&rsquo;une centaine, en mati&egrave;re d&rsquo;op&eacute;ras. Parmi ceux-ci, citons les Wotan enregistr&eacute;s en direct &agrave; Bayreuth en 1966 par Karl B&ouml;hm, avec Wolfgang Windgassen, Birgit Nilsson, James King, Leonie Rysanek, et celui de la&nbsp;T&eacute;tralogie&nbsp;de Marek Janowski &agrave; la t&ecirc;te du Staatskapelle de Dresde en 1980. N&rsquo;oublions pas &eacute;galement Le Vaisseau fant&ocirc;me sous la direction d&#39;Otto Klemperer &agrave; la New Philharmonia en 1968, Fidelio enregistr&eacute; avec Gwyneth Jones et James King en 1968, ou encore Les Ma&icirc;tres Chanteurs&nbsp;dirig&eacute;s par Karajan en 1970 &agrave; Dresde. Outre l&rsquo;op&eacute;ra, Theo Adam a &eacute;galement enregistr&eacute; deux oratorios de Mendelssohn&nbsp;: en Elias, dirig&eacute; par Wolfgang Sawallisch, et en Paulus, dirig&eacute; cette fois par Kurt Masur.

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Mon, 14 Jan 2019 16:02:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/disparition-de-theo-adam-le-crepuscule-dun-dieu
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French – Rencontre avec Rihab Chaieb : du métal à l&#39;opéra

Nous vous faisions part il y a peu de notre enthousiasme &agrave; la red&eacute;couverte de Fantasio &agrave; Montpellier, et surtout de la d&eacute;couverte de la mezzo-soprano&nbsp;canado-tunisienne Rihab Chaieb qui avait par ailleurs particip&eacute; cet &eacute;t&eacute; au prestigieux concours Operalia et en &eacute;tait ressorti avec le troisi&egrave;me prix. Nous avons eu le plaisir de la rencontrer &agrave; Montpellier o&ugrave; elle a accept&eacute; de parler avec nous de son parcours &eacute;tonnant, puisque tout a d&eacute;but&eacute; par du heavy metal, de son exp&eacute;rience Operalia, de celle de cette production fran&ccedil;aise, ou encore de ses projets.&nbsp;

***

La premi&egrave;re question que l&rsquo;on a envie de vous poser, c&rsquo;est&nbsp;: &laquo;&nbsp;comment passe-t-on d&rsquo;un groupe de heavy metal (intitul&eacute; Ars Mystica) &agrave; l&rsquo;op&eacute;ra&nbsp;? Est-ce que c&rsquo;est Nightwish qui vous a inspir&eacute;&nbsp;?

Oui, j&rsquo;ai vu Nightwish trois fois &agrave; Montr&eacute;al, je suis une grande fan&nbsp;! Effectivement, j&rsquo;ai commenc&eacute; c metal, et je n&rsquo;y connaissais rien &agrave; l&rsquo;op&eacute;ra ni &agrave; la musique classique. J&rsquo;avais ce groupe, mais en fait je chantais vraiment mal&hellip; C&rsquo;est pour &ccedil;a que je dis que l&rsquo;op&eacute;ra peut &ecirc;tre chant&eacute; par tout le monde&nbsp;: si moi je suis capable de chanter, tout le monde peut&nbsp;! Je n&rsquo;&eacute;tais vraiment pas bonne, et mes amis du groupe m&rsquo;ont dit que je devrais peut-&ecirc;tre aller prendre des cours de chant. Je suis donc all&eacute;e sur Internet, j&rsquo;ai tap&eacute; quelque chose comme &laquo;&nbsp;cours de chant Montr&eacute;al&nbsp;&raquo;, et &ccedil;a a donn&eacute; par pur hasard que le premier lien sur lequel j&rsquo;ai cliqu&eacute; &eacute;tait &laquo;&nbsp;Aria tenue de chant, Montr&eacute;al&nbsp;&raquo;. Je suis all&eacute;e voir, et j&rsquo;ai rencontr&eacute; Madeleine Soucy, qui est une contralto qu&eacute;b&eacute;coise avec qui je suis toujours en contact. Elle m&rsquo;a donn&eacute; quelques CDs &agrave; &eacute;couter (Ren&eacute;e Fleming, Cecilia Bartoli, etc.), ce que j&rsquo;ai fait quand je suis rentr&eacute;e, et l&agrave;&hellip; Wouah&nbsp;! J&rsquo;&eacute;tais hypnotis&eacute;e par la voix, par la musique, par tout ce que je ressentais dans mon corps&nbsp;: c&rsquo;&eacute;tait tellement visc&eacute;ral que je me suis dit que c&rsquo;est ce que je voulais faire. Je ne pouvais pas vraiment me payer les cours, donc j&rsquo;ai travaill&eacute; pour eux (notamment en faisant des programmes pour le syst&egrave;me de la biblioth&egrave;que), puis j&rsquo;ai d&eacute;cid&eacute; d&rsquo;essayer d&rsquo;entrer au Cegep de St Laurent o&ugrave; ils m&rsquo;ont accept&eacute;e, sous conditions&nbsp;de mise &agrave; niveau : je ne connaissais pas la musique (j&rsquo;avais litt&eacute;ralement commenc&eacute; six mois avant), je n&rsquo;avais jamais fait de th&eacute;orie. Ils m&rsquo;ont donc donn&eacute; un semestre de remise &agrave; niveau, et &ccedil;a a &eacute;t&eacute; les mois les plus stressants de ma vie, parce que j&rsquo;&eacute;tais avec des gens qui jouaient d&rsquo;un instrument depuis l&rsquo;&acirc;ge de trois, quatre ou cinq ans, qui avaient l&rsquo;oreille absolue… Je me rappelle mon premier cours de chant&nbsp;: c&rsquo;&eacute;tait un atelier de groupe, et j&rsquo;&eacute;tais encore en full metal, Je suis entr&eacute;e, puis je me suis assise, et ma professeure a d&rsquo;abord cru en me voyant que je venais pour un cours de guitare &eacute;lectrique qui &eacute;tait &agrave; l&rsquo;autre bout du d&eacute;partement&nbsp;! Donc &ccedil;a a commenc&eacute; comme &ccedil;a, et j&rsquo;ai d&eacute;cid&eacute; qu&rsquo;au fond, c&rsquo;&eacute;tait ce que je voulais faire. Ou du moins que pour l&rsquo;instant, c&rsquo;est ce que je veux faire. Et puis j&rsquo;ai gard&eacute; un petit c&ocirc;t&eacute; metal (que je cache un peu pour &ecirc;tre dans les normes de l&rsquo;op&eacute;ra d&rsquo;aujourd&rsquo;hui)&nbsp;! Mais c&rsquo;est g&eacute;nial&nbsp;car avec&nbsp;Thomas&nbsp;(Jolly), il y a un petit air metal dans la production&nbsp;!


Les laur&eacute;ats d&#39;Operalia 2018 ; &copy; Jose Luis R. Cortes

Et apr&egrave;s tout cela, vous arrivez derni&egrave;rement au concours Operalia o&ugrave; vous remportez le 3&egrave;me prix. Pouvez-vous nous parler de cette exp&eacute;rience, qui a failli ne pas se faire&nbsp;?

Operalia, c&rsquo;est quand m&ecirc;me le saint Graal des comp&eacute;titions, et je me suis dit &laquo;&nbsp;pourquoi pas&nbsp;?&nbsp;&raquo; Je voyais mes amis qui le faisaient, j&rsquo;ai atteint un &acirc;ge dans les limites pour participer aux comp&eacute;titions&hellip; Je n&rsquo;ai jamais aim&eacute; les comp&eacute;titions, car &ccedil;a me stresse &eacute;norm&eacute;ment. J&rsquo;ai fait le concours de musique de Montr&eacute;al en juin (donc chez moi) et j&rsquo;ai eu une mauvaise exp&eacute;rience. Pas avec le concours en lui-m&ecirc;me, mais avec moi-m&ecirc;me et ma r&eacute;action face &agrave; ce concours ou les concours en g&eacute;n&eacute;ral. C&rsquo;est pour &ccedil;a qu&rsquo;apr&egrave;s, j&rsquo;ai d&eacute;cid&eacute; de ne rien accepter, de ne pas travailler jusqu&rsquo;en octobre. J&rsquo;avais besoin de ce temps de, physiquement, mentalement, &eacute;motionnellement, apr&egrave;s trois ans au Met. Ce n&rsquo;est pas que &ccedil;a a &eacute;t&eacute; tellement difficile, mais c&rsquo;est que j&rsquo;avais besoin de distance avec l&rsquo;op&eacute;ra, avec ma voix pour prendre le temps de la red&eacute;couvrir et de travailler dessus, corriger certains probl&egrave;mes. J&rsquo;ai pris ce temps pour aussi pouvoir pour avaler l&rsquo;information, me l&rsquo;approprier. Et quand Operalia &eacute;tait suppos&eacute; arriver, je n&rsquo;ai pas &eacute;t&eacute; accept&eacute;e tout de suite&nbsp;: j&rsquo;&eacute;tais sur liste d&rsquo;attente, puis on m&rsquo;a dit que j&rsquo;&eacute;tais prise. Trois jours avant, je faisais un workshop (r&eacute;union de groupe) &agrave; Houston pour une premi&egrave;re mondiale plus tard dans l&rsquo;ann&eacute;e, du coup je paniquais un peu. Et puis finalement j&rsquo;y suis all&eacute;e. Je me suis dit qu&rsquo;au pire, cela faisait un voyage gratuit &agrave; Lisbonne, alors pourquoi pas ! Je ne me suis donc pas mis trop de pression, contrairement &agrave; Montr&eacute;al. Ce qui me faisait quand m&ecirc;me un petit peu peur avec Operalia, c&rsquo;est que j&rsquo;ai commenc&eacute; &agrave; pr&eacute;senter un r&eacute;pertoire un peu diff&eacute;rent de celui que je pr&eacute;sentais avant, ce qui a accentu&eacute; mon doute&nbsp;: est-ce que je devrais le faire&nbsp;? Est-ce que c&rsquo;est le moment de pr&eacute;senter Dalila&nbsp;?…

Dalila que vous n&rsquo;aviez jamais interpr&eacute;t&eacute;e avant&hellip;

Non, jamais chant&eacute; avant. La premi&egrave;re fois en public, c&rsquo;&eacute;tait pour la demi-finale&nbsp;! Mais je sentais bien le moment. Il faut dire que dans ma vie, la peur m&rsquo;avait parfois guid&eacute;e, et j&rsquo;en avais assez. Je me suis donc lanc&eacute;e&nbsp;: je sentais bien Dalila dans ma voix, donc au pire, qu&rsquo;est-ce qui pouvait se passer&nbsp;? Tu craques une ou deux notes, tu ne fais pas la finale, tant pis&nbsp;! Et &ccedil;a s&rsquo;est bien pass&eacute;.

Vous avez d&eacute;clar&eacute; par ailleurs qu&rsquo;Operalia &eacute;tait votre dernier concours. Est-ce que c&rsquo;est d&ucirc; &agrave; la mauvaise exp&eacute;rience &agrave; Montr&eacute;al, ou bien est-ce parce que vous voulez vous consacrer enti&egrave;rement &agrave; la sc&egrave;ne&nbsp;?

Les concours, c&rsquo;est un tremplin pour la &laquo;&nbsp;vraie vie&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est pour &ccedil;a qu&rsquo;il y a un &acirc;ge limite. L&agrave;, j&rsquo;ai juste d&eacute;cid&eacute; de ne plus me mettre ce genre de stress. Je n&rsquo;ai pas de probl&egrave;me &agrave; performer&nbsp;: j&rsquo;adore les r&eacute;citals, j&rsquo;adore faire de l&rsquo;op&eacute;ra. Mais qu&rsquo;on me mette moi au-dessus d&rsquo;une ami, d&rsquo;un coll&egrave;gue, ou vice-versa, j&rsquo;ai du mal. J&rsquo;aurais par exemple aim&eacute; qu&rsquo;on prenne l&rsquo;argent d&rsquo;Operalia et qu&rsquo;on le distribue &agrave; tous les participants qui ont &eacute;t&eacute; accept&eacute;s&nbsp;! Finalement, la comp&eacute;tition, on la vit tous les jours. Donc oui, apr&egrave;s Operalia, j&rsquo;arr&ecirc;te. Et puis quel concours y a-t-il &agrave; gagner ensuite ? The Cardiff (BBC Cardiff Singer of the World competition), ou le Met, mais je ne peux m&ecirc;me pas le faire puisque j&rsquo;&eacute;tais d&eacute;j&agrave; dans l&rsquo;ensemble et ceux qui y sont ou y ont &eacute;t&eacute; ne peuvent pas participer. Du coup je me suis dit que tant qu&rsquo;&agrave; finir, autant finir sur ce concours prestigieux l&agrave;&nbsp;! Et puis troisi&egrave;me prix, ce n&rsquo;est pas si mal&nbsp;! Cela finit le c&ocirc;t&eacute; comp&eacute;tition qui est le c&ocirc;t&eacute; &laquo;&nbsp;jeune artiste&nbsp;&raquo; en fait&nbsp;: ce sont les jeunes artistes qui participent pour, d&rsquo;une part, l&rsquo;argent (cela reste de l&rsquo;argent qui peut se faire assez facilement et tr&egrave;s vite), et d&rsquo;autre part, pour se faire conna&icirc;tre. Mais &ccedil;a peut aussi &ecirc;tre un pi&egrave;ge pour les chanteurs trop jeunes &agrave; qui il faut dire que ce n&rsquo;est pas grave si on ne gagne pas de comp&eacute;tition &agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 24 ans&nbsp;: c&rsquo;est normal&nbsp;! C&rsquo;est m&ecirc;me tr&egrave;s rare les gens &agrave; qui ce cadeau est fait tr&egrave;s jeune, et c&rsquo;est normal de prendre son temps. Moi je l&rsquo;ai eu &agrave; 31 ans, c&rsquo;est correct, ce n&rsquo;est pas un &acirc;ge ingrat&nbsp;! Donc oui, c&rsquo;en est fini des concours pour moi&nbsp;: je veux chanter, et c&rsquo;est ce que je fais. Et puis au moins, j&rsquo;ai fini sur une bonne note, pas apr&egrave;s Montr&eacute;al, ce qui m&rsquo;a fait changer mon &eacute;tat d&rsquo;esprit envers la comp&eacute;tition.

Nous vous retrouvons donc &agrave; pr&eacute;sent sur sc&egrave;ne &agrave; Montpellier c Fantasio, une production qui a d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; donn&eacute;e sur diff&eacute;rentes sc&egrave;nes. Avez-vous eu l&rsquo;occasion d&rsquo;y assister, et vous &ecirc;tes-vous &laquo;&nbsp;inspir&eacute;e&nbsp;&raquo; de celles qui ont tenu le r&ocirc;le avant vous&nbsp;?

Pas du tout. J&rsquo;ai entendu une version en ligne avec Marianne (Crebassa), qui est la seule version que je pouvais &eacute;couter car il n&rsquo;y a pas grand-chose d&rsquo;enregistr&eacute;. En revanche, Montpellier m&rsquo;a envoy&eacute; une captation en plan fixe de la production faite &agrave; Rouen, juste pour que je vois d&eacute;j&agrave; un peu les d&eacute;placements et l&rsquo;id&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale de la production (car j&rsquo;allais arriver en retard pour les r&eacute;p&eacute;titions), mais je ne pouvais pas voir les expressions faciales par exemple. Thomas (Jolly) &eacute;tait sur sa production de Strasbourg, donc il n&rsquo;allait pas &ecirc;tre pr&eacute;sent non plus durant un certain temps, et je voulais prendre un petit peu d&rsquo;avance sur mon arriv&eacute;e pour ne pas &ecirc;tre compl&egrave;tement perdue.


Elsbeth (Sheva Tehoval) et Fantasio (Rihab Chaieb) ; &copy; Marc Ginot

Comment avez-vous alors travaill&eacute; le r&ocirc;le de Fantasio&nbsp;? Juste avec la captation et la partition&nbsp;?

Oui, mais l&rsquo;&eacute;cran c&rsquo;est minime, c&rsquo;est juste pour les grands axes. Finalement, ce n&rsquo;est pas si diff&eacute;rent que d&rsquo;ouvrir une partition pour une cr&eacute;ation mondiale, ou une prise de r&ocirc;le. C&rsquo;est vrai qu&rsquo;avec certains r&ocirc;les, il y a des conventions&nbsp;: La Boh&egrave;me, Carmen&hellip; Fantasio, c&rsquo;est de l&rsquo;op&eacute;rette fran&ccedil;aise, ma premi&egrave;re op&eacute;rette fran&ccedil;aise, donc je l&rsquo;ai pr&eacute;par&eacute;e comme n&rsquo;importe quel autre r&ocirc;le&nbsp;: je l&rsquo;ai pr&eacute;par&eacute; vocalement, avec le texte, avec mon coach, et apr&egrave;s c&rsquo;est un travail avec le chef, Pierre (Dumoussaud), notamment sur les tempi, Pour moi, ici, le plus gros travail a &eacute;t&eacute; avec les dialogues&nbsp;! J&rsquo;ai appris &agrave; chanter, mais je n&rsquo;ai pas appris &agrave; parler auparavant. Ca a &eacute;t&eacute; un d&eacute;fi &agrave; relever, parce que Fantasio n&rsquo;est pas un r&ocirc;le tr&egrave;s difficile vocalement, c&rsquo;est tr&egrave;s contenu, tr&egrave;s m&eacute;lodique, mais c&rsquo;est surtout dans le parler et dans l&rsquo;action.

Sur sc&egrave;ne, on a l&rsquo;impression que vous essayez de prendre l&rsquo;accent fran&ccedil;ais&hellip; Pourquoi&nbsp;?

Oui&hellip; En fait je n&rsquo;essaie pas de prendre l&rsquo;accent fran&ccedil;ais, je voulais avoir un accent compr&eacute;hensible. Je sais que par exemple, l&agrave;, vous me comprenez, mais si je parlais sur sc&egrave;ne en qu&eacute;b&eacute;cois&hellip; On mange beaucoup nos mots. Alors quand on m&rsquo;a demand&eacute; de bien prononcer tous les mots, &ccedil;a ressemble &agrave; un petit accent fran&ccedil;ais. Il y a une phrase o&ugrave; je me l&acirc;che et o&ugrave; je reprends mon accent qu&eacute;b&eacute;cois. Mais je n&rsquo;ai pas essay&eacute; de le cacher, j&rsquo;ai juste essay&eacute; de prononcer un peu plus. C&rsquo;est difficile aussi ce ping-pong entre le parler et le chanter, qui sont deux techniques diff&eacute;rentes.

En parlant de voix, venons-en &agrave; votre tessiture, celle de mezzo-soprano. Beaucoup de cantatrices appr&eacute;cient le fait qu&rsquo;avec cette voix, il est possible de se travestir et d&rsquo;interpr&eacute;ter &agrave; la fois des femmes et des hommes (comme ici avec Fantasio). Est-ce que c&rsquo;est aussi votre cas&nbsp;?

Oh que oui&nbsp;! J&rsquo;adore&nbsp;! J&rsquo;adore jouer les hommes, j&rsquo;adore jouer les femmes avec du caract&egrave;re. J&rsquo;ai toujours ador&eacute; me d&eacute;guiser dans les deux, ramener de la f&eacute;minit&eacute; dans les r&ocirc;les d&rsquo;homme et de la masculinit&eacute; dans les r&ocirc;les de femme. Une vois de poitrine, une voix ronde, &ccedil;a ne veut pas dire qu&rsquo;il faut choisir. Il y a des femmes tr&egrave;s sexy, d&rsquo;ailleurs les r&ocirc;les les plus sexy dans la litt&eacute;rature op&eacute;ratique, ce sont des mezzo&nbsp;: Dalila, Carmen&hellip; Et en m&ecirc;me temps, c&rsquo;est cool de faire des hommes (Cherubino, Fantasio&hellip;).

Que pensez-vous de la mise en sc&egrave;ne de Thomas Jolly&nbsp;?

J&rsquo;adore la mise en sc&egrave;ne, c&rsquo;est tr&egrave;s Tim Burton&nbsp;! Les quelques jours avec Thomas &eacute;taient g&eacute;niaux. L&rsquo;avoir dans une salle &agrave; expliquer quelque chose, c&rsquo;est tellement physiquement clair qu&rsquo;on comprend la motivation, on comprend absolument tout et tout se met en place. Il m&rsquo;a dit que Fantasio, c&rsquo;&eacute;tait un peu l&rsquo;anti-h&eacute;ros, et c&rsquo;est vrai&nbsp;: un homme alcoolique, d&eacute;prim&eacute;, qui sauve deux royaumes en utilisant la mort. Donc c&rsquo;est assez dr&ocirc;le&nbsp;: les gens viennent voir en se disant &laquo;&nbsp;Youpi, Fantasio, c&rsquo;est No&euml;l, on va s&rsquo;amuser&nbsp;&raquo;, et il arrive sur sc&egrave;ne ivre, barbant, un alcoolique endett&eacute;&hellip; C&rsquo;est vrai que je l&rsquo;avais trop pris comme une com&eacute;die, et ce que j&rsquo;aime dans cette production, c&rsquo;est qu&rsquo;elle ram&egrave;ne le drame. Parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de com&eacute;die sans drame. C&rsquo;est aussi physique, et absurde en m&ecirc;me temps. J&rsquo;adorerais retravailler avec Thomas. J&rsquo;aime aussi beaucoup les costumes, et le d&eacute;cor est vraiment bien fait. En revanche, c&rsquo;est un spectacle tr&egrave;s technique avec &eacute;norm&eacute;ment de changements, mais il y a des raisons pour tout ce qui s&rsquo;y passe, il n&rsquo;y a rien qui n&rsquo;ait &eacute;t&eacute; pens&eacute; pr&eacute;alablement, comme le &laquo;&nbsp;i&nbsp;&raquo; qui est aussi un poteau mais qui reste ancr&eacute;, le symbole de la lune partout&hellip; C&rsquo;est tr&egrave;s ing&eacute;nieux. Ce que j&rsquo;aime aussi avec cette &eacute;quipe, c&rsquo;est qu&rsquo;elle fait ce spectacle pour s&rsquo;amuser, pas uniquement pour le public. On a pu discuter, trouver des id&eacute;es&hellip; Ca a &eacute;t&eacute; tr&egrave;s ouvert comme processus de mise en sc&egrave;ne.

Et apr&egrave;s Fantasio, vous repartez outre-Atlantique. Avez-vous d&eacute;j&agrave; pr&eacute;vu de revenir en Europe&nbsp;?

Oui, je reviens en Europe en ao&ucirc;t pour un petit moment, jusqu&rsquo;au printemps je crois. D&rsquo;ici l&agrave;, je vais &agrave; New-York pour mon premier Zerlina (dans une reprise de Don Giovanni), Houston pour la premi&egrave;re mondiale dont je parlais tout &agrave; l&rsquo;heure (The Phoenix) o&ugrave; je fais un triple r&ocirc;le&nbsp;: Maria Malibran, Nancy Da Ponte, et Mozart. Donc une mezzo, trois caract&egrave;res diff&eacute;rents, un homme, une chanteuse et une m&egrave;re de famille&nbsp;! Je vais ensuite &agrave; Cincinnati pour Cherubino, au Chili pour Dorabella, puis je fais un retour tr&egrave;s court &agrave; Toronto pour faire mon premier Das lied von der erde de Mahler, et apr&egrave;s je vais en Europe&hellip; Mais je ne peux pas encore parler de ces projets-l&agrave; car les saisons ne sont pas annonc&eacute;es. Bient&ocirc;t&nbsp;!

Propos recueillis par Elodie Martinez

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Thu, 10 Jan 2019 15:05:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/rencontre-avec-rihab-chaieb-du-metal-a-lopera
https://www.opera-online.com/fr/articles/rencontre-avec-rihab-chaieb-du-metal-a-lopera


French – L&#39;Opéra Comique ouvre ses portes aux plus jeunes et à leur famille

La saison derni&egrave;re, l&rsquo;Op&eacute;ra Comique lan&ccedil;ait son premier festival d&eacute;di&eacute; &agrave; toute la famille et pens&eacute; pour les plus jeunes, &laquo;&nbsp;Mon premier festival d&rsquo;op&eacute;ra&nbsp;&raquo;, Suite &agrave; son succ&egrave;s, la maison parisienne renouvelle l&rsquo;aventure et propose pr&eacute;alablement une journ&eacute;e portes ouvertes le 27 janvier prochain en guise d&rsquo;introduction.

Ainsi que l&rsquo;indique le site officiel de l&rsquo;Op&eacute;ra, &laquo;&nbsp;venez d&eacute;couvrir le th&eacute;&acirc;tre avec votre tribu &agrave; l&rsquo;occasion d&rsquo;une journ&eacute;e portes ouvertes au mois de janvier. Jeu de piste, visites du th&eacute;&acirc;tre, ateliers de maquillage, d&eacute;couverte des costumes&hellip; un rendez-vous pour les spectateurs en herbe et leurs familles&nbsp;&raquo;. Accessible de 10h20 &agrave; 18h, l&#39;&eacute;tablissement promet un programme riche et ludique : d&egrave;s l&#39;ouverture, on pourra notamment participer &agrave; un jeu de piste intitul&eacute; &laquo;&nbsp;Myst&egrave;re &agrave; Favart&nbsp;&raquo; dans lequel les visiteurs devront mener l&rsquo;enqu&ecirc;te en famille (durant 45 minutes environ). Conteuse et fl&ucirc;tiste feront d&eacute;couvrir les histoires de Hansel et Gretelde Contes Chinois ainsi que d&rsquo;Orph&eacute;e et Eurydice toutes les 30 minutes, mais on n&rsquo;aura qu&rsquo;une chance pour rencontrer les enfants de la Ma&icirc;trise populaire de l&rsquo;Op&eacute;ra Comique, &agrave; 15h. Enfin, tout au long de la journ&eacute;e, des ateliers maquillage et d&eacute;couverte des costumes seront &eacute;galement propos&eacute;s, en plus d&rsquo;une visite libre accompagn&eacute; d&#39;un &laquo;&nbsp;livret ludique&nbsp;&raquo;.

Une belle mani&egrave;re d&rsquo;int&eacute;resser les plus jeunes, de les familiariser avec l&#39;art lyrique et de d&eacute;dramatiser l&#39;acc&egrave;s &agrave; l&#39;op&eacute;ra, tout en piquant leur curiosit&eacute; pour le festival &agrave; venir et l&rsquo;op&eacute;ra en g&eacute;n&eacute;ral.&nbsp;

Plus d&rsquo;informations sont disponibles sur le site officiel de l&rsquo;Op&eacute;ra Comique,

S_portes_ouvertes" src="https://www.opera-online.com/media/images/picture/article/0000/0900/4580/s_portes_ouvertes.jpg
Thu, 10 Jan 2019 09:42:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/lopera-comique-ouvre-ses-portes-aux-plus-jeunes-et-a-leur-famille
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French – Les nommés aux Victoires de la Musique Classique 2019 sont…

Le d&eacute;but d&#39;ann&eacute;e marque g&eacute;n&eacute;ralement l&#39;annonce de la liste des nomm&eacute;s aux Victoires de la Musique Classique, et 2019 ne fait pas exception. La c&eacute;r&eacute;monie devrait se tenir le 13 f&eacute;vrier prochain &agrave; La Seine Musicale (vers Paris, &agrave; Boulogne-Billancourt) o&ugrave; aura &eacute;galement lieu pour la premi&egrave;re fois le concert des R&eacute;v&eacute;lations ce vendredi 11 janvier &ndash; une premi&egrave;re occasion pour le public d&#39;entendre ces jeunes artistes. C&ocirc;t&eacute; pr&eacute;sentation, on retrouvera cette ann&eacute;e&nbsp;Le&iuml;la Kaddour, et en lieu et place de Fr&eacute;d&eacute;ric Lod&eacute;on qui faisait ses adieux l&#39;an pass&eacute; au cours des 25 ans des Victoires,&nbsp;Judith Chaine, qu&#39;on connait pour l&#39;entendre &agrave; la radio sur France Musique o&ugrave; sera par ailleurs retransmise en direct la soir&eacute;e, de m&ecirc;me que sur Culturebox et France 3.

Dans la cat&eacute;gorie &laquo; Artiste Lyrique &raquo;, nous retrouvons en effet trois interpr&egrave;tes dont l&#39;actualit&eacute; a &eacute;t&eacute; particuli&egrave;rement riche cette ann&eacute;e. Elsa Dreisig, d&#39;abord, qui comme souvent passe de la cat&eacute;rogie &laquo; R&eacute;v&eacute;lation Lyrique &raquo; (qu&#39;elle a remport&eacute; en 2015) &agrave; celle d&#39;Artiste de l&#39;ann&eacute;e. Il faut dire que la jeune soprano s&#39;est distingu&eacute;e ces derniers mois, que ce soit par la sortie de son premier disque Miroir(s)&nbsp;ou encore sa participation &agrave; la tr&egrave;s attendue production de M&eacute;d&eacute;e &agrave; Berlin, marqu&eacute;e par la prise de r&ocirc;le saisissante de Sonya Yoncheva, Et elle interpr&eacute;tera par ailleurs ce mois-ci, toujours &agrave; Berln,&nbsp;Natascha dans la cr&eacute;ation mondiale de&nbsp;Violetter Schnee&nbsp;mise en sc&egrave;ne par Claus Guth.&nbsp;

Autre interpr&egrave;te nomm&eacute; dans cette cat&eacute;gorie, Sandrine Piau qui, apr&egrave;s avoir particuli&egrave;rement marqu&eacute; les esprits en Soeur Constance dans les Dialogues des Carm&eacute;lites &agrave; la Monnaie en 2017, a sign&eacute; deux disques cette ann&eacute;e. Le premier,&nbsp;Chim&egrave;re, sorti en avril dernier chez Alpha, enregistr&eacute; aux c&ocirc;t&eacute;s de la pianiste Susan Manoff, refermant &laquo; un triptyque explorant les terres infinies des r&ecirc;ves &raquo; &agrave; la suite d&#39;Evocation et d&#39;Apr&egrave;s un r&ecirc;ve, Ce tr&egrave;s bel enregistrement est d&#39;ailleurs &eacute;galement nomm&eacute; dans la cat&eacute;gorie &laquo; Enregistrement &raquo; des Victoires. Le second est sa participation &agrave; Paris-Madrid aux c&ocirc;t&eacute;s de Liat Cohen, Charles Castronovo et Rolando Villazon, Elle est elle aussi attendue ce mois-ci, pour un r&eacute;cital au Th&eacute;&acirc;tre des Champs-Elys&eacute;es, avant de partir &agrave; Monte-Carlo afin d&#39;interpr&eacute;ter Dalinda aupr&egrave;s de Cecilia Bartoli c Ariodante,
Enfin, troisi&egrave;me nomm&eacute; de la cat&eacute;gorie, St&eacute;phane Degout a lui aussi brill&eacute; par et dans ses nombreux projets, dont le dernier en date est Hamlet &agrave; l&#39;Op&eacute;ra Comique (aux c&ocirc;t&eacute;s notamment de Sabine Devieilhe nomm&eacute;e l&#39;an pass&eacute;). Il a &eacute;galement brill&eacute; dans la cr&eacute;ation mondiale de Lessons in love and violence &agrave; Londres, le nouvel op&eacute;ra de George Benjamin, ou encore dans le Don Carlos donn&eacute; &agrave; Lyon en mars-avril dernier, L&#39;ann&eacute;e 2019 s&#39;annonce tout aussi prometteuse, avec pour commencer Les Troyens &agrave; l&#39;Op&eacute;ra de Paris ce mois-ci, oeuvre qu&#39;il conna&icirc;t pour avoir d&eacute;j&agrave; interpr&eacute;t&eacute; Chor&egrave;be &agrave; Strasbourg en 2017&nbsp;&ndash; cette version de concert r&eacute;unissait un plateau impressionnant (Joyce DiDonato, Marie-Nicole Lemieux, Marianne Crebassa, Michael Spyres, Philippe Sly, Nicolas Courjal et bien d&#39;autres sous la direction de John Nelson), nulle surprise donc que la soir&eacute;e ait fait l&#39;objet d&#39;une captation chez Erato et que le coffret (que nous qualifions alors "d&#39;anthologique") soit nomm&eacute; dans la cat&eacute;gorie &laquo; Enregistrement &raquo;. Outre ce coffret et Chim&egrave;re d&eacute;j&agrave; &eacute;voqu&eacute;, le troisi&egrave;me enregistrement nomm&eacute; dans cette cat&eacute;gorie est celui des P&ecirc;cheurs de perles chez Pentatone avec Julie Fuchs, Cyrille Dubois, Florian Sempey ou encore Luc Bertin-Hugault, dirig&eacute;s par Alexandre Bloch,

La cat&eacute;gorie &laquo; R&eacute;v&eacute;lation, Artiste lyrique &raquo;, qui laisse r&eacute;guli&egrave;rement la part belle aux sopranos, r&eacute;unit cette ann&eacute;e un baryton-basse et deux mezzos : le jeune baryton-basse Guilhem Worms, qui appartenait &agrave; la distribution de &laquo; jeunes talents &raquo;&nbsp;du Barbier de S&eacute;ville donn&eacute; au Th&eacute;&acirc;tre des Champs-Elys&eacute;es en d&eacute;cembre 2017&nbsp;et dont nous avons pu entendre la &laquo; voix superbement timbr&eacute;e et de magnifiques graves &raquo;&nbsp;dans la cr&eacute;ation des F&eacute;es du Rhin &agrave; Tours, ainsi que dans la reprise d&#39;Anna Bolena &agrave; Bordeaux en novembre dernier, &Agrave; ses c&ocirc;t&eacute;s, on retrouve les mezzo-sopranos&nbsp;Ambroisine Br&eacute;, d&eacute;j&agrave; laur&eacute;ate en 2017 du&nbsp;Concours international de Chant-Piano Nadia et Lili Boulanger et dont nous avions pu appr&eacute;cier la voix dans l&#39;enregistrement d&#39;Alceste sous la direction de Christophe Rousset&nbsp;; et&nbsp;El&eacute;onore Pancrazi, que nous avons &eacute;galement entendue dans le Barbier au Th&eacute;&acirc;tre des Champs-Elys&eacute;es, ou dans&nbsp;Katia Kabanova &agrave; Nancy o&ugrave; nous la qualifions alors de &laquo; fleur en d&eacute;but d&rsquo;&eacute;panouissement &raquo;.

L&#39;&eacute;dition 2019 des Victoires de la Musique classique s&#39;annonce donc d&#39;un beau niveau et devrait r&eacute;jouir auditeurs et t&eacute;l&eacute;spectateurs, amateurs de musiques classiques et d&#39;art lyrique.

Liste compl&egrave;te des nomm&eacute;s :

Dans la cat&eacute;gorie Soliste instrumental :
– Nicholas Angelich, piano
– Bertrand Chamayou, piano
– Jean-Guihen Queyras, violoncelle

Dans la cat&eacute;gorie Artiste lyrique :
St&eacute;phane Degout, baryton
Elsa Dreisig, soprano
Sandrine Piau, soprano

Dans la cat&eacute;gorie R&eacute;v&eacute;lation, soliste instrumental :
– Th&eacute;o Fouchenneret, piano
– Thibaut Garcia, guitare
– Alexandre Kantorow, piano

Dans la cat&eacute;gorie R&eacute;v&eacute;lation, artiste lyrique :
Ambroisine Br&eacute;, mezzo-soprano
El&eacute;onore Pancrazi, mezzo-soprano
Guilhem Worms, baryton-basse

Dans la cat&eacute;gorie Compositeur :
– Benjamin Attahir – Adh dhohr, pour serpent et orchestre (cr&eacute;ation / France)
– Guillaume Connesson – Les horizons perdus, pour violon et orchestre (cr&eacute;ation / Belgique)
– Jean-Fr&eacute;d&eacute;ric Neuburger – Concerto pour piano (cr&eacute;ation / France)

Dans la cat&eacute;gorie Enregistrement :
– Berlioz – Les Troyens / Joyce DiDonato, Michael Spyres, Marie-Nicole Lemieux, St&eacute;phane Degout, Nicolas Courjal, Marianne Crebassa, Stanislas de Barbeyrac, Cyrille Dubois, Choeur et Orchestre philharmonique de Strasbourg, direction : John Nelson / Erato – Warner Classics France
– Bizet – Les p&ecirc;cheurs de perles / Julie Fuchs, Cyrille Dubois, Florian Sempey, Luc Bertin-Hugault, Les Cris de Paris, direction : Geoffroy Jourdain – Orchestre National de Lille, direction : Alexandre Bloch / PENTATONE
Chim&egrave;re – Loewe, Schumann, Debussy, Wolf, Gurney, Baksa, Poulenc, Barber, Previn / Sandrine Piau, Susan Manoff / Alpha Classics

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Mon, 07 Jan 2019 16:29:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/les-nommes-aux-victoires-de-la-musique-classique-2019-sont
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French – Jonas Kaufmann dit « oui » à Christiane Lutz

si Jonas Kaufmann est toujours tr&egrave;s enclin &agrave; pr&eacute;server sa vie priv&eacute;e, le t&eacute;nor allemand profite de la nouvelle ann&eacute;e pour sobrement partager son bonheur avec ceux qui le suivent sur les r&eacute;seaux sociaux. Via son compte Instagram, Jonas Kaufmann annonce avoir &eacute;pous&eacute;, &agrave; Munich, la metteuse en sc&egrave;ne Christiane Lutz, qui partage sa vie depuis quelques ann&eacute;es et porte leur premier enfant, attendu pour le printemps prochain.

Dans ses v&oelig;ux adress&eacute;s aux internautes, Jonas Kaufmann fait le bilan d&rsquo;une ann&eacute;e 2018 &laquo;&nbsp;merveilleuse&nbsp;&raquo;&nbsp;: le t&eacute;nor y note &laquo; l&#39;absence d&rsquo;annulations&nbsp;&raquo; (par opposition &agrave; une saison 2016-2017 chaotique, marqu&eacute;e par des probl&egrave;mes de sant&eacute;) et &laquo;&nbsp;en lieu et un place, un "oui pour la vie"&nbsp;&raquo;. Et l&rsquo;ann&eacute;e &eacute;coul&eacute;e a effectivement &eacute;t&eacute; riche pour le t&eacute;nor allemand, ponctu&eacute;e par de nombreux r&eacute;citals (notamment &agrave; Paris&nbsp;ou Peralada), par un nouveau Parsifal tr&egrave;s discut&eacute; &agrave; Munich suivi d&#39;une nouvelle production d&#39;Otello, un retour au Metropolitan Opera de New Work dans La Fanciulla del West ou encore une r&eacute;cente prise de r&ocirc;le (Eisenstein) dans La Chauve-souris de Johann Strauss, &agrave; Dresde &ndash; en plus d&rsquo;avoir &eacute;t&eacute; d&eacute;cor&eacute;, voici quelques jours, de l&rsquo;Ordre bavarois de Maximilien pour la science et l&#39;art, la plus haute distinction de Bavi&egrave;re r&eacute;serv&eacute;e aux artistes.
Et le t&eacute;nor ne semble pas vouloir en rester l&agrave; en 2019&nbsp;: on le retrouvera notamment &agrave; la fin du mois dans Fidelio &agrave; Munich aux c&ocirc;t&eacute;s d&rsquo;Anja Kampe ou encore en mars dans une nouvelle production d&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave; tr&egrave;s attendue de La forza del destino &agrave; la Royal Opera House&nbsp;de Londres, o&ugrave; il retrouvera notamment Anna Netrebko et Ludovic T&eacute;zier, On souhaite aux jeunes &eacute;poux une ann&eacute;e 2019 aussi &laquo;&nbsp;merveilleuse&nbsp;&raquo; que 2018.&nbsp;

S_jonas-kaufmann-christiane-lutz2" src="https://www.opera-online.com/media/images/picture/article/0000/0898/4576/s_jonas-kaufmann-christiane-lutz2.jpg
Mon, 07 Jan 2019 09:36:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/jonas-kaufmann-dit-oui-a-christiane-lutz
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French – Elina Garanča se désiste des Troyens à l&#39;Opéra de Paris

Cette ann&eacute;e marque les 350 ans de l&rsquo;Op&eacute;ra de Paris, qui semble vouloir multiplier les symboles &agrave; l&#39;occasion de cette saison anniversaire. La nouvelle&nbsp;production des Troyens&nbsp;mise en sc&egrave;ne par Dmitri Tcherniakov, particuli&egrave;rement attendue, semble &ecirc;tre n&eacute;e de cette r&eacute;flexion&nbsp;: outre l&rsquo;anniversaire de l&rsquo;institution, Les Troyens s&rsquo;av&egrave;re &ecirc;tre la premi&egrave;re &oelig;uvre pr&eacute;sent&eacute;e &agrave; Bastille, salle qui f&ecirc;te cette ann&eacute;e ses 30 ans, et fut compos&eacute;e par Berlioz dont on comm&eacute;more les 150 ans de la disparition.

Las, comme c&rsquo;est parfois le cas, la distribution initialement pr&eacute;vue souffre d&rsquo;impr&eacute;vus&nbsp;: outre Bryan Hymel qui a d&ucirc; se d&eacute;sister pour les premi&egrave;res dates et qui s&rsquo;est vu remplac&eacute; de Brandon Jovanovich, c&rsquo;est &agrave; pr&eacute;sent au tour de l&rsquo;une des autres t&ecirc;tes d&rsquo;affiche&nbsp; de la production,&nbsp;Elīna Garanča, de faire part de son d&eacute;sistement pour des raisons de sant&eacute; &ndash; et qui renonce donc l&agrave; &agrave; une prise de r&ocirc;le. La cantatrice a tenu &agrave; transmettre au public le message suivant&nbsp;:

&laquo;&nbsp;C&#39;est avec un immense regret que je dois renoncer &agrave; ma participation aux Troyens de Berlioz &agrave; l&#39;Op&eacute;ra de Paris.
Mes nombreux d&eacute;placements lors de ces derni&egrave;res ann&eacute;es pour assurer un maximum de repr&eacute;sentations &agrave; travers le monde m&#39;ont caus&eacute;s quelques probl&egrave;mes de sant&eacute; qui m&#39;obligent aujourd&#39;hui &agrave; les traiter en priorit&eacute;.
Je suis vraiment d&eacute;sol&eacute;e de vous d&eacute;cevoir, public que j&#39;aime tant, mais je dois &ecirc;tre en bonne sant&eacute; dans les ann&eacute;es &agrave; venir afin de continuer &agrave; vous donner le meilleur de moi-m&ecirc;me, ce que vous m&eacute;ritez.
Soyez patients s&#39;il vous plait, je vais revenir vite.

Sinc&egrave;rement,

Elina Garanča&nbsp;&raquo;

Didon sera donc finalement interpr&eacute;t&eacute;e par Ekaterina Semenchuk qui &eacute;tait pr&eacute;vue dans le r&ocirc;le de J&eacute;žibaba dans la production de Rusalka donn&eacute;e parall&egrave;lement dans la m&ecirc;me salle. Elle conna&icirc;t d&eacute;j&agrave; le r&ocirc;le pour l&#39;avoir interpr&eacute;t&eacute; dans diverses versions concertantes, notamment sous la direction de Valery Gergiev au Th&eacute;&acirc;tre Mariinsky de Saint-P&eacute;tersbourg, au Carnegie Hall de New York, au Suntory Hall de Tokyo, &agrave; Baden-Baden ou au Festival d&rsquo;Edimbourg. Elle sera pour sa part remplac&eacute;e par Michelle DeYoung,

S_garanca" src="https://www.opera-online.com/media/images/picture/article/0000/0897/4574/s_garanca.jpg
Fri, 04 Jan 2019 16:55:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/elina-garanca-se-desiste-des-troyens-a-lopera-de-paris
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French – Jean-Pierre Loré et Nathalie Stutzmann décorés de la Légion d&#39;honneur

En ce d&eacute;but d&#39;ann&eacute;e, la liste de la promotion du 1er janvier 2019 de la L&eacute;gion d&#39;honneur, ordre national fond&eacute; par Napol&eacute;on Bonaparte en 1802, a &eacute;t&eacute; rendue publique. Elle ne compte pas moins de 402 noms&nbsp;illustres ou inconnues du grand public, r&eacute;parties &agrave; parit&eacute; exacte hommes-femmes (auxquelle s&#39;ajoute une promotion sp&eacute;ciale pour les membres de l&#39;&eacute;quipe de football championne du monde), qui rejoignent les quelques dizaines de milliers de personnalit&eacute;s d&eacute;j&agrave; distingu&eacute;es pour leur contribution au rayonnement de la France dans le monde. Aux c&ocirc;t&eacute;s de personnalit&eacute;s connues du plus large public, telles que les com&eacute;diennes Nathalie Baye, Mich&egrave;le Laroque ou Ludmila Mika&euml;l, le journaliste St&eacute;phane Bern ou encore l&#39;&eacute;crivain Michel Houellebecq, on retrouve &eacute;galement deux noms issus du monde de la musique classique et de l&#39;art lyrique&nbsp;: le maestro Jean-Pierre Lor&eacute;, &agrave; l&#39;origine de la cr&eacute;ation europ&eacute;enne de la&nbsp;Misa Criolla d&#39;Albert Ramirez et fondateur de l&#39;Orchestre Fran&ccedil;ais d&#39;Oratorio, ainsi que Nathalie Stutzmann, cheffe et певец que l&rsquo;on ne pr&eacute;sente plus et qui est actuellement en r&eacute;sidence &agrave; Montpellier o&ugrave; elle a d&eacute;j&agrave; donn&eacute; plusieurs r&eacute;citals. Suite &agrave; cette nomination, l&rsquo;artiste d&eacute;clare sur sa page Facebook&nbsp;:

&laquo;&nbsp;Je suis tr&egrave;s heureuse et tr&egrave;s touch&eacute;e de faire partie de la promotion de la L&eacute;gion d&rsquo;Honneur de ce 1er janvier 2019.
La L&eacute;gion d&rsquo;Honneur &eacute;tant la plus haute distinction honorifique en France, je suis particuli&egrave;rement honor&eacute;e d&rsquo;&ecirc;tre admise en tant que chef d&rsquo;orchestre et chanteuse dans cet ordre cr&eacute;&eacute; il y a plus de deux si&egrave;cles.
Cette distinction est aussi un encouragement &agrave; toujours servir la musique avec passion et la partager au plus grand nombre.

Nathalie&nbsp;&raquo;

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Thu, 03 Jan 2019 08:22:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/jean-pierre-lore-et-nathalie-stutzmann-decores-de-la-legion-dhonneur
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French – Peter de Caluwe reconduit à la Monnaie jusqu’en 2025

La nouvelle est tomb&eacute;e et a &eacute;t&eacute; confirm&eacute;e &agrave; la fin du mois dernier&nbsp;: l&rsquo;actuel directeur du Th&eacute;&acirc;tre de la Monnaie de Bruxelles, Peter de Caluwe, a &eacute;t&eacute; reconduit &agrave; la t&ecirc;te de la maison belge pour un troisi&egrave;me mandat jusqu&rsquo;en 2025 apr&egrave;s avoir dit non &agrave; Vienne, &agrave; Dresde et &agrave; Munich (selon une interview dans l&rsquo;Echo), afin de poursuivre un mandat d&eacute;but&eacute; en 2007.

Il faut dire que Peter de Caluwe a d&eacute;j&agrave; su relever bien des d&eacute;fis, entre diminution de la subvention et du personnel statutaire, d&eacute;localisation sous le chapiteau de Tour &amp; Taxis pendant la r&eacute;novation de la salle, redynamisation de l&rsquo;orchestre maison, des d&eacute;missions dans son top management,… Il a su relever ces derniers et accroitre la visibilit&eacute; de La Monnaie &agrave; l&rsquo;international en offrant notamment quelques productions embl&eacute;matiques, en soutenant la cr&eacute;ation contemporaine et en faisant appel &agrave; de grands artistes, tant dans la mise en sc&egrave;ne que dans les voix. En 2017, le taux d&rsquo;occupation de la salle a atteint 92%, confirmant le bilan positif de ses derni&egrave;res ann&eacute;es de direction.

Toutefois, l&rsquo;avenir ne s&rsquo;annonce pas ais&eacute; pour autant, notamment &agrave; cause de la crise politique que conna&icirc;t actuellement la Belgique&nbsp;: la subvention que touche la Monnaie au niveau F&eacute;d&eacute;ral devrait &ecirc;tre &laquo;&nbsp;saucissonn&eacute;e en douzi&egrave;mes provisoires&nbsp;&raquo;, pour reprendre les termes de Peter de Caluwe, ce qui contraindra la maison belge &agrave; emprunter aupr&egrave;s de banques priv&eacute;es pour se financer. Heureusement, &laquo;&nbsp;le Tax shelter, qui encourage fiscalement l&rsquo;investissement d&rsquo;entreprises dans des activit&eacute;s culturelles, est un nouvel apport pr&eacute;cieux&nbsp;&raquo; qui a rapport&eacute; 2,5 millions d&rsquo;euros cette ann&eacute;e &agrave; l&rsquo;op&eacute;ra, ce qui explique l&#39;annonce de huit nouvelles productions l&rsquo;an prochain. Une future programmation que le directeur annonce &laquo;&nbsp;dans la lign&eacute;e&nbsp;&raquo; des pr&eacute;c&eacute;dentes, avec &laquo;&nbsp;quelques moments tr&egrave;s forts, dont la trilogie Da Ponte qui rendra hommage &agrave; sa fa&ccedil;on &agrave; Mozart&nbsp;&raquo;.

&copy;Saskia Vanderstichele

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Wed, 02 Jan 2019 11:02:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/peter-de-caluwe-reconduit-a-la-monnaie-jusquen-2025
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French – Rencontre avec Xavier Sabata, contre-ténor « dramatique »

Entre la sortie de son disque L&#39;Alessandro amante&nbsp;et ses nombreuses occupations sc&eacute;niques, dont Rodelinda actuellement &agrave; l&#39;Op&eacute;ra de Lyon, le contre-t&eacute;nor espagnol Xavier Sabata a eu la gentillesse de nous accorder un peu de son temps afin d&#39;&eacute;changer avec nous sur son parcours, sa vision de son travail, l&#39;univers baroque, celui des contre-t&eacute;nors, ses actualit&eacute;s ou encore ses projets. Un riche &eacute;change au cours duquel nous avons pu en apprendre davantage sur cet interpr&egrave;te amoureux du baroque ou encore de ce que l&#39;op&eacute;ra a de dramatique…

***

Commen&ccedil;ons par le d&eacute;but&nbsp;: comment en &ecirc;tes-vous venu au chant lyrique, et comment avez-vous d&eacute;couvert votre voix de contre-t&eacute;nor&nbsp;?

En fait, le voyage s&rsquo;est fait en sens inverse&nbsp;: ma voix m&rsquo;a men&eacute; au chant. Ma m&egrave;re chantait tout le temps, et elle m&rsquo;a demand&eacute; &agrave; neuf ans si je voulais &eacute;tudier la musique, et si oui, quel instrument. Avec mon fr&egrave;re, on a bien s&ucirc;r accept&eacute;, et j&rsquo;ai choisi le saxophone ! Puis vers 14 ou 15 ans, je me suis dis que je voulais finalement &ecirc;tre com&eacute;dien et je suis all&eacute; &agrave; l&rsquo;&eacute;cole de th&eacute;&acirc;tre publique de Barcelone (l&rsquo;Instituto del Teatro de Barcelona). J&rsquo;ai fait toute la formation en parall&egrave;le de la fin de mes &eacute;tudes de saxophone. Mais en fait, j&rsquo;ai tout le temps chant&eacute;. Toutefois, c&rsquo;&eacute;tait difficile de d&eacute;velopper ma voix lyrique en tant que baryton, car mon m&eacute;canisme changeait tout le temps en m&eacute;canisme d&rsquo;alto. Je me suis donc dis que si la nature m&rsquo;amenait dans cette direction, pourquoi pas&nbsp;? C&rsquo;&eacute;tait alors le boum d&rsquo;Andreas Scholl, il y avait des disques, j&rsquo;ai d&eacute;couvert toute la litt&eacute;rature musicale, tout le baroque&hellip; J&rsquo;en &eacute;tais compl&egrave;tement amoureux. Je me suis dis que c&rsquo;&eacute;tait le chemin que je devais suivre. J&rsquo;y suis donc arriv&eacute; tr&egrave;s tard (j&rsquo;avais 26-27 ans), puisque j&rsquo;avais d&eacute;j&agrave; beaucoup travaill&eacute; en tant que com&eacute;dien &agrave; Barcelone, mais tout &agrave; ensuite &eacute;t&eacute; tr&egrave;s rapide&nbsp;: j&rsquo;ai fait ma premi&egrave;re ann&eacute;e de Conservatoire &agrave; Barcelone, et le chef de d&eacute;partement de musique ancienne m&rsquo;a dit qu&rsquo;il allait y avoir des auditions pour un projet sur Paris avec William Christie, &laquo;&nbsp;Le Jardin des voix&nbsp;&raquo;, et que je devais y aller. Je n&rsquo;&eacute;tais qu&rsquo;en premi&egrave;re ann&eacute;e, mais j&rsquo;ai pass&eacute; l&rsquo;audition et j&rsquo;ai &eacute;t&eacute; accept&eacute;&nbsp;! Mes d&eacute;buts op&eacute;ratiques &eacute;taient d&rsquo;ailleurs ici, &agrave; Lyon, avec Popp&eacute;e en 2004. J&rsquo;ai ensuite fini mes &eacute;tudes, fait un master de lied en Allemagne. Tout s&rsquo;est pass&eacute; un petit peu en m&ecirc;me temps, mais j&rsquo;ai trouv&eacute; ma place d&rsquo;une fa&ccedil;on que je qualifierais d&rsquo;organique&nbsp;: tout arrivait &agrave; des moments pr&eacute;cis pour me pr&eacute;parer &agrave; l&rsquo;&eacute;tape suivante, je ne choisissais pas forc&eacute;ment de mani&egrave;re d&eacute;lib&eacute;r&eacute;e.

Quel est votre rapport avec cette voix particuli&egrave;re qui est donc venue d&rsquo;elle-m&ecirc;me, et comment la travaillez-vous aujourd&rsquo;hui&nbsp;?

C&rsquo;est une question tr&egrave;s int&eacute;ressante, parce qu&rsquo;il y a cette vision historique ou traditionnelle sur la voix de contre-t&eacute;nor que l&rsquo;on qualifie toujours d&rsquo;ang&eacute;lique, ce qui est li&eacute; &agrave; l&rsquo;histoire des premiers contre-t&eacute;nors tr&egrave;s attach&eacute;s &agrave; la musique religieuse. On a donc construit une vision pas tr&egrave;s dramatique et plut&ocirc;t esth&eacute;tique. Ma personnalit&eacute; et ma voix fonctionnent de fa&ccedil;on compl&egrave;tement diff&eacute;rente&nbsp;: ma voix n&rsquo;est pas une &laquo;&nbsp;voix pure&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;ang&eacute;lique&nbsp;&raquo;, elle est plut&ocirc;t dramatique, et moi, je suis com&eacute;dien, j&rsquo;aime m&rsquo;exprimer, &ecirc;tre dramatique, &eacute;nergique&hellip; Alors je trouve qu&rsquo;avec ma g&eacute;n&eacute;ration (qui compte par exemple Max Emmanuel Cencic, Franco Fagioli, Philippe Jaroussky, &hellip;), on travaille beaucoup sur une esth&eacute;tique moins attach&eacute;e &agrave; celle du contre-t&eacute;nor traditionnelle, comme une autre tessiture dramatique. C&rsquo;est comme pour une mezzo, une alto, une soprano&nbsp;: chacun fonctionne diff&eacute;remment, il y a plusieurs tessitures dans un type de voix (des plus graves, des plus aigus,&hellip;) C&rsquo;est de cette mani&egrave;re dont je travaille la voix. C&rsquo;est aussi pour &ccedil;a que je travaille tout le temps, que je fais beaucoup de musique contemporaine o&ugrave; je me sens tr&egrave;s &agrave; l&rsquo;aise. Je ne travaille pas uniquement sur l&rsquo;acoustique, cela doit &ecirc;tre rattach&eacute; &agrave; l&rsquo;&eacute;nergie de la parole. C&rsquo;est pour &ccedil;a qu&rsquo;on est heureux en tant que chanteur&nbsp;: on a la parole. C&rsquo;est moins abstrait que la musique pure, on n&rsquo;a pas &agrave; cr&eacute;er une sonorit&eacute; particuli&egrave;re, &agrave; la &laquo;&nbsp;concr&eacute;tiser&nbsp;&raquo;. Je trouve plus int&eacute;ressant de cr&eacute;er l&rsquo;&eacute;nergie, la n&eacute;cessit&eacute; de dire ces paroles. C&rsquo;est avec &ccedil;a que l&rsquo;on trouve la couleur de la voix.

Il n&rsquo;y a pas forc&eacute;ment besoin d&rsquo;une voix &laquo;&nbsp;pure&nbsp;&raquo;, parfois il est au contraire int&eacute;ressant qu&rsquo;elle sonne un peu &laquo;&nbsp;ab&icirc;m&eacute;e&nbsp;&raquo;&hellip;

Oui, car la vie, la nature, ce n&rsquo;est pas parfait. Je ne suis pas int&eacute;ress&eacute; par la beaut&eacute; standard&nbsp;: pour moi ce n&rsquo;est pas de la beaut&eacute;, il n&rsquo;y a pas de vie. Le regard port&eacute; sur l&rsquo;esth&eacute;tique doit &ecirc;tre agr&eacute;ment&eacute; d&rsquo;une certaine profondeur. C&rsquo;est pour &ccedil;a que lorsque je travaille, je commence toujours par regarder le texte, trouver une connexion vers lui, l&rsquo;analyser&hellip; Car le compositeur a cr&eacute;&eacute; la musique sur le texte. En faisant cet exercice, je trouve ainsi la fa&ccedil;on dont je peux me mettre dedans, comment pour devenir un &laquo;&nbsp;canal&nbsp;&raquo; afin d&rsquo;exprimer la musique.

Vous venez de sortir un disque Alessandro amante enti&egrave;rement d&eacute;di&eacute; &agrave; la figure d&rsquo;Alexandre le Grand (lire notre chronique), et vous d&icirc;tes dans le livret&nbsp;que vous avez d&rsquo;abord fait ce choix &laquo;&nbsp;parce qu&rsquo;il s&rsquo;agit du personnage historique le plus utilis&eacute; de toute l&rsquo;histoire de l&rsquo;op&eacute;ra&nbsp;&raquo;, et bien s&ucirc;r parce que sa complexit&eacute; vous int&eacute;ressait. Pouvez-vous nous en dire un petit peu plus&nbsp;? Est-ce que ce personnage a une r&eacute;sonnance particuli&egrave;re en vous, par exemple&nbsp;?


Portrait d&rsquo;Alexandre le Grand par Andy Warhol ; &copy; DR

Je dois dire que je regarde Alexandre le Grand comme un super h&eacute;ros, Et le regard que j&rsquo;ai sur la musique baroque passe par la modernit&eacute;, c&rsquo;est-&agrave;-dire la vie que j&rsquo;ai. Je suis tr&egrave;s complexe en tant qu&rsquo;&ecirc;tre humain&nbsp;: je n&rsquo;aime pas seulement une chose, mais plusieurs cultures par exemple (pop, baroque, etc.). C&rsquo;est pour &ccedil;a que j&rsquo;ai &eacute;t&eacute; tr&egrave;s inspir&eacute; par le portrait d&rsquo;Alexandre le Grand d&rsquo;Andy Warhol, Il a en a fait un incroyable dans cette s&eacute;rigraphie. C&rsquo;est vraiment la culture pop qui rencontre la culture classique. J&rsquo;ai trouv&eacute; &ccedil;a tr&egrave;s int&eacute;ressant, et ce portrait m&rsquo;a inspir&eacute; pour la photo&nbsp;: il s&rsquo;agit de la m&ecirc;me couleur de fond. J&rsquo;ai aussi fait beaucoup de recherches, j&rsquo;ai trouv&eacute; beaucoup de mat&eacute;riels, et tout de suite, j&rsquo;ai vu qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas une seule fa&ccedil;on de le voir&nbsp;: chaque compositeur porte un regard diff&eacute;rent sur le personnage, &agrave; cause aussi de la fonctionnalit&eacute; de la musique. Avec l&rsquo;oratorio de Draghi, presque moraliste, il l&rsquo;utilise pour exprimer ce qu&rsquo;un vrai водач doit faire, mais c&rsquo;est parfois compl&egrave;tement diff&eacute;rent. Je me suis alors dis que je ne pouvais pas faire un portrait d&rsquo;Alexandre le Grand. C&rsquo;est pourquoi j&rsquo;ai d&eacute;cid&eacute; de faire une mosa&iuml;que. Dans une mosa&iuml;que, il y a beaucoup de couleurs, mais quand on prend de la distance, il y a une unit&eacute;, un concept, et j&rsquo;aime &ccedil;a. Ca peut para&icirc;tre complexe, mais &ccedil;a rappelle la mani&egrave;re dont je travaille&nbsp;: j&rsquo;ai toujours des petits carnets de notes o&ugrave; je mets beaucoup de petites photos, des id&eacute;es&hellip; Bien s&ucirc;r, je travaille aussi avec des musicologues, mais je fais de nombreuses recherches moi-m&ecirc;me. J&rsquo;ai &eacute;t&eacute; &eacute;tonn&eacute; du grand nombre d&rsquo;&oelig;uvres sur Alexandre le Grand, et j&rsquo;ai vu ensuite qu&rsquo;il y a deux principaux th&egrave;mes&nbsp;: le soldat et l&rsquo;amoureux. Il y a aussi eu une s&eacute;lection naturelle&nbsp;: les airs du personnage amoureux sont des airs qui fonctionnent bien avec ma tessiture. Je &laquo;&nbsp;distille&nbsp;&raquo; ensuite&nbsp;: apr&egrave;s tout ceci, j&rsquo;avais peut-&ecirc;tre 35 ou 40 airs que j&rsquo;ai enregistr&eacute;s pour moi avec un pianiste, et tous les deux ou trois jours, je laissais partir ceux dont je ne me souvenais pas. A la fin, j&rsquo;avais le nombre d&rsquo;airs n&eacute;cessaires pour faire le disque. C&rsquo;est beaucoup de travail, mais il faut dire qu&rsquo;actuellement, c&rsquo;est difficile de faire des disques. Je fais donc tr&egrave;s attention, je prot&egrave;ge &eacute;norm&eacute;ment mon travail, je suis tout (la photographie, la traduction, l&rsquo;&eacute;dition). On ne fait pas de disque pour gagner beaucoup d&rsquo;argent, c&rsquo;est davantage un travail artistique, et pour moi, un travail artistique, c&rsquo;est du d&eacute;but &agrave; la fin. Je peux ensuite v&eacute;ritablement d&eacute;fendre mon travail car je me suis impliqu&eacute; dans chacune de ses phases.

Nous en venons &agrave; pr&eacute;sent &agrave; votre deuxi&egrave;me actualit&eacute;&nbsp;: le r&ocirc;le de Bertarido (partag&eacute; avec Lawrence Zazzo) dans la production de Rodelinda donn&eacute;e pour cette fin d&rsquo;ann&eacute;e &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra de Lyon, Avez-vous assist&eacute; &agrave; ce spectacle&nbsp;? Que pensez-vous de la mise en sc&egrave;ne de Claus Guth et de la mani&egrave;re dont il traite votre personnage, &agrave; la fois en tant qu&rsquo;interpr&egrave;te, mais aussi en tant que spectateur&nbsp;?

Oui, oui, bien s&ucirc;r, car dans les deux productions (Lyon et Madrid), nous avons travaill&eacute; avec un double cast, donc parfois on r&eacute;p&egrave;te, parfois on regarde. Si je travaille &agrave; nouveau sur cette production, c&rsquo;est parce que c&rsquo;est une des exp&eacute;riences les plus extraordinaires de ma vie. Faire un opera seria baroque, un livret de Haendel aujourd&rsquo;hui, ce n&rsquo;est pas facile car il y a notamment des quotes baroques. Claus (Guth) a eu cette id&eacute;e de vouloir expliquer l&rsquo;histoire qui est presque celle d&rsquo;un soap opera avec toute cette intrigue de la famille. Tout le monde parle de ce Flavio, qui ne chante pas une seule note mais qui est omnipr&eacute;sent dans le livret, et il a eu l&rsquo;id&eacute;e extraordinaire de construire tout l&rsquo;op&eacute;ra &agrave; partir de la psychologie de l&rsquo;enfant. Il a construit une double narration&nbsp;: celle de l&rsquo;op&eacute;ra, et celle de l&rsquo;obsession, de l&rsquo;anxi&eacute;t&eacute; de ce gar&ccedil;on. Il rend ainsi l&rsquo;histoire plus dramatique, il humanise le drame avec cet &ecirc;tre fragile plac&eacute; au centre. Je trouve cela tr&egrave;s intelligent, et d&rsquo;un point de vue visuel, c&#39;est incroyable&nbsp;: avoir l&rsquo;unit&eacute; d&rsquo;espace, presque de temps, l&rsquo;utilisation de choses tr&egrave;s simples mais d&rsquo;une sophistication incroyable. Je trouve aussi tr&egrave;s intelligent l&rsquo;installation du m&eacute;morial sur la fa&ccedil;ade de la maison. Bertarido est presque l&agrave; tout le temps, comme un wanderer (vagabond) qui a err&eacute; des mois pour revenir &agrave; la maison&hellip; Donc en tant que spectateur, je trouve cela incroyable car c&rsquo;est dynamique, l&rsquo;histoire est bien expliqu&eacute;e et c&rsquo;est dramatique. En tant que chanteur, il est tr&egrave;s facile de suivre le fil dramatique du personnage parce que c&rsquo;est tr&egrave;s bien guid&eacute;, il n&rsquo;y a pas de r&eacute;el effort &agrave; faire, on ne va pas contre le texte. C&rsquo;est transparent&nbsp;: voici l&rsquo;histoire, je vais l&rsquo;expliquer, je vais l&rsquo;exprimer. Il n&rsquo;y a plus qu&rsquo;&agrave; se concentrer dans le chant, dans la musique, puisque tout est bien pr&eacute;par&eacute; pour que le drame de l&rsquo;op&eacute;ra arrive au public.

Justement, comment avez-vous travaill&eacute; votre personnage (que vous reprenez de Madrid)&nbsp;?

Le h&eacute;ros, c&rsquo;est parfois le plus difficile &agrave; jouer car c&rsquo;est parfois quelque chose d&rsquo;abstrait. Le h&eacute;ros, c&rsquo;est quelqu&rsquo;un qui essaie toujours de se relever, de s&rsquo;&eacute;lever. Pour moi, Bertarido a ici quelque chose de pur &agrave; l&#39;esprit&nbsp;: il ne demande pas grand-chose, il souhaite seulement sa femme et son fils. Il ne veut pas la couronne. Il doit partir parce qu&rsquo;il a tu&eacute; son fr&egrave;re, mais il ne peut plus vivre en exil, il a besoin de retourner chez lui. Finalement, il est une victime, il est pouss&eacute; &agrave; tuer Garibaldo et lorsqu&rsquo;il chante &agrave; la fin, il dit de faire de lui ce qu&rsquo;on veut, lui ne peut pas plus. J&rsquo;aime cette puret&eacute;. Il est trait&eacute; de mani&egrave;re simple ici, et c&rsquo;est aussi ce qui me pla&icirc;t. Lorsqu&rsquo;il apprend que Rodelinda va avec Grimaldo, il retourne &agrave; la nature et il tente d&rsquo;y trouver un bien &ecirc;tre. Il essaie tout le temps de retrouver une innocence, c&rsquo;est tr&egrave;s noble comme esprit.

Comme &agrave; Madrid, vous partagez le r&ocirc;le avec Lawrence Zazzo, Comment cela fonctionne lorsqu&rsquo;on est deux en alternance pour un m&ecirc;me personnage, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;ici, tous les autres n&rsquo;ont qu&rsquo;un seul interpr&egrave;te&nbsp;?

Ici, Lawrence (Zazzo) ne pouvait pas faire toutes les dates et moi non plus, donc cela s&rsquo;est trouv&eacute; naturellement comme &ccedil;a. J&rsquo;admire beaucoup Lawrence et nous avons tr&egrave;s bien travaill&eacute;. Ce que j&rsquo;aime aussi avec la musique baroque, c&rsquo;est que la musique a &eacute;t&eacute; faite sur la vocalit&eacute; du chanteur, alors on fait des choses diff&eacute;rentes. Je suis tr&egrave;s content de partager cette exp&eacute;rience avec Lawrence. Il fait un Bertarido incroyable, et je vais essayer de faire un Bertarido plus proche de ma personnalit&eacute;. Ce sera donc diff&eacute;rent, mais j&rsquo;aime le fait qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas encore de standards dans la musique baroque&nbsp;: nous ne parlons pas encore de &laquo;&nbsp;la version de&nbsp;&raquo;, il y a donc encore une &eacute;coute &laquo;&nbsp;fra&icirc;che&nbsp;&raquo;, sans pr&eacute;jug&eacute;s. Apr&egrave;s, je dois dire que &ccedil;a a &eacute;t&eacute; facile ici car tout le monde est tr&egrave;s professionnel&nbsp;: les diff&eacute;rences sont int&eacute;ressantes. Nous nous connaissons bien avec Sabina (Puertolas), et si je fais quelque chose d&rsquo;un peu diff&eacute;rent par rapport &agrave; Lawrence, elle s&rsquo;adapte, il n&rsquo;y a pas de probl&egrave;me.

Nous en venons &agrave; pr&eacute;sent &agrave; la fameuse question de vos projets &agrave; venir&hellip;

Ah, je ne vais pas me plaindre&nbsp;: j&rsquo;ai plein de belles choses en perspective&nbsp;! Je vais ensuite &agrave; Barcelone pour un op&eacute;ra contemporain en cr&eacute;ation mondiale au Liceu (L&rsquo;Enigma di Lea). Le r&ocirc;le a &eacute;t&eacute; &eacute;crit pour moi, j&rsquo;en suis vraiment heureux. Je vais ensuite faire La Calixto &agrave; Madrid, je vais enregistrer le Winterreise de Schubert. Je vais &eacute;galement au Santiago de Chile faire un autre Rodelinda, &agrave; nouveau avec Sabina, mais dans la mise en sc&egrave;ne de Lille. Je vais aussi faire un Rinaldo&hellip; D&eacute;but 2020, j&rsquo;esp&egrave;re enregistrer un autre r&eacute;cital de musique baroque, mais je suis encore en train de voir cela. Il y a beaucoup de projets&nbsp;!

propos recueillis par Elodie Martinez

S_xaviersabata_7" src="https://www.opera-online.com/media/images/picture/article/0000/0894/4560/s_xaviersabata_7.jpg
Sat, 29 Dec 2018 15:03:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/rencontre-avec-xavier-sabata-contre-tenor-dramatique
https://www.opera-online.com/fr/articles/rencontre-avec-xavier-sabata-contre-tenor-dramatique


French – Maria Callas vous donne rendez-vous sur France 3

Ce soir, France 3 diffusera une soir&eacute;e exceptionnelle consacr&eacute;e &agrave; la grande Maria Callas, r&eacute;unissant certains des grands noms&nbsp; de la sc&egrave;ne lyrique internationale afin de lui rendre hommage un petit peu plus de 40 ans apr&egrave;s son d&eacute;c&egrave;s et alors que son hologramme brillait encore derni&egrave;rement &agrave; Lyon dans le cadre de la tourn&eacute;e &laquo;&nbsp;Maria Callas, The hologram tour&nbsp;&raquo;,

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 Maria Callas, une femme, une légende, une artiste

Focus : Maria Callas, une femme, une l&eacute;gende, une artiste

C&rsquo;est &agrave; nouveau au Th&eacute;&acirc;tre des Champs-Elys&eacute;es que la captation a eu lieu le 1v novembre dernier. La sc&egrave;ne a accueilli dans un d&eacute;cor sp&eacute;cialement cr&eacute;&eacute; pour l&#39;&eacute;mission Aleksandra Kurzak, Karine Deshayes, Roberto Alagna, Venera Gimadieva, Anne Sophie Duprels, Saimir Pirgu Marina Rebeka, Vannina Santoni, Jean Fran&ccedil;ois Borras, Tassis Christoyannis, L&eacute;vy Sekgapane aussi bien Florian Sempey selon le site de Culturebox qui retransmettra &eacute;galement le programme. Ils interpr&eacute;teront notamment certains des airs et des personnages que &laquo;&nbsp;la Callas&nbsp;&raquo; a marqu&eacute; de son ind&eacute;fectible empreinte, le tout sous la baguette d&rsquo;Yvan Cassar, &agrave; la t&ecirc;te de l&rsquo;Orchestre Lamoureux et de l&rsquo;Ensemble Fiat Cantus,

De m&ecirc;me que pour le Concert des Etoiles, cette soir&eacute;e, intitul&eacute;e &laquo;&nbsp;Maria Callas, une vie d&rsquo;op&eacute;ra&nbsp;&raquo;, sera ponctu&eacute;e de nombreuses archives, dont des extraits musicaux ou des interviews, faisant ainsi revivre et se rem&eacute;morer le temps d&rsquo;un soir celle dont le nom a marqu&eacute; &agrave; jamais l&rsquo;art lyrique. Difficile en effet de nier l&#39;impact qu&#39;&agrave; eu l&#39;artiste dans le monde de l&#39;op&eacute;ra : non seulement sa voix &eacute;tait exceptionnelle, mais son approche de l&#39;interpr&eacute;tation et la mani&egrave;re dont elle a ouvert cet art sur le monde ont marqu&eacute; un v&eacute;ritable tournant. A la voix grandiose s&#39;est de plus joint une vie et un destin tout aussi exceptionnels, entre gloire, paillette, charme et trag&eacute;die…

Rendez-vous donc ce soir &agrave; 21h sur France 3 ou bien sur Culturebox pour partager cette soir&eacute;e exceptionnelle.

S_callas_fr" src="https://www.opera-online.com/media/images/picture/article/0000/0893/4552/s_callas_fr.jpg
Wed, 26 Dec 2018 11:18:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/maria-callas-vous-donne-rendez-vous-sur-france-3
https://www.opera-online.com/fr/articles/maria-callas-vous-donne-rendez-vous-sur-france-3


French – Grand concours de Noël

De m&ecirc;me que l&rsquo;an pass&eacute;, Opera Online est heureux de soulager le P&egrave;re No&euml;l dans la distribution d&rsquo;une partie de sa hotte et s&rsquo;associe pour cela &agrave; Erato/Warner Classics, Apart&eacute;, Alpha Classics et au label du Ch&acirc;teau de Versailles.

En effet, nous mettons &agrave; nouveau en jeu nos propres hottes de No&euml;l charg&eacute;es de cadeaux lyriques que nous vous proposons de remporter dans le cadre d&#39;un jeu-concours. Les maisons de disques mentionn&eacute;es plus haut ont eu la gentillesse de nous faire parvenir un certain nombre de disques et coffrets que nous avons partag&eacute;s en quatre lots, ou quatre &laquo; hottes &raquo;. Pour tenter de remporter l&rsquo;un de ces lots, rien de plus simple&nbsp;: il vous suffit de nous faire parvenir les r&eacute;ponses aux questions pos&eacute;es ci-dessous via notre page de &laquo;&nbsp;contact&nbsp;&raquo; en indiquant comme objet &laquo;&nbsp;Concours de No&euml;l&nbsp;&raquo;. Vous pouvez &eacute;galement r&eacute;pondre via nos messageries priv&eacute;es sur&nbsp;twitter&nbsp;ou bien&nbsp;Facebook, Les quatre premiers &agrave; r&eacute;pondre correctement &agrave; la totalit&eacute; въпроси&nbsp;remporteront chacun l&#39;une de ces quatre &laquo; hottes &raquo; de No&euml;l. A noter que notre premier gagnant recevra la &laquo; hottes &raquo; de son choix, le deuxi&egrave;me pourra faire son choix parmi les trois &laquo; hottes &raquo; restantes, le troisi&egrave;me entre les deux encore disponibles,&nbsp; et enfin notre quatri&egrave;me gagnant recevra le dernier lot disponible.

Attention&nbsp;: une seule participation par personne sera accept&eacute;e. Les r&eacute;ponses propos&eacute;es en commentaire ne pourront pas &ecirc;tre prises en compte et seront effac&eacute;es.&nbsp;

Pr&ecirc;t(e) &agrave; tenter votre chance pour rajouter un paquet au pied de votre sapin ? Voici les questions&nbsp;:

  • Question 1&nbsp;: La technologie a permis la &laquo;&nbsp;r&eacute;surrection&nbsp;&raquo; de l&rsquo;une des plus grandes divas de l&#39;op&eacute;ra gr&acirc;ce &agrave; une s&eacute;rie de r&eacute;citals mettant en sc&egrave;ne son hologramme. Quelle est le nom de cette grande diva ?
  • Question 2&nbsp;: Le 7 octobre dernier, la Staatsoper Unter den Linden de Berlin ouvrait sa saison avec une nouvelle production tr&egrave;s attendue, notamment pour la prise de r&ocirc;le de Sonya Yoncheva dans le r&ocirc;le-titre. Mais quel est l&#39;op&eacute;ra en question (indiquez le titre dans sa bonne version ainsi que le nom du compositeur) ? N&#39;h&eacute;sitez pas &agrave; consulter nos chroniques. Nous avons rendons compte de cette production, d&egrave;s le 9 octobre sur notre plateforme germanophone, puis le 21 octobre en langue fran&ccedil;aise.
  • Question 3&nbsp;: Le 6 octobre dernier, le monde lyrique apprenait la disparition de l&rsquo;une des plus grandes interpr&egrave;tes d&#39;op&eacute;ra du XX&egrave;me si&egrave;cle, ayant notamment brill&eacute; dans le r&eacute;pertoire&nbsp;belcantiste&nbsp;(mais pas uniquement). Les hommages ont &eacute;t&eacute; nombreux, mais de qui s&rsquo;agissait-il&nbsp;? L&agrave; aussi, n&#39;h&eacute;sitez pas &agrave; chercher dans notre rubrique "actualit&eacute;s",
  • Question 4&nbsp;: Le coffret Offenbach que nous mettons en jeu comprend trois &oelig;uvres du compositeur, dont l&rsquo;une d&rsquo;elle est justement jou&eacute;e pour cette fin d&rsquo;ann&eacute;e &agrave; Nancy. Quel en est le titre ? Nous venons juste de nous en faire l&#39;&eacute;cho dans nos chroniques

R&eacute;partition des lots

Notre premi&egrave;re hotte de No&euml;l est compos&eacute;e de :

Notre deuxi&egrave;me hotte de No&euml;l est compos&eacute;e de :&nbsp;

Notre troisi&egrave;me hotte de No&euml;l est compos&eacute;e de :&nbsp;

Notre quatri&egrave;me hotte est compos&eacute;e de :

  • L&rsquo;Alessandro amante,&nbsp;Xavier Sabata, Vespres d&rsquo;Arnadi, 1 CD, Apart&eacute;
  • Anima Sacra,&nbsp;Jakub J&oacute;zef Orliński, Il Pomo d&rsquo;Oro, 1 CD, Erato
  • Naissance de V&eacute;nus, Arsys Bourgogne, dir. Mihale Zeke, 1 CD, Paraty
  • Callas in concert, The hologram tour, 1 CD, Warner Classics
  • Beethoven, Violin sonatas nos.1, 10 et 5 &laquo;&nbsp;Spring&nbsp;&raquo;, Lorenzo Gatto (violon) et Julien Libeer (piano), 1 CD, Alpha Classics
  • Confidence, Julien Behr, Orchestre de l&#39;Op&eacute;ra de Lyon, 1 CD, Alpha Classics
  • Messe de No&euml;l&nbsp;de Praetorius, Gabrieli Consort &amp; Players, dir. Paul McCreesh, DVD, Ch&acirc;teau de Versailles Spectacles

Fonctionnement du jeu concours

Ce concours est compos&eacute; de questions de connaissance. Les gagnants seront les participants qui auront r&eacute;pondu correctement et le plus rapidement &agrave; toutes les questions. En cas d&#39;&eacute;galit&eacute; parfaite et de r&eacute;ponses donn&eacute;es exactement en m&ecirc;me temps, Opera Online se r&eacute;serve le droit de d&eacute;partager les vainqueurs &agrave; l&#39;aide d&#39;une question suppl&eacute;mentaire entre eux.

Bonne chance &agrave; tous ! Les r&eacute;sultats seront annonc&eacute;s au plus vite dans les jours suivants la cl&ocirc;ture du concours. Les quatre gagnants seront alors recontact&eacute;s afin de recueillir leurs coordonn&eacute;es postales pour leur exp&eacute;dier leurs lots.&nbsp;

D&#39;ici l&agrave;, toute l&#39;&eacute;quipe d&#39;Opera Online vous souhaite un tr&egrave;s&nbsp;joyeux No&euml;l, et attend vos r&eacute;ponses !

Mise &agrave; jour (20/12 &agrave; 8h20) : Le concours est &agrave; pr&eacute;sent termin&eacute;! Merci aux nombreux participants, et f&eacute;licitations aux heureux gagnants qui seront rapidement recontact&eacute;s. Pour les autres, n&#39;h&eacute;sitez pas &agrave; tenter &agrave; nouveau votre chance lors de l&#39;un de nos futurs concours. Et surtout, bonnes F&ecirc;tes &agrave; tous!

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Wed, 19 Dec 2018 17:51:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/grand-concours-de-noel–2
https://www.opera-online.com/fr/articles/grand-concours-de-noel–2


French – Le Concert des Etoiles : après Verdi, Mozart

Apr&egrave;s&nbsp;Luciano Pavarotti puis Verdi en juillet dernier, c&#39;est au tour de Mozart d&#39;avoir droit &agrave; му "Concert des Etoiles", C&eacute;l&egrave;bre compositeur s&#39;il en est, son nom est &eacute;videmment connu de tous, y compris de ceux qui ne se sont jamais int&eacute;ress&eacute;s ou presque &agrave; l&#39;op&eacute;ra. Il parvient &agrave; r&eacute;unir les go&ucirc;ts et les couleurs, ou encore les foules autour de sa musique et de la peinture des sentiments qu&#39;il a su insuffler &agrave; chacune de ses partitions. Le compositeur fait figure de candidat id&eacute;al pour ce nouvel &eacute;pisode du Concert des Etoiles, ayant vocation &agrave; faire connaitre et partager la musique au plus grand nombre, &agrave; une heure de grande &eacute;coute. Ce Concert des Etoiles d&eacute;di&eacute; &agrave; Mozart se tiendra ce soir, vendredi 14 d&eacute;cembre sur France &agrave; partir de 21h, depuis le Th&eacute;&acirc;tre des Champs-&Eacute;lys&eacute;es.&nbsp;

Afin de c&eacute;l&eacute;brer cette musique sans &eacute;gale, la production a su r&eacute;unir certaines des plus grandes voix, dont deux noms d&eacute;j&agrave; pr&eacute;sents pour Verdi : Olga Peretyatko et Michael Spyres, Nous retrouverons &eacute;galement Julie Fuchs, alors qu&#39;elle s&#39;appr&egrave;te &agrave; interpr&eacute;ter Eurydice dans Orph&eacute;e aux Enfers &agrave; Avignon, mais qui a &eacute;t&eacute;, rappelons-nous, une espi&egrave;gle Zerlina dans Don Giovanni &agrave; Aix-en-Provence през 2017 г., production qui avait &eacute;t&eacute; reprise &agrave; Nancy o&ugrave; Julien Behr, lui aussi pr&eacute;sent ce soir, occupait le r&ocirc;le de Don Ottavio Peut-&ecirc;tre aurons-nous droit &agrave; son c&eacute;l&egrave;bre duo puisque Luca Pisaroni sera &eacute;galement pr&eacute;sent, lui qui a d&eacute;j&agrave; tenu le r&ocirc;le de Leporello mais qui endossera par ailleurs celui de Don Giovanni au Metropolitan Opera en janvier-f&eacute;vrier prochains. Quant &agrave; Florian Sempey, qui a particuli&egrave;rement brill&eacute; derni&egrave;rement sur de nombreuses sc&egrave;nes en Figaro, nul doute qu&#39;il saura mettre &agrave; l&#39;honneur Mozart, de m&ecirc;me que Marianne Crebassa, Actuellement Angelina &agrave; Paris (avant de reprendre le r&ocirc;le &agrave; Milan en f&eacute;vrier), elle nous avait d&eacute;j&agrave; enchant&eacute; en Dorabella &agrave; Marseilles&nbsp;et &agrave; Montpellier, ou encore c Lucio Silla &agrave; la Scala de Milan.&nbsp;Enfin, les sopranos ne seront pas non plus en reste : outre Julie Fuchs,&nbsp;Christina Gansch et Sabine Devieilhe (dont le disque Mozart: The Weber Sisters d&eacute;di&eacute; au compositeur et enregistr&eacute; avec Pygmalion avait remport&eacute; un franc succ&egrave;s) seront &eacute;galement de la partie.&nbsp;

Yvan Cassar sera pour sa part &agrave; la t&ecirc;te de&nbsp;l&rsquo;Orchestre de chambre de Paris pour cette soir&eacute;e qui s&#39;annonce enlev&eacute;e et qui alternera, comme pr&eacute;c&eacute;demment, des images d&rsquo;archives et les interpr&eacute;tations enregistr&eacute;es sur la sc&egrave;ne du Th&eacute;&acirc;tre des Champs-Elys&eacute;es pour cette soir&eacute;e exceptionnelle. Rendez-vous donc &agrave; 21h sur France 3 pour c&eacute;l&eacute;brer Mozart !

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Thu, 13 Dec 2018 15:26:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/le-concert-des-etoiles-apres-verdi-mozart
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French – Attila : Arte retransmet l&#39;ouverture de saison de la Scala

Chaque ann&eacute;e le 7 d&eacute;cembre &agrave; l&rsquo;occasion de la Saint-Ambroise, la Scala de Milan ouvre sa saison avec une nouvelle production. Depuis quelques ann&eacute;es, en tant que chef d&rsquo;orchestre puis directeur musical de la Scala, Riccardo Chailly s&rsquo;att&egrave;le &agrave; exalter le th&eacute;&acirc;tre verdien et pour inaugurer cette nouvelle saison, cette ann&eacute;e, la Scala donnera Attila, dans une nouvelle production sign&eacute;e Davide Livermore &ndash; le metteur en sc&egrave;ne est de retour dans la maison scalig&egrave;re apr&egrave;s le succ&egrave;s de Tamerlano donn&eacute; en septembre 2017 qui marquait ses d&eacute;buts dans ce lieu mythique de l&rsquo;art lyrique, suivi de Don Pasquale en avril dernier (d&eacute;j&agrave; aux c&ocirc;t&eacute;s de Riccardo Chailly).

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Attila, le fléau de Dieu

Focus : Attila, le fl&eacute;au de Dieu

pour Attila, le metteur en sc&egrave;ne s&rsquo;affranchit du contexte du livret original (l&rsquo;Italie en 452) pour situer l&rsquo;action de l&rsquo;op&eacute;ra &agrave; une p&eacute;riode ind&eacute;termin&eacute;e, vraisemblablement dans l&rsquo;Europe du XX&egrave;me si&egrave;cle, sous le joug d&rsquo;une dictature militaire &ndash; faisant ainsi davantage &eacute;cho &agrave; l&rsquo;esprit de l&rsquo;&oelig;uvre qu&rsquo;&agrave; sa lettre.

Le metteur en sc&egrave;ne souligne par ailleurs vouloir s&#39;int&eacute;resser &agrave; la psychologie de l&rsquo;&oelig;uvre et de ses principaux personnage : le d&eacute;sir de vengeance d&rsquo;Odabella, interpr&eacute;t&eacute;e par Saioa Hernandez qui fait l&agrave; ses premiers pas sur la sc&egrave;ne de la Scala, et les failles personnages du r&ocirc;le-titre, endoss&eacute; ici par Ildar Abdrazakov, grand habitu&eacute; du r&ocirc;le&nbsp; (que ce soit &agrave; Monte Carlo&nbsp;ou au Liceu de Barcelone) et d&eacute;j&agrave;&nbsp;acclam&eacute; par le public scalig&egrave;re lors de son r&eacute;cital en novembre dernier,

Davide Livermore&nbsp;n&rsquo;oublie pas non plus la dimension spectaculaire de l&rsquo;&oelig;uvre, telle que l&#39;avait voulue Verdi lors de la cr&eacute;ation &ndash; homme de musique, mais aussi de th&eacute;&acirc;tre. Ainsi, les grandes sc&egrave;nes de la temp&ecirc;te et de l&#39;aube &agrave; Rio Alto ainsi que du r&ecirc;ve d&#39;Attila deviennent l&#39;occasion d&#39;utiliser les ressources technologique les plus avanc&eacute;es. Le Studio Gi&ograve; Forma (Florian Boje et Cristiana Picco) est ici de retour aux c&ocirc;t&eacute;s du metteur en sc&egrave;ne, de m&ecirc;me que les lumi&egrave;res d&rsquo;Antonio Castro qui doivent participer aux d&eacute;cors pour mieux immerger le spectateur au coeur du r&eacute;cit. Le metteur en sc&egrave;ne entend &eacute;galement utiliser la vid&eacute;o, avec le concours d&rsquo;une agence sp&eacute;cialis&eacute;e dans les projections et d&eacute;formations ou distorsions num&eacute;riques des images. Quant aux costumes, ils sont sign&eacute;s par Gianluca Falaschi, dont le travail a d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; appr&eacute;ci&eacute; &agrave; la Scala, notamment pour les figures imaginatives et spectaculaires de Don Pasquale et qui a &eacute;t&eacute; laur&eacute;at en 2012 du prix Abbiati pour Cyrus &agrave; Babylone au festival Rossini de Pesaro.


Attila &agrave; la Scala 2018 (r&eacute;p&eacute;titions)

Ildar Abdrazakov (Attila)

De m&ecirc;me que les ann&eacute;es pr&eacute;c&eacute;dentes, Arte propose de vivre ce moment fort de la saison lyrique gr&acirc;ce &agrave; une retransmission, &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision ou bien sur son site Arte Concert, vendredi &agrave; 22h25 (en l&eacute;ger diff&eacute;r&eacute; au regard de la version en salle qui doit d&eacute;buter &agrave; 18h). L&rsquo;occasion de vivre depuis son salon l&rsquo;un des grands &eacute;v&eacute;nements lyriques attendus chaque ann&eacute;e.

S_attila-scala_saioa_hernandez_e_ildar_abdrazakov" src="https://www.opera-online.com/media/images/picture/article/0000/0887/4406/s_attila-scala_saioa_hernandez_e_ildar_abdrazakov.jpg
Thu, 06 Dec 2018 11:10:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/attila-arte-retransmet-louverture-de-saison-de-la-scala
https://www.opera-online.com/fr/articles/attila-arte-retransmet-louverture-de-saison-de-la-scala


French – Patrizia Ciofi remplace Joyce DiDonato dans Maria Stuarda au TCE

Le Th&eacute;&acirc;tre des Champs-Elys&eacute;es vient de confirmer le changement de distribution de sa production de Maria Stuarda, donn&eacute;e en version de concert demain 6 d&eacute;cembre, sous la direction de Speranza Scappucci,

La production est particuli&egrave;rement attendue, principalement pour sa distribution prestigieuse r&eacute;unissant Enea Scala en&nbsp;Comte de Leicester, mais aussi&nbsp;Carmen Giannattasio et Joyce DiDonato dans les r&ocirc;les respectifs d&#39;Elisabetta et de Maria Stuarda. Un duel royal s&#39;il en est, la premi&egrave;re ayant d&eacute;j&agrave; incarn&eacute; ce r&ocirc;le in loco en 2015, la seconde ma&icirc;trisant son r&ocirc;le depuis des ann&eacute;es. Las, le Th&eacute;&acirc;tre des Champs-Elys&eacute;es a annonc&eacute; pour son site ou encore son compte twitter que Joyce DiDonato, annonc&eacute;e souffrante, ne pourrait pas maintenir son engagement dans le r&ocirc;le-titre. Elle sera remplac&eacute;e par Patrizia Ciofi avec qui elle a d&eacute;j&agrave; collabor&eacute;, comme dans I Capuleti e i Montecchi &agrave; Barcelone en 2016 ou lors de l&#39;enregistrement d&#39;un disque commun chez Erato, Amor e gelosia, reprenant alors certains des plus beaux duos de Haendel, et qui connait parfaitement le r&ocirc;le pour l&#39;avoir d&eacute;j&agrave; chant&eacute;, par exemple &agrave; Avignon en 2016 o&ugrave; elle emportait tous les suffrages pour son interpr&eacute;tation de la reine d&eacute;chue.

S_didocio" src="https://www.opera-online.com/media/images/picture/article/0000/0890/4411/s_didocio.jpg
Wed, 05 Dec 2018 14:10:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/articles/patrizia-ciofi-remplace-joyce-didonato-dans-maria-stuarda-au-tce
https://www.opera-online.com/fr/articles/patrizia-ciofi-remplace-joyce-didonato-dans-maria-stuarda-au-tce


French – Concours Operalia 2018

Chaque ann&eacute;e depuis 1993 et dans une ville diff&eacute;rente pour chaque &eacute;dition, le concours Operalia cr&eacute;&eacute; de Placido Domingo se fait fort de mettre en lumi&egrave;re quelques-uns des jeunes interpr&egrave;tes (de 18 &agrave; 32 ans) parmi les plus prometteurs du monde lyrique, avant de les accompagner dans leur d&eacute;but de carri&egrave;re &ndash; la dizaine de membres du jury pr&eacute;sid&eacute; par Placido Domingo regroupe des professionnels du monde lyrique, essentiellement des directeurs artistiques, de casting ou encore de maison d&rsquo;op&eacute;ra qui sont amen&eacute;s &agrave; recruter des artistes pour leurs propres productions d&rsquo;op&eacute;ra. Et manifestement avec un certain succ&egrave;s puisque depuis sa cr&eacute;ation, le concours Opera a su rep&eacute;rer plusieurs des (tr&egrave;s) grands interpr&egrave;tes qui fr&eacute;quentent aujourd&rsquo;hui les plus grandes sc&egrave;nes lyriques, depuis Inva Mula ou Nina Stemme en 1993, Joyce DiDonato ou Ludovic Tezier en 1998, St&eacute;phane Degout en 2002, Lisette Oropesa en 2007, Sonya Yoncheva en 2010 et Pretty Yende l&rsquo;ann&eacute;e suivante, Aida Garifullina en 2013 puis Rachel Willis-S&oslash;rensen, ou encore Elsa Dreisig en 2016.

Pour succ&eacute;der &agrave; Adela Zaharia et Levy Sekgapane, les laur&eacute;ats de l&rsquo;&eacute;dition 2017, le Concours Operalia 2018 se tient du 27 ao&ucirc;t au 2 septembre au Teatro Nacional de S&atilde;o Carlos de Lisbonne, au Portugal. Sur le millier de candidats qui tentent leur chance chaque ann&eacute;e, une quarantaine de jeunes interpr&egrave;tes (peu importe leur tessiture ou leur origine g&eacute;ographique) sont invit&eacute;s &agrave; int&eacute;grer la comp&eacute;tition et &agrave; faire la d&eacute;monstration de leur talent avec une s&eacute;lection de quatre airs d&rsquo;op&eacute;ra pr&eacute;alablement pr&eacute;par&eacute;s, chantant d&rsquo;abord l&rsquo;air de leur choix, puis un air retenu par le jury, pour peut-&ecirc;tre atteindre les phases de quarts, puis de demi-finales et enfin la phase finale de la comp&eacute;tition r&eacute;unissant les dix interpr&egrave;tes ayant le plus marqu&eacute; le jury.

Parmi les quarante participants de cette &eacute;dition Operalia 2018, on retrouve plusieurs interpr&egrave;tes ayant d&eacute;j&agrave; fait leurs premiers pas sur les sc&egrave;nes lyriques et parfois impressionn&eacute;s le public, comme par exemple Pavel Petrov, qu&#39;on remarquait r&eacute;cemment dans Eugen Onegin &agrave; l&#39;Op&eacute;ra de Graz ou Simon Shibambu c Oreste &agrave; Londres, mais aussi la soprano canadienne&nbsp;Rihab Chaieb (qu&rsquo;on pourra entendre &agrave; Montpellier la saison prochaine) et Petr Nekoranec, l&rsquo;un et l&rsquo;autre issus du programme Lindemann Young Artists&nbsp;du Metropolitan Opera de New York.

Liste des 40 comp&eacute;titeurs du concours Operalia 2018

  • Zarina Abaeva, soprano, Russie, 32 ans
  • Migran Agadzhanyan, t&eacute;nor, Russie, 26 ans
  • Cornelia Beskow, soprano, Su&egrave;de, 32 ans
  • Nicole Brandolino, mezzo-soprano, Italie, 29 ans
  • Rihab Chaieb, mezzo-soprano, Canada, 31 ans
  • Chan Hee Cho, basse, Cor&eacute;e du Sud, 25 ans
  • Emily D&rsquo;Angelo, mezzo-soprano, Canada/Italie, 23 ans
  • Bekhzod Davronov, t&eacute;nor, Uzbekistan, 24 ans
  • Alejandro Del Angel, t&eacute;nor, Mexique, 27 ans
  • Monica Dewey, soprano, Etats-Unis, 28 ans
  • Kseniia Galitskaia, soprano, Russie, 25 ans
  • Luis Gomes, t&eacute;nor, Portugal, 31 ans
  • Samantha Hankey, mezzo-soprano, Etats-Unis, 26 ans
  • Summer Hassan, soprano, Etats-Unis / Egypte, 29 ans
  • Elbenita Kajtazi, soprano, Kosovo, 27 ans
  • Johannes Kammler, baryton, Allemagne, 30 ans
  • Mingjie Lei, t&eacute;nor, Chine, 30 ans
  • Long Long, t&eacute;nor, Chine, 27 ans
  • Roberto Lorenzi, baryton basse, Italie, 29 ans
  • Mykhailo Malafii, t&eacute;nor, Ukraine, 27 ans
  • Rita Marques, soprano, Portugal, 28 ans
  • Danylo Matviienko, baryton, Ukraine, 28 ans
  • Alexander McKissick, t&eacute;nor, Etats-Unis, 26 ans
  • Emma Moore, soprano, Australie, 30 ans
  • Petr Nekoranec, t&eacute;nor, R&eacute;publique Tch&egrave;que, 26 ans
  • Diana Nurmukhametova, soprano, Russie, 27 ans
  • Carles Pach&oacute;n, baryton, Espagne, 23 ans
  • Gleb Peryazev, basse, Russie, 24 ans
  • Pavel Petrov, t&eacute;nor, Belarus, 27 ans
  • Martin Piskorski, t&eacute;nor, Autriche, 30 ans
  • Sean Michael Plumb, baryton, Etats-Unis, 26 ans
  • Marigona Qerkezi, soprano, Kosovo, 25 ans
  • Josy Santos, mezzo-soprano, Br&eacute;sil, 29 ans
  • Simon Shibambu, baryton-basse, Afrique du Sud, 31 ans
  • Elizabeth Sutphen, soprano, Etats-Unis, 27 ans
  • Chiara Tirotta, mezzo-soprano, Italie, 28 ans
  • Vanessa Vasquez, soprano, Colombie / Etats-Unis, 28 ans
  • Marina Viotti, mezzo-soprano, Suisse / France, 32 ans
  • Arseny Yakovlev, t&eacute;nor, Russie, 26 ans
  • Yajie Zhang, mezzo-soprano, Chine, 25 ans

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Mon, 27 Aug 2018 00:00:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/events/concours-operalia-2018
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French – 69e Festival de Musique de Menton

Aujourd&rsquo;hui, le Festival de Menton reste l&rsquo;un des plus anciens festivals de musique classique en Europe, et le deuxi&egrave;me plus anciens en France, apr&egrave;s les Chor&eacute;gies d&rsquo;Orange &ndash; nous ne reviendrons pas sur son histoire, d&eacute;j&agrave; &eacute;voqu&eacute;e&nbsp;dans nos colonnes,

Encore une fois, le festival de Menton propose un programme riche, alliant musique et chant. Ainsi que l&rsquo;&eacute;crit Jean-Claude Guibal, maire de la ville&nbsp;: &laquo;&nbsp;Ici plus qu&rsquo;ailleurs, on viendra pour le tourbillon de notes autant que pour la magie d&rsquo;une ambiance. Pour la symphonie de sons et de couleurs, autant que pour le souvenir d&rsquo;une m&eacute;lodie interpr&eacute;t&eacute;e de mains de ma&icirc;tres. Nul doute que le Festival de Musique 2018 de Menton saura, cette ann&eacute;e encore, vous emporter dans un carrousel d&rsquo;&eacute;motions.&nbsp;&raquo;

Partag&eacute;s entre le parvis de la Basilique Saint-Michel Archange et le mus&eacute;e Jean Cocteau (lieu d&eacute;di&eacute; enti&egrave;rement &agrave; des concerts instrumentaux), les diff&eacute;rents programmes propos&eacute;s inviteront quelques noms prestigieux de la musique, comme Bertrand Chamayou, Janine Jansen, Nicholas Angelich, Isabelle Faust et bien d&rsquo;autres, mais aussi, comme chaque ann&eacute;e, certains grands noms du chant. Ce sont ainsi Philippe Jaroussky et Em&ouml;ke Bar&agrave;th qui ouvriront l&rsquo;&eacute;dition 2018 le 28 juillet, accompagn&eacute;s par l&rsquo;Ensemble Artaserse dans un programme d&rsquo;airs et de duo de Haendel, entre Ariodante, Serse, Giulio Cesare, Rodelinda&nbsp;et d&rsquo;autres extraits d&rsquo;op&eacute;ras. Ce concert se tiendra sur le parvis de la basilique, avec sa vue unique sur la mer sans que l&rsquo;acoustique n&rsquo;en p&acirc;tisse. Notons &eacute;galement qu&rsquo;une place pour cette soir&eacute;e d&rsquo;ouverture est propos&eacute;e &agrave; un tarif compris entre 24 et 54 euros, qui se veut accessible au plus grand nombre.

Le deuxi&egrave;me rendez-vous lyrique se tiendra le 31 juillet avec Christophe Rousset &agrave; la t&ecirc;te des Talens Lyriques pour un programme d&eacute;di&eacute; &agrave; Purcell et Charpentier. Le public pourra ainsi entendre la pastorale Act&eacute;on aussi bien Didon et En&eacute;e en une seule et m&ecirc;me soir&eacute;e. La jeune Ambroisine Br&eacute; tiendra les r&ocirc;les de Diane et Belinda, Cyril Auvity ceux d&rsquo;Act&eacute;on et de Sailor, et Eva Za&iuml;cik ceux de Junon et de Didon/Elissa. De quoi ravir &agrave; coup s&ucirc;r le public pr&eacute;sent.

Dans le cadre de la s&eacute;rie des concerts au mus&eacute;e, le public pourra entendre le piano de Jean Fr&eacute;d&eacute;ric Neuburger d&egrave;s le 29 juillet, celui de Vikingur Olafsson ou encore de Paul Lay qui improvisera en hommage &agrave; Billie Holiday dans le cadre d&rsquo;un cin&eacute;-concert. Genevi&egrave;ve Laurenceau et David Bismuth offriront une soir&eacute;e sous le signe de l&rsquo;alliance entre le piano et le violon tandis que le Quatuor Tak&aacute;cs se passera de piano et que Camille Thomas (violoncelle) et Lucas Debargue (piano) cl&ocirc;tureront cette s&eacute;rie au mus&eacute;e.

Enfin, trois dates formeront le festival Off de cette saison. Tout d&rsquo;abord, Le Pari des bretelles et Quatuor Herm&egrave;s se retrouveront pour le concert de pr&eacute;-ouverture du festival le 27 juillet &agrave; l&rsquo;Esplanade Francis-Palmero, puis ce sera au tour de Spark the Classical Band avec un riche programme le 1v ao&ucirc;t, et enfin le Quintette de cuivres Invictus dont le programme comporte notamment Carmen Fantasia de Bizet, mais aussi La Panth&egrave;re Rose de Mancini.

Une nouvelle &eacute;dition qui s&rsquo;annonce donc &agrave; la hauteur des pr&eacute;c&eacute;dentes, toujours dans un souci d&rsquo;excellence, d&rsquo;accessibilit&eacute; et, bien entendu, de festivit&eacute;s que l&rsquo;on doit notamment &agrave; son directeur, Paul-Emmanuel Thomas,

Plus d&rsquo;informations sur le site officiel du Festival de Menton,

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Sat, 28 Jul 2018 00:00:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/events/69e-festival-de-musique-de-menton
https://www.opera-online.com/fr/events/69e-festival-de-musique-de-menton


German – Salzburger Festspiele 2018

Anna Netrebko? Keine Angst, sie wird auch heuer dabeisein, wie jedes Jahr, allerdings diesmal mit einer Gala am Ende der Festspiele, denn sie wollte eigetlich diesen Sommer f&uuml;r ihr Debut in Bayreuth verbringen.

Placido Domingo? Auch er kommt wie jeden Sommer nach Salzburg; diesmal, um in zwei konzertanten Auff&uuml;hrungen der Oper &ldquo;Die Perlenfischer&ldquo; die Rolle des Zurga zu singen. Die Festspiele haben wieder vieles geplant, und das Publikum kann die beiden Stars in kurzem Abstand hintereinander erleben, auch wenn ihre Anwesenheit diesmal bedeutend geringer ist als in den vorangegangegen Jahren. Jonas Kaufmann, der nicht sehr oft in Salzburg auftritt, wird nur f&uuml;r einen Liederabend dabei sein, w&auml;hrend Cecilia Bartoli die Italienerin in Algier&nbsp;singen wird, in einer Produktion, die f&uuml;r die Pfingstfestspiele konzipiert wurde, deren Direktorin sie ja ist.

Aber Salzburg hat noch andere Stars zu bieten. Sie werden Ihnen vielleicht nicht so gel&auml;ufig sein, wenn sie nicht im letzten Sommer in Salzburg mit dabei waren. Ein einziger Auftritt gen&uuml;gte f&uuml;r Asmik Grigorian und Evgenia Muraveva, um sich einen Namen zu machen. Grigorian sang die Rolle der Marie im Wozzek; sie wird 2018 die Salome&nbsp;in Angriff nehmen, in einer Neuinszenierung von Romeo Castellucci und unter der musikalischen Leitung von Franz Welser-M&ouml;st, Allein die Art und Weise, wie Castellucci die aussergew&ouml;hnliche und etwas beengte B&uuml;hne der Felsenreitschule neu gestaltet, wird den Umweg nach Salzburg lohnenswert machen.

Evgenia Muraveva hatte letztes Jahr nur eine kleine Rolle in Lady Macbeth von Mzensk, aber Nina Stemme fiel nach den ersten zwei Vorstellungen aus. Muraveva &uuml;bernahm die Titelrolle in den letzten drei Vorstellungen, und erntete spontane und einhellige Begeisterung. So erscheint es ganz nat&uuml;rlich, dass sie heuer unter Mariss Jansons die Lisa in der Pique-Dame singen wird. Diese Inszenierung von Hans Neuenfels war eigentlich f&uuml;r 2019 mit Anna Netrebko vorgesehen, aber der verheerende Misserfolg der neuen Produktion der Aida&nbsp;von Shirin Neshat war der Grund daf&uuml;r, dass man Pique-Dame schon in den diesj&auml;hrigen Spielplan einbaute. Muraveva profitierte von dieser &Auml;nderung des Salzburger Sommerprogramms. Auch wenn das Publikum dadurch einen Star verliert, wird es durch ein bereicherndes musikalisches Erlebnis entsch&auml;digt werden.

Im Hinblick auf sein hundertj&auml;hriges Bestehen im Jahre 2020, werden die Festspiele im kommenden Sommer auf die eigene Geschichte zur&uuml;ckgreifen und zwei Werke, die daselbst geschaffen wurden, in das Programm aufnehmen. Die Salzburger Festspiele waren nicht immer eine Bastion der Avant-Garde, aber das ist kein Grund, dass man nicht auf das dort Geschaffene stolz sein kann. Oft vergisst man Gottfried von Einem (1918-1996), seines Zeichens ein bedeutender Komponist, der &uuml;brigens einer der Hauptverantwortlichen f&uuml;r die intellektuelle und moralische Neugr&uuml;ndung des Festivals nach der dunklen Epoche des Nazismus war. Seine Adaptierung von Kafkas Der Prozess, die 1953 in Salzburg entstand, wird in konzertanter Fassung unter dem Baton von HK Gruber gespielt werden. Man erwartet diese Aff&uuml;hrung voll Spannung und Neugier. Noch ein wichtiges Werk steht diesen Sommer auf dem Spielplan, Die Bassariden von Hans Werner Henze, eines jener Meisterwerke, die bislang eher ignoriert wurden, obwohl alle, die die Chance hatten, es zu erleben, davon begeistert waren. 1966 in Salzburg entstanden, ist das Libretto eines der hervorragendsten des 20. Jahrhunderts (wir verdanken es den Dichtern Chester Kallman und W.H. Auden). Die musikalische Ausdruckskraft dieses Werkes ist unmittelbar und tiefgehend. Es ist eine verbl&uuml;ffende Vorwegnahme des Mai 68, wo die alte Ordnung und hedonistischer Individualismus aufeinender prallen, beide repr&auml;sentieren Formen von Tyrannei. Kent Nagano wird dirigieren und Krzysztof Warlikowski wurde mit der Inszenierung betraut. Dieser war von Gerard Mortier in die Welt der Oper eingef&uuml;hrt worden und es war nur eine Frage der Zeit, wann er dessen Spuren folgen werde, um in Salzburg sein Debut zu geben.

Wie man sieht, wird die Antike in der Oper immer wieder neu entdeckt; in Salzburg setzt man heuer auf Die Kr&ouml;nung der Poppea, Monteverdis Zeugnis, dass die Antike immer modern bleibt. Neben der weisen und besonnenen Leitung durch William Christie, ist es es vor allem die Besetzung, die aufh&ouml;ren l&auml;sst. Sonya Yoncheva wird eine ihrer grossen Rollen, die Poppea, singen und St&eacute;phanie d&rsquo;Oustrac, die immer durch ihren beispielhaften Stil und ihre tiefgr&uuml;ndige Musikalit&auml;t &uuml;berzeugt, wird die Oktavia verk&ouml;rpern. Diese Auff&uuml;hrung wird vor allem bei Liebhabern einer starken theatralen &Auml;sthetik Anklang finden. Festspieldirektor Markus Hinterh&auml;user setzt heuer auf Jan Lauwers, einen Neuling in der Opernwelt, aber mit viel Erfahrung im Bereich der Plastik, Chroeografie, B&uuml;hne und Auff&uuml;hrungstechnik. Ist nicht ein Ziel der Festspiele auch das Abweichen von den alten Strickmustern und eine Bereitschaft Risiken einzugehen?

Mozart scheint heuer ein wenig im R&uuml;ckzug im Salzbuger Programm: La Clemenza di Tito unter der Leitung von Teodor Currentzis und Peter Sellars war die Sensation des Festivals von 2017 mit stehenden Ovationen nach jeder Auff&uuml;hrung und einem stets ausverkauften Haus. Diesmal ist Die Zauberfl&ouml;te auf dem Programm in einer Inszenierung von Lydia Steier, deren Karriere bisher auf zweitrangige B&uuml;hnen im deutschen Sprachraum beschr&auml;nkt war. Die Wiener Philharmoniker werden zum ersten Mal vonConstantinos Carydis dirigiert werden. Dieser wird von Markus Hinterh&auml;user als &ldquo;ein sehr interessanter Dirigent, der die Sache ebenso originell angeht wir Teodor Currentzis &ldquo;beschrieben: die Kritiken &uuml;ber seine j&uuml;ngste Arbeit in Figaros Hochzeit in M&uuml;nchensind gemischt, und lassen eher Zweifel aufkommen, ebenso die Besetzung, die mit Ausnahme von Matthias Goerne als Sarastro, sehr konventionell erscheint. All diese Fragestellungen &uuml;ber die Er&ouml;ffnungproduktion der diesj&auml;hrigen Sommerfestspiele sollen keinesfalls das reiche Programmangebot von Markus Hinterh&auml;user &uuml;berschatten. Die meisten Opernfreunde &uuml;bersehen das vielf&auml;ltige &nbsp;Angebot an Konzerten, aber auch dieser Bereich ist gut abgedeckt und bietet f&uuml;r jeden etwas. Rolando Villazon wird ein Konzert nur spanischen und s&uuml;damerikanischen Melodien widmen. Riccardo Muti und die Wiener Philharmoniker werden die Grosse Messe in Es-Dur D950 von Schubert mit Krassimira Stoyanova auff&uuml;hren. Marianne Crebassa wird dem Publikum die Folk Songs von Berio unter dem Dirigenten Esa Pekka Salonen anbieten. Philippe Jaroussky wird an der Seite der wunderbaren Em&ouml;ke B&aacute;rath Haendel zum Besten geben. Zum Abschluss noch einen Tipp, der g&auml;nzlich von der Norm abweicht: der Komponist Aribert Reimann hat einige Melodien von Schubert und Mendelssohn in bewundernswerter Weise f&uuml;r Sopran und Streichquartett arrangiert, wo die Stimme durch das Quartett erst richtig zur Geltung gebracht wird. Christiane Karg wird am 9. August in ihrem Konzert gemeinsam mit dem Modigliani Quartett gerade diese Versionen zum Besten geben.

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Fri, 20 Jul 2018 00:00:00 +0000 https://www.opera-online.com/de/events/salzburger-festspiele-2018
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French – Festival de Salzbourg 2018

Anna Netrebko&nbsp;? Pas d&rsquo;inqui&eacute;tude, elle sera &agrave; Salzbourg, comme chaque ann&eacute;e, mais cette fois avec un simple gala &agrave; la fin du festival, puisque son &eacute;t&eacute; sera essentiellement occup&eacute; par ses d&eacute;buts &agrave; Bayreuth. Pl&aacute;cido Domingo&nbsp;? Lui aussi revient tous les &eacute;t&eacute;s &agrave; Salzbourg, il viendra donc pour ses d&eacute;buts, sous la forme de deux concerts, dans le r&ocirc;le de Zurga des&nbsp;P&ecirc;cheurs de perles &ndash; le Festival fait bien les choses, les amateurs de grandes stars pourront voir l&rsquo;une et l&rsquo;autre &agrave; quelques jours de distance, m&ecirc;me si leur pr&eacute;sence est moins intense qu&rsquo;elle ne l&rsquo;a souvent &eacute;t&eacute; ces derni&egrave;res ann&eacute;es. Jonas Kaufmann, qui n&rsquo;est pas aussi pr&eacute;sent &agrave; Salzbourg, viendra pour un &laquo;&nbsp;simple&nbsp;&raquo; Liederabend, tandis que Cecilia Bartoli y chantera L&rsquo;Italienne &agrave; Алжир, dans une production cr&eacute;&eacute;e lors du festival de Pentec&ocirc;te dont elle est directrice.

Mais Salzbourg a d&rsquo;autres &eacute;toiles &agrave; proposer. Vous ne les connaissez pas forc&eacute;ment si vous n&rsquo;&eacute;tiez pas &agrave; Salzbourg l&rsquo;&eacute;t&eacute; dernier, mais il aura suffi d&rsquo;un spectacle &agrave; Asmik Grigorian et &agrave; Evgenia Muraveva pour se faire un nom. La premi&egrave;re y chantait Marie dans Wozzeck&nbsp;; en 2018 elle affrontera Salom&eacute;, dans une mise en sc&egrave;ne de Romeo Castellucci, sous la direction de Franz Welser-M&ouml;st, La mani&egrave;re dont le tr&egrave;s inventif Castellucci r&eacute;inventera l&rsquo;espace si extraordinaire et si contraint de la Felsenreitschule m&eacute;ritera sans doute &agrave; elle seule le d&eacute;tour.

La seconde, Evgenia Muraveva, n&rsquo;&eacute;tait programm&eacute;e l&rsquo;&eacute;t&eacute; dernier que dans un petit r&ocirc;le de Lady Macbeth de Mtzensk, mais Nina Stemme a d&eacute;clar&eacute; forfait apr&egrave;s les deux premi&egrave;res repr&eacute;sentations&nbsp;: en reprenant le r&ocirc;le-titre pour les trois derni&egrave;res, Muraveva a suscit&eacute; un enthousiasme aussi soudain qu&rsquo;unanime, et c&rsquo;est tout naturellement qu&rsquo;elle retrouvera Mariss Jansons pour chanter Lisa dans La Dame de Pique&nbsp;: le spectacle, mis en sc&egrave;ne par Hans Neuenfels, &eacute;tait initialement pr&eacute;vu en 2019 avec Anna Netrebko dans ce r&ocirc;le, mais l&rsquo;&eacute;chec cuisant de la nouvelle production d&rsquo;Aida par Shirin Neshat a eu raison de la reprise pr&eacute;vue l&rsquo;&eacute;t&eacute; prochain&nbsp;; Muraveva b&eacute;n&eacute;ficie donc de ce changement de calendrier, et si le public y perd une star, il ne perd pas au change en termes purement musicaux.

Dans la perspective de son centi&egrave;me anniversaire (en 2020), le festival reviendra l&rsquo;&eacute;t&eacute; prochain sur sa propre histoire, en programmant deux &oelig;uvres qui y ont &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute;es&nbsp;: le Festival n&rsquo;a pas toujours &eacute;t&eacute; un bastion de l&rsquo;avant-garde, c&rsquo;est le moins qu&rsquo;on puisse dire, mais ce n&rsquo;est pas une raison pour ne pas c&eacute;l&eacute;brer les apports &agrave; la cr&eacute;ation dont il peut s&rsquo;enorgueillir. On a beaucoup oubli&eacute; Gottfried von Einem (1918-1996), compositeur non n&eacute;gligeable et par ailleurs un des principaux responsables de la refondation intellectuelle et morale du festival apr&egrave;s les ann&eacute;es noires du nazisme&nbsp;; son adaptation du Proc&egrave;s de Kafka, cr&eacute;&eacute;e &agrave; Salzbourg en 1953, sera jou&eacute;e en version de concert sous la direction de HK Gruber, et elle m&eacute;rite au moins la curiosit&eacute;. Mais le festival jouera aussi une &oelig;uvre plus essentielle encore, un de ces chefs-d&rsquo;&oelig;uvre toujours un peu ignor&eacute;s alors qu&rsquo;il enthousiasme tous ceux qui ont la chance de le voir&nbsp;: Les Bassarides de Hans Werner Henze, cr&eacute;&eacute;es &agrave; Salzbourg en 1966, c&rsquo;est d&rsquo;abord un des meilleurs livrets d&rsquo;op&eacute;ra du XXe si&egrave;cle (il est d&ucirc; aux po&egrave;tes Chester Kallman et W. H. Auden)&nbsp;; c&rsquo;est une &oelig;uvre d&rsquo;une force musicale aussi imm&eacute;diate que profonde&nbsp;; et c&rsquo;est une stup&eacute;fiante anticipation de mai 68, de l&rsquo;affrontement entre l&rsquo;ordre ancien et l&rsquo;individualisme h&eacute;doniste, tyrannie l&rsquo;un, tyrannie l&rsquo;autre. C&rsquo;est Kent Nagano qui sera dans la fosse, et la mise en sc&egrave;ne est confi&eacute;e &agrave; Krzysztof Warlikowski &ndash; lui qui a &eacute;t&eacute; r&eacute;v&eacute;l&eacute; au monde lyrique par G&eacute;rard Mortier ne pouvait que suivre ses traces et faire un jour ou l&rsquo;autre ses d&eacute;buts &agrave; Salzbourg.

L&rsquo;Antiquit&eacute;, on le voit, n&rsquo;a jamais cess&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre r&eacute;invent&eacute;e par l&rsquo;op&eacute;ra &ndash; le festival proposera un des mod&egrave;les ind&eacute;passables de cette Antiquit&eacute; toujours moderne, avec Le couronnement de Popp&eacute;e de Monteverdi. Plus que la direction toujours fort sage de William Christie, c&rsquo;est la distribution qui attire l&rsquo;attention&nbsp;: Sonya Yoncheva reprendra en Popp&eacute;e un de ses grands r&ocirc;les, et surtout St&eacute;phanie d&rsquo;Oustrac, toujours exemplaire de style et d&rsquo;&eacute;mouvante musicalit&eacute;, chantera Octavie. Le spectacle, cela dit, sera r&eacute;serv&eacute; aux amateurs d&rsquo;esth&eacute;tiques th&eacute;&acirc;trales fortes&nbsp;: Jan Lauwers, novice &agrave; l&rsquo;op&eacute;ra mais riche de ses exp&eacute;riences de plasticien, de chor&eacute;graphe, d&rsquo;homme de th&eacute;&acirc;tre, est le grand pari de Markus Hinterh&auml;user, le directeur du festival, en mati&egrave;re sc&eacute;nique &ndash; mais n&rsquo;est-ce pas le but m&ecirc;me d&rsquo;un festival que de sortir des sentiers battus et de courir des risques&nbsp;?

Mozart, l&rsquo;an prochain, para&icirc;t un peu en retrait dans le programme salzbourgeois&nbsp;: La Cl&eacute;mence de Titus mont&eacute;e par Teodor Currentzis et Peter Sellars a &eacute;t&eacute; la sensation du festival 2017, avec des ovations debout &agrave; chaque repr&eacute;sentation et des panonceaux &laquo;&nbsp;cherche place&nbsp;&raquo; &agrave; foison&nbsp;; cette fois, c&rsquo;est La Fl&ucirc;te enchant&eacute;e qui est au programme, dans une mise en sc&egrave;ne de Lydia Steier, dont la carri&egrave;re s&rsquo;est jusqu&rsquo;ici limit&eacute;e aux sc&egrave;nes de second ordre dans le monde germanique. L&rsquo;Orchestre Philharmonique de Vienne sera dirig&eacute; pour la premi&egrave;re fois par Constantinos Carydis, que Markus Hinterh&auml;user d&eacute;crit comme &laquo;&nbsp;un chef tr&egrave;s int&eacute;ressant, qui a une approche au moins aussi originale que Teodor Currentzis&nbsp;&raquo;&nbsp;: les critiques mitig&eacute;es de ses r&eacute;centes Noces de Figaro &agrave; Munich peuvent faire na&icirc;tre quelques doutes, d&rsquo;autant que la distribution, &agrave; l&rsquo;exception de Matthias Goerne en Sarastro, est somme toute plut&ocirc;t convenue.

Ces interrogations sur la production d&rsquo;ouverture du festival ne doivent naturellement pas masquer toute la richesse de ce que propose, cette ann&eacute;e encore, la programmation de Markus Hinterh&auml;user&nbsp;: les amateurs d&rsquo;op&eacute;ra ne prennent pas toujours la peine de se plonger dans le programme surabondant des concerts, mais il y a l&agrave; aussi des choses pour eux. Rolando Villazon consacrera un concert &agrave; la m&eacute;lodie espagnole et sud-am&eacute;ricaine, Riccardo Muti offrira, avec le Philharmonique de Vienne, l&rsquo;extraordinaire Grande messe D. 950 de Schubert avec Krassimira Stoyanova, Marianne Crebassa offrira au public les Folk Songs de Berio avec Esa Pekka Salonen, Philippe Jaroussky chantera Haendel aux c&ocirc;t&eacute;s de la merveilleuse Emőke B&aacute;rath &ndash; mais osons un conseil tr&egrave;s loin des sentiers battus&nbsp;: le compositeur Aribert Reimann a &eacute;crit pour quelques m&eacute;lodies de Schubert et Mendelssohn d&rsquo;admirables &eacute;crins o&ugrave; la voix est mise en valeur par le quatuor&nbsp;; le 9 ao&ucirc;t, c&rsquo;est Christiane Karg qui les d&eacute;fendra avec le Quatuor Modigliani.

Dominique Adrian

S_festival-de-salzbourg-2018" src="https://www.opera-online.com/media/images/picture/event/0000/0053/3013/s_festival-de-salzbourg-2018.jpg
Fri, 20 Jul 2018 00:00:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/events/festival-de-salzbourg-2018
https://www.opera-online.com/fr/events/festival-de-salzbourg-2018


French – Festival d&#39;Aix-en-Provence 2018

Apr&egrave;s plus de dix ans &agrave; la t&ecirc;te du Festival d&rsquo;art lyrique d&rsquo;Aix-en-Provence (il &eacute;tait en poste depuis 2007), Bernard Foccroulle ach&egrave;ve cette ann&eacute;e son mandat de directeur g&eacute;n&eacute;ral et laissera sa place l&rsquo;ann&eacute;e prochaine &agrave; Pierre Audi. Et alors que cette &eacute;dition 2018 est marqu&eacute;e par un double anniversaire (celui des soixante-dix ans du Festival et les vingt ans de son Acad&eacute;mie ayant contribu&eacute; &agrave; la formation de nombreux chanteurs), cette derni&egrave;re programmation sign&eacute;e Bernard Foccroulle se veut embl&eacute;matique des grandes traditions d&rsquo;Aix-en-Provence, ici articul&eacute;es autour de deux th&egrave;mes principaux&nbsp;: les &laquo;&nbsp;sentiments amoureux&nbsp;&raquo; (les amours &agrave; l&rsquo;op&eacute;ra&nbsp;sous toutes leurs formes) et la &laquo;&nbsp;relation au pass&eacute;&nbsp;&raquo; (ces grands r&eacute;cits imm&eacute;moriaux qui inspirent l&rsquo;op&eacute;ra et &eacute;clairent l&rsquo;actualit&eacute;).&nbsp;

Toujours en phase avec l&rsquo;h&eacute;ritage des directions pass&eacute;es et sa philosophie d&rsquo;innover, le festival proposera cinq nouvelles productions, dont une cr&eacute;ation fran&ccedil;aise et une commande, ainsi que la reprise de la production de La Fl&ucirc;te enchant&eacute;e donn&eacute;e en 2014 et qui nous avait alors procur&eacute;s un &laquo;&nbsp;bonheur constant&nbsp;&raquo; selon les mots d&rsquo;Alain Duault (lire la chronique). La mise en sc&egrave;ne sign&eacute;e Simon McBurney sera reprise cet &eacute;t&eacute; de Josie Daxter, tandis que la direction musicale sera assur&eacute;e par Rapha&euml;l Pichon, L&rsquo;occasion &eacute;galement de retrouver Stanislas de Barbeyrac dans le r&ocirc;le de Tamino, r&ocirc;le dans lequel nous avions eu le plaisir de l&rsquo;entendre &agrave; Paris d&eacute;but f&eacute;vrier 2017 avec une &laquo;&nbsp;voix rayonnante et un chant tout empreint de classe, de puret&eacute; de ligne, de pr&eacute;sence noble&nbsp;&raquo;. Il &eacute;tait d&rsquo;ailleurs d&eacute;j&agrave; pr&eacute;sent lors de la production en 2014, de m&ecirc;me que Mari Eriksmoen (Pamina), Kathryn Lewek (la Reine de la Nuit) ou encore Thomas Oliemans (Papageno). Point de Sabine Devieilhe donc dans le r&ocirc;le de la Reine, mais cette derni&egrave;re sera tout de m&ecirc;me pr&eacute;sente au festival en Zerbinetta dans la nouvelle production d&#39;Ariadne &agrave; Naxos mise en sc&egrave;ne par Katie Mitchell et sous la direction de Marc Albrecht, Lise Davidsen, qui avait remport&eacute; le concours Operalia en 2015, tiendra pour sa part le r&ocirc;le-titre face notamment au t&eacute;nor d&rsquo;Eric Cutler, La production permettra par ailleurs d&rsquo;entendre pas moins de neuf artistes issus de l&rsquo;Acad&eacute;mie (comme Andrea Hill ou Elena Galitskaya)

Outre Mozart, qui tient toujours une place particuli&egrave;re dans le festival, et Strauss, Prokofiev sera &eacute;galement pr&eacute;sent avec L&rsquo;Ange de feu mis en sc&egrave;ne par Mariusz Trelinski, dirig&eacute; par l&rsquo;ancien chef permanent de l&rsquo;Op&eacute;ra de Lyon, Kazushi Ono et qui laissera entendre Scott Hendricks dans le r&ocirc;le de Ruprecht.

Les amoureux du baroque trouveront pour leur part leur bonheur avec Didon et En&eacute;e mis en sc&egrave;ne par &agrave; qui l&rsquo;on doit d&eacute;j&agrave; тази на David et Jonathas en 2012 au festival (production durant laquelle il avait d&eacute;j&agrave; c&ocirc;toy&eacute; le chef d&rsquo;orchestre). Nous aurons alors le plaisir d&rsquo;entendre Lucile Richardot dans le r&ocirc;le de l&rsquo;enchanteresse. Nule doute que le charme de cette voix profonde et ambr&eacute;e devrait en effet op&eacute;rer aux c&ocirc;t&eacute;s de Kelebogile Besong et Tobias Greenhalgh en Didon et En&eacute;e.

Viendront &eacute;galement compl&eacute;ter cette programmation deux cr&eacute;ations, dont une mondiale puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une commande pass&eacute;e par le festival initialement en 2016 mais qui, suite &agrave; une baisse des subventions, avait d&ucirc; &ecirc;tre report&eacute;e &agrave; cette ann&eacute;e. Il s&rsquo;agit de Seven Stones, un op&eacute;ra a capella pour quatre chanteurs solistes et douze chanteurs choristes sur un livret de Sj&oacute;n et une composition d&#39;Ondřej Ad&aacute;mek. Le projet est en coproduction avec Accentus / Axe 21 et l&rsquo;Op&eacute;ra de Rouen et raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;un collectionneur min&eacute;ralogiste qui, perdu dans une ruelle enneig&eacute;e, se souvient de sa recherche de la premi&egrave;re pierre, celle qui devait servir &agrave; lapider la femme adult&egrave;re sauv&eacute;e par le Christ.

Enfin, Orfeo et Majnun, une co-production et une co-commande cr&eacute;&eacute;e &agrave; la Monnaie le 29 juin 2018. Il ne s&rsquo;agira donc pas d&rsquo;une cr&eacute;ation mondiale mais d&rsquo;une cr&eacute;ation fran&ccedil;aise donn&eacute;e uniquement le 8 juillet sur le cours Mirabeau. L&rsquo;occasion de retrouver Jean Chahid d&eacute;j&agrave; pr&eacute;sent en 2016 dans Kal&icirc;la wa Dimna,

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Wed, 04 Jul 2018 00:00:00 +0000 https://www.opera-online.com/fr/events/festival-daix-en-provence-2018
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French – Les Chorégies d&#39;Orange 2018

Parmi les festivals lyriques attendus en p&eacute;riode estivale se trouvent bien entendu celui d&rsquo;Aix-en-Provence, mais aussi les Chor&eacute;gies d&rsquo;Orange, qui est &agrave; ce jour le plus ancien festival fran&ccedil;ais puisqu&rsquo;il date de 1869. Un festival qui a une grande importance gr&acirc;ce au lieu exceptionnel qu&rsquo;est son th&eacute;&acirc;tre antique de 8300 places, mais aussi gr&acirc;ce &agrave; ses retransmissions t&eacute;l&eacute;vis&eacute;es et radiophoniques (notamment &laquo;&nbsp;Musiques en f&ecirc;te&nbsp;!&nbsp;&raquo;) qui permettent de toucher un public qui ne se rend pas toujours dans les maisons d&rsquo;op&eacute;ra.

Malgr&eacute; une sant&eacute; financi&egrave;re quelque peu pr&eacute;caire, Jean-Louis Grinda avait apport&eacute; des nouvelles rassurantes l&#39;&eacute;t&eacute; dernier et d&eacute;j&agrave; parl&eacute; de la programmation de cette saison 2018 (lire notre article). C&rsquo;est &agrave; pr&eacute;sent officiel, le festival aura donc bien lieu du 20 juin au 4 ao&ucirc;t, incluant notamment deux op&eacute;ras. D&#39;ailleurs, si la date du 20 juin est annonc&eacute;e comme d&eacute;but des Cho&eacute;r&eacute;gies, c&#39;est parce que l&#39;&eacute;dition 2018 de &laquo;&nbsp;Musiques en f&ecirc;te&nbsp;!&nbsp;&raquo; se tiendra alors. Toutefois, il faudra attendre le 5 juillet pour le lancement du festival &agrave; proprement parl&eacute; et de ses productions souvent tr&egrave;s attendues, comme c&rsquo;est la cas de la premi&egrave;re puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit de Mefistofele, mis en sc&egrave;ne par le directeur des Chor&eacute;gies lui-m&ecirc;me,&nbsp;Jean-Louis Grinda,&nbsp;qui reprend son travail donn&eacute; en 2011 &agrave; Monte-Carlo et cr&eacute;&eacute; &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra royal de Wallonie (Li&egrave;ge). L&rsquo;&oelig;uvre est dirig&eacute;e par Nathalie Stutzmann et laisse entendre dans le r&ocirc;le-titre Erwin Schrott (superbe Attila &agrave; Lyon&nbsp;en novembre dernier&nbsp;et luxueux Giorgio &agrave; Monte-Carlo&nbsp;en d&eacute;cembre) Jean-Fran&ccedil;ois Borras dans celui de Faust, B&eacute;atrice Uria-Monzon en Marguerite et Elena, Marie-Ange Todorovitch en Marta, Reinaldo Macias en Wagner et Nereo, et enfin la jeune et talentueuse Valentine Lemercier en Pantalis.

Autre op&eacute;ra donn&eacute; lors de cette &eacute;dition 2018, Le Barbier de S&eacute;ville cl&ocirc;ture les Chor&eacute;gies dans la mise en sc&egrave;ne d&rsquo;Adriano Sinivia et sous la baguette de Giampaolo Bisanti, Nous aurons alors le plaisir d&rsquo;entendre Michael Spyres, de plus en plus pr&eacute;sent sur les sc&egrave;nes fran&ccedil;aises pour notre plus grand bonheur, qui endosse ici le r&ocirc;le du Conte d&#39;Almaviva face au Figaro de Florian Sempey, r&ocirc;le dans lequel il excelle depuis plusieurs ann&eacute;es maintenant (au TCE, &agrave; Londres, &agrave; l&rsquo;Op&eacute;ra de Paris, notamment) et qu&rsquo;il reprenait d&rsquo;ailleurs cette saison encore &agrave; Marseille, La soprano russe Olga Peretyatko&nbsp;sera pour sa part Rosina tandis que Bruno De Simone&nbsp;sera Bartolo.

Outre ces deux productions lyriques, le festival propose &eacute;galement une s&eacute;rie de r&eacute;citals. Karine Deshayes ouvre cette s&eacute;rie le 5 juillet, suivie par Edgardo Rocha le 9 juillet, puis